vendredi 16 juillet 2010

Main Event : ma table finale idéale

Day 45, 46, 47, et 48

Amazon Room, 12 heures 53. Le sixième jour du Main Event (le dixième au total) vient de commencer. Ils ne sont plus que 205 (sur 7,319 au départ) à pouvoir prétendre à la table finale. Les dernières journées ont été très intense. 26 français sont rentrés dans l'argent, et 8 sont encore en course au sixième jour. Pareil qu'en 2009 !

J'aurais aimé avoir plus de temps pour partager mes analyses sur le Main Event, mais le fait est qu'à ce stade, à trois jours de la fin du marathon, je suis complètement cramé, incapable de formuler une pensée cohérente après douze heures au Rio. J'ai préféré la jouer calme après le boulot, et profiter un peu des derniers jours qu'il nous reste avec les collègues. Il y a eu la fête PokerListings, la fête PokerStars et le concert de Snoop Doggy Dog. Ce soir, je vais au Cirque du Soleil au MGM. On a joué un peu au poker (j'ai perdu, bien entendu), et on a bien mangé dans de bons restaurants.

J'essaierai de revenir sur les évenements des derniers jours un peu plus tard. En attendant, voici un texte que je viens d'écrire pour Winamax : j'ai constitué de toutes pièces mon casting idéal pour la table finale. A ce stade, nous sommes encore tôt dans le tournoi, et il est fort possible qu'aucun de ces joueurs ne revienne en novembre, mais on a le droit de rêver, non ?



David Benyamine (178e avec 353,000)
A tout seigneur, tout honneur : le meilleur joueur français du monde réalise son deuxième « deep-run » consécutif dans le Main Event. DB possède un des plus petits tapis : à ce stade, la table finale semble loin, très loin, et il lui faudra déjà beaucoup de réussite pour faire mieux qu'en 2009 (102e place). Mais de quoi j'aurais l'air si je ne mettais pas le meilleur français du monde au casting de la table finale idéale ?

Un second français
Ils sont sept tricolores autour de Benyamine, et je ne serai pas difficile : n'importe lequel me conviendra. Certes, il y a des joueurs de qui je me sens un peu plus proche, comme Pierre Canali, avec qui j'ai commenté quelques étapes de l'EPT, ou Gabriel Nassif, avec qui je partage une villa à Vegas depuis le début des WSOP. Il y a aussi Jean-Paul Pasqualini, vainqueur du Partouche Poker Tour et vrai bon joueur, Nicolas Babel, le meilleur pote de Manuel Bevand, et un joueur Winamax (tout de même !), Olivier Daeninckx, de la talentueuse équipe B du site, les Local Heroes. Je ne connais pas Michael Maître et Damien Luis, mais cela ne poserait aucun problème en cas d'accession en finale : on ignorait tout d'Antoine Saout il y a un an, et cela n'a pas empêché la communauté française de vibrer à l'unisson. C'est l'un des gros avantages de décaler la table finale du Main Event en novembre : cela nous laisse trois mois pour faire connaissance avec les joueurs, les observer jouer les tournois européens durant l'interlude, etc. Je ne serais pas non plus mécontent d'une finale de Joël Benzinou, joueur belge très apprécié par les joueurs français.

Johnny Chan (9e avec 2,564,000)
Le dernier champion du monde en course. Double champion du monde, en fait (1987 et 1988, deux titres à la suite !). Beaucoup le disent fini depuis quelques années : Chan est discret en tournoi, et mystérieux en cash-game. Même ses adversaires réguliers ont du mal à déterminer si c'est le meilleur joueur du monde, ou un pigeon complet. Cela dépend de son humeur, j'imagine. Chan s'est construit un gros tapis d'entrée de jeu lors du Day 1, et n'a quasiment jamais quitté les premières places du classement. Sa présence en finale assurerait un intérêt considérable de la part du grand public – n'oublions pas que son apparition dans le film Les Joueurs l'a rendu populaire auprès de toute une catégorie de gens ne connaissant rien au poker, ou presque. Bref, Chan est « good for poker », comme on dit.

Un scandinave
Theo Jorgensen, Johnny Lodden, William Thorson, Jesper Hougaard, plus quelques inconnus : nous n'avons que l'embarras du choix devant le nombre de talentueux joueurs nordiques encore en course. J'ai un faible particulier pour William Thorson, avec qui j'ai réellement pu faire connaissance lors de deux nuits mémorables à Dortmund. J'aime aussi beaucoup Theo Jorgensen, qui se bonifie avec l'âge. C'est un joueur d'expérience qui commence petit à petit à faire figure de doyen. Ce n'est qu'il y a quelques mois qu'il a vécu le point culminant de sa carrière – jusqu'à présent – avec sa victoire au WPT de Paris.

Gualter Salles (105e avec 939,000)
L'ancien pilote de course brésilien est l'histoire la plus barge du Main Event jusqu'à présent. Tout au début du Day 5 (hier), Salles s'est retrouvé impliqué dans un gros pot. Sur la rivière, son adversaire lui demande combien il lui reste. Salles compte et arrive à un total de 136,000. « OK, je mise 136,000 », lui dit son adversaire. Salles paie, mais ne peut montrer la meilleure main. Le croupier recompte son tapis, et l'on découvre que Salles avait en fait 137,000 ! Il lui reste donc un ridicule jeton de 1,000. Même pas le dixième d'une grosse blinde ! Avance rapide jusqu'à la fin de la journée : Salles est toujours en course, avec un tapis de 900,000, juste en dessous de la moyenne ! L'histoire vous rappelle quelque chose ? La même mésaventure était arrivée à Jack Strauss en 1982. Croyant être sorti après un coup tapis, Strauss a découvert un jeton solitaire oublié sous une serviette en papier. Le tournoi s'était terminé par sa victoire.

Il n'y a pas qu'au poker que Salles sait se tirer de situations délicates... Regardez ce qui pouvait parfois se produire dans l'excercice de son ancienne carrière : Salles s'en est tiré sans une égratinure :



Alexander Kostritsyn (8e avec 2,564,000)
Le jeune russe est l'un des plus formidables talents a avoir émergé sur le circuit ces dernières années. J'en avais fait l'un de mes favoris lors des WSOP 2009. Ludovic Lacay ne tarit pas d'éloges à son sujet (peut-être plus autant, ceci dit, depuis que Kostritsyn l'a battu en quarts de finale du tournoi de heads-up le mois dernier) Son plus gros succès en tournoi ? L'Aussie Millions de Melbourne, remporté en 2008.

Un random donk américain
Chaque année, la table finale du Main Event comporte un ou plusieurs joueurs non-professionnels et pas forcément très futés dont on ne sait pas trop comment ils sont arrivés là. Rappelez-vous Darvin Moon et Steven Beigleter l'année dernière... Une finale équilibrée se doit de mélanger bons et mauvais joueurs, c'est bon pour le spectacle, et le grand public s'identifie plus facilement à des amateurs affrontant les pros (le schéma « David contre Goliath »)

Phil Galfond (85e avec 1,025 m.) et Michael Mizrachi (30e avec 1,793 m.)
Pour compléter ce casting rêvé, deux pros connus et reconnus. Galfond est l'un des meilleurs joueurs online du monde en cash-game, jouant et battant régulièrement les plus hautes limites... Très rare en tournoi (malgré un bracelet en PLO en 2008). Un professionnel accompli malgré son jeune âge, à la discipline irréprochable : voilà quelqu'un qui ne finira jamais « broke ». Ce qui n'est pas le cas de Michael Mizrachi, dont la carrière a subi des hauts et des bas, surtout des bas ces derniers temps, avec une faillite causée par une fréquentation un peu trop assidue des tables de craps de Vegas, et des petits problèmes avec le Fisc. Au début des WSOP 2001, Mizrachi a saisi la seconde chance qui lui était offerte par les Dieux du Poker en remportant le Player's Championship. Lui et ses trois frères Robert, Donny et Eric ont tous terminé dans les places payées du Main Event.

Le Day 3 sur Winamax
Le Day 4 sur Winamax
Le Day 5 sur Winamax

2 commentaires:

Eric Dethier a dit…

Une fois de plus ça chauffe dans le camps français. Avec un peu de chance tu n'aura le choix que de revenir en novembre pour suivre un de tes compatriotes. Au moins cette table aura un intérêt particulier.

Ton séjour touche à sa fin et déjà toute l'agitation disparait au point de laisser un grand vide, vite oublié cependant dès que tu mets les voiles de Vegas et que tu peux profiter de petites vacances (ou de rédaction d'un certain livre ;-) ).

Si le MJFDM va en finale ce sera l'occasion pour vous deux de pouvoir enfin échanger plus que deux mots, et qui sait certainement fêter avec lui cette heureux événement.

raulvolfoni a dit…

Ton coverage sur le site winamax s'arrete au jour 4 ???
What happens?