mardi 15 juin 2010

Cocori-couac

Day 17

Dimanche, la France a remporté un bracelet aux WSOP pour la première fois en deux ans, et la cinquième fois au total depuis la création des championnats du monde en 1970. Je n'étais pas présent au Rio quand ce grand moment s'est produit. Hein ? Ben si. Cela contredit tous mes principes et déclarations d'intention faites dans le passé (« je serai quoi qu'il arrive présent pour toutes les perfs françaises des WSOP », ce genre), mais j'ai deux excuses, votre Honneur. L'une est valable, l'autre non.

Premièrement, Vanessa Hellebuyck faisait partie des plus petits tapis au départ de la table finale de l'épreuve féminine, et venait de faire doubler une de ses adversaires après 90 minutes de partie, moment où Harper et moi nous sommes éclipses du Rio pour retrouver le Team Winamax au Hilton et participer à un tournoi de tennis dont la date avait été fixée il y a dix jours de cela. Ça, c'est l'excuse non valable. J'ai couvert assez d'épreuves pour savoir que l'adage « a chip and a chair » se vérifie régulièrement, et (attention truisme) qu'un joueur n'est pas sorti tant qu'il n'est pas sorti.

Deuxièmement, et là j'estime qu'on a manqué de chance, je n'aurais jamais pu prévoir que la table finale serait aussi expéditive. Après seize jours passés à observer des finales s'étendant jusqu'à deux, trois, quatre heures du matin, celle du Ladies Event était terminée avant 21 heures. Quand nous sommes finalement revenus au Rio, nous avions manqué le dénouement à une demi-heure près. Voilà pour l'excuse valable. Certes, la structure était la plus rapide des épreuves WSOP, mais plusieurs des tournois « loterie » des championnats du monde s'étaient terminées bien après minuit. Franchement, je n'ai rien vu venir, sur ce coup là.

Bon, on avait manqué le moment crucial, mais on s'est rattrapés. Harper est parti faire la fête avec la Vanessa et ses supporters, et est revenu à l'aube après avoir fait le tour des boîtes de nuit de Vegas, non sans avoir entre temps publié une interview de la gagnante. Et là, tout de suite, je reviens de la cérémonie de remise du bracelet, que j'ai filmée avec mon appareil photo. Joli moment d'émotion dans la Pavillion Room : depuis l'introduction aux WSOP des hymnes en 2009, nous n'avions jamais eu l'occasion d'entendre la Marseillaise au Rio. La plupart des joueurs français présents à Vegas se sont pointés pour chanter l'hymne à pleins poumons, chose que je n'avais encore pas eu l'occasion de voir depuis le début des WSOP (à l'exception de la cérémonie en l'honneur de Praz Bansi, où les anglais ont entonné God Save the Queen, sans pour autant rivaliser en décibels avec nous autres français)



Au fait, qui est Vanessa Hellebuyck ? Si nos deux derniers champions David Benyamine (2008) et Patrick Bruel (1998) était déjà des personnalités connues et reconnues dans le monde du poker (et même ailleurs) au moment de leur victoire, on ne peut pas en dire autant de la parisienne, mère de deux enfants, conceptrice de sites Internet et pianiste à ses heures perdues. A l'instar de Gilbert Gross et Patrick Bruel, le cinquième bracelet WSOP de l'histoire du poker français revient à un non-professionnel. Une joueuse prenant le poker pour ce qu'il a toujours été pour la majorité de ses adeptes : un jeu, une récréation, quelque chose d'amusant, et potentiellement lucratif. Vanessa fait partie de l'équipe de joueuses sponsorisée par Poker770 (un site qui a récemment décidé de mettre le paquet sur les épreuves Ladies après le rétrécissement de son équipe de pros), et a démontré une épatante régularité lors des tournois féminins organisés en marge des EPT, avec des finales à Monte Carlo, San Remo et Berlin.

Une joueuse non-professionnelle remportant une épreuve des championnats du monde : assurément une bonne chose pour la promotion du poker en France, en ces temps marqués par l'ouverture du marché des jeux en ligne. D'ici, je n'ai aucune idée si les médias généralistes français ont fait mention de l'évènement, mais j'espère que oui.

*****

Bon, ce tournoi de tennis... Il faut savoir que c'est un peu une seconde passion chez le Team Winamax, le tennis. La plupart des joueurs du Team tapent la balle régulièrement lors de leurs déplacements sur le circuit. En fait, c'est même devenu l'activité principale de Tallix, Manub, Nicolas Levi, Johny et les autres, plus que les fêtes en boîte et les strip-clubs : dès qu'ils ont sauté du tournoi de poker, on peut généralement les retrouver sur le court le lendemain. Et Vegas ne fait pas exception. Tous ont developpé un niveau correct ces deux dernières années. Moi-même, j'ai mon petit niveau, le tennis ayant fait partie de ma vie depuis l'âge de cinq ans jusqu'au collège à raison de deux entraînements par semaine, des tournois et rencontres inter-clubs un peu partout dans le Nord, etc. Mais c'était il y a longtemps, et depuis que 75% de ma vie est consacrée au poker, difficile de trouver le temps de s'adonner à mon ancienne passion.

La dernière fois que j'ai pu jouer, c'était à Vegas il y a an. J'avais perdu un set contre Nicolas Levi de manière assez humiliante, avec un score final de 7-5 alors que j'avais mené 5-2. Cette fois, nous étions tous convié pour un tournoi organisé par Stéphane Matheu (nouveau coach du Team) et Tim, ancien professionnel australien en charge des courts de tennis de l'hôtel Hilton.

Je suis content de vous annoncer que je ne m'en suis pas trop mal tiré. A ma grande surprise, les automatismes sont revenus assez rapidement et j'ai pris du plaisir presque immédiatement. Il s'agissait d'un tournoi par équipes – après trente minute d'entraînement destinées à nous evaluer, Tim et Stéphane ont constitué les paires. Je me suis retrouvé avec Xavier « Furax » Jacquet, un des Local Heroes de Winamax. Tout le monde était jaloux car Furax est apparemment le meilleur joueur de tennis du groupe de français s'affrontant régulièrement sur le circuit.

Et c'est vrai qu'avec Furax, mes défaillances techniques n'ont guère pesé dans la balance. Il sert merveilleusement fort, renvoie la balle avec précision, et sa volée n'est pas dégeu (un atout clé lorsqu'on joue en double). On a d'abord affronté la paire Johny / Manub, dont on s'est débarrassé rapidement sur un score de 6-2. Il faut dire que Manub s'obstinait à vouloir servir à 180 km/h, résultant en un taux de première balle d'environ 10%. Après, on a pris Nicolas Levi / Christophe Benzimra. Ce dernier m'a épaté en nous révélant qu'il était âgé de 48 ans. Je ne lui donnais pas plus de 40, vu son agilité sur le court. Nous avons justement eu un peu plus de difficultés sur ce match, Benzimra servant fort et avec constance. Score final : 6-4. Le troisième match de poule, joué contre deux vieux de Vegas invités au tournoi par Tim fut une formalité : 6-3 sans vraiment avoir à courir.

Avec Furax, on s'est donc retrouvé en finale contre les vainqueurs de l'autre poule. Une victoire nous assurait le titre, et le prize-pool de 300 dollars... Je vous ai pas dit, il y avait de l'argent en jeu, bien entendu. Nous faisions face à deux autres américains, mais des jeunes, cette fois. Tallix et Harper m'ont assuré qu'ils étaient prenables. Cette fois, c'est un vrai set de tennis que nous avons disputé, avec en face de bons serveurs développant une excellente stratégie de double. J'aimerais vous dire que nous avons gagné, mais hélas, quelques fautes impardonnables à la fin d'une rencontre hautement disputé nous ont forcé à abdiquer au tie-break.

J'étais à genoux après ces cinq sets enchaînés sans pause (avec 24 jeux gagnés sur 25 possibles), le manque d'exercice et le demi-paquet de cigarettes par jour faisant clairement sentir leurs effets. Mais je suis chaud bouillant pour remettre ça le plus souvent possible (et pourquoi pas reprendre les tournois en France ?). Je suis sur qu'avec un peu de motivation, je serai de retour sur pied en un rien de temps. Et l'avantage du sport, c'est qu'après avoir sué trois heures, je ne ressens aucune envie de fumer une clope pour le reste de la journée. D'autres parties sont prévues... On réfléchit même à l'organisation d'une coupe Davis France-USA. J'ai pas mal de collègues des médias amateurs de balle jaune.



Le clan des tennismen-pokeristes français, de gauche à droite : Hassan (le coach n°2), moi, Germain Gillard, Christophe Benzimra, Nicolas Levi, Alexia Portal, Manub, Jonhy001, Tallix, Furax, Stéphane Matheu, Harper, Yuestud, et Tim (le coach)

Le Day 17 sur Winamax

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Article nul à chier... Rien à foutre de vos parties de tennis devant la performance qui a eu lieu...

Un seul mot me vient à l'esprit de cet article : de la "MERDE"

Anonyme a dit…

T'es tout blanc Benjo! c'est sur que tu dois pas souvent voir le soleil vu le temps que tu passes en intérieur pour nous tenir au courant de tout le bastringue...

Matthieu a dit…

j'adore la robe d'Alexia "Suzanne Lenglen" Portal :)
BTw, y'aura d'autres bracelets tricolores cette année , il s'agira juste de rien rater :

Stefal a dit…

Arghhh...
j'aurai tant aimé ton billet sur cette finale!
Faute avouée ...

Benjo a dit…

Merci anonyme !

Pierre Salsac aka Pedro Pok a dit…

Cool ce petit défi tennis !!!

Si tu veux jouer au tennis sur Paris en septembre (date de ton installation, non ?) ça sera avec plaisir.

Je n'ai pas joué depuis 3 ans, mais je compte m'y remettre.

Pour info, avant d'arrêter j'étais 15/4 (j'ai joué de 6 ans à 32).

++