jeudi 25 novembre 2010

Temps présent

Quand on regrette tellement de choses à propos du passé, et que le futur ne nous inspire que de la crainte, comment peut-on vraiment apprécier le présent ?

C'est le genre de pensées qui me passent par la tête alors que je retrouve ma chambre d'hôtel d'un luxe grotesque au milieu de la nuit après une journée passer à regarder des gens jouer aux cartes. Je suis à Barcelone, une ville apprécier où l'instant présent ne devrait pas être une chose très difficile.

J'aime Barcelone, sans doute par nostalgie. Une partie de ma famille vient d'ici, et c'est non sans honte que je bredouille les trois mots d'espagnols que je connais en pensant à mes ancêtres. C'est à Barcelone que j'ai couvert l'un de mes premiers tournois de poker, il y a déjà quatre ans de cela, quand Thomas Fougeron avait fait appel à moi pour raconter ses aventures dans la Team770. Depuis, j'y suis retourné encore et encore, sans jamais réussir à m'en lasser. Les fêtes ont meilleur goût à Barcelone qu'ailleurs, semble t-il, les galettes de pomme de terre et la charcuterie aussi.

Et m'y revoilà une fois de plus. Pour un tournoi de poker, bien sur. L'épreuve commençait un lundi. J'ai donc pu me permettre d'arriver samedi soir et profiter du week-end... Un bar à karaoke était le dernier endroit où je pensais me retrouver, mais Madeleine connaissait les lieux et Alex, en sa qualité d'ancien expatrié au Japon, est un expert dans la discipline. Il n'y avait personne au début, et c'est devant un auditoire clairsemé que j'ai tenté la Javanaise de Gainsbourg, sous des applaudissements polis. Alex, lui, était en forme, et a enflammé l'auditoire avec une chanson de Madness, complète avec voix de stenor et pas de danse ska endiablés. Cela détonnait fortement avec les chansons choisies par les locaux, que des ballades tristes en catalan. Notre imitation de Everybody Needs Somebody To Love a fait un carton, je m'en suis pas trop mal sorti sur le couplet d'introduction de Dan Akroyd, il fallait parler à toute vitesse. Après, j'étais lancé, et j'ai voulu m'essayer à une chanson en espagnol. A ce moment, le bar était intégralement rempli, et mon interprétation de La Camisa Negra a fait rire la moitié de la salle, tandis que l'autre tapait dans les mains en hochant la tête, appréciant poliment l'effort. Au moins, j'aurai essayé. On y retournera.

Dimanche est passé à toute vitesse. Une visite de la ville avec l'équipe de PokerNews au volant de petites voiturettes jaunes à deux places qui se conduisent comme un scooter, le GPS intégré te donne les directions à voix haute et t'indique ce qu'il y a d'intéressant à regarder, c'est très sympa mais il ne faut pas avoir peur du ridicule car absolument tous les passants te regardent en rigolant, et les automobilistes klaxonnent rageusement quant tu peines à redémarrer au feu rouge. Puis un resto avec le Team Winamax, un détour par le pub irlandais sur le port, et voilà.

Après, le tournoi. European Poker Tour. 5,000 euros l'entrée. La routine. Day 1A, plein de gens, la moitié qui sautent d'entrée. Day 1B, encore plus de gens, et la moitié qui partent aussi. Pas beaucoup de médias français, ils sont tous à Marrakech. Le Day 2, et le rythme des éliminations s'accélère un peu plus, et les français disparaissent à toute vitesse, le Team Winamax est complétement nettoyé. A minuit, il n'en reste plus que quatre tricolores parmi 112 joueurs, en fait non, je reçois le classement officiel me rends compte que j'en ai oublié un. Et le lendemain matin, je regarde la liste une nouvelle fois et j'en ai oublié un autre, alors en fait il y en a six. Un peu honteux, j'aurais du faire plus attention. J'ai la tête ailleurs. Il y a ElkY en short-stack, Jan Boubli, le vainqueur de l'édition 2005, le Corse Stéphane Albertini, deux joueurs que je ne connais pas, et Gilles, un sympathique amateur qui s'est payé le tournoi cash après avoir réalisé un gros gain sur Winamax. Ca ne s'invente pas, et sa décision insensée a payée : il est « in the money », et pourrait bien repartir très riche de Barcelone.

Aujourd'hui, on va tomber à 24 joueurs. Demain, la finale sera constituée, et elle se jouera samedi. Grosse fête PokerStars prévue le même soir dans la boîte d'à côté. Je suis censé rentrer en France le lendemain, mais j'hésite à bifurquer vers Marrakech. Harper y est déjà depuis quelques jours, il a atteint la table finale du tournoi Deepstack à 500€ (avec notre ex-confrère Roroflush), il pourrait très bien se débrouiller tout seul pour couvrir l'épreuve World Poker Tour qui débute samedi, mais j'ai bien envie d'aller lui donner un coup de main, histoire de réaliser un meilleur reportage. En plus, tout le monde sera là, je ne suis pas du tout fan de Marrakech mais je n'ai pas envie de non plus de passer à côté de la fête.

Toujours un pied dans le passé, un pied dans le futur, et le présent qui file à toute vitesse au milieu.

L'EPT Barcelone sur Winamax

dimanche 21 novembre 2010

Revue de presse et copinages (édition de novembre)

Avant d’évoquer la finale du Partouche Poker Tour et ses retombées, et d'attaquer l'EPT de Barcelone (départ lundi à midi), un petit post rapide pour faire un peu de pub pour les potes et revenir sur quelques articles et morceaux d’actualité récents. J'ai rajouté quelques liens dans la colonne de droite, les voici :

Infinite Edge : Un nouveau blog lancé par mon ami suédois Kim Lund, un esprit brillant ayant roulé sa bosse de nombreuses années au sein de l’industrie du poker. Ayant récemment quitté son poste chez Bwin (qu’il occupait depuis l’époque glorieuse de PokerRoom/OnGame, avant le rachat par les autrichiens, donc), Kim est désormais libre d’exprimer sans détours ses pensées sur le milieu. Son blog est donc celui, assez rare, d’un « insider », qui aborde tout le côté « business » des jeux d’argent en ligne. On y discute de liquidité, rétention client, rakeback, business model, ce genre de choses imbitables pour le joueur moyen. Tout cet aspect du poker en ligne (qui est aussi abordé par plusieurs sites spécialisés très intéressants, j'en reparlerai un jour), j’y étais moi-même complètement étranger jusqu’à ce que je sois engagé par un opérateur. Depuis, j’ai quotidiennement des discussions fascinantes avec mes collègues de Winamax et d’autres acteurs de l’industrie sur les tenants et aboutissants du métier, mais je n'aborde que rarement le sujet ici, par peur de raconter des conneries. Ce genre de blog, je le conseille à tous, même ceux d'entre vous – la majorité de mes lecteurs, j'imagine – qui ne sont « que » clients des sites de jeux en ligne. Après tout, c'est pas tous les jours qu'on peut se rendre compte de la manière dont on est considéré de l'autre côté du décor, en coulisses, par les gens qui se font du beurre sur votre dos, les salauds.

Slowrolled : Il y a déjà quelques liens vers des sites d'informations « poker » sur la colonne de droite de ce blog, en voici un nouveau, dirigeant vers les confrères de « Slowrolled ». Ils sont suisses, mais ne leur en tenez pas rigueur, ils sont très bien, et indépendants. Indépendant, cela veut dire moins de moyens que les sites affiliés aux sites de poker en ligne, mais aussi plus d'imagination, de débrouillardise, et de vraie liberté de parole. Prochainement, il faudrait que j'aborde plus en détail le sujet des médias poker, mais je n'aurais pas que des choses gentilles à dire, autant prendre son temps pour y mettre les formes.

Alexander J Bradley : Là, rien à voir avec le poker, enfin si, un tout petit peu : Alex Bradley officie depuis quelques mois en tant que caméraman freelance pour Poker News. L'australo-britannique est tout bonnement l'un des gus les plus attachants et les plus intéressants que j'ai pu rencontrer sur le circuit cette année. Un amoureux du voyage et de la découverte, qui a eu la chance de pouvoir parcourir une bonne partie du globe, depuis l'Amérique du Sud au Japon en passant par les quatre coins de l'Europe. Alex est un vrai artiste, la tête fourmillant d'idées en permanence. Je vous laisse découvrir son blog, ses photos, ses récits de voyage, ses humeurs.



Anthony Roux - « Sitting Out » : Une nouvelle qui m'a un peu – beaucoup – chagriné, Anthony Roux quittant le Team Winamax après trois ans de bons et loyaux services. Tallix ayant exprimé son désir de ne plus être attaché à un sponsor (en raison de toutes les contraintes que cela peut représenter), je risque de le voir un peu moins souvent. Tallix, je le connaissais à peine quand j'ai débarqué à Londres en février 2008. Et puis à force d'habiter sous le même toit, de voyager ensemble, des liens se sont crées, nous sommes devenus très proches jusqu'à passer nos vacances ensemble à deux reprises (dont le fameux road trip américain durant l'été 2009). Niveau poker, c'est un mec qui, en plus d'être un joueur hors pair (assez courant de nos jours, finalement), dispose surtout d'un mental à toute épreuve. Jamais en trois ans je ne l'ai vu se mettre en colère après une défaite. Jamais je ne l'ai vu se défouler sur son entourage après avoir perdu un pot de 30,000 dollars. Je me rappellerai toujours de ce moment lors des WSOP 2008, lorsqu'au beau milieu de la nuit Tall avait manqué une finale d'un cheveu après s'être mangé un bad-beat à vomir. Dix minutes plus tard, nous étions dans le parking, et il avait déjà changé de sujet. Pas de pleurs, pas de lamentations, pas d'envie de passer ses nerfs sur quelqu'un d'autre. Ça, messieurs, cela s'appelle avoir du caractère, et beaucoup devraient en prendre de la graine.

Winamax – Dans la tête d'un pro : L'une des problématiques constantes lorsque nous couvrons des tournois de poker en direct, c'est d'essayer de créer du contenu qui ne soit pas immédiatement périssable. Raconter des coups qui viennent de se produire, dresser un classement des joueurs en course au temps T, c'est sympa, mais cela ne reste guère intéressant plus de quelques heures. Mes collègues Régis, Paco et Junior, aux côtés de qui je travaille depuis maintenant trois ans, ont un problème similaire lorsqu'il s'agir de produire des vidéos. Le modèle « Ouais, euh, j'ai 15,000 de tapis, j'ai joué un coup sympa avec As-Roi, je relance UTG... » tourné en cinq minutes durant la pause a quelque peu vécu. Toujours aussi créatif, Régis a proposé une idée des plus intéressantes : filmer l'intégralité du tournoi d'un pro, depuis l'arrivée en ville jusqu'à la dernière main, et faire intervenir le pro en post-production à l'aide d'une voix-off racontant tout ce qui lui passe dans la tête : les joies, les peines, les doutes, tout le tralala. Après un premier essai à Monte Carlo en avril dernier, cette vidéo de trente minutes tournée à Vienne est la première que publie officiellement le trio sur Winamax. Le produit est encore perfectible, mais je trouve le résultat tout à fait intéressant et prometteur. D'autres épisodes vont bien entendu être tournés cette saison. Je croise les doigts pour que les récents scandales de triche (impliquant, vous le savez surement, des faux journalistes infiltrés lors des tournois) ne remettent pas en cause la présence des médias poker entre les tables, facteur crucial pour mener à bien ce genre de projet.

Peter Eastgate vend son bracelet des WSOP sur Ebay : Alors que Jonathan Duhamel vient d'être couronné champion du monde de poker à Las Vegas il y a deux semaines, le vainqueur 2008 Peter Eastgate vient de mettre en vente le trophée suprême de tout joueur de poker, le bracelet, sur la plate-forme d'enchères en ligne Ebay. Cette nouvelle arrive quelques mois après qu'Eastage ait fait part de son intention de s'éloigner du monde du poker. Une décision qu'il a respectée jusqu'à présent, et que j'avais à l'époque applaudie chaleureusement. Là, en ce qui concerne le bracelet, le danois explique que la breloque « prenait la poussière », et c'est pour la bonne cause qu'il veut s'en séparer : l'intégralité des profits seront reversés à l'UNICEF. Évidemment, il a fallu que Tony G intervienne avec sa finesse habituelle, histoire une fois de plus de se faire de la pub pour pas cher, en annonçant qu'il allait tenter de remporter l'enchère pour faire du bracelet un collier pour son chien. Imbécile !

Vicky Coren - « Let their hearts rule their heads » : La joueuse anglaise de l'équipe PokerStars Pro publie une colonne dans laquelle elle estime que joueur de poker professionnel est dorénavant une activité respectable pour les jeunes, allant même jusqu'à argumenter que le monde du poker pro est plus stable que d'autres secteurs, comme la banque. J'ai mon opinion sur la question, elle diffère quelque peu de celle de Miss Coren. Ce qui m'intéresse surtout avec cet article, ce sont les réactions qu'il a suscité chez les lecteurs, qui sont des lecteurs « grand publics » puisque la colonne a été publiée chez le très respectable quotidien anglais The Guardian (plutôt classé à gauche). Faites défilez la page jusqu'en bas, et lisez : la quasi totalité des réactions sont négatives, voire carrément hostiles, avec une cohorte de gens s'offusquant que l'on puisse considérer le poker comme un métier comme les autres. Et c'est symptomatique : dès lors que la presse généraliste, en France (Le Monde, Libération, 20 minutes, etc) comme ailleurs, s'intéresse au poker, la section « commentaires » de leurs sites est envahie de réactions de ce genre. Cela m'inspire deux choses. 1/ Les gens qui haïssent le poker parce qu'il s'agit d'un jeu ayant des effets néfastes sur la société n'ont probablement pas tort. 2/ Ces gens là comprennent tout de même une bonne partie de la population (tout du moins chez nous en France). On aura beau les intoxiquer 24 heures sur 24 avec de la publicité à chaque mi-temps de match, sur les bus, dans le métro, et des émissions de qualité médiocre par dizaines, ils ne changeront jamais d'avis. Là encore, j'ai plus à dire sur le sujet, mais cela mérite à article à part entière.

jeudi 11 novembre 2010

Exile on Main Street

Après l'overdose de tournois en septembre et début octobre (22 journées à regarder des types jouer aux cartes en cinq semaines, dans quatre casinos/hôtels différents, qui dit mieux ?), je n'étais pas mécontent de retourner bosser dans les bureaux de Winamax. Deux semaines de suite dans les locaux de la boîte : c'est rare que j'y reste aussi longtemps sans bouger. Je ne me rapelle plus la dernière fois que c'est arrivé. Ces deux semaines, je les esperais tranquilles, comme une sorte de calme après la tempête... Que dalle : on était au point culminant du mouvement social anti Sarkozy/réforme des retraites, et il y avait des tas de choses à faire au bureau bureau.

Cela fait maintenant neuf mois que j'ai quitté Londres, et jusqu'ici, j'ai résisté à m'installer à Paris (ce qui serait pourtant le plus logique), préférant retourner chez mes parents, à Lille. Manque de temps pour chercher un appartement, et manque d'envie, aussi, n'étant pas un grand fan de la capitale. Cette décision, j'ai eu tout loisir de la regretter durant le mouvement de grève. Certains jours, je passais presque plus de temps dans les transports, en route vers le bureau, qu'à être présent au bureau. Soirée typique, vécue plusieurs fois de suite : un RER en retard, et je manque le train vers Lille. J'arrive à la gare du Nord à la bourre, et en fait le train est retardé d'une heure et demie. J'arrive à Lille, et il n'y a ni bus ni métro. Etc, etc. Vous voyez le genre.

Mais j'ai souffert en silence, car, en fait, ce mouvement social, je n'étais pas contre, bien au contraire. Je pourrais écrire une dizaine de pages énervées à caractère politico-économique sur le sujet (en évoquant le contexte mondial et l'emergence des marchés indiens et asiatiques, les enjeux de long terme, le manque de courage politique de nos dirigeants), mais je suis pas sur que cela a sa place ici. Lisez plutôt Emmanuel Todd ("Après la démocratie"), si vous êtes intéressé par le sujet, et si vous ne l'êtes pas, vous devriez, parce que pour résumer, on est plutôt mal barrés.

Aussi, la question qu'on me pose le plus souvent, c'est "Mais qu'est-ce que tu fais, dans les bureaux de Winamax ?", comme si mon travail ne se limitait qu'aux reportages lors des tournois de poker. Réponse courte : des tas de trucs. C'est l'effervesence, en ce moment, chez les W. Des tas de projets de partout, et comme je suis plutôt du genre lent, je suis vite débordé.

Ainsi, je n'étais pas mécontent de fuir à New York le temps d'une dizaine de jours... Mon exil sur "Main Street" à moi. Mon voyage était préparé depuis longtemps, mais tombait à pic en cette période tumultueuse. Raconter New York est une tâche quasiment impossible. C'est plutôt un truc à vivre. J'étais assez chanceux de m'y rendre une deuxième fois, après une première visite fin 2008. Je me contenterai de dire que, comme à chaque fois que l'on visite une grande ville mythique, tout est exactement comme on l'avait imaginé. New York bouillonne, on peut sentir son coeur battre en marchant dans les rues, à toute heure du jour et de la nuit. Manhattan est dressée toute verticalement : on passe son temps à marcher en levant la tête comme un idiot, emerveillé par la hauteur des gratte-ciels. Comme c'est bon, d'être un idiot.

Une photo vaut mieux qu'un long discours, et c'est bien connu, 99% des gens ne regardent que les images sans faire attention aux textes (vous pouvez cliquer pour agrandir) :



C'est à peu près la vue offerte par n'importe quelle avenue de Manhattan






Comme des centaines d'autres touristes, j'ai pris le ferry (gratuit) en direction de Staten Island, histoire de pouvoir observer la ligne d'horizon mythique avec un peu de recul. Et comme des centaines d'autres touristes, j'ai quitté le ferry pour y réembarquer aussitôt, car il n'y a vraiment rien d'intéressant à voir sur Staten Island, une circonscription majoritairement résidentielle.



Le deuxième (et dernier) truc intéressant à voir depuis le ferry : un cadeau des Français aux Américains

Central Park



Central Park est le poumon de Manhattan - avec 3,1 kilomètres carrés, il occupe plus de la moitié de l'île sur sa largeur. Très joli à visiter. Cela n'a aparemment n'a pas toujours été le cas. Le parc a servi de bidonville durant la Dépression des années 30, et de repaire aux gangs jusqu'au milieu des années 80.






Un panneau indiquant un abri anti-atomique, à l'entrée d'une école près de Central Park. J'en ai croisé plusieurs, de ces écriteaux d'une autre époque. Probablement qu'aucun d'entre eux n'est encore fonctionnel, s'il l'ont jamais été.

Le "Met"



Depuis le toit du Metropolitan Museum, l'expression "Jungle urbaine" prend tout son sens.



Au Metropolitan Museum, on trouve un peu de tout : de l'abstrait, du concret, du vieux, du moderne, des peintures, des sculptures, des reliques, des armes à feu, des meubles... Dans l'aile moderne, j'ai bien aimée cette installation appliquée à même le mur. Ci-dessus : vu de face, à un mètre de distance. Ci-dessous : vu de côté (c'est Pauly qui sert d'échelle)





La bannière étoilée est bien tristounette quand on lui enlève ses couleurs... Au vu du déclin (final et inéluctable ?) que subit le dollar actuellement, c'est plutôt d'actualité



Ca aurait ptète une bonne idée de noter les auteurs des installations, mais bon

Shopping



Le premier disquaire que j'ai trouvé était le bon : "Generation Records", dans le West Village. Des milliers de 33 tours, neuf et occasion, avec plein de raretés hors de prix. Je suis reparti avec l'intégrale du Velvet Underground encore sous blister, pour moins cher que ce qu'aurait demandé un brocanteur en France. Le rayon CD et DVD est pas dégueu non plus.



Près de Wall Street et du site du World Trade Center, un magasin proposant des milliers d'affiches anciennes et contemporaines : réclame, films, agences de voyages, cartes postales... J'ai vu plein de marques françaises de grand-mère, genre Delespaul Havez et Ripollin, ça coute la peau du cul, j'imagine que les nouveaux riches new-yorkais en raffolent

Vu de haut



Depuis le Brooklyn Bridge - au centre, l'Empire State Building, le plus haut bâtiment de New York (depuis 2001 tout au moins)




Nous sommes montés au 102 étage (381m de hauteur), mais c'est au 86ème qu'on peut admirer la vue la plus spectaculaire, avec l'observatoire panoramique extérieur



On a eu du bol en se pointant vers 18 heures : cela nous a permis d'être aux premières loges pour le coucher du soleil



Le Chrysler Building a droite








Times Square : un écran publicitaire géant. Ca se voit pas bien sur la photo, mais il y en a vraiment des centaines, sur cent mètres de long, désormais presque tous électroniques avec des animations vidéo rivalisant d'ingéniosité. Le piège à touristes fonctionne : comme des milliers d'autres pigeons, j'y suis resté une bonne heure le nez en l'air et la bouche ouverte devant la réclame. Regarder des pubs : la dernière étape du tourisme consumérien.

American Museum of Natural History



Je détestais les sciences naturelles au lycée, et il faut vraiment l'insistance d'une jolie demoiselle pour me convaincre de me rendre à un musée de ce genre. Bon, celui de NYC explose sans forcer celui de Londres, avec 32 millions de specimens. Evidemment, ils ne sont pas tous exposés.



Un véritable moai de l'île de Pâques...



On retrouve des dinosaures d'à peu près toutes les tailles

Phish




La raison principale de mon séjour ? Le groupe Phish, une fois de plus. J'avais préparé mon voyage il y a deux mois et demi, dès l'annonce de leur tournée d'automne, avant même de savoir si j'allais réussir à décrocher un ticket pour les concerts. Cela m'a permis d'obtenir le billet aller et retour Londres - New York le moins cher du monde (à peu près le prix d'un A/R Lille - Nice, si si). C'est ainsi que j'ai pu voir le groupe trois soirs de suite à Atlantic City, dans le New Jersey. Cet état est réputé comme le plus craignos des Etats-Unis, et les trois heures d'autoroute depuis New York n'ont pas démenti cette réputation : une infinie succession de déchetteries, usines fumantes et marécages poisseux, tout pareil que dans le générique des Sopranos. Atlantic City est l'une des rares villes de cette partie du pays où le jeu est légalisé. J'imagine qu'on pourrait la considérer comme le Las Vegas du nord-est des USA, on y retrouve d'ailleurs quelques enseignes familières comme le Caesar's Palace, le Tropicana ou encore Harrah's. Un Las Vegas encore plus désolant que l'original, avec, je crois, le plus fort taux de criminalité du pays. Derrière le "Boardwalk", la promenade en bord d'océan avec ses casinos alignés sur plusieurs kilomètres de long, on ne trouve qu'un paysage devasté, maisons à moitié abandonnées, terrains vagues, prostitution et dealers de crack. Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté, en me mettant en garde d'aller vérifier moi-même.

Mais qu'importe : la musique fut une fois de plus exceptionnelle, et je suis bien content d'avoir une fois de plus cramé un large pourcentage de mon revenu disponible pour aller voir Phish sur scène. Le concert du 31, en particulier, fut magique. Comme à chaque fois que le groupe joue le soir d'Halloween, un concert surprise était prévu au milieu des cinq heures de musique, où Phish se "déguise" en couvrant l'intégralité d'un album d'un autre groupe. L'année dernière, j'avais eu le plaisir d'écouter Exile on Main Street des Rolling Stones. Cette fois, nous avons eu à droit à la reprise de Waiting for Columbus de Little Feat. Un choix surprenant car il ne s'agit pas d'un groupe très connu, mais je n'ai pas été déçu car j'ai pu découvrir un album jouissif, dansant, rythmé, funky et plein de "soul". Une section de cuivres complète avait été engagée pour l'occasion, de même qu'un percussioniste : avec dix personnes sur scène, le son était riche, un régal pour les oreilles.

Le truc génial, c'est que personne parmi les spectateurs ne savait quel album allait être joué avant d'entrer dans la salle de concert le soir-même, moment où chacun a reçu un prospectus révélant la surprise. Durant les semaines qui ont mené à Halloween, les forums de fans étaient remplis de spéculations concernant l'album qui allait être joué, et le consensus portait sur Led Zeppelin. Un choix "grand public" qui semblait logique, après que Phish ait couvert dans le passé des légendes telles que les Beatles, les Who, le Velvet Underground, Talking Heads, et les Stones. Le groupe devait surement être courant de ces rumeurs, car la veille d'Halloween, le 30, lors du deuxième concert, nous avons pu les entendre improviser deux bonnes minutes de "Whole Lotta Love" au milieu d'un de leurs morceaux. Je vous laisse imaginer la réaction des 14,000 fans. On se demandait : s'agit-il d'un indice concernant l'album qui va être joué le lendemain ? Réponse dès le morceau suivant, un titre appelé... "Ha ha ha". Le message était clair : on vous a bien eus, on ne jouera pas Zeppelin ! Pour la deuxième partie du concert, ils ont enfoncé le clou en insérant toute une série d'impros Zeppeliniennes au milieu de "Tweezer", l'un de leurs morceaux phares : on a eu droit à "Ramble on", "Thank you", "Heartbreaker" et même l'intégralité du solo de "Stairway to Heaven". Le public devenait de plus en plus fou à mesure que les impros s'enchaînaient, c'était un plaisir à voir et à écouter. C'est, entre autres, ce que j'aime avec Phish, et qui me pousse à y retourner le plus souvent possible : on ne sait jamais ce qu'il va se passer durant leurs concerts. Bien entendu, j'ai déja bouclé les reservations pour le Nouvel An à NYC, au Madison Square Garden...



Grand moment de "geekitude" sur le chemin du retour vers New York : nous nous sommes arrêtés à Broomfield, un patelin paumé dans le New Jersey, pour y visiter le "diner" où fut tournée la toute dernière scène des Sopranos. Le juke-box n'était pas en état de marche, et je n'ai donc pu mettre une pièce pour jouer "Don't Stop Believing", mais on a tout de même commandé des oignons frits.