mercredi 16 juin 2010

Second souffle

Day 18

J'ai pris ma première vraie journée de pause hier, et Harper va prendre sa seconde aujourd'hui. Cela fait plus de deux semaines que nous sommes tous deux immergés dans les WSOP jusqu'au cou, ne nous laissant que peu d'espace pour penser à autre chose. Physiquement et moralement, les premiers signes d'essoufflement commencent à apparaître. Comment pourrait-il en être autrement ?

Le premier tiers des championnats du monde est derrière nous. Je suis relativement satisfait du travail accompli. Il y a eu des tas d'histoires à couvrir, et nous avons donné le maximum pour essayer d'être partout à la fois et offrir aux lecteurs une perspective des WSOP dans leur ensemble. Tom Dwan, Michael Mizrachi, Nicolas Levi, Thibaut Klinghammer, Men the Master... Tous (et bien d'autres) ont eu leur place dans nos pages. Jusqu'à cette première victoire française, que nous avons manquée... Certains considèreront que nous ne lui avons pas accordé l'espace qu'elle méritait, et je ne leur donnerai pas forcément tort, même si nous avions nos excuses et que l'on a rattrapé notre retard ensuite. Que puis-je dire ? C'est dur de conserver une motivation constante chaque jour, de se pointer quotidiennement au Rio pour regarder des gens jouer aux cartes, et de trouver de nouvelles façons originales et excitantes de raconter leurs exploits. La victoire de Vanessa est arrivée à un moment où nous avions déjà beaucoup donné où nos têtes étaient plutôt tournées vers l'extérieur du Rio, après avoir fonctionné de manière monomaniaque 17 jours consécutifs. Comme le dit si bien Pauly, « les WSOP sont un cirque qui ne s'arrête jamais. Il est crucial de s'en éloigner de temps à autre. Il n'y a pas de pause dans l'action, il est de la responsabilité de chacun de s'aménager les siennes. » Peut-être que nous avons mis trop le paquet dès le début, pour se retrouver pris de court au moment où il fallait le plus être présents ? Tous les jours, il y a de nouvelles histoires à écrire, de nouvelles finales à suivre, et le travail ne pourra jamais être entièrement bien fait. Il y a toujours de la frustration, l'impression d'avoir manqué quelque chose. Ce sont mes sixièmes WSOP, mais je n'arriverai jamais à m'y faire complètement.

Jusqu'à maintenant, nous avons couvert l'équivalent de trois EPT consécutifs sans nous arrêter. Le prochain objectif est désormais de trouver le second souffle pour le deuxième tiers des WSOP, où le nombre de joueurs français au départ des épreuves va grosso modo doubler, et donc le nombre de performances tricolores potentielles. Il va falloir être présent, enchaîner les longues soirées, sans pour autant se cramer complètement, car il faudra être prêt à de longues journées pour le troisième tiers, centré sur la dernière épreuve, la plus longue, la plus demandeuse et la plus importante de toutes : le Main Event.

A titre personnel, cette édition 2010 des WSOP se déroule pour l'instant de manière très différente des précédentes. Cette année, j'ai une routine beaucoup plus calme. Aucune sortie en ville à déplorer, pas de grandes beuveries ou cagoules mémorables en Pai-Gow à regretter au petit matin. Je suis parfaitement satisfait de rentrer directement à la villa le soir après le boulot, passer quelques instants en terrasse avec mes colocataires, et aller me coucher. Pour passer au travers de cinquante jours de taf presque non stop, il n'y a pas de secret : il faut dormir, et je mets un point d'honneur à engranger au moins six heures de sommeil par nuit. De toute manière, des soirées, il y en aura des tas autour du Main Event, et à ce moment là, je serai surement bien content de m'être économisé. Pour le moment, l'heure est à la retenue, au maintien d'un train-train salutaire pour la tête et les jambes. Je me lève tôt, vers neuf heures, je prends un bon petit dej' au Nutella, je me pointe au Rio à l'heure pour suivre le match du jour à l'intérieur de la salle de presse, j'écris ce blog, et à 14 heures 30, je suis prêt pour douze heures de reportage. Mon seul excès, c'est le travail, et les WSOP sont particulièrement cruels en ce sens, parce que peu importe l'energie qu'on y injecte, on aura toujours l'impression de ne pas en avoir fait assez.

Le Day 18 sur Winamax (par Harper en solo)

6 commentaires:

le boursicoteur a dit…

Malgré la routine des WSOP , Benjo arrive à toujours écrire de façon enthousiate et passionnée !

Belle perf !

Anonyme a dit…

On veux bien tout ce que vous voulez mais si vous êtes deux cette année, c'est précisément pour qu'au moins un des deux reste sur le pont, à plus forte raison lorsqu'un français est en TF.

Si ça avait été un Wina, vous seriez allé faire un tennis ?

Trêve d'excuses, c'est inexcusable, désolé.

pakko a dit…

salut benjo
merci de nous faire vivre ces WSOP d'un angle différent

qu'est-ce que c'est que cette histoire de new girlfriend estonienne de ton idole?
on veut des photos !!!!
bon courage pour la suite
Enjoy

Benjo a dit…

C'est qu'ils commencent à me gonfler ces anonymes frustrés :-)

Hé, je suis déja bien gentil de m'expliquer. J'ai aucun compte à rendre, à la base, bande d'enfants gâtés.

Si c'avait été un Wina en finale je n'aurais pas été faire un tennis, car je suis salarié de Winamax (et il n'y aurait pas eu de tennis d'organisé, tout le monde aurait été derrière les gradins)

C'est marrant les gens qui font exprès de pas comprendre.

Anonyme a dit…

Toujours agréable de lire le coverage le matin au bureau, pour se réveiller doucement :)

Merci pour ces reportages tout au long de l'année !

Anonyme a dit…

Il nous gonfle l'anonyme avec sa logorrhée haineuse sur la TF pas couverte!
Imagine chère Miss Anne Honime que la finale aurait pu être tout autre en la présence de Benjo...
Et oui : effet papillon -> un battement de cil de Benjo aurait pu faire rougir la croupière qui toute emoustillée aurait fait une bourde au flop et aurait donné deux cartes moisies à la place de 55 etc... etc ....
Donc : shut up and deal
et merci Benjo pour les photos