mardi 7 juin 2011

Lost in the zone

Day 7

Pour boucler la première semaine des WSOP, j'ai boycotté le Rio et pris une journée de pause. Il y avait seulement quatre épreuves au programme, et une seule finale (le Deuce to Seven à 1,500$), l'occasion était trop belle de s'éloigner un peu des tables. Il n'y aura pas beaucoup de journées aussi peu agitées jusque le 19 juillet, mais j'espère tout de même réussir à m'arrêter une fois par semaine.

Bon, au final, je n'ai pas fait grand chose. Je m'étais couché à six heures du mat'. J'ai émergé vers midi et le temps de prendre une douche m'occuper de deux ou trois trucs relatifs au boulot, il était déjà deux heures. J'ai rejoint Nicolas Levi et sa copine Émilie à leur hôtel, le Cosmopolitain, qui fait partie du gigantesque complexe City Center. Un machin énorme, boursouflé, ultra-luxueux qui apparemment peine à convaincre les clients, du coup les prix sont cassés et pas mal de joueurs en ont profité. J'ai visité la suite de Nico... Pour 129 dollars la nuit, on peut dire que le rapport qualité/prix est imbattable dans tout l'univers. On a passé un peu de temps à la piscine, mais les piscines d'hôtel de luxe c'est pas trop mon truc, alors j'ai rapidement suggéré de nous rendre à mon spot préféré de tout Las Vegas... Le musée du flipper.



J'ai déjà parlé de cet endroit, mais je ne vais pas me priver d'en remettre une couche car l'opération est à but non lucratif. Situé près de l'aéroport sur Tropicana, le musée est en fait un entrepôt où ont été installées plus de 150 flippers et jeux vidéos divers, ainsi que plein de machines à bonbons, farce et attrappe et autres jouets pour ducasses. L'entrée est gratuite, mais chaque machine dispose de son propre monnayeur, comme à la bonne époque où il fallait s’incruster dans un bistro pour jouer, au risque de se faire virer (je parle pour moi, là) Les bénéfices sont régulièrement reversés à l'Armée du Salut du Nevada. Je ne sais pas quel est/ a été le métier de Tim Arnold (propriétaire du musée), mais ce monsieur est très généreux... Pour preuve, accroché au mur, le dernier chèque qu'il a envoyé : 100,000 dollars. La soixantaine bien tassée, Arnold est le plus grand collectionneur de flippers du monde. Il possède assez de machines pour remplir l'Amazon Room, et passe ses journées au musée à réparer des machines tranquillement.

Bref, tout ça pour dire qu'à Las Vegas, ville typiquement chère et dépourvue de morale, il est possible de passer du bon temps sans se ruiner, et contribuer à une bonne cause au passage, pièce par pièce. C'est con, tout de même : avec toutes les machines disponibles, depuis les vieux coucous mécaniques des années 50 jusqu'aux dernières monstruosités de Stern, je me suis au final retrouvé à jouer une bonne heure sur la machine que j'ai chez moi : le Twilight Zone. Mettez ça sur le compte du mal du pays... Le high-score était pratiquement inatteignable, mais je m'en suis bien tiré avec 1,5 milliards qui m'ont permis d'écrire mon nom en quatrième place.

Après, j'ai été au Border's acheter des bouquins, au Fry's pour une course rapide (combien de fois cet été je vais perdre mon chargeur d'appareil photo ou le capuchon de la lentille ?), et il était déjà temps de penser au dîner. J'ai retrouvé ma confrère Michelle (from Texas) à Downtown, le vieux Vegas. Un séjour à Vegas doit toujours comporter au moins une visite par là où tout a commencé. On a mangé dans un italien pas terrible au Golden Nugget avant de parcourir en long et en large Fremont Street, l'ancien centre de Vegas désormais entièrement réservé aux piétons. On s'est mélangé aux touristes. Loin des complexes gargantuesques du Strip, le vieux Vegas est resté modeste, certains diront même craignos. C'est le bon endroit pour choper un cocktail de crevettes à deux dollars, où se faire tirer son portefeuille si l'on a le malheur de se perdre dans les rues adjacentes en allant chercher sa voiture. Mais c'est aussi le bon endroit pour marcher dans des rues à taille humaine. On a descendu la rue jusque l'hôtel El Cortez, le plus vieux de Las Vegas, si je me souviens bien il date du début du siècle dernier et n'a guère changé depuis. Il y a avait des bagnoles de flic un peu partout, et on a pas continué plus loin, on arrivait à la frontière entre le Downtown des touristes et le Downtown des gens qui habitent vraiment là, les macs, les putes, les clodos et les camés. Une ville dans la ville, plus ou moins laissée à elle-même : tant qu'un touriste n'est pas blessé, les condés ne prennent pas la peine d'intervenir.



J'avais prévu de jouer un peu au poker, pourquoi pas au Binion's, le casino des championnats du monde depuis les débuts jusque 2005, mais j'ai laissé tomber, il était déjà tard. On a observé de près les belles photos qui ornent la salle de poker. Sur l'une d'entre elles, on voit Doyle Brunson de marbre alors qu'il vient de miser son tapis sur un gros pot. Le cliché date des années 70, et parmi le tas de spectateurs massés derrière la table, il y a un type en train de prendre des notes sur son carnet : l'ancêtre du blogueur poker !

J'ai fait un détour par Walmart avant de rentrer à la maison. Ce supermarché géant ouvert 24h/24 me déprime fortement. Tout est trop grand et trop gros, je me perds dans les rayons à la recherche d'une bouteille de jus d'orange, et je me retrouve à devoir choisir entre 257 marques de jus d'orange. Et puis il y a ce concept d' "employé d'accueil" : c'est quelqu'un qui est payé pour se tenir à l'entrée du magasin pour dire "bonjour" et "au revoir" aux clients, et rien d'autre, c'est pas des conneries. Ce sont souvent des gens avec un handicap, où des grabataires ne disposant pas d'une retraite suffisante, ils se tiennent là accrochés à leur canne où cramponnés à leur fauteuil roulant en feignant un sourire et le désespoir que l'on peut lire dans les yeux est insoutenable. Cachez cette misère que je ne saurais voir.

La cagoule de l'été

- Sans transition aucune... Avec un bonne grosse dose d'hypocrisie... il me faut continuer à rester honnête sur mes habitudes aux tables de jeu : j'ai perdu 105 dollars comme une merde à la table de Black Jack du Binion's, et nous avons ensuite fourré 20 dollars dans une machine à sous, en pure perte bien entendu, mais je partageais avec Michelle. Résultat : moins 115 dollars, et moins 188 dollars pour l'été.

- J'ai aussi bouffé un In-N-Out il y a deux jours que j'ai oublié de comptabiliser... Donc on en est à 3 en 10 jours à Vegas.

- Je n'ai pas couvert le Day 7 des WSOP mais cela peut être sympa de jeter un oeil à mon reportage vu que j'ai publié deux articles qui étaient déja écrits depuis longtemps : un guide à l'attention du qualifié débarquant pour la première fois aux WSOP, et un mini-guide touristique où je recense quelques unes de mes adresses préférées :

Le Day 7 sur Winamax

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour benjo,

Un régal ce blog, comme les articles de Poker 52 qui m'ont permi de te découvrir. Les cercls Haussman et Wagram ont été fermé par la police,tu en sais plus?

Alexandre a dit…

on continue à lire au boulot evidemment :)

Ben a dit…

Pour que tu puisses varier un peu au In-N-Out, voici le menu secret:

http://aht.seriouseats.com/archives/2011/03/the-in-n-out-survival-guide-we-ate-every-single-item-on-the-secret-menu-slideshow.html#show-143741

Tifus a dit…

Bah comme d'hab , le kif quotidien.

En qui concerne l'employé qui dit bonjour , il a clin d'oeil dans l'excellent idiocracy (à voir absolument)

http://www.youtube.com/watch?v=Z8zNsUTWsOc

Frenchie a dit…

T'as bien de la chance, la ou je vis le Walmart fait la taille d'un simple Leclerc. Quoi que l'avantage de ce magasin c'est que ca ne coute absolument pas cher du tout!
Je te rejoins egalement sur la personne se trouvant a l'entree pour les simple "bonjour" et "au revoir", a chaque fois que j'y vais ca me deprime de voir ca...