mardi 20 janvier 2015

Exhaustion

Le problème, le problème depuis le début, c’est que jamais je n'avais réussi à laisser de la place pour le non-dit. Des trous d’air, quelque respiration pouvant donner matière à interprétation, en somme laisser entendre les choses plutôt que les dire. Au moment de prendre la parole, j’étais systématiquement pétrifié par un objectif impossible à réaliser : raconter les évènements dans leur totalité, n’oublier aucun détail, ne rien taire de la plus minuscule de mes émotions, présenter le tableau le plus complet possible, quitte à m’épuiser, et les autres avec, bref : tout dire. Je me répandais, sans distance, je me déversais, sans percuter que plus je m'ouvrais, moins je m'exprimais. J’aspirais à l’exhaustif : tout ce qui m’a manqué, c’est l’essentiel.

4 commentaires:

delf a dit…

Est ce que ce blog peut reprendre vie Benjo ?? J'ai hâte de te lire si c'est le cas...
Manu du Pays Basque

Anonyme a dit…

Bon tu nous l'écrit ce bouquin sur ces horreurs que tu dois observer depuis des années et qui te filent la nausée?

Ou alors c'est trop tôt ?

David a dit…

L'art de la synthèse, en somme...
De notre côté ça nous aurait tout de même ôté une bonne part du plaisir qu'on a pu prendre à te suivre durant toutes ces années !

Anonyme a dit…

Dernier article du 20 janvier ... dommage.

Aymeric.