mardi 19 octobre 2010

Poker Hall of Fame : mon vote

Voilà un article que j’avais en tête depuis longtemps, et que je n’ai pas réussi à écrire jusque aujourd’hui. L’habituel mélange de manque de temps et de procrastination, auquel il faut ajouter les sites de poker en .FR sur lesquels je passe pas mal de temps, ils sont doucement mais surement en train de payer mes prochaines vacances.

Je vous avais promis de dévoiler et justifier mon vote pour les deux prochaines intronisations au Poker Hall of Fame, processus auquel j’ai été invité à participer en tant que membre du jury. Cela fait un peu plus de deux semaines que j’ai envoyé mon bulletin au comité, et les résultats viennent de tomber à l’instant (bon, en fait je le sais depuis hier, mais on m’avait demandé de garder le secret 24 heures) : ce sont Erik Seidel et Dan Harrington qui vont faire leur entrée au sein de cette prestigieuse assemblée, rejoignant des immortels tels que Johnny Moss, Stu Ungar, Doyle Brunson, etc, etc. Félicitations à eux, ils le méritent amplement. La cérémonie (qui se tiendra début novembre, pendant la finale du Main Event) devrait être teintée de nostalgie : Harrington et Seidel ont en effet evolué ensemble au sein du Mayfair Club, le mythique cercle de poker undeground de New York, durant les années 80 et 90.

Avant de détailler mon vote, petit rappel des règles, déjà énoncées dans un post précédent : chacun des membres du jury (composé de 17 journalistes poker et des 16 membres du HoF encore en vie) devait répartir 10 points en direction de zéro, un, deux ou trois noms choisis dans une liste de dix joueurs, tous sélectionnés par un vote du public :

Jennifer Harman-Traniello
Linda Johnson
Phil Ivey
Daniel Negreanu
Scotty Nguyen
Erik Seidel
Dan Harrington
Tom Mc Evoy
Chris Ferguson
Barry Greenstein

Les critères d’admission - informels - au Hall of Fame étant les suivants :

- Avoir joué contre les meilleurs
- Avoir joué aux plus hautes limites
- Avoir bien joué de manière constante, en ayant gagné le respect de ses pairs
- Avoir survécu à l'épreuve du temps
- Ou, pour les non-joueurs, avoir contribué à la croissance et au succès de ce jeu par des faits durables qui ont marqué l'histoire du poker.

Vous avez été nombreux a répondre à mon invitation et m’offrir votre avis éclairé sur la question. Les réponses ont été diverses et pour certaines très bien argumentées. Rassurez-vous : je ne vous ai absolument pas écouté, ha ha. J’ai tergiversé longtemps, pour finir par me fixer sur trois noms, en pondérant la répartition des points selon l’importance que je leur donne.

Voici mon vote – j’ai donc contribué à faire élire un seul d’entre eux :



Erik Seidel - 5 points
Bien avant que Doyle Brunson annonce sur son blog avoir donné la majorité de ses points à Erik Seidel, je savais que quoi qu’il arrive, le new-yorkais récolterait mon vote. Parmi tous les nominés de l’édition 2010, son intronisation est la plus évidente, la plus urgente. Seidel remplit tous les critères d’entrée au Hall of Fame : il a joué contre les meilleurs, aux plus hautes limites, de manière constante, en gagnant le respect de ses pairs, et a survécu à l’épreuve du temps. Vous voulez que je développe ? Avec plaisir. Seidel, c’est 22 ans de carrière pour plus de 10 millions de dollars de gains en tournoi, ce qui le place en dixième position au classement des gains sur la base de données Hendon Mob. C’est aussi, et surtout, un titre WPT et huit bracelets WSOP obtenus dans cinq variantes différentes. Le fait que les quatre joueurs en ayant gagné plus que lui (Brunson, Hellmuth, Chan, Moss) font déjà partie du Hall of Fame rend mon vote encore plus évident. Peu de gens le savent, mais Seidel a aussi fait ses preuves en cash-game. Comme le rappelle Doyle Brunson, « il jouait constamment les plus grosses parties durant la première partie de sa carrière. » Autre facteur important selon moi : à 50 ans, Seidel reste encore d’actualité. Il n’a pas raccroché les gants, et continue d’engranger les succès depuis le boom du poker du 21ème siècle, qui a vu nombre de ses contemporains se laisser dépasser par les événements. Son dernier bracelet date de 2007, et on a pu le voir atteindre la seconde place de l’épreuve de tête à tête organisée par NBC en février dernier (il s’incline face à Annie Duke). Et je me rappelle encore d’une conversation avec Antony Lellouche il y a quelques années, où nous avions évoqué les rares joueurs capables de le déstabiliser en tournoi. Erik Seidel faisait partie de la liste. « On ne dirait pas comme ça au premier abord, mais il terrifiant », m’avait dit Antony « Je ne l’ai jamais vu faire une erreur. »

Mais mon vote ne récompense pas seulement un joueur de poker exceptionnel. Tout au long de sa carrière, Erik Seidel s’est aussi honoré par une conduite et une sportivité exemplaires. Jamais un mot plus haut que l’autre, dans la victoire, comme dans la défaite. Une attitude calme et souriante. Une personnalité éduquée, intelligente et drôle : le genre de mec avec qui on pourrait aller bouffer et pouvoir parler autre chose que de poker, comme le prouve son compte Twitter, l’un des rares auquel je suis inscrit, où les bons mots fleurissent quotidiennement.

Et puis, vous le savez, j’ai toujours eu un faible pour les perdants magnifiques… Comme il se plait souvent à le rappeler avec ironie, le plus grand moment de la carrière de Seidel, celui pour lequel on le reconnait dans la rue, cela reste encore et toujours une défaite. C’était il y a 22 ans, contre Johnny Chan, en tête à tête du Main Event des World Series of Poker. Après avoir enchaîné deux carrières successives à Manhattan (le backgammon au Mayfair Club, et les marchés financiers de Wall Street), Seidel débutait à peine sa carrière de joueur de poker, et avait du s’incliner face au champion du monde en titre. Filmé par les caméras d’ESPN, le moment est rentré dans l’inconscient collectif dix ans plus tard grâce au film « Rounders » (Les Joueurs), dans une scène mémorable où le personnage de Matt Damon se passe en boucle les images d’un Seidel hébété après avoir perdu tous ses jetons contre un adversaire l’ayant magistralement piégé – exactement ce qui arrive à Damon durant la première scène du film. J’ai vu Les Joueurs pour la première fois en 2002. J’étais encore un joueur de poker débutant : j’ignorais tout du circuit professionnel, des compétitions, des pros riches et célèbres, d’Internet. Et pour la première fois, grâce à Seidel et Chan, je découvrais, fasciné, les sensations que ce jeu pouvait faire ressentir : la liesse de la victoire et l’agonie de la défaite. Sans eux, et sans Les Joueurs, je ne serais probablement pas en train d’écrire ces lignes aujourd’hui.

Seul petit bémol que je me devais de mentionner : en tant que membre originel du collectif d’investisseurs de Full Tilt Poker en 2003 (avec Howard Lederer, Chris Ferguson…), Erik Seidel dispose très probablement d’une rente confortable de plusieurs millions de dollars par an qui lui assurera quoi qu’il arrive une retraite heureuse et confortable. Loin de moi l’idée de retenir cela contre lui (j’aurais fait pareil à sa place si j’en avais eu l’occasion, et le succès de Full Tilt Poker est amplement mérité)… mais disons juste que cela corrompt un peu l’image de « pureté » que je viens de donner du joueur de poker Erik Seidel, qui n’est plus à proprement parler un vrai compétiteur devant se battre pour gagner sa croute, puisqu’il lui est désormais bien difficile d’avoir un mois perdant. Mais peu importe : Erik Seidel reste quoi qu’il arrive une vraie légende du jeu, l’une des rares encore en activité, et a bel et bien sa place au Hall of Fame.



Barry Greenstein - 2 points
Tout comme Erik Seidel, Barry Greenstein passe le test d’admission au Hall of Fame les doigts dans le nez : 7,2 millions de dollars de gains en tournoi depuis 1992, deux titres WPT, trois bracelets dans trois variantes différentes (hors No Limit), deux finales dans le HORSE à 50,000 dollars (2007 et 2008), et une présence régulière (en tout cas au début des années 2000) au « Big Game » du Bellagio, l’une des plus grosses et difficiles parties de poker du monde.

Mais là encore, c’est bien plus qu’un bon joueur de poker à qui j’ai envie de rendre hommage. Rares sont les joueurs à fait autant de bien à l’image et la perception publique des joueurs de poker. A l’image de Seidel, Greenstein fait preuve d’une attitude sérieuse, intelligente et réfléchie, qu’il à mise à contribution en écrivant un ouvrage majeur que tout joueur se doit de posséder et d’assimiler, et que tout non-joueur curieux devrait lire : « Ace on the River ». Avec ce chef-d’œuvre, Greenstein fut le premier joueur pro à traiter avec éloquence le poker sous un angle philosophique, abordant tout un tas de domaines variés : psychologie du « gambler », intégrité, sexualité, famille, place dans la société… Sur ce dernier sujet, Greenstein gagne mon respect tout entier en écrivant clairement et sans hypocrisie : « Jouer au poker est une profession qui n’a rien de productif. » Et alors que 99% des joueurs que je croise n’ont qu’une idée en tête - échapper à toute forme d’imposition, Greenstein refuse cette attitude egoiste et hypocrite en élevant un peu le débat : « Je profite de l’existence des autoroutes, des écoles, de la police et des pompiers : je paie donc mes impôts, et ne suis pas un fardeau pour la société. » Dans une société où l’homme de la rue voit généralement le joueur de poker pro comme un parasite n’apportant strictement rien à la société (pour s’en convaincre, il suffit de lire les commentaires postés au bas des articles « poker » publiés par les journaux généralistes comme 20 minutes ou le JDD), je rêve de voir un peu plus de joueurs adopter ce discours.

Et bien sur, ce qui fera que l’on se souviendra de Greenstein durant les générations à venir, bien au dela de dizaines de joueurs éphémères, ce sont ses contributions aux œuvres de charité. C’est bien simple : durant toute une partie de sa carrière (étalée sur plusieurs années), Greenstein donnait rien de moins que l’intégralité de ses gains en tournoi à des œuvres. Cela n’est plus forcément le cas aujourd’hui – les temps sont durs et Greenstein n’amasse plus les fortunes au « Big Game », mais peu importe : c’est plusieurs millions que Greenstein a reversé depuis le début des années 2000, à des fondations comme Children Incorporated (qui s’occupe de fournir vêtements, nourriture, équipement, aide médicale et éducation dans 21 pays). Avec ces gestes, Greenstein a montré qu’un joueur de poker pouvait avoir du cœur, et en a inspiré des dizaines d’autres. Sa philantropie ne se limite pas au domaine humanitaire : côté poker, Greenstein finance (à perte) le site communautaire/informatif de Joe Sebok, PokerRoad, poste régulièrement ses opinions et analyses sur Twitter et 2+2 (le plus gros forum du monde), et la section de son site consacrée à ses confrères pros est un incontournable pour qui veut en savoir plus sur l’univers fermé du poker high-stakes.

Bref, Barry Greenstein est un vrai et bon joueur pro, dont les accomplissements dépassent le simple cadre de la table de jeu. Il ne sera pas intronisé cette année, mais ce n’est qu’une question d’années.



Scotty Nguyen - 3 points
Si mes deux premiers choix ont suivi une ligne tout ce qu’il y a de plus conservatrice, mon troisième et dernier vote ira en revanche à un joueur controversé. La plupart des confrères à qui j’ai fait état de mes choix ont tiqué quand j’ai mentionné Scotty Nguyen. « Je ne voterais pas pour lui avant qu’il aille en désintox’ », a rigolé l’un d’entre eux. « C’est un idiot qui s’est ridiculisé à la télé », a dit un autre. En effet, Scotty Nguyen a fait plus que du bruit avec sa conduite alcoolisée lors de la finale du HORSE à 50,000 dollars en juin 2008, devant les caméras d’ESPN et donc les fans de poker du monde entier qui ont découvert l’émission quelques mois plus tard. Certes, Scotty ne s’est pas montré sous son meilleur profil ce soir là, ressemblant plus au pochtron du village imbibé de bière qu’à l’un des meilleurs joueurs de tournoi du monde en passe de remporter l’un des tournois les plus difficiles du monde. Son image en a pris un sérieux coup, mais c’était autant de sa faute que de celle du montage d’ESPN, clairement « à charge » contre Scotty, et ça, peu de gens le savent. Je n’étais personnellement pas présent lors de l’intégralité de la finale, mais mes confrères ayant assisté à l'ensemble m’ont assuré que le comportement éméché de Scotty n’a perturbé la partie que durant un laps de temps très court en comparaison de la durée de la finale entière (quatorze heures). Au final, lors de la diffusion télévisée, le montage a accordé la part du lion aux débordements de Scotty, ce qui n’était pas vraiment honnête vis-à-vis de la chronologie de la partie. Voilà pourquoi, contrairement à certains de mes confrères votants, le triste épisode du HORSE à 50,000 dollars n’a pas vraiment influencé mon vote.

En ce qui concerne le poker, Scotty remplit tous les critères, sauf un : les cash-games, qu’il évite comme la peste, en particulier en high-stakes. En revanche, côté tournoi, ses accomplissements le placent dans le haut du panier : 11,3 millions de dollars de gains en tournoi depuis 1991 (6ème au classement Hendon Mob), un titre WPT, cinq bracelets WSOP, dont le doublé Main Event (1998) et HORSE 50,000$ (2008), personne d’autre ne l’a fait. Au niveau du style, Nguyen est plutôt serré, mais très efficace : une véritable machine à places payées, qui n’abandonne jamais, même lorsqu’il ne lui reste plus qu’une misérable poignée de jetons. Ce qui, au vu du nombre de tables finales atteintes, ne l’empêche pas de jouer avant tout « pour la gagne ».

Rien que pour ces accomplissements, Scotty Nguyen mérite sa place au Hall of Fame. Mais là encore, il y a plus que cela. Comme Seidel, Nguyen fut l’un des premiers joueurs pros qui ont attiré m’a fait aimer le poker, grâce à sa personnalité charismatique et engageante. En le voyant rigoler et blaguer à la télévision, je me disais « ça à l’air sympa, comme métier ». Ben oui, le mec est sympa, tout simplement. Et le public le lui rend bien : je ne connais guère de joueurs aussi populaires que Scotty sur les tournois. Le bonhomme est célèbre, et contrairement à beaucoup, il paie le prix de la célébrité avec le sourire : jamais une seule fois je ne l’ai vu refuser une autographe, une photo avec un touriste, même au beau milieu d’un gros tournoi où personne ne lui en voudrait d’envoyer balader un fan. C’est tout con : Scotty aime les gens, et les gens aiment Scotty. On sent une vraie sincérité, une vraie humanité chez lui, qui détonne dans un milieu peuplé de millionnaires ingrats, privilégiés pour qui la vie ne sera jamais assez belle.

Oui, Scotty a des défauts, des mauvaises habitudes, des squelettes dans le placard (la gestion de bankroll, notamment), mais pour moi, ces défauts le rendent encore plus humain, en grande partie à cause de cette histoire tragique que beaucoup ignorent. En 1998, Scotty a vécu le plus grand triomphe de sa carrière en remportant le Main Event des WSOP, achevant son dernier adversaire avec une phrase rentrée dans le folklore du poker (« You call and it’s all over, baby ! »). Apprenant la nouvelle depuis son Vietnam natal, son frère a chevauché sa mobylette avec excitation pour avertir tout le village, et s’est pris une voiture de plein fouet, le tuant sur le coup. Imaginez un peu l’énorme sentiment de culpabilité pour Scotty ! Cette victoire devait être un couronnement, le plus beau moment de sa carrière, un triomphe immortel pour celui qui était « broke » une semaine plus tôt et avait du faire appel à Mike Matusow pour se payer le ticket d’entrée pour un satellite. Au lieu de cela, cette victoire restera à jamais comme l’une des pires tragédies qu’un homme puisse vivre. On croirait l'histoire sortie d'un film, mais c'est bien du réel dont il s'agit, des brulures à vif, qui ne s'effaceront vraiment jamais.

Pour ça, et pour tout le reste, j’aime le héros plein de défauts qu'est Scotty et je continuerai de l’aimer, peu importe ce qu’on peut lui reprocher. Et puis, cet été aux WSOP, il ne buvait que de la bière sans alcool.

Et les autres ?

Parlons de ceux pour qui je n’ai pas voté. Ce n’a pas été un choix facile, car la plupart méritent leur entrée au Hall of Fame, et y entreront probablement dans les années à venir. En conséquence, mon choix s’est surtout fait sur un critère de priorité, en me posant la question : qui mérite d’y rentrer là, maintenant, tout de suite, et pas dans deux, trois, cinq ans ?

Pour Phil Ivey, j’ai par exemple longtemps hésité. Côté poker, Ivey mérite dix fois son entrée au Hall of Fame, avec des accomplissements hors du commun pour quelqu’un de si jeune. Mais justement, ne serait-il pas un peu trop jeune ? N’y a-t-il pas d’autres joueurs « prioritaires » de part leur âge et leur ancienneté ? Chip Reese fut le plus jeune intronisé, à l’âge de 40 ans. Phil Ivey en a encore 34. Au final, c’est Ivey qui a pris la décision pour moi, en déclarant publiquement qu’il trouverait déplacé d’être intronisé plus jeune que Chip Reese (le joueur qu’il respectait le plus de son vivant). Cet avis va-t-il faire jurisprudence dans les années à venir ? Toujours est-il que oui, Ivey rentrera tôt ou tard au HoF, c’est une certitude. Je me vois bien voter pour lui lorsqu’il aura dépassé Hellmuth au compteur de bracelets… En 2013, peut-être ?

Même topo pour Daniel Negreanu, aux accomplissements remarquables, mais encore beaucoup trop jeune. Et lui aussi traîne quelques casseroles qui ne le rendent pas aussi sympathique qu’on voudrait nous le faire croire (le langage ordurier employé contre Annie Duke à plusieurs reprises, entre autres)

Jennifer Harman, Chris Ferguson et Dan Harrington auraient été de bon choix, pour leurs accomplissements respectifs au poker comme pour leur attitude. Mais ils sont un cran en dessous, tout de même. Harman a réussi aux plus hautes limites, mais ses performances en tournoi restent limitées (tout ceci est relatif, je précise – mais force est de constater que par rapport à son volume de jeu, les résultats sont un peu décevants) Ferguson est une personnalité immensément populaire et d’une disponibilité infinie avec ses fans, mais ses résultats ont souffert depuis qu’il s’est enrichi avec Full Tilt (le syndrome "j’ai trop de thunes pour prendre la compétition au sérieux", peut-être). Harrington a marqué l’histoire des championnats du monde avec quatre tables finales au Main Event (dont deux en succession, en 2003 et 2004, quand est-ce que l’on va revoir ça ? Probablement jamais) et une victoire en 1995. En dehors de la table, ce joueur non-professionnel a révolutionné (en son temps) la littérature pokérienne avec trois traités indispensables (Harrington on Hold’em volume 1, 2 et 3) qui ont aidé (et aident encore) à progresser des dizaines de milliers de joueurs. Peut-être un peu trop « nit » à mon gout pour rejoindre le club des vraies légendes, cependant.

Enfin, Linda Johnson et Tom McEvoy. Linda Johnson est trop méconnue pour mériter vraiment une intronisation à ce stade, et ne représente pas une réelle force à la table de poker. Je respecte tout de même son travail d’ « ambassadrice du poker » accompli avec passion depuis trente ans. Pour Tom McEvoy, cela ne me dérange guère que sa carrière soit derrière lui, sauf que cette carrière en elle-même ne pèse que peu de poids face aux géants peuplant la liste des nominés. Et puis, cette campagne d’auto-promotion acharnée qu’à fait Mc Evoy un peu partout (Facebook, notamment) a fini par m’agacer. Le Hall of Fame, ça ne se demande pas, monsieur, ça se mérite !

5 commentaires:

Matthieu a dit…

tres bon post, ton top 3 a de la gueule !

seven a dit…

superbe article benjo, ta plume est vraiment excellente et rend le poker passionnant.
J'aurais aimer savoir plus de précision sur les casserrolles de Daniel Negreanu, je ne le voyait pas sur cet aspect la et j aurais savoir ce qu'il c'était passer avec Annie Duke.

Anonyme a dit…

J'en ai un !! Seidel.
'suis pas mauvais ^^

Byshop a dit…

ok, je me range derrière ton avis. En tout cas toi tu es entré au HoF des journalistes du poker par ta participation à ce jury. C'est une belle reconnaissance de tes pairs et une jolie ligne sur le CV :p .

thomas a dit…

2 Sur 3 pas mécontent de moi :-)

Et 2 en communs avec Benjo !