mercredi 8 juin 2011

Détour par le Sports Book

Day 8

Il y a une chose qu'il faut faire au moins une fois si l'on est de passage à Vegas : regarder une rencontre sportive dans la salle des paris sportifs de n'importe quel casino. Si possible une partie avec des enjeux, un truc important sur lequel les gens ont envie de miser, et qui va garantir une ambiance survoltée quel que soit le résultat. Rien de tel que la perspective de gagner ou perdre quelques centaines, voire milliers de dollars pour rendre un homme vraiment passionné par un match de basket ou de football. Je n'ai jamais visité Vegas durant l’événement sportif le plus important aux USA, le Superbowl, mais j'ai pu observer pas mal de matches de la Coupe du Monde au Rio l'année dernière, avant mes journées de boulot, en particulier la rencontre entre les USA et l'Angleterre. Et puis, chaque année, les WSOP sont contaminés par la fièvre des finales du championnat NBA, sauf que cette fois-ci Phil Ivey n'est pas là pour défrayer la chronique avec ses paris à plusieurs millions de dollars.

Avec Remko, on a profité du calme dans l'Amazon Room pour aller voir la quatrième manche de la finale, qui oppose cette année Miami à Dallas (avec un score provisoire de 2-1 pour Miami). La salle des paris sportifs du Rio était bien remplie. On a bouffé devant les écrans en compagnie d'un type à l'air mafieux qui prétendait avoir misé 3,000 dollars sur le match (et je l'ai cru), tout en essayant de nous convaincre de venir jouer la partie de poker illégale qu'il organise à l'arrière d'un bar, pendant que son neveu nous recommandait des adresses de strip-club, mais je ne pense pas avoir de conseils à recevoir sur ce sujet, même si ces endroits ne m'intéressent plus guère.

Après, on s'est posés au bar et Seth Palansky nous a rejoins pour le dernier quart-temps. "De toute manière", a t-il dit, "à quoi bon s'embêter à regarder tout le match quand seulement la fin est véritablement intéressante." Pour la plupart de mes amis joueurs, les paris sportifs ont ruiné leur appréciation d'une bonne rencontre. Maintenant qu'ils parient gros et régulièrement, ils sont absolument incapables de prendre du plaisir à regarder un match sur lequel ils n'ont pas mis d'argent. Moi, j'arrive encore à kiffer devant un bon match, car je n'ai jamais vraiment gagné aux paris sportifs, si ce n'est durant la Coupe du Monde 2006 où la France (honteusement sous-estimée cet été là) m'a fait gagner toutes mes mises, sauf la dernière.

Je n'avais donc rien mis sur le match, et si j'avais voulu, j'aurais été bien peine de choisir un camp. Pauly m'avait indiqué avoir misé sur Dallas, mais avec un écart de trois points. Traduction : pour que Pauly fasse pleurer le casino, il fallait que Dallas gagne par quatre points d'écart au moins. Deux points d'écart et il perdait son pari; trois points d'écart et c'était un "push" : il récupérait sa mise.

Comme prévu, c'est durant le dernier quart temps que les supporters massés dans la salle des paris sportifs ont commencé à véritablement s'exciter. Miami semblait bien parti pour gagner, avec jusqu'à neuf points d'avance à un moment donné. Mais Dallas est finalement revenu dans les deux dernières minutes pour finir avec une avance de... trois points. Push is a win ! "Dallas est une équipe qui aime gagner en revenant de loin", m'a expliqué Pauly.

Récemment, l'émission 60 minutes (l'équivalent de "Envoyé Spécial" aux States) a consacré quelques minutes à Billy Walters, le plus gros parieur sportif du monde :



En revenant dans l'Amazon Room, je me suis rapidement compte que quelque chose n'allait pas rond en me remettant au boulot. Littéralement, je ne pouvais plus marcher. Mon estomac était tellement noué que c'est comme si on m'avait fait avaler une brique de force. Pas besoin de chercher trop loin le problème : durant le match j'avais bouffé un hot-dog assez louche à la cantine du Sports Book. J'ai essayé de boire de l'eau, du thé, j'ai essayé d'aller chier, mais rien à faire, ça ne passait pas : mon bide était prêt à éclater.

C'est à cette occasion que je me suis rappelé que la cuisine américaine est difficile à digérer. Oui, je sais ce que vous allez me dire : en prenant un hot-dog au Rio, j'allais au devant des ennuis. Mais ce n'est pas ça que je veux dire : il y a quelque chose dans la bouffe ici qui la rend très difficile à apprécier pour l'européen que je suis. Mettez ça sur le compte de farines différentes, d'oeufs qui ne sont pas couvés pareil, de techniques d'élevage différentes, de la météo, peut-être des pesticides ou de je ne sais quoi, mais rien n'a le même gout, pas même les aliments de base tels que le lait, les oeufs, le pain et compagnie. A part quand on sort dans un restaurant chic (et cela n'arrive pas tous les soirs, loin de là), je passe mon temps à bouffer des trucs dont je n'aime pas le gout. Et ce même lorsque je commande quelque chose que je suis censé aimer. Entendez par là que même une bête omelette ou un sandwich au poulet n'aura jamais le même gout que ceux auquel je suis habitué chez moi. Dans un sens, ça me rassure : on a beau répéter à longueur d'articles et émissions télé que l'Europe passe son temps à vouloir imiter le mode de vie Américain, il faut se rendre à l'évidence : ces Yankees ne savent pas manger.

Maintenant vous comprenez pourquoi je retourne toujours au In-N-Out : il ne m'a jamais fait tomber malade, avec ses ingrédients garantis 100% frais du jour.

En vrac

- Très peu de choses à raconter mardi à propos des WSOP. Seulement quatre tournois au programme, et zéro finales. Du coup, aucun remords à rentrer à la maison à minuit, vu que j'arrivais à peine à marcher. Pauly a été me chercher un médicament contre le mal d'estomac (du Pepto Bismol, une sorte de pansement gastrique) et je me suis senti rapidement mieux.

- Le joueur Brandon Adams a répondu sur son blog a Jesse May, qui, relatant l'ambiance au Rio, faisait état des joueurs portant encore le patch Full Tilt Poker, en s'interrogeant sur la légitimité d'un tel geste dans la situation actuelle. Du coup, May répond à son tour à la réponse d'Adams. Heureusement, les deux hommes sont de vrais gentlemen, et la joute verbale reste tout à fait amicale. Une bonne lecture, donc, intelligente et réfléchie des deux côtés. Venant de quelqu'un qui passe une bonne partie de sa vie à jouer au poker, j'apprécie particulièrement les mots suivants, écrits par Adams :

"[...] Un monde où règne l'addiction et l'aveuglement ne pourront jamais ressembler au monde réel, et ne suivra jamais ses règles. C'est ce que n'ont jamais compris la plupart des articles des blogs, Twitter et les forums de poker. Le poker est un style de vie déguisé en choix de carrière. Et il ne s'agit pas vraiment d'un style de vie sain ou soutenable sur le long terme (même si c'est quelque chose de très amusant)."

- Toujours à propos de Full Tilt Poker, cet article de F-Train, un ancien juriste tombé dans les médias poker. F-Train défend la position de fuyard de Phil Ivey : vu la situation, il n'avait rien de mieux à faire.

- La prochaine rumeur concernant Ivey et Full Tilt, je vous la donne en exclu, elle va sortir d'ici quelques heures sur les sites habituels : il s'avèrerait qu'Ivey se serait pointé au QG de Full Tilt avec une solution clé en mains pour les sortir de la mouise : un investisseur prêt à mettre suffisamment de pognon sur la table pour effacer tous leurs problèmes, en échange d'un contrôle total de la boîte. Lederer et Bitar auraient refusé (égo ? cupidité ?), provoquant la colère d'Ivey et la décision capitale qui s'en suivit.

- On en parle pas des masses, à la fois par manque de temps et par manque d'accès, mais les gros cash-games tournent à plein régime à Las Vegas, y compris au Rio. Hier, j'ai observé Thomas Bichon jouer en Pot-Limit Omaha 50$/100$ en compagnie d'une bande de Scandinaves. Quoi, c'est pas assez cher ? OK : à côté tournait une 200$/400$ avec quatre joueurs assis à table, et je n'ai d'ailleurs reconnu personne. J'ai entendu parler d'une table en Limit à 1,000$/2,000$ les blindes, et l'on me souffle qu'au Bellagio, une table de PLO à 300$/600$ n'est pas un fait rare. A part ça, aucune info sur les joueurs, les gagnants, les perdants, etc. Forcément, vu les sommes impliquées (60,000$ au moins pour avoir un siège à table), les curieux n'y sont pas les bienvenus, et les joueurs ne laissent filtrer qu'un minimum de détails.

Le Day 8 sur Winamax

6 commentaires:

romain a dit…

Benjo :

"la rencontre entre les USA et les Etats-Unis."

:D

MRik59 a dit…

Quelle bonne excuse pour se donner bonne conscience et retourner au In-N-out tous les deux jours !!! lol
Bon promis, cette année, je suis obligé d'essayer...

Stefal a dit…

Rencontre Etats-Unis/USA. Ca c'est de l'inédit!

Anonyme a dit…

USA Angleterre non?

Anonyme a dit…

Salut Benjo toujours le meme programme quand on se leve; lire le blog et le coverage lol. Dis mois tu parles de gros cash game en omaha, peux tu me dire ce qu il en est en holdem?
j hesite a faire un pti saut cette année.
Yannick M.

sites de poker a dit…

Quelqu'un serait-il quel est le site de poker le plus fiable du moment ?