vendredi 3 juin 2011

Dans la tête d'un couvreur

Day 3

10h15 – Debout ! Je prends mon petit-déjeuner devant la télé. Céréales avec du lait ( dégueulasse aux USA) et pain (idem) avec du Nutella, Pauly m'a offert un pot, mais le goût n'est pas pareil, il y a plus de noisettes, surprenant quand on à l'habitude du Nutella européen. Pauly et Change se foutent de ma gueule parce que j'ai zappé sur Sex & the City 2, mais est-ce de ma faute s'il n'y a que de la merde au menu sur les 200 chaînes du câble ricain ?

10h45 – Douche, vaisselle, je me casse.

11h30 – J'arrive au Rio. Il y a avait un peu d'embouteillages sur l'autoroute 15. Je me gare au fond du parking, entre dans le centre de convention par la porte de derrière, traverse le couloir de service, et entre directement dans l'Amazon Room par une porte secrète.

11h45 – Consultation des e-mails, notifications Facebook, messages Twitter, et les dernières nouvelles. Je me renseigne sur les classements des épreuves du jour, et publie mon premier article de la journée : le programme du Day 3.

12h45 – Je tombe sur Gabriel Nassif dans le couloir, qui vient d'arriver en ville. D'autres joueurs français passent, des poignées de main et des « bonne chance » sont échangés.

13h00 – J'entre dans la gigantesque Pavilion Room pour jeter un premier coup à l'épreuve de No-Limit à 5,000$ qui vient de démarrer. Il y a plus de 800 joueurs, les chiffres de 2010 sont dépassés. Je dis bonjour à tous les français que j'arrive à trouver : Manuel Bevand, Hugo Lemaire, ElkY, Ilan Boujenah, Nicolas Levi, Tristan Clémençon, qui dispute son tout premier tournoi à Las Vegas. Il me faut une demi-heure pour faire le tour de toutes les tables, je croise tout ce que le circuit américain compte de jeunes « grinders ».

13h45 – Je trie toutes les photos que j'ai prises dans la Pavilion Room, et commence la rédaction de deux articles à propos du No-Limit à 5,000$.

14h00 – Je déménage mes affaires, quittant le banc de presse pour m'installer sur le podium télévisé principal. Il y a de la place pour les médias, et nous sommes gracieusement invités à nous y installer. J'ai une belle vue pour voir débuter un duel à caractère nostalgique : Phil Hellmuth et Johnny Chan ont été invités à rejouer leur célèbre confrontation du Main Event de 1988, qui avait tourné à l'avantage d'Hellmuth et empêché Chan de remporter un troisième titre de champion du monde consécutif.

14h43 – Je publie le premier article sur le No-Limit à 5,000$, à propos de la participation record au tournoi.

15h05 – Je publie le second article, à propos du field et des français engagés.

15h15 – Je prends un max de photos du match Hellmuth/Chan et commence à rédiger quelques impressions. Si j'avais été l'organisateur, j'aurais exigé que les deux joueurs portent les mêmes vêtements qu'en 1988. Hélas, Chan a délaissé son survêtement rouge pour une chemise multicolore absolument hideuse. « Il l'a piquée dans le placard de Kadafhi », souffle Pauly.

16h – Johnny Chan bat Phil Hellmuth : 22 ans plus tard, il obtient sa revanche.

16h21 – Je publie un article sur le match Chan/Hellmuth.



16h24 – Avec Pauly, on s'incruste sur le plateau télé pour prendre une photo à la table télé, faisant péter un plomb aux techniciens. Ils sont toujours un peu nerveux, ces gens de la télé. Hé, détendez vous les gars, c'est pas le Superbowl.

16h56 – On croise Erik Seidel près du plateau télé. Je lui demande s'il compte porter sa fameuse visière rouge (immortalisée dans « Les Joueurs ») pour sa revanche contre Johnny Chan. Il nous répond que le match ne se jouera pas aujourd'hui : Seidel est encore en course dans le tournoi de Omaha.

17h30 – Conférence de presse sur le plateau télé ! Les WSOP annoncent la tenue d'un tournoi à 1 million de dollars l'entrée pour l'édition 2012. Ah ah, chaque journée apporte son lot de nouveaux développements fracassants. C'est drôle, quand les premiers tournois à 100,000$ sont apparus il y a un an (deux ans ?), on s'est moqués en disant « à quand les tournois à un million, hein ? ». On ne rigole plus, maintenant. L'affaire est chapeautée par le milliardaire Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil et joueur de poker (gros perdant) à ses heures perdues : il s'agit d'un tournoi de charité, un peu plus de 10% du prize-pool sera reversé à sa fondation œuvrant pour une meilleure distribution de l'eau potable à travers le monde. Le québécois est là, et fait entrer sur le podium quelques uns des joueurs ayant confirmé leur participation : Gus Hansen, Patrik Antonius, Tom Dwan... Mais pas Phil Ivey. Bobby Baldwin est là aussi, et on annonce la participation d'Andy Beal, ce qui fera à coup sur saliver les fans qui n'ont jamais eu l'occasion de voir jouer en public le milliardaire.




18h54 – Je publie un article à propos de la conférence de presse, et fonce au Palms pour rejoindre le Team Winamax au restaurant. L'épreuve de No-Limit à 5,000$ est en pause pour 90 minutes. Le menu n'est pas folichon (je suis difficile avec les sushis), alors je me contente du limonade et discute avec Tristan Clémençon à propos de son arrivée à Vegas. Toujours un grand moment pour un joueur de poker !

20h01 – Retour au Rio. Chris Moneymaker et Sam Fahra disputent un remake de leur mythique confrontation du Main Event 2003. La troisième manche est en cours.

20h38 – Les quart de finale de l'épreuve de Heads-Up à 25,000$ sont terminés. Comme je n'ai rien vu, je n'ai pas grand chose à écrire à part le résultat.

21h30 – Moneymaker vient à bout de Fahra. L'amateur a encore triomphé du pro. J'interview les deux joueurs. Fahra est très cool mais nous dit que Moneymaker est toujours aussi mauvais, et Moneymaker est toujours aussi humble. Il nous avoue que pendant deux ans, il ne savait pas où il avait mis son bracelet de champion du monde, avant de le retrouver au fond d'un carton lors d'un déménagement !

22h40 – Je publie un petit topo sur les débuts de Tristan Clémençon à Las Vegas.

23h – Pause cigarette dehors, dans le coin où se regroupent les croupiers. Je croise Carol, une grande dame blonde qui travaille chaque été aux WSOP depuis 1977. « Un jour, Stu Ungar m'a tellement poussée à bout que j'ai menacé de l'étrangler. Il s'est calmé aussitôt. » « Ah, c'est vous, la croupière dont on parle dans tous les bouquins ! », lui dis-je. « Oui, c'est moi. » Carole me raconte plein d'anecdote sur la vie des croupiers. Il faudra que j'en fasse un article.

00h30 – Je reviens dans la Pavilion Room pour observer la fin du Day 1 de l'épreuve de No-Limit à 5,000$. La plupart des français ont sauté. Je parle un peu avec Manuel Bevand, croise Jonathan, un qualifié Winamax, et Marc, un joueur que je ne connais pas mais dont j'ai entendu le plus grand bien.

01h15 – Je publie enfin mon article sur le match Moneymaker/Farha. Il m'a pris du temps, ce papier, mais j'en suis pas trop mécontent. Je glose notamment sur le fait que huit ans plus tard, Moneymaker n'est toujours pas respecté pour son titre de champion du monde, alors que si on regarde bien les images de sa victoire, il n'a pas joué si mal que ça.

02h10 – Je publié un compte-rendu rapide de l'épreuve de No-Limit à 5,000$.

02h17 – Je fais le point sur les épreuves du Day 3, et annonce celles du lendemain.

02h18 – J'écris mon compte-rendu du Day 2 pour ce blog.

04h00 – Je quitte enfin le Rio. A gauche sur Twain, à gauche sur Decatur, tout droit jusque Warm Spring, à droite sur Eldorado, et me voilà à la maison. Je mange un bout de fromage devant la télé (Pauly a mis un DVD de Phish).

05h00 – Je vais au lit. Dehors il fait déjà jour.

Le Day 3 sur Winamax

4 commentaires:

Anonyme a dit…

merci benjo pour ces articles :)

Dromz a dit…

A ce rythme là tu vas canner avant moi.

Ps : J'arrive.

bressan08 a dit…

Toujours un plaisir de lire ta plume, mais pourrais tu demander à tes webmasters de changer l'ordre de tes messages sur ton coverage pour que le message du haut soit le plus ancien pour garder le suspense ? Merci encore pour le boulot que tu fais

romain a dit…

Tu n'a toujours pas dit qui etait le couvreur qui préférait se fap fap