jeudi 25 novembre 2010

Temps présent

Quand on regrette tellement de choses à propos du passé, et que le futur ne nous inspire que de la crainte, comment peut-on vraiment apprécier le présent ?

C'est le genre de pensées qui me passent par la tête alors que je retrouve ma chambre d'hôtel d'un luxe grotesque au milieu de la nuit après une journée passer à regarder des gens jouer aux cartes. Je suis à Barcelone, une ville apprécier où l'instant présent ne devrait pas être une chose très difficile.

J'aime Barcelone, sans doute par nostalgie. Une partie de ma famille vient d'ici, et c'est non sans honte que je bredouille les trois mots d'espagnols que je connais en pensant à mes ancêtres. C'est à Barcelone que j'ai couvert l'un de mes premiers tournois de poker, il y a déjà quatre ans de cela, quand Thomas Fougeron avait fait appel à moi pour raconter ses aventures dans la Team770. Depuis, j'y suis retourné encore et encore, sans jamais réussir à m'en lasser. Les fêtes ont meilleur goût à Barcelone qu'ailleurs, semble t-il, les galettes de pomme de terre et la charcuterie aussi.

Et m'y revoilà une fois de plus. Pour un tournoi de poker, bien sur. L'épreuve commençait un lundi. J'ai donc pu me permettre d'arriver samedi soir et profiter du week-end... Un bar à karaoke était le dernier endroit où je pensais me retrouver, mais Madeleine connaissait les lieux et Alex, en sa qualité d'ancien expatrié au Japon, est un expert dans la discipline. Il n'y avait personne au début, et c'est devant un auditoire clairsemé que j'ai tenté la Javanaise de Gainsbourg, sous des applaudissements polis. Alex, lui, était en forme, et a enflammé l'auditoire avec une chanson de Madness, complète avec voix de stenor et pas de danse ska endiablés. Cela détonnait fortement avec les chansons choisies par les locaux, que des ballades tristes en catalan. Notre imitation de Everybody Needs Somebody To Love a fait un carton, je m'en suis pas trop mal sorti sur le couplet d'introduction de Dan Akroyd, il fallait parler à toute vitesse. Après, j'étais lancé, et j'ai voulu m'essayer à une chanson en espagnol. A ce moment, le bar était intégralement rempli, et mon interprétation de La Camisa Negra a fait rire la moitié de la salle, tandis que l'autre tapait dans les mains en hochant la tête, appréciant poliment l'effort. Au moins, j'aurai essayé. On y retournera.

Dimanche est passé à toute vitesse. Une visite de la ville avec l'équipe de PokerNews au volant de petites voiturettes jaunes à deux places qui se conduisent comme un scooter, le GPS intégré te donne les directions à voix haute et t'indique ce qu'il y a d'intéressant à regarder, c'est très sympa mais il ne faut pas avoir peur du ridicule car absolument tous les passants te regardent en rigolant, et les automobilistes klaxonnent rageusement quant tu peines à redémarrer au feu rouge. Puis un resto avec le Team Winamax, un détour par le pub irlandais sur le port, et voilà.

Après, le tournoi. European Poker Tour. 5,000 euros l'entrée. La routine. Day 1A, plein de gens, la moitié qui sautent d'entrée. Day 1B, encore plus de gens, et la moitié qui partent aussi. Pas beaucoup de médias français, ils sont tous à Marrakech. Le Day 2, et le rythme des éliminations s'accélère un peu plus, et les français disparaissent à toute vitesse, le Team Winamax est complétement nettoyé. A minuit, il n'en reste plus que quatre tricolores parmi 112 joueurs, en fait non, je reçois le classement officiel me rends compte que j'en ai oublié un. Et le lendemain matin, je regarde la liste une nouvelle fois et j'en ai oublié un autre, alors en fait il y en a six. Un peu honteux, j'aurais du faire plus attention. J'ai la tête ailleurs. Il y a ElkY en short-stack, Jan Boubli, le vainqueur de l'édition 2005, le Corse Stéphane Albertini, deux joueurs que je ne connais pas, et Gilles, un sympathique amateur qui s'est payé le tournoi cash après avoir réalisé un gros gain sur Winamax. Ca ne s'invente pas, et sa décision insensée a payée : il est « in the money », et pourrait bien repartir très riche de Barcelone.

Aujourd'hui, on va tomber à 24 joueurs. Demain, la finale sera constituée, et elle se jouera samedi. Grosse fête PokerStars prévue le même soir dans la boîte d'à côté. Je suis censé rentrer en France le lendemain, mais j'hésite à bifurquer vers Marrakech. Harper y est déjà depuis quelques jours, il a atteint la table finale du tournoi Deepstack à 500€ (avec notre ex-confrère Roroflush), il pourrait très bien se débrouiller tout seul pour couvrir l'épreuve World Poker Tour qui débute samedi, mais j'ai bien envie d'aller lui donner un coup de main, histoire de réaliser un meilleur reportage. En plus, tout le monde sera là, je ne suis pas du tout fan de Marrakech mais je n'ai pas envie de non plus de passer à côté de la fête.

Toujours un pied dans le passé, un pied dans le futur, et le présent qui file à toute vitesse au milieu.

L'EPT Barcelone sur Winamax

9 commentaires:

Rv a dit…

"Toujours un pied dans le passé, un pied dans le futur, et le présent qui file à toute vitesse au milieu."
L'image est assez bizarre. Ca me fait penser d'ailleurs à une citation de Ruquier (je sais pas pourquoi j'ai mémorisé ça) : "Stéph. de Monaco a un pied dans la Principauté, un pied à Paris : on plaint les Lyonnais"

Comparaison pas très flatteuse j'en conviens, mais bon, ça m'évoque ça....


a dit…

alors on écrit comme Ellis ???

Benjo a dit…

Si seulement ! J'ai dévoré tous ses livres du début à la fin.

Matthieu a dit…

bice post, un de plus !
bonne fin d'Ept

morgan a dit…

Roro ne fait plus partie de partouche ?

acidrongeur a dit…

tu pourrais eviter l'expression "des gens qui jouent aux cartes" dans un billet de temps en temps ?
je sais pas renouvelle toi "des gens assis a des tables" ?

Benjo a dit…

Je l'aime bien cette expression, moi. Si je la répète c'est bien parce que le processus est répétitif :-)

acidrongeur a dit…

pour quelqu'un qui fait des posts de groupies nostaligues sur le horseshoes, ca semble emprunte comme detachement... :)
++

Tifus a dit…

Bon alors , on se fait chier au taf quand y'a pas d'article de benjo à lire...