dimanche 4 juillet 2010

Ludovic Lacay, je te hais (un peu)

Day 36 et 37



Amazon Room, deux heures du matin. Pas grand monde sur le banc de presse et dans les couloirs. La traditionnelle saison des fêtes a commencé aux WSOP à l'approche du Main Event. Barbecue Full Tilt au Golden Nugget, soirée Doyles Room au lounge du Encore... Demain, la fameuse soirée Everest au Pure, et la strip-club party de Bluff au Sapphire. Il n'y a qu'à se baisser dans les couloirs du Rio pour ramasser les invitations. Boissons à volonté, musique à fond, collègues de l'industrie et joueurs mélangés dans la bonne humeur : c'est le moment préféré de bon nombres des participants aux championnats du monde.

Mais cette année, je ne gouterai à rien de cela. La faute à un enfoiré nommé Ludovic Lacay, qui a atteint ce soir la table finale d'un des derniers tournois organisés avant le Main Event. Nous avons passé les deux dernières journées au Rio à suivre ses progrès, et demain, nous commettrons le sacrilège de travailler la veille du Main Event, puisque les neuf finalistes ont unanimement décidé de ne pas terminer le tournoi ce soir, préférant revenir dimanche en milieu d'après-midi.

Il a de la chance que je le considère comme un ami très cher, ce Ludovic Lacay. Il n'y en a pas beaucoup pour qui j'accepterais sans rechigner de faire trois tonnes d'heures supp' à la veille du tournoi le plus important de l'année. Mais ce fut un vrai bonheur que de le suivre à la trace tout au long de cette épreuve de Pot Limit Omaha à 10,000 dollars... Lui, ainsi que Tom Dwan et Phil Hellmuth. On avait rêvé d'un douzième bracelet potentiel, et d'une nouvelle nuit épique génératrice de sueurs froides pour les pros de Las Vegas, mais les deux se sont inclinés en demi-finales. J'espère que la conclusion sera la plus belle qui soit. Il est comme le vin, Cuts, il se bonifie avec le temps. Après avoir débuté en ligne comme tant d'autres sur les tables de cash-game en 6-max, progressant les échelons à toute vitesse, Ludovic s'est ensuite révélé être un compétiteur exceptionnel en tournois aux couleurs de Winamax. Puis, sous la tutelle d'Antony Lellouche, il est retourné vers le cash-game, mais en live, tenant admirablement son rang lors d'énormes parties à Marrakech et à Chypre contre des hommes d'affaires richissimmes qui n'ont pas froid aux yeux.

Bref, un joueur de plus en plus complet, qui se retrouve avec le deuxième plus gros tapis dans une variante qu'il n'a finalement que peu pratiquée... 80,000 mains jouées en ligne (un chiffre peu élevé pour n'importe quel grinder sérieux), quelques centaines d'heure en live, et seulement deux tournois. Mais, quand on est un bon joueur de cartes (et Ludovic est définitivement un GRAND joueur de cartes), l'adaptation devient une seconde nature. Dans cette épreuve, Ludovic s'est retrouvé dans la peau du joueur serré, lui qui avait foutu en l'air tant de tournoi de Hold'em par son excès d'agressivité.

Le Omaha en tournoi est un animal très, très différent du Hold'em. Point d'ante pour vous inciter à voler les coups lors du premier tour d'enchères. Un format Pot-Limit qui assure que l'on verra beaucoup de flops. Des coups qui sont souvent limpés, même lors du deuxième ou troisième jour. Pas d'intérêt, donc, à vouloir se lancer dans de gros bluffs avant le flop : l'échec est quasiment garanti. En terrain relativement inconnu, Ludovic s'est débrouillé à merveille, faisant progresser son tapis avec régularité et choisissant les bons moments pour prendre des risques. Après deux finales WPT et une finale EPT, c'est la première fois que Ludovic atteint la dernière table d'un tournoi des championnats du monde. Il fera face à de beaux clients dimanche : Miguel Proulx, québécois déjà détenteur d'un titre en PLO (acquis il y a trois semaines), Daniel Alaei (l'un des meilleurs joueurs tout-terrain du monde), Alex Kravchenko... Les écarts entre les gros et les petits tapis sont énormes : on devrait assister à plusieurs éliminations d'entrée de jeu, et sauf accident, Ludovic fera partie du top 6, lui assurant de prendre la première place du classement des gains français aux WSOP 2010, hors Main Event. L'année dernière, sa 16e place au Main Event lui avait permis de prendre la deuxième place de ce même classement, juste derrière Antoine Saout.

D'ordinaire, j'aime bien la jouer cool lors des deux derniers journées menant au Main Event. Il s'agit de ne pas se cramer avant le marathon de douze jours. Mais cette fois, le devoir me contraint à jouer les prolongations. Enfoiré de Ludovic Lacay. Le mieux, ce serait qu'il nous torche la finale en quatre heures chrono, comme Jason Mercier l'année dernière (dans la même variante), et comme ça, on serait tous en boîte à minuit. J'y crois. Fais nous rêver.

Pour revivre le parcours de Ludovic vers la finale :

Le Day 36 sur Winamax
Le Day 37 sur Winamax

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Allez Ludo, tout les espoirs sont permis, now. GL et mErci Benjo et Haper pour l'enorme boulot que vous avez fait pendant ces WSOP. Next Year je reviendrais. Reg da Fish

Jomannix a dit…

+100000 - grave deg pour les fiestas du 4th of July mais on sera sur le rail obv :)

Anonyme a dit…

smpa l'article comme dab.

GO CUTS

cette fois c'est pour toi

ALLEZ LA CAILLE $$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$

Matthieu a dit…

arf...