lundi 28 juin 2010

Redemption, Day Off, & Stockholm Syndrome

Day 29 et 30

J'ai de plus en plus de mal à me lever le matin... Les heures de sommeil en retard accumulées quatre semaines durant commencent à réclamer leur dû. J'ai réussi à tenir tout le mois de juin avec un bon rythme, debout à neuf heures tous les matins, petit-dej, douche, consultation des classements des tournois devant la Coupe du Monde, mise à jour du palmarès, blog, et arrivée au Rio à 14 heures, prêt à affronter les épreuves de la journée. Maintenant, c'est une chance si j'arrive à ouvrir l'œil avant midi, et c'est à moitié endormi que je fonce à travers l'autoroute 215 vers Flamingo Road pour rejoindre l'Amazon Room et les WSOP.

L'Amazon Room, je n'y ai pas mis les pieds hier... pour la première fois depuis mon arrivée à Vegas. C'était ma seconde vraie journée de pause, mais j'avais passé quatre bonnes heures au Rio lors de la première. Je suis toujours un peu paumé, effrayé quand je m'arrête de travailler, un peu comme un lapin pris dans les phares d'une voiture fonçant à toute vitesse vers lui. Il y a une espèce de syndrome de Stockholm qui se développe quand on couvre les WSOP de manière intensive... On est dessus quinze heures par jour, on ne pense qu'à ça 24h/24, et quand on s'arrête, on est pris de remords, on se demande si on est pas en train de manquer quelque chose, et qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire maintenant qu'on a rien à faire ? Quand on est en plein dedans, on à qu'une envie : que ça se termine. Mais quand c'est enfin fini, un immense vide se crée. C'est la même chose tous les ans, aux alentours de la mi-juillet : il me faut en général une bonne semaine pour que le cliquetis des jetons disparaisse de mon esprit, et pour que la première pensée qui m'assaille le matin au réveil ne soit plus « merde, je suis en retard pour le Rio ».

C'était un samedi plein de promesses qui s'annonçait... J'étais invité à deux soirées privées dans les faubourgs de Vegas. Au final, j'ai décidé de la jouer tranquille. Pas envie de faire la fête. Pas encore. On a le temps. La vraie saison des fêtes aux WSOP approche à grands pas, avec les grands acteurs et personnalités de l'industrie rivalisant en budgets et ingéniosité pour organiser LA soirée dont tout le monde parlera le lendemain. A ce petit jeu, PokerStars va encore faire très fort, ayant réussi à débaucher Snoop Doggy Dog pour assurer l'intermède musical. Snoop Dog, la vache ! Je me rappelle d'un soir aux Bahamas en janvier dernier, j'étais au bar avec les employés de PokerStars dont le job est de planifier ce genre de fêtes... Après avoir eu Nelly pour les WSOP 2009 et l'une des gonzesses de Destiny's Child pour la PCA 2010, ils se demandaient quel serait le prochain invité. Il leur fallait mettre la barre encore plus haut. Bon, moi, Nelly et Destiny's Child, j'en ai rien à secouer, mais pour certains c'est une grosse affaire. Bref, quelques noms avaient été lancés à la ronde (Wycleef Jean, par exemple), et Otis (le bloggeur en chef de PS) s'était fait rire au nez avec sa suggestion de Snoop Dog. Six mois plus tard, la blague s'est transformée en réalité, et je parie que l'on va se bousculer au portillon pour entrer dans la boîte du Palm's où sera organisée la soirée... L'accès se fera uniquement sur invitation, avec des centaines de qualifiés PokerStars et personnalités de l'industrie. Je pense pouvoir obtenir un ticket assez facilement. Je me demande s'il y aura un marché noir pour tous ceux qui n'auront pas réussi à décrocher une invitation...

Bref, pour ma journée de pause, point de débauche ni d'agapes mémorables... Un petit tennis en milieu d'après-midi avec le Team Winamax. Je me suis fait déchirer par Tallix, mais je me suis bien défendu dans la série de tie-breaks contre les autres (Furax, Chawips, Clément Thumy...). Après, direction Pasta Mia pour l'anniversaire de Change100, la copine de Pauly. Si Pauly est comme un frère pour moi, alors Change est une sœur. Je suis rentré à la maison vers 22 heures sans plan précis. Pas envie d'aller me coucher tout de suite : direction le casino Red Rock, l'établissement de jeu le plus proche de la villa. J'ai collecté mes gains sur les paris du premier tour de la Coupe du Monde (pas grand chose, malheureusement, juste le score nul sur le match d'ouverture), et tout réinvesti sur Allemagne-Angleterre. Je prévoyais un autre nul, mais je me suis salement planté. J'ai déchiré mon ticket sur la victoire de l'Angleterre : ne me reste plus que le Portugal et l'Espagne comme vainqueurs potentiellement lucratifs... Et le Brésil, qui fait partie de mon club des 8 dans la feuille de paris à quatre établie avec Harper, Gab et Yuestud. Je me suis assis en cash-game avec les serrures locales. Tout se passait bien jusqu'à que je tente un bluff assez vaseux contre un vieux sur un board As-8-3-7-As. Enfin, il a quand même réfléchi cinq bonnes minutes avec sa paire de 9, je suis resté de marbre avec mon 10-8 tourné en bluff, mais il n'aurait jamais passé de toute façon, je n'aurais pas du m'enteter. Je termine à moins 120 dollars. Jusqu'à présent, le bilan poker de ce séjour est assez moche (comme chaque année). J'ai gagné cent lors de ma première session au MGM. J'ai joué trois sessions au Rio pendant les pauses-dîner (moins 300, moins 150, plus 8), et un tournoi à cent dollars où j'ai fait absolument n'importe quoi. Total provisoire : moins 562 dollars... Bon, à 300 dollars la cave, ce n'est pas la fin du monde non plus. J'ai du jouer une dizaine d'heures au total, soit 250 mains grand max.


Le thème des deux dernières journées des WSOP ? La rédemption... Avec deux victoires qui sonnent comme des revanches, celles de Dean Hamrick et Gavin Smith. Hamrick, c'est ce jeune pas gâté par la vie (il est né avec un pied-bot et traîne ses béquilles partout avec lui) qui avait terminé en dixième place du Main Event en 2008, l'une des places les plus cruelles qui soient pour un joueur de poker, car on manque la table finale, le statut de « November Nine » et les contrats de sponsoring juteux qui vont avec. L'année suivante, Hemrick vivait à nouveau la frustration avec une finale dans un tournoi de No Limit à 1,500 dollars. Cette fois, il a enfin réussi à aller jusqu'au bout dans une autre épreuve à 1,500 dollars, remportant 604,000 dollars sous l'oeil de son pote Joe Cada, le champion du mond en titre. Arnaud Mattern était à sa table durant la seconde journée, et m'a confié qu'Hamrick était tombé à 3,000 aux blindes 3,000/6,000. Il a doublé son tapis cinq fois de suite, a triplé ensuite, et assommé la concurrence jusqu'au duel final. Belle revanche sur l'adversité. Même sentiment concernant Gavin Smith, un mec régulièrement mentionné dans des articles aux titre du genre « Les meilleurs joueurs à n'avoir jamais remporté de bracelet ». Je ne suis pas sur de partager cette opinion, considérant plutôt que Smith est un bon joueur qui a eu un bon rush en 2005/2006 avec une victoire WPT et d'autres très bons résultats, mais était passé ensuite dans le clan des « has been », n'ayant jamais su d'adapter à l'évolution ultra-rapide du style de jeu en tournoi, un sérieux problème avec la boisson n'ayant rien fait pour arranger cela. Félicitations tout de même : d'après ce que j'ai pu lire ça et là, sa prestation dans l'épreuve de Hold'em Mixed (Limit / No Limit) fut en tous points excellente, digne du grand joueur qu'il fut un temps.

Le Day 29 sur Winamax
Le Day 30 sur Winamax

4 commentaires:

Anonyme a dit…

T'es parfait comme d'hab.

A dans 15 jours ;)

Aymeric

Biz au petit Kévin :)

PS : In' N out quand j'arrive tu me l'a promis :p

Rv a dit…

Le syndrome de Stockholm n'est ce pas quand les otages se prennent d'affection pour leurs ravisseurs ?
Te sens-tu otage du Rio ?

le boursicoteur a dit…

benjo artiste de l écriture mais doit faire des progrés en cash game et paris sportifs :-))

Article toujours aussi intéressant à lire ... bon courage

Anonyme a dit…

merci la famille, t'es vraiment la famille de la famille...
ps : je t'ai vu sur canal la semaine dernière ^^ j'étais content