samedi 12 juin 2010

Les bets sont lâchés

Day 14

Ça y est, c'est parti, je ne réponds plus de rien pendant un mois. La grande fête quadriennale du ballon rond, dix fois plus excitante que n'importe quel championnat national (surtout le notre). Le grand frisson collectif, mondial, sur les cinq continents, les yeux tournés dans une même direction : l'Afrique du Sud.

Je ne me suis pas réveillé pour le match d'ouverture... Un match nul entre l'Afrique du Sud et le Mexique qui me faisait officiellement gagner mon premier pari de la Coupe du Monde 2010. Mais à onze heures trente, nous étions tous surexcités devant ESPN pour le coup d'envoi de France-Uruguay, premier match regardé entre potes, premier match avec un vrai enjeu, premier match pour crier, s'énerver, sauter dans tous les sens, bref kiffer.



En deux minutes, le bruit atroce des milliers de vuvuzelas nous faisait déjà tous tilter. Impossible d'entendre les spectateurs. L'incessante sirène rappelait le signal d'alerte à l'approche d'un bombardement. J'avais l'impression de regarder un documentaire sur la seconde guerre mondiale.

« C'est insupportable », a dit Brekky. « Il faut que la FIFA prenne des mesures », a dit Harper. Amputer les mains de chaque supporter ? Franck Ribéry est sorti du lot très vite avec quelques beaux gestes. Au bout de trente minutes, on s'était déjà pris deux cartons. Gourcuff nous a fait bondir avec un très beau coup-franc à la 18e minute. A part ça, la frustration était de mise.

« Anelka, mais achevez-le ! »
« Hé les gars, c'est la Coupe du Monde, hésitez pas à vous bouger. »
« Mais qu'est-ce qu'il fait, là ! »
« T'avais raison, Anelka peut pas saquer Gourcuff, c'était passe automatique, là ! Déjà trois fois ! »
« C'est pas un match de Coupe du Monde, ça. »
« Faites rentrer Cissé à la place de Govou ! »
« Oh là là... C'est pas possible.. »
« Mais va te faire enculer, y'a rien ! »
« C'est l'arbitre chinois de PES, celui-là ! »

Ambiance dubitative à la mi-temps. « C'est équilibré, on domine d'une courte tête mais sans rien faire de concret. Alors que l'Uruguay n'a besoin que d'une bonne contre attaque pour faire la différence. »

M'étant emmêlé les pinceaux avec les numéros des paris au Sports Book du Red Rock, j'avais parié simultanément sur la France et l'Uruguay. En réalité, je voulais miser sur l'Uruguay et le nul. A vingt minutes du coup de sifflet final, toujours rien. L'arbitre nous prend en grippe. Ça chauffe un peu. A l'écran, Domenech agite les bras en signe d'apaisement. Harper fait le doublage : « Calme, les gars, on le tient le match nul ». Anelka sort du terrain à pas d'escargots, et Henry fait son entrée, devenant le premier joueur français à disputer quatre Coupes du Monde. Malouda le rejoint quelques minutes plus tard. Expulsion à dix minutes de la fin. Un match boucherie. 88Ème minute. C'est le feu dans la défense uruguayenne. Deux corners consécutifs, deux grosses actions dans le temps additionnel. Mais c'est trop tard. Conclusion provisoire : un point, c'est déjà bien, mais tout de même, on est mal barrés. Je m'en tire à jeu pour ma première journée de paris.

Hier soir, quelques heures avant le match d'ouverture, on s'était éclipsés du Rio avant minuit, histoire de mettre au point la feuille de paris définitive et officielle de la villa. Les règles sont simples : cent dollars chacun, tirage au sort aléatoire des équipes, et six critères de gains déterminés à l'avance. Tirage au sort aléatoire, parce que c'est plus rigolo quand c'est un jeu de hasard, et c'était le seul moyen d'éviter de se taper dessus rapport aux choix des équipes. Ambiance studieuse, officielle en terrasse de la villa. 32 bouts de papiers sont pliés et placés dans un bol. On tire chacun à notre tour une équipe, hé, farfouille pas trop longtemps dans le bol, tu crois que je t'ai pas vu à essayer de gruger, il nous faudrait un huissier.

Voici le résultat du tirage au sort, cliquez pour agrandir :



Le prize-pool est de 400$, répartis de la manière suivante :

200$ pour l'équipe gagnante (50%)
40$ pour la plus mauvaise équipe (10%)
40$ pour le meilleur buteur (10%)
40$ pour le carton rouge le plus rapide (10%)
40$ pour la plus grosse tôle (10%)
40$ pour le but marqué le plus tôt (10%)

Deux bonus spéciaux viennent s'ajouter :

150$ pour le premier coach expulsé du terrain
100$ pour le premier spectateur courant à poil sur le terrain (à partager entre les deux équipes)

De l'avis général, je m'en sors bien au tirage. Étant donné les paramètres mis en place, l'idéal est d'avoir une sélection mélangeant les équipes jouant la gagne (j'ai l'Allemagne et le Brésil) à celles en course pour obtenir les plus mauvaises statistiques (plus grosse tôle pour l'Algérie ? Gab est favori avec la Corée du Nord, groupée contre le Portugal, le Brésil et la Côte d'Ivoir) tout en évitant les équipes qui ne vont faire ni bien, ni mal, bref qui ne servent à rien (j'ai l'Australie).

« Le foot, c'est que de la corruption et des gros sous », a fait remarquer mon barman préféré du Rio, un immigré bulgare. « Mais bien sur que je ne vais pas louper un match. ». Moi, ce sera plutôt l'inverse. Avec le décalage horaire et les longues journées au Rio, je ne pourrai vraiment regarder que les matchs programmés à midi. Brekky faisait remarquer hier que le dernier match de Coupe du Monde que nous avons vu s'est terminé avec des larmes. C'était il y a quatre ans, pile au moment où j'étais en train de basculer à plein temps dans le poker. En sport, j'ai tendance à imprimer les grandes douleurs plutôt que les triomphes éclatants, et France-Italie est restée gravée dans ma mémoire footbalistique, plus encore que France-Brésil. C'est aussi pour ces moments là qu'on aime tant le foot. Si la victoire est surhumaine, la défaite est simplement humaine, plus proche de nous, plus palpable et familière. Cette année, les attentes sont encore plus faibles qu'en 2006. Si on peut kiffer jusqu'au second tour, ce serait déjà pas mal. Une élimination française ne tuerait en rien le plaisir, de toute façon, avec l'argent en jeu, et la compétition qui transpirera en filigrane aux WSOP entre les joueurs pros étrangers venus en masse à Las Vegas.

*****

Dans l'Amazon Room

* Deuce to Seven 10,000$ : Tom Dwan, encore et toujours, a monopolisé l'attention en portant un gros tapis loin dans la seconde journée de cette épreuve. Avant son élimination aux alentours de la trentième place, Dwan aura eu le temps de lancer un autre pari extravagant avec John Juanda et Chris Ferguson : 800 contre 1 pour une victoire simultanée de Durrr dans cette épreuve et Huck Seed dans celle de Stud à 1,500 dollars. Juanda a pris le pari pour 2,000$, Ferguson pour 1,000$. Quand Steve Zolotow a fait remarquer les cotes réelles qu'un tel évènement se produise étaient plutôt de 3,000 contre 1, Dwan a rétorqué : « On s'en fout ! Ce qui compte, c'est que 3% du temps, Huck et moi on va tous les deux aller loin dans le tournoi, et faire suer Juanda et Ferguson : rien que pour ça, ce sont 3,000 dollars bien dépensés. » Où s'arrêtera Dwan ?

* Limit Hold'em 2,000$ : dans sa variante maitresse, Gabriel Nassif a représenté la villa avec une bonne 23e place.

Le Day 14 sur Winamax

1 commentaire:

D8 a dit…

Hello!
J'adore votre systeme de paris aléatoires! C'est clair qu'il y a des equipes absolument à éviter, parcequ'elles servent à rien : Australie, Serbie, Danemark, Ghana, Mexique, Uruguay, France, Afsud, .. (beaucoup en fait!)
Tu te rappelles je t'avais dit qu'il y aurait 0-0 à Fce Uruguay et que les USA feraient nul face aux rosbeefs. Ces deux résultats m'ont rapporté pas mal (même une tonne), suis pas du tout à jeu!
Pour l'équipe de France il n'y a pas grand chose à faire pour que ça aille mieux, et c'est ça qui rend fou. Juste 2 trucs..
1- Ribery passe à droite, donc Malouda joue à sa vraie place, et on a plus Govou!
2- Anelka est pas du tout un joueur de 433, donc tu le remplaces par qui tu veux, même ma grand mère

ça me semble tellement évident!
Fais un gros coucou à Harper de ma part!