jeudi 24 juin 2010

Dans le creux de la vague

Day 26

Une nouvelle journée placée sous le signe des déceptions... Et sur laquelle il n'y aura donc pas grand chose à raconter. C'est un peu – beaucoup – ça, le quotidien d'un « couvreur » de tournois... On se pointe, on installe son ordi, on part entre les tables à la recherche des joueurs, et on les regarde sauter. De temps en temps, ils gagnent, ou au moins ils vont jusqu'en finale. Mais la plupart du temps, ils repartent les mains vides, et l'on se retrouve avec une histoire sans intérêt. Les histoires de poker finissent mal... en général.

Certaines éliminations sont plus douloureuses que d'autres, et ce fut un crève-cœur que de voir Marc Inizan et Clément Thumy sortir aux portes de la table finale du Pot Limit Hold'em à 10,000 dollars. Inizan et Thumy font partie des joueurs français les plus intéressants a avoir émergé sur la scène live ces derniers mois, après avoir fait des ravages sur Internet. Les deux m'ont fait une excellente impression sur ce tournoi, avec des styles bien différents cependant. J'avais déjà eu l'occasion de voir de mes yeux les talents d'Inizan à l'EPT de Berlin, où il avait terminé en troisième place. Thumy, je connaissais surtout de réputation – Harper ne tarit pas d'éloges à son sujet, et avait prévu à l'avance qu'il réaliserait de belles performances aux WSOP. Le cheptel des bons joueurs français s'agrandit de jour en jour, avec de nouvelles générations de jeunes joueurs progressant à toute vitesse. Du coup, je me demande si l'ouverture du marché – et la fermeture des frontières qui l'accompagne – ne va pas freiner la montée en puissance du poker français sur les tournois professionnels. Je veux dire,à l'avenir, il va être difficile de voir émerger de nouveaux ElkY, Ludovic Lacay, Tristan Clémençon, Clément Thumy, etc, dans un nouveau marché régulé où le nombre de joueurs, de tournois, de tables va drastiquement chuter.

Les autres épreuves du jour ne nous ont guère passionné. Il y avait pas mal de français au départ du Pot Limit Omaha en high-low, mais un seul – Stéphane Gérin - a réussi à passer le premier tour. Même topo pour le Shootout à 1,500$, où Belleuvre, Allain, Benzimra et Lebreton ont échoué à passer le second tour. Il n'y avait personne à suivre dans le Razz et la boucherie à 1,000 dollars, bref, ce n'était pas une journée à mettre à la poubelle, mais presque.

De mon point de vue, les World Series of Poker se découpent en trois chapitres d'une durée à peu près égale... deux semaines chacun. Tous les ans, le premier chapitre est excitant, plein de rebondissements, en grande partie parce qu'on est frais et motivé pour couvrir les épreuves. Le second chapitre est toujours un poil creux par rapport au premier. La monotonie s'installe, les tournois s'enchainent, la motivation décroît à mesure que les vainqueurs inconnus défilent. On s'économise, on fait attention à ralentir un peu, avant de revenir en force avec le troisième chapitre : le Main Event, qui nécessite une énergie et une concentration maximales.

Là, nous sommes au beau milieu du deuxième chapitre. La première moitié des WSOP est officiellement derrière nous. On peut déjà voir venir le Main Event arriver à toute vitesse, dans une douzaine de jours à peine. Et qui dit Main Event, dit fin des WSOP. Pour peu, on en viendrait presque à dire que tout cela passe bien trop vite.

J'ai déjà mentionné le problème des finales qui commencent trop tard... enfin je crois. Le ponpon a été atteint avec celle du Pot Limit Hold'em à 10,000$, dont le coup d'envoi a été donné à minuit mardi soir. Forcément, on avait commencé à 15 heures avec 25 joueurs et une structure plutôt lente. J'ai passé mon tour pour aller jouer en cash-game, pensant que la partie ne serait pas terminée avant l'aube. Surprise, tout fut plié en moins de quatre heures, avec la victoire de Valdemar Kwaysser, qui offrait ainsi son deuxième bracelet de l'été à la nation hongroise.

Oh, j'avais oublié de vous dire un truc qui me fait halluciner.. Las Vegas, off the record est désormais exporté dans les territoires hispanophones ! C'est mon pote franco-espagnol Alberto Calle qui m'a offert de traduire ce blog dans sa seconde langue, et de publier le tout sur le sien, quotidiennement. C'est un grand honneur que de pouvoir être lu pour la première fois dans un autre langage que le français ! Cela ferait surement la fierté de feu mes grands parents, qui ont débarqué en France depuis l'Espagne lors du siècle dernier, quittant une guerre pour en trouver une autre...

Le Day 26 sur Winamax

1 commentaire:

Dethier Eric a dit…

Attention on dit souvent à l'écrit que "traduction" égale "trahison". Pas au sens où ton ami va détourner tes paroles mais bien souvent le ton et le sous entendu d'une langue, ne peux pas être replacé lors de la traduction. De plus comme ce n'est pas toi l'auteur initial qui traduit le fond risque d'en subir les conséquences. Auras tu un regard sur la traduction? pratiques tu encore l'Espagnol pour sentir si lors de la traduction on reprend fidèlement tes propos.

Sinon pour ce qui est du ventre mou des wsop (cette seconde phase), c'est le moment comme tu le fais chaque année pour nous faire sortir des salles climatisées des Casinos et nous faire découvrir le Vegas du quidam, celui qu'il nous intéresserait de connaître également. A moins que tu nous réserves un petit reportage post wsop avec les rushs.