lundi 24 janvier 2011

Fragments de janvier

Une nouvelle année qui commence, pleine d'espoirs bien entendu, de promesses de nouveaux départs, du passé faisons table rase, comme on dit, mais je n'ai pas écrit de bonnes résolutions, pas mis à plat de plan de domination du monde pour les douze mois à venir, bref pas énoncé d'engagements de toute façon impossibles à tenir. Je ne vais certainement pas me promettre d'arrêter de fumer en 2011, de faire du sport, de manger moins gras, de laisser tomber la drogue, de boire moins de coups dans des bars, je veux dire, c'est déjà assez difficile d'être heureux comme ça, on ne va pas en plus se dresser des barrières à la con pour compliquer l'affaire, tout de même, hein ?

Tout au plus me suis-je juré de relire régulièrement cette allocution de l'écrivain David Foster Wallace, prononcée il y a quelques années devant une assemblée de jeunes diplômés... En particulier durant ces moments, ils seront nombreux je le sais, où je me sentirai con, bête, méchant, coupable de manque d'humanité, de connerie primaire, cette connerie qui reste le truc le plus facile à partager et à répandre autour de nous. Un texte court, simple, lumineux, un appel à la compassion, rien que d'écrire ce mot j'ai envie de rigoler tellement il paraît ringard, vétuste et poussiéreux en ces temps où le cynisme et la cupidité triomphent. Ce discours est en anglais mais c'est aussi disponible en français en librairie. J'aime pas donner des ordres mais faites-moi plaisir, lisez le aussi, prenez votre temps, vous en avez pour vingt minutes à peine, raison de plus pour prendre le temps de peser chaque phrase, et de réfléchir un tout petit peu, bon j'arrête de faire le prêcheur.

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Pour la première fois en quatre ans, je n'ai pas entamé l'année nouvelle par un voyage aux Bahamas, son île « paradisiaque » Atlantique et sa PokerStars Carribean Adventure. Je n'avais pas trop envie d'y retourner, de toute façon, et cela tombait bien, car les joueurs du Team Winamax non plus. Pas besoin d'y aller faire un reportage dans ce piège à touristes, donc. Vu de loin, le Main Event à 10,000$ n'a semble t-il rien vu se produire qui sorte de l'ordinaire – il y a eu le même nombre de joueurs que l'an passé, la plupart des finalistes étaient des jeunes de 20 ans sortis de nulle part ayant abandonné leurs études pour devenir pros, et c'est l'un d'entre eux qui a gagné, bref, la routine. Mais j'aurais tout de même bien aimé être là pour assister à la victoire de mon amie Kristin « Change100 » Bihr dans le Ladies Event à 1,000$. Voilà un résultat qui fait plus que plaisir. Change n'a pas eu une année 2010 facile, s'étant fait lourder de son job chez PokerNews alors qu'elle était leur auteur la plus qualifiée et la plus talentueuse – mais cela semble être la politique maison, ces derniers temps, virer les auteurs avec de la bouteille pour les remplacer par des bleu-bites qui coutent moins cher, l'argent a toujours été un problème dans les médias poker, et cela ne va pas aller en s'arrangeant. Au chômage, elle s'est donc retrouvée avec plein de temps libre pour décrocher sa place sur PokerStars depuis son appart à Los Angeles, et pour une fois, le conte de fées ne s'est pas révélé être une chimère marketing à la con : Kristin a été jusqu'au bout, battant 96 compétitrices (dont Vicky Coren et Lauren Kling en finale) pour s'adjuger le titre, et un joli paquet de billets qui vont lui permettre de voir venir pour la saison à venir, au moins : 29,798 dollars. Bon, le fisc américain va surement lui en taxer un tiers, mais qu'importe. Je vous invite à lire le compte rendu de Kristin ici (première partie) et là (deuxième partie), ainsi que son interview post-victoire et un court article sur le blog de PokerStars.

Et puis, on se souviendra aussi de cette PCA 2011 pour la révélation du plus gros secret de polichinelle de ces dernières années dans le milieu : oui, Isildur1, la star des high-stakes online récemment signée chez PokerStars, s'appelle bel et bien Viktor Blom dans le civil. Shaun Deeb ne me racontait donc pas des conneries quand il me confirmait la chose il y a plus d'un an dans l'interview donnée à ce blog.

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A la place des Bahamas, je suis donc resté à Paris. Je n'y habite toujours pas officiellement, je trouve toujours une excuse pour repousser à plus tard la quête d'un appartement, mais un bon ami m'a laissé les clés de son logis durant ses vacances, j'ai donc pu passer pas mal de temps dans la capitale. Bilan provisoire après trois semaines : cette ville va me transformer en alcoolique à toute vitesse. Quand je rentre à Lille après le boulot, c'est facile : il est tard, je suis naze, je comate devant l'ordi avant de m'écrouler au lit. A Paris, c'est une autre histoire. Le téléphone sonne, il y a toujours une soirée dans appart', puis un bar, puis un autre dans un autre bar, allez, tu va pas rentrer si tôt, la nuit est jeune, et toi aussi, tiens, cette boîte qui vient d'ouvrir, elle est sympa, fais pas chier, tu nous suis, et du coup, le lendemain, tu arrives au boulot avec quatre heures de retard en espérant que personne n'aie remarqué. Je n'en suis pas encore à faire des « Grand Chelem » à la Harper (sortir 5 soirs de suite, d'ailleurs à Prague mon collègue a réussi le mega Grand Chelem avec sept soirées consécutives, soit le score maximum rpermis par la durée de son séjour), mais la situation est toute de même assez préoccupante. J'en parlerai à mon barman.

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Ces jours-ci, je fête mes trois ans chez Winamax. Il n'y a pas vraiment de date d'anniversaire précise. J'ai couvert mon premier tournoi pour eux en décembre 2007 à Prague (avec la victoire d'Arnaud Mattern, on ne pouvait commencer de meilleure manière), j'ai continué aux Bahamas en janvier (victoire d'ElkY, pas mal non plus), mais ce n'est que deux mois plus tard que j'ai officialisé mon entrée dans la boîte, en signant le contrat à mon arrivée à Londres. Je ne suis pas mécontent d'avoir tenu aussi longtemps, d'autant que dans mon secteur d'activité, le jeu des chaises musicales est la règle plutôt que l'exception, avec des tas de mecs qui voguent de boîte en boîte, des fois parce qu'ils sont tellement forts qu'ils sont demandés partout, mais la plupart du temps pour la raison exactement inverse, ils sont tellement nuls et incompétents qu'ils n'arrivent à faire illusion que quelques mois, un an au max avant de devoir fuir ailleurs, c'est faisable, l'industrie est encore jeune et amateur. J'imagine que je dois me situer entre les deux. Les diffamateurs anonymes de chez Poker-Actu (un job qui, on dirait, paie suffisamment pour leur permettre de s'offrir des Porsche, content pour eux, l'argent c'est pas mal quand même) ricanent en écrivant que je « croupis depuis trois ans chez Winamax ». Oui, c'est une manière de voir les choses, pourquoi pas. Mais peut-être que je me sens tout simplement bien chez Winamax. C'est une bonne boîte, voyez-vous. Il y a trois ans, je me pointais pour la première fois dans les bureaux de Londres, il y avait peut-être six ou sept employés dans ce minuscule deux pièces près d'Oxford Circus. Le mois dernier, on était 70 à fêter Noël dans un bar de Paris, et en observant tous ces gens passionnés et passionnants, d'agréable compagnie, talentueux dans ce qu'ils font, que ce soit au marketing, au support, à la compta, à la technique, en réalisant le chemin parcouru, je me suis dit que j'étais bien content de bosser avec eux, que j'arrivais tous les matins au bureau avec le sourire, et que je me voyais mal aller voir ailleurs dans ce secteur. Qu'est-ce qu'il y a de mal à avoir envie de rester fidèle à une place où l'on est bien ?

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L'autre jour, quatre collègues m'ont persuadé de les accompagner dans un cercle de jeu pour disputer un tournoi de poker. Si ma mémoire est bonne, cela faisait deux ans que je n'avais pas joué au poker à Paris. Pourquoi pas. Je me suis donc pointé à Cadet, la dernière fois que j'y avait été l'endroit s'appelait encore Concorde, c'était avant la fermeture administrative décidée par les autorités après une histoire d'employés au noir, ou un truc dans le genre. On était 54 pour ce tournoi à cinquante euros (une recave autorisée, je l'ai prise), et je ne me souviens pas de grand chose, à part que ce fut une partie assez géniale puisque j'ai terminé second, je ne me souviens pas comment j'ai fait, il me semble que je n'ai pas fait trop de bêtises, j'aurais même pu gagner si ce n'avait été pour le dernier coin-flip. On était trois employés Winamax en finale, ce fut tendu mais on a réussi à se glisser parmi les sept places payées. J'ai pris 700 euros pour ma deuxième place (ma plus grosse victoire en live, gagne-petit que je suis), plus un ticket me donnant le droit de jouer un « deep-stack » à 200 euros, je retournerai donc à Cadet dans quelques semaines, c'était une soirée sympa, j'ai même croisé un fantôme du passé, son apparition inopinée m'a fait chaud au cœur. Si tu me lis... Je t'appelle bientôt.

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Les amis helvètes de Slowrolled, dont j'ai fait la pub il y a peu, m'ont décerné deux trophées après un vote de leurs lecteurs : meilleur journaliste poker de l'année, et meilleur blog de l'année. C'est sympa, d'être considéré comme un journaliste, qui plus est le meilleur, alors que finalement, je n'ai écrit que très très peu d'articles ces douze derniers mois ressemblant nécessitant un véritable travail de journaliste, contrairement aux confrères de MadeInPoker, PokerNews et d'autres qui pondent des news et enquêtes tous les jours. Merci, donc, les amis, vous êtes beaucoup trop gentils et indulgents. Je ne suis qu'un humble bonimenteur à la solde du grand capital ayant raté son concours d'entrée à l'école de journalisme, ne l'oubliez pas.

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D'ailleurs, puisqu'on parle de journalisme, petit cas de conscience : les organisateurs des « France Poker Awards » m'ont invité à faire partie du jury qui remettra dans deux semaines des récompenses telles que « performance de l'année », « joueur online de l'année », « innovation de l'année », « pub télé de l'année », ce genre de choses. Après avoir cogité 24 heures, j'ai poliment refusé l'invitation. C'est pas pareil que de voter au Poker Hall of Fame. De part ma position chez Winamax, je me voyais un peu mal donner mon avis pour décerner des trophées où Winamax à une chance de gagner dans à peu près toutes les catégories. Je veux dire, pour moi l'innovation de l'année, c'est le soft Winamax sur iPhone, il est génial ce programme, mais est-ce qu'on va penser une seconde que je suis sincère si je défends cette position devant le jury ? Pareil pour la pub télé, celle de Winamax m'a fait plus marrer que les autres. Et le tournoi online de l'année ? Bah, la Sunday Surprise, c'est pas mal du tout non ? C'est mignon, c'est fun, c'est novateur, on reçoit des tonnes de mails chaque semaine, pour nous dire que c'est génial, bref, ça plaît. Tout cela, je le penserais surement pareil si je travaillais ailleurs, mais étant donné que c'est Winamax qui signe mon chèque à la fin du mois, j'ai dans cette situation surtout le droit de fermer ma gueule, et de laisser des personnes un peu plus neutres faire leur choix en espérant que mon employeur où les joueurs qui le représentent remportent la mise dans les catégories où ils le méritent. Si je fais partie du jury, cela va discréditer l'organisation de ces trophées, et surement moi aussi. C'est perdant-perdant, cette histoire. Je fold, donc, mais j'irai surement faire un tour à l'Aviation pour voir ce que ça donne. J'aime bien les distributions de bons points, ça me rappelle l'école.

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Tiens, je n'ai pas écrit d'article interminable racontant l'année qui vient de se terminer. La tradition s'est perdue. Je me suis dit qu'en fait, ce genre de compte-rendu barbant était aussi chiant pour vous à lire que pour moi à écrire. Finalement, mon année 2010, on peut aussi bien la résumer en quelques chiffres, ça ira plus vite :

43 avions, dont 4 ratés, donc en réalité ça fait 39
13 pays, mais je sais pas si Monaco compte pour un pays
38 hôtels, la plupart étaient bien, et aussi
11 amis sympas qui m'ont prêté leur lit ou leur canapé à Londres, Los Angeles, Barcelone, et Paris
1 déménagement, Londres me manque encore
8 concerts de Phish à Berkeley, Atlantic City et New York
2 tournois joués, dont deux tournois non-gagnés, à Dublin et Tallinn
135 journées à « regarder des types jouer aux cartes », ce qui représente :
18 tournois couverts - dont 9 EPT - plus les 55 épreuves des WSOP
1 braquage commenté en direct
1 invitation à l'émission du World Poker Tour sur Canal+ avec mon boss Patriiiiiick
51 journées en transit, à attendre des avions, des trains, des taxis pour aller d'un point A à un point B
107 journées où j'ai dormi à la maison, le reste ailleurs
54 journées au bureau, qui a dit « absentéisme » ?

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Pas de « best-of » de l'année, donc, mais pour ceux qui veulent revisiter la cuvée 2010 de ce blog – où j'ai écrit moins fréquemment, mais mieux, je pense - il y a quelques articles dont je ne suis pas mécontent...

There's no off the record, sur la première décade du 21ème siècle
Carnaval, sur le costume de joueur de poker que j'enfile une fois de temps en temps
Push is a win, sur ma relation ambivalente avec Las Vegas
I made the news today oh boy, sur le hold-up à Berlin
Le meilleur album de rock de tous les temps, à propos Exile on Main Street
Vegas 101, le guide d'une journée parfaite dans la Ville du Vice
Vivons heureux en attendant la mort, où comment trouver un lien entre la fin du monde et un tournoi de poker à 50,000$ l'entrée
Don't Stop Believing, sur la résurrection pokéristique de Michael Mizrachi
The durrrr Factor, à propos d'une journée où le monde du poker a tremblé sur ses fondations
Le Clasico français, sur l'affrontement tant attendu entre deux géants du poker tricolore
Another day at the office, Ivey remporte un bracelet aux WSOP : la routine !
Into the Wild, récit du traditionnel road-trip post WSOP
OAK > LAS > LHR > HEL > TLL, cinq aéroports en 48 heures (tiens, c'est mon préféré celui-là, je me suis beaucou marré en l'écrivant)
Glamorama, peur et dégout à Cannes
A vous Cognac-Jay, la fin de ma carrière de commentateur à l'EPT
Poker Hall of Fame : mon vote

Et puis mes trois compte-rendus de la PCA 2010 sur le blog de Pauly, c'est les seuls articles que j'ai écrits en anglais l'année dernière il me semble, je les aime bien :

Dispatches from the Coral Bar

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Bon, là, maintenant, tout de suite, il y a du boulot avec Deauville, je vous en parle demain, car là je vais me coucher.

mercredi 5 janvier 2011

Les Trophées des Couvreurs 2010

Quand six journalistes poker se réunissent autour de l'apéro pour fêter la nouvelle annéee, c'est l'occasion parfaite - entre le champagne et les amuse-gueule - de faire un petit bilan sans prétention de celle qui vient de s'achever, sous forme d'une petite remise de trophées tout à fait non-officielle. Pas de prise de tête, on limite les catégories au minimum, pas de vote à la con non plus, chacun écrit ce qu'il veut, comme il veut, voici donc les premiers Trophées des Couvreurs, en même temps que démarre un nouveau blog collectif dont, bien entendu, on a absolument aucune idée de ce qu'on va en faire.

Un tournoi



Emmanuel "Maanu" Vanglabeke (River Tells) : Honnêtement, je sais pas trop. Par défaut, je dirais le World Poker Tour Marrakech. Première fois que j'étais sur un tournoi sans faire de reportage en direct, et j'ai donc pu profiter de plein d'autres choses au lieu de perdre mon temps à raconter que As-Roi a battu une paire de Dames. Première « vraie » interview aussi avec Liz Lieu. Un peu de détente.

Julien "Jooles" Gaignard (Freelance) : Si l’on retire les WSOP qui sont tout simplement hors catégorie, je dirais que mon tournoi préféré est le Main Event du Partouche Poker Tour. C’est le seul événement (hormis les WSOP) qui regroupe autant de joueurs d’un tel niveau. En plus de tout le gratin français, on retrouve aussi de nombreux étrangers. L’édition de cette année a vu notamment Phil Ivey et Tom Dwan s’asseoir aux tables. De plus le cadre est magnifique et l’accueil fait à la presse est toujours excellent. Après chaque tournoi est unique et offre son lot de bons moments.

Kevin "Harper" Noblat (Winamax) : L’Euro City Poker Tour à Barcelone. 2,750 euros l’entrée, 291 joueurs, et la victoire finale de Fabrice Bachellez. Un vrai rêve. Non, je déconne, c’était naze. Le circuit que j’ai adoré couvrir fut le France Poker Tour. C’est très enrichissant de se retrouver auprès des amateurs. Avant de rejoindre le « circuit », j’étais un joueur de club, et plutôt du genre actif : je faisais en effet partie du conseil d’administration de Poker@Lyon. Retrouver ces joueurs amateurs est un vrai bonheur qui nous permet de nous souvenir pourquoi on fait ce boulot : afin de faire découvrir ce formidable jeu qu’est le poker (et parce que c’est pas trop chiant et plutôt bien payé, aussi). La finale fut également appréciable : je suis parti à la rencontre de dizaines de membres de Wam-Poker, une communauté que je connaissais bien moins que Club Poker jusqu’à maintenant. J’y ai rencontré de vraies personnalités. Le face à face final entre Valentin Messina (futur vainqueur) et Freddy Deeb fut également un régal. Avec Benjo, nous nous sommes livrés à un exercice particulier : raconter toutes les mains, sans exception ! Le résultat fut probant et le sentiment du devoir accompli au rendez-vous.

Julien "Kinshu" Bochereau (Club Poker) : J'ai apprécie le Winamax Poker Open qui s'est déroulé à Dublin en septembre. L'ambiance générale était top, la bière a coulé à flots, et en plus c'était du 6-handed. Je me suis bien amusé avec mes petits camarades (Benjo et Harper), même lors de la table finale, qui était pourtant interminable (on s'est couché vers 8h du matin je crois).

Benjamin « Benjo » Gallen (Winamax) : Au milieu des tournois oubliables (de plus en plus nombreux avec le temps qui passe, lassitude aidant – sans vouloir apparaître blasé), je retiens l'European Poker Tour à Deauville, très très fun avec tous les livetards qu'au fond, on affectionne car ils nous donnent des expressions cultes et des mains dont on reparle encore un an plus tard, surtout quand est assez chanceux pour les capturer en vidéo. Un régal, impossible de s'ennuyer, on court toute la journée, les infos pleuvent, et vu le nombre de potes présents on est quasi assuré d'en voir au moins un faire un deep run. Le Winamax Poker Open était un bonheur, avec de nombreux joueurs amateurs ou semi-pros (beaucoup moins prise de tête que les « vrais » pros) Après, il faut citer le Main Event du Partouche Poker Tour à Cannes. Cette édition à eu son lot de problèmes, mais il faut tirer un coup de chapeau au groupe Partouche pour avoir construit en seulement trois ans un tournoi d'envergure internationale, l'un des dix plus gros de l'année, que personne ne veut rater, même les Ivey, Mizrachi et Dwan, et ce en s'aidant uniquement d'eux-mêmes, sans satellites online (la clé du succès de l'EPT, par exemple), juste avec leur réseau de casinos (très fourni il est vrai). Ils partaient de loin, et ils ont réussi presque immédiatement. Enfin, il y a bien sur les WSOP, qui restent à part, de part leur ancienneté, leur prestige, toutes les variantes proposées. Pendant six semaines chaque année, Las Vegas et ses WSOP sont le centre de la planète poker, et le jour où j'en aurai terminé avec le poker, je crois que cela sera le seul festival à me manquer.

Steven "Bensimon" Liardeaux (MadeInPoker) : On est d'accord que les WSOP à Vegas, c'est quelque chose à part, n'est-ce pas ? Bon alors dans ce cas, je retiendrais le Chilipoker Deepstack à Marrakech, disputé en novembre. Pour la simple et bonne raison que pour un buy-in assez modeste (500€), l'ambiance y était vraiment différente, beaucoup plus détente, plus cool finalement... et... et... nos deux superstars reporters ont été loin ! Quel bonheur d'assister au magnifique parcours de Ronan "Roroflush" et Kévin "Harper" Noblat, qui ont tous les deux atteint la table finale. Je pense que je n'arriverai pas à oublier cette anecdote : au dinner break, au buffet, je me retrouve à la table d'Harper, nous discutons de son tournoi, et il m'annonce alors être tombé à 25 000 (sur un tapis de base de 50 000). Cinq heures plus tard, à la fin de la journée, je le recroise dans le casino : "alors Harper, tu finis ta journée à combien?" "500 000 ! " "Ah ah la bonne blague! non mais sérieux ?" "500 000, crois moi !" Je savais que la journée du lendemain allait vraiment être palpitante, je n'ai pas été déçu...

Un voyage

Oui, parce que nous couvreurs, on aime bien aussi sortir du casino quand c'est possible, et découvrir des trucs chouettes.

Emmanuel Vanglabeke : Las Vegas pendant les World Series of Poker. Pour la première fois j'ai – et me suis donné – le temps de faire autre chose que couvrir. Et j'adore cette ville.


Julien Gaignard : Je ne vais pas être très créatif sur ce coup-là. La meilleure destination est sans nul doute Las Vegas. C’est l’endroit où l’on passe le plus de temps dans l’année et où l’on a vraiment l’occasion de faire autre chose en dehors du tournoi. Car on voyage souvent mais on a jamais de moments libres pour visiter le pays où l’on se trouve. Vegas est l’exception. Et pour ne rien gâcher c’est là que l’on passe les plus belles soirées. Ensuite juste derrière l’endroit que j’ai préféré, même si le temps n’était pas terrible, c’est les Bahamas. Le soleil et la chaleur au mois de janvier il y a rien de mieux.

Kevin Noblat : Pour faire original, Las Vegas. A peine le cap des 21 ans franchi (c’est tout juste l’âge légal pour jouer et boire aux Etats-Unis !), j’ai pu me rendre à La Mecque des joueurs de poker. Aussitôt arrivé, j’ai passé une soirée énorme avec Alexonmoon, Solody et Seb Sabic. C’était tout ce que j’avais imaginé : la démesure et la folie. Je vous invite à relire l’article que j’avais écrit à mon arrivée. Par la suite, les deux mois ont filé à toute allure. Et je n’ai déjà plus qu’une envie : être en mai pour y retourner.

Julien Bochereau : Cette année, j'ai bien aimé la station de Golden Sands, en Bulgarie, où se déroulait un Unibet Open. Un open bar sur la plage qui finit en boîte, puis en after dans une cabane où on s'est bien cagoulés. Une station balnéaire mixée à un parc d'attraction, et en plus les brokes étaient les bienvenus, avec la pinte à deux euros et la pizza à cinq. J'adore !

Benjamin Gallen : Je n'ai pas eu l'occasion de visiter beaucoup de nouvelles destinations grâce au poker cette année. Je suis surtout revenu aux mêmes endroits, certains que j'adore comme San Remo (pour bouffer) ou Prague, d'autres qui sont faussement bien (à mon goût), comme Monte Carlo ou les Bahamas. J'ai été pour la première fois à Berlin, mais on a jamais eu le temps de sortir. Tallin (Estonie) était superbe, mais j'ai fait la gueule car j'ai sauté comme une merde de mon premier EPT en tant que joueur. Au final, je vais être obligé de dire Las Vegas. J'ai une relation ambivalente haine/amour avec cette ville que j'ai visité quinze fois et qui incarne tellement de choses maléfiques (n'ayons pas peur des mots) mais il y aussi suffisamment de choses que j'y aime pour que je ne puisse m'en lasser : tous les potes sont là, et on peut bouffer, danser, jouer, baiser, se droguer 24 heures sur 24h. Et puis c'est là qu'on trouve le In-N-Out, bordel.

Steven Liardeaux : La question ne se pose même pas, l'Award revient immédiatement à Sin City ! Vivre 5 semaines dans la cité du jeu, croiser tous les jours Phil Ivey, Daniel Negreanu, Tom Dwan ou encore Jason Mercier, et découvrir un monde de la nuit complètement inédit, seul Vegas peut offrir ça. Certes il faisait 45°C dehors et 15° à l'intérieur, c'était difficile de ne pas tomber malade. Certes, on bossait comme des chiens de midi à minuit tous les jours... mais quel pied mes amis, quel pied ! Pour rien au monde je ne voudrais manquer cette destination à l'avenir...

Un joueur

Votre coup de coeur de l'année, qui ne doit pas forcément être un joueur ayant gagné tous les tournois qu'ils a joués, mais plutôt quelqu'un qui vous a plu un peu plus que les autres.

Emmanuel Vanglabeke : Ronan « Roroflush » Monfort, parce qu'il symbolise un peu ce que je croyais pouvoir faire quand j'ai commencé ce métier il y a quelques années, passer de couvreur à joueur. Même si ce n'est que le début pour lui, il me fait rêver.

Julien Gaignard : Je ne peux pas dire si j’ai vraiment un joueur préféré. C’est plus des affinités avec certains. Je dois avouer que j’ai un plaisir particulier à voir perfer des joueurs comme Arnaud Mattern, Nicolas Levi, Philippe Ktorza,Thomas Bichon ou Jean-Paul Pasqualini, car au-delà du joueur de poker j’apprécie particulièrement les hommes qu’ils sont. Après comment ne pas citer Phil Ivey que j’ai eu le privilège d’interviewer et surtout de voir remporter son huitième bracelet WSOP cet été. Cet homme est vraiment une machine. Au niveau international, il y a deux joueurs qui m’ont vraiment marqué par leur niveau de jeu cette année, et étrangement (ou pas) ces deux hommes sont danois. Il s’agit de Theo Jorgensen, vainqueur du WPT Paris et auteur d’un deep run dans le Main Event des WSOP et Allan Baekke qui a remporté l’EPT Snowfest et qui a bien failli réaliser le doublé et le back to back à l’EPT San Remo. Sinon après j’apprécie énormément de joueurs sur le circuit qu’ils soient ou non connus.


Kevin Noblat : Mon joueur de l’année 2010 est Cyril « DonLimit » André. Certes, parmi ses potes, Alex Luneau ou encore Rui Cao ont fait de plus impressionnants swings en cash-games. Certes, Nico Levi ou Marc Inizan ont plus gagné en tournoi. Mais par son désir de progresser, sa permanente remise en question et des résultats probants, Cyril est celui qui m’a le plus impressionné. Au printemps dernier, nous nous étions rendus chez DonLimit et Alexonmoon avec Guignol et Furax, histoire de passer un week-end londonien. Je me souviens que c’est alors Cyril qui posait les questions à Guignol, mais, déjà, il commençait à bousculer les théories, imposant ses propres concepts. Quelques mois plus tard, Cyril a pris plusieurs centaines de milliers de dollars sur les tables de cash-game en ligne, et autant en tournoi, atteignant notamment les finales du France Poker Tour et du Partouche Poker Tour, mais remportant aussi une belle victoire à l’occasion de l’Evian Poker Open. A côté de ça, Cyril reste humble et plongé dans son jeu. On boit toujours autant de bières et on continue d’aller au stade pour mater des matches. C’est tout ce qu’on aime, et j’espère que l’ami « Don » fera au moins aussi bien en 2011.

Julien Bochereau : Arnaud Mattern. Il sait bien relater les coups qu'il a joué et en plus il envoie directement des SMS pour les raconter quand on était pas devant la table ! J'adore également Arnaud car il joue très bien et que c'est le joueur pro auquel je m'identifie le plus (au niveau du style de jeu). C'est accessoirement un bon pote et un excellent camarade dans les soirées degens.

Benjamin Gallen : J'aime bien charrier les pros (dans leur dos de temps en temps mais le plus souvent en face), mais il y en a quand même pas mal que j'apprécie beaucoup (heureusement), et il y a autant dont les performances m'ont impressionné cette année (Tom Dwan, Michael Mizrachi, Vanessa Selbst, Cyril André et Alex Luneau pour la France, entre autres...) Mais en fait, j'ai bien envie de voter pour Vikash Dhorasoo, juste histoire de faire le malin. Vikash, c'est pas un pro, c'est pas le mec qui a le plus gagné cette année, c'est pas le mec qui joue le mieux, et c'est même pas le mec le plus enthousiaste vis à vis du poker. Mais ça fait partie de son charme, et derrière la provoc' qu'il a depuis toujours se cache quelqu'un de bien, généreux, bon vivant, qui dit ce qu'il pense, quitte à se planter, au moins il a pris le risque. Et en ce qui concerne le poker, c'est un joueur gagnant, tout de même. Je ne sais pas s'il pourrait être pro (il n'en aura jamais envie, de toute façon), mais sa balance est positive, en tournoi comme en cash-game, en live comme online. J'aime bien l'observer, hilare, en train de rendre fou les meilleurs « regs » de Winamax autour des plus grosses tables du site, avant de remporter la finale du Barrière Poker Tour l'air de rien, les mains dans les poches, pour ensuite publier un article sur le blog du Team Winamax expliquant que finalement, un joueur de poker est quelqu'un de très seul, dont le triomphe est difficilement partageable avec autrui. Une opinion qui allait à coup faire débat et lui attirer des critiques, mais il s'en fout Vikash, car il sait qu'au fond, tout cela n'est pas très sérieux, et c'est bien de le rappeler de temps en temps, avant d'entamer une nouvelle partie de cartes.

Steven Liardeaux : C'est dur, très dur de choisir UN joueur ! J'en ai découvert des dizaines cette année... mais allez, puisqu'il faut se mouiller, je dirais... Vanessa Hellbuyck ! Pourquoi ? Parce que le ladies qu'elle a remporté, était tout simplement le premier tournoi que je couvrais pour Madeinpoker à Vegas, parce qu'elle a incarné à elle seule le rêve américain, parce que la foule en délire dans les tribunes, c'était juste l'un des meilleurs moment de cet été, parce que j'ai presque jamais été aussi fier de chanter la main sur le coeur la Marseillaise devant un parterre d'américain sur le cul ! Pour toutes ces raisons, Vanessa est ma number one.

Une photo



Emmanuel Vanglabeke : Il y en a plein, mais j'ai une tendresse particulière pour celle-ci, shootée par Jules Pochy lors de la table finale du $3,000 triple chance des WSOP, alors que Guillaume venait de remporter un pot. Il kiffe, et ça se voit, j'aime.



Julien Gaignard : C’est très dur de sélectionner une seule photo, il y en a eu tellement de prises... C’est un peu comme si on demandait aux photographes de l’Equipe de choisir une photo unique. Mais bon, on va essayer quand même. En poker pur je choisirais une des dernières photos de l’année prise par Kinshu ou Tapis_Volant (je ne sais plus) lors de l’EPT Prague. Il s’agit de celle du vainqueur de l’épreuve, Roberto Romanello. Alors que généralement les vainqueurs de gros tournois sont contents mais sans plus, voir Romanello en larmes au moment de soulever le trophée a été particulièrement émouvant. J'ajouterais aussi la photo de Phil Ivey lors de sa victoire à Vegas cet été sur le 3 000 $ H.O.R.S.E. Juste pour le plaisir d’avoir assisté à l’événement. Sinon il y aussi toutes les photos des «coulisses» des coverage avec une préférence pour celles prises avec Sara Underwood avec Roro et Harper.



Kevin Noblat : Une photo signée Jaybee lors de son coverage OFF du PPT Cannes. C’est parfait, tout simplement. N’oublions pas non plus ce chef d’œuvre : cette jeune demoiselle (j’ai appris plus tard qu’il s’agissait de Sara Underwood, playmate de l’année 2007) avait insisté pour poser à mes côtés [ND Benjo : qui y croit ?]. J’ai gentiment accepté. Enfin, j’ai trouvé sympa de voir Jean-Paul Pasqualini observer le sacre de Vanessa Selbst au Partouche Poker Tour depuis mon ordinateur, lui qui était alors tenant du titre.



Julien Bochereau : Phil Ivey, saisi par Jaybee à Montecarlo. Cette photo a fait le tour du monde ! No comment.




Benjamin Gallen : C'est Paco, l'un des excellents caméramans de Winamax, qui a pris cette photo à l'intérieur de l'Amazon Room, le point névralgique des World Series of Poker. Il est parfait, ce cliché. La composition géométrique, avec d'un côté le banc de presse et, au second plan (séparé par la barrière, loin mais en même temps proche), des joueurs qu'on imagine très nombreux. Les couvreurs, eux, ont les sent occupés, il ne faut pas les déranger, ils sont au milieu de quelque chose d'important, avec cette rangée d'ordinateurs, ce bordel de câbles, d'objectifs d'appareils photos, de bouteilles, de sacoches, et Harper tapant en silence avec le casque sur les oreilles, l'air serein, appliqué, en train de faire un travail propre. Le casque, il est indispensable pour qui est appelé à passer cinquante jours chaque été dans cette salle, et quand je contemple cette photo, je suis transporté à l'intérieur et je peux entendre sans effort le bruit des centaines de milliers de jetons qui s'entrechoquent autour des 200 et quelques tables. La bande son de mes étés depuis cinq ans.



Steven Liardeaux : Bonjour le casse tête... Des photos, j'en ai vu des milliers cette année (c'est ça de travailler aux côtés du meilleur photographe français, Jules Pochy). Alors en choisir une seule me parait très très compliqué ! J'ai tout de même décidé de retenir celle de Jack Ury, ce monsieur très vieux, 96 ans, que j'ai trouvé par pur hasard au beau milieu des 7 000 joueurs du Main Event des WSOP. Symbole de longévité, Jack Ury fait la nique à tous les jeunes grinders, avec son jeu à l'ancienne, et sa façon de slowroll gentiment ses adversaires à la table. Un monsieur ! Il est encore temps de lui rendre hommage, alors j'en profite.

Un bad-beat

Emmanuel Vanglabeke : Le WPT Amnéville, incontestablement. Connexion Internet difficile, relation presse-casino détestables, impossible d'obtenir un chip-count officiel quotidien si on ne le fait pas soi-même... même si au final je n'en garde pas un si mauvais souvenir que ça, ce tournoi a rassemblé l'ensemble des bad-beats que peut connaître un couvreur.

Julien Gaignard : Il y en a eu quelques-uns cette année des bad beats. En ce qui concerne le tournoi le plus long je dirais sans hésiter l’Open d’Evian en Octobre 2009 (ça compte pour la saison 2010, non ?). Le tournoi se déroulait sur deux jours, et le Day 2 a commencé à 12h ou 13h (je ne sais plus) pour se terminer à 8h30 le lendemain. Je me rappelle d’Harper s’endormant sur sa chaise, c’était assez fun. N’empêche heureusement qu’au final c’est Guignol qui s’impose sinon on aurait vraiment assisté au bad beat ultime. Sinon je ne vois pas vraiment de moment horrible. Il y a bien eu la finale de l’EPT Prague qui avait été longue mais sinon pas vraiment de tournois où j’ai pensé à me pendre. Après concernant les à-côtés c’est autre chose. Dans ce cas je suis obligé de parler d’Amnéville (je pense d’ailleurs que je ne serais pas le seul) : où comment organiser le plus gros WPT n’ayant jamais eu lieu sur le sol européen dans le pire endroit du monde. En gros là-bas si tu sautes du tournoi, t’es mort. Il n’y a absolument rien à faire. Le casino est situé au milieu d’une zone d’activités perdu entre un McDo et un cinéma. Ah si je suis mauvaise langue il y a la discothèque le Stardust, la boîte de nuit des + de 25 ans. Si je vous jure c’est un concept qu’ils ont inventé... Je crois que c’est la première fois où nous ne sommes pas sortis une seule fois et où nous étions ravis de rentrer chez nous.

Kevin Noblat : Ha ha. Ha ha ha, ha ha. Désolé, c’est nerveux. Rien que d’y repenser, ça me fout des frissons. Novembre. World Poker Tour. Amnéville. Oh putain, c’est dit. Ce tournoi fut un véritable enfer. Arrivé avec Stéphane Matheu, nous souhaitons louer une voiture, notre hôtel se trouvant à quinze minutes du lieu du tournoi. C’est alors que nous nous sommes comme perdus au milieu d’un épisode de Confessions intimes : entourés d’incapables toute la semaine, la vie hors tournoi fut un véritable enfer. Fort heureusement, la presse fut bien reçue et la connexion internet de qualité. L’épisode malheureux de la bulle a néanmoins achevé notre peu de motivation restant. Pas sûr qu’on y revoit un couvreur en 2011.


Julien Bochereau : J'ai l'embarras du choix pour cette catégorie. Histoire de changer un peu des banales anecdotes concernant des soirées trop arrosées, j'ai envie de sélectionner l'incident qui a eu lieu à Amnéville. Sans rentrer dans les détails, le staff a mal fait son boulot au moment de la bulle. On a été plusieurs à en parler. Mais le lendemain, j'ai subi des menaces assez ridicules et pas vraiment fondées. Bref, cette journée a été assez cauchemardesque pour moi, mais j'ai survécu au final !

Benjamin Gallen : C'est marrant que tous ceux qui se sont rendus au WPT d'Amnéville ont choisi cette épreuve comme majeur bad-beat de l'année. Moi, j'ai réussi à y échapper, et l'unanimité de mes confrères dans leur choix me fait pousser un soupir de soulagement. Concernant mes bad-beats à moi, je n'ai que l'embarras du choix. Je me suis cassé le doigt au cours de ma première descente des pistes lors du Snowfest, garantissant que le reste de la semaine allait être bien moisie. J'ai commenté un braquage en direct à Berlin. J'ai tenté d'avoir une relation avec une joueuse de poker. J'ai loupé des tas d'avions, de façons de plus en plus con, depuis celui manqué à Roissy parce que j'étais plongé dans un livre (que j'avais déjà lu en plus), en passant par Dublin où moi et Harper avions simultanément éteint nos réveils respectifs après une heure de sommeil à peine, jusqu'à Prague, le pompon ultime où, tenez vous bien, j'ai réussi à ne pas embarquer un avion qui avait six heures de retard, et oui, j'étais bien arrivé avec les deux heures d'avance sur l'horaire recommandées au voyageur débutant que je ne suis pourtant plus. Dans tout ça, c'est plus ma propre connerie qui est à mettre en cause, alors je vais sélectionner la finale du Partouche Poker Tour. J'ai débarqué à Cannes en ayant littéralement pas dormi depuis 72 heures, étant rentré de vacances la veille après un vol de huit heures inconfortable, avec derrière une autre nuit blanche. Je crois en cette loi de Murphy qui fait que bizarrement, c'est toujours au pire moment que nous tombe dessus LA grosse histoire, celle qui va nous tenir occupé un temps maximum. Et à Cannes, ça n'a pas manqué : à six heures, alors que je songeais déjà avec délice aux quinze heures de sommeil qui m'attendaient, mon téléphone sonne : un des finalistes venait d'être exclu après de lourdes suspicions de triches. Un scandale dont il fallait évidemment parler : je suis resté debout jusque quatre heures du matin. Et après j'ai dormi, quand même.

Steven Liardeaux : Je n'ai pas eu beaucoup de bad beats cette année. Lucky me, je n'ai pas couvert le WPT à Amnéville... Mais à contrario, j'ai du aller couvrir l'Unibet Open à Londres. Pourtant, on m'avait vendu du rêve sur ces Unibet : "Ouais, tu verras c'est un tournoi sympa l'Unibet, les soirées sont au top, etc". Au final, je me suis retrouvé là bas sans Harper, sans Benjo, sans Kinshu, sans Jooles, sans Maanu... J'ai reconnu Ludovic Lacay comme Français au Day1A (et il a bust juste après le dinner break, FML) et la soirée annoncée comme exceptionnelle s'est révélée être une bonne cagoule, comme on dit. Ajoutez à celà qu'il faisait -2°C, que trois jours plus tôt, je me dorais encore la pilule à Marrakech, et qu'à mon retour j'ai cru mourir lorsque l'avion s'est posé sur une piste d'atterrissage parisienne complètement enneigé.... et vous avez la recette garantie pour un bad beat monstrueux de trois jours. Je n'ai jamais couru aussi vite avec ma valise pour fuir ce tournoi.

Un article

Un peu d'auto-promo !... pour un article à soi qu'on a particulièrement aimé écrire et publier.

Emmanuel Vanglabeke : « Feed Your Wild Side » sur mon blog perso. Même s'il n'est pas parfait, j'aime bien cet article car je me souviens parfaitement de l'état d'esprit dans lequel je l'ai écrit, et j'ai vraiment adoré tout ce que je raconte dans ce billet.

Julien Gaignard : Bon, si c’est le moment de brag on va essayer de trouver quelques écrits sympathiques. A vrai dire j’ai beaucoup de mal à avoir du recul sur mon travail et je ne peux jamais dire si je suis satisfait ou non de ce que j’ai fait. Plus qu’un article c’est plutôt une rencontre, un titre ou une partie d’un article qui me plaît. Donc si je devais faire un choix, je dirais que je suis content de mon travail pour le magazine CardPLayer durant les WSOP (numéros 48 et 49, Juillet/Aout 2010) . J’ai en effet réussi à réaliser un coverage live pendant un mois et demi tout en réussissant à fournir le contenu de deux magazines papiers. Après je suis très content de mon interview de Benjo (numéro 48, Juillet 2010) dans laquelle il s’est un peu dévoilé, et j’ai a sensation d’avoir permis aux lecteurs de découvrir un peu mieux cet acteur majeur du poker français. Sinon pour ce qu’ils représentent je suis très content d’avoir pu interviewer Tom Dwan et Phil Ivey lors des derniers WSOPE. Si l’interview de Dwan est sortie dans le CardPLayer 51 d’Octobre 2010, celle d’Ivey devrait sortir un jour. Peut-être... Enfin j’aime particulièrement le jeu des titres auquel on se livre tous durant les coverages live. Et en parlant de titre si je devais n’en retenir qu’un j’opterais pour celui de mon dernier papier sur le WPT Marrakech dans le dernier Livepoker (Janvier 2011) : "Homan’s Land".

Kevin Noblat : J’écris rarement de longs articles structurés. Récemment, je me suis néanmoins livré à un nouvel exercice : suivre Antony Lellouche durant une semaine et raconter son quotidien de joueur hautes-limites. Les retours furent très bons et j’ai très envie de remettre le couvert prochainement. Sinon, il y a évidemment tous les titres bourrés de jeux de mots. J’en ai fait trop (des très bons comme des pourris) pour me rappeler de tout, mais citons par exemple :
- Après une élimination de Clément Thumy : « Il a Thu-my. Et Thu-perdu. »
- Une détournement du slogan de Wam-Poker (« Debout sur la table ! ») après un gros bluff observé en direct : « Deux boules sur la table ! » Pour l'histoire, nous avons longuement réfléchi avec Benjo sur d'éventuels retours négatifs de la direction avant que notre Boss nous lâche un « Ouais, mettez-le, c’est énorme ! »
Bon, pour les autres, j’ai la flemme de chercher, mais il y en aura d’autres en 2011, promis.

Julien Bochereau : On en écrit vingt par jour, des posts/articles. Ce n'est pas évident de souvenir d'un en particulier. En général, j'aime bien les coups qui implique des tards et où je peux caler un jeu de mot à la con. J'avais été content de placer le "Rendez nous le chien, Champagnol d'abord !" à Prague par exemple.

Benjamin Gallen : Chaque année, j'arrive à écrire une petite dizaine d'articles dont je suis content (pas plus), et je vais être obligé de sélectionner celui qui a eu le plus de succès, car c'est aussi mon préféré. "The durrrr Factor". A propos de cette folle journée où Tom Dwan a failli mettre à terre d'une seule main la communauté des joueurs high-stakes de Las Vegas en remportant un pari fou estimé à plus de dix millions de dollars... Si l'article a plu, c'est surtout parce que j'ai pris énormément de plaisir à vivre cette journée qui a duré plus de 36 heures. J'ai pu observer la finale en entier, sans rien écrire sur l'ordi, prenant des notes aux premières loges, et ressentir l'intensité monter progressivement dans les gradins, aux tables voisines, dans tout le Rio en fait. On avait la rare impression d'observer quelque chose d'historique, dont on se souviendrait. Quand le tournoi s'est terminé, il était quatre heures du matin mais il me fallait encore l'écrire, ce putain d'article, et j'ai tapé sur le clavier jusque onze heures avant de me déclarer satisfait du machin. A ce stade, il était hors de question d'aller dormir : j'ai tout simplement pris une douche, et suis retourné au Rio en titubant avec cette bizarre impression d'immortalité que l'on éprouve quand on répète la même chose pendant un temps très, très long.


Steven Liardeaux : J'ai eu beaucoup trop de mal à choisir parmi tous les posts de tous les coverages, alors je me suis tourné vers l'un des articles postés sur le site : l'interview de Bruno Launais pour MadeInPoker. Parce que j'ai passé un bon moment avec lui, parce que Brubru est vraiment un joueur à part selon moi, et parce qu'il y en a marre des interviews où on n'entend parler que des cartes, des bads beats et compagnie, je ne suis pas peu fier d'avoir réalisé cette interview. Enjoy, découvrez ou redécouvrez là avec grand plaisir. Si seulement tous les joueurs pouvaient être aussi dispo et sympathique comme lui...

samedi 1 janvier 2011

Reboot v.1.1.11

Hé, 2011 vient de commencer ! J'espère que la dernière soirée de 2010 a été bonne pour vous. La mienne fut ridiculement fun, difficile d'imaginer meilleure fête que celle qui s'est déroulée au Madison Square Garden. Aux alentours de minuit, j'étais en train de regarder 25 danseurs déguisés comme dans l'attraction "It's a Small World" de Disneyland se déhancher sur de la world music aux paroles à moitié en japonais tandis qu'un groupe de musiciens quarantenaires survolait la foule à bord d'un hot-dog géant, en même temps que des centaines de ballons de toutes les couleurs tombaient du ciel. Non non, je n'étais pas en train de planer, ayant refusé toutes les drogues hallucinogènes qu'on m'avait offertes. Tout cela était extrêmement con, et donc très drôle, joyeux, et enfantin, parfait pour entamer l'année.



Bonne année 2011 à tous ! Allez, cette année, on va essayer d'être des gens bien, cool sous tous rapports, urbains, et tout ça et tout ça. Le reste devrait suivre, normalement.