samedi 5 juin 2010

7 down, 43 to go

Day 7

Une journée calme pour conclure notre première semaine à l'intérieur de l'Amazon Room. Elle aurait pu être plus mouvementée, avec la première finale de l'été du Team Winamax. Mais, hélas, le deuxième bracelet de l'équipe n'allait pas se matérialiser après l'élimination de Nicolas Levi en cinquième place suite à un terrible bad-beat. La finale fut très rapide, une fois n'est pas coutume. Peut-être était-ce du au fait que tous les joueurs avaient démarré avec un tapis identique, et se sont donc immédiatement jeté dans la bataille. Mon ami anglais Neil Channing a joué de manière passive, et regardé ses adversaires s'éliminer un par un jusqu'à se retrouver en tête à tête avec un tapis huit fois inférieur à celui de son adversaire, se contentant au final d'une logique seconde place.

L'épreuve de midi (une boucherie en Pot Limit Hold'em) m'a interéssé juste assez longtemps pour croiser deux nouveaux arrivés dans le clan français, ElkY et Michel Leibgorin (tous deux ont sauté avant l'argent). Dans le Day 2 d'une autre boucherie, Phil Hellmuth a joué son rôle habituel (monteur de tapis et pleureuse professionnelle), se plaçant dans le top 5 parmi les 25 joueurs restants. Reste à savoir si l'homme aux onze bracelets peut se qualifier pour la finale, et ajouter une nouvelle breloque à sa collection. Je ne suis absolument pas fan de la décision d'Harrah's d'encombrer le programme des WSOP avec autant de tournois No Limit à petit buy-in (cette année, il y en a plus de treize), mais tant que des joueurs comme Praz Bansi et Phil Hellmuth arriveront à se démarquer des inconnus venus de nulle part, j'imagine qu'il n'y aura pas trop à se plaindre. La finale de l'épreuve de Deuce to Seven Triple Draw à 2,500$ n'a intéressé personne, se jouant sur le podium ESPN devant des gradins désertés, avec la victoire finale d'un obscur joueur hongrois.

Au fait, je me casse le cul tous les jours à actualiser la page des résultats des WSOP, alors vous seriez sympa d'aller y faire un tour. On y apprendra qu'au terme des sept premières épreuves, seulement trois joueurs français ont atteint une place payée. Ce qui ne veut rien dire, vu qu'aucun d'entre eux n'a joué le tournoi des croupiers, un seul a pris part au 50,000 dollars, et les fields sont tellement énormes dans les boucheries qu'il est difficile d'y faire un vrai résultat.

A 17 heures, le plus gros tournoi de l'année de cette variante morte qu'est le Stud a démarré au fond de l'Amazon Room, l'occasion de retrouver Freddie Ellis et Eric Drache, les deux personnages qui m'avaient donné l'histoire la plus intéressante à écrire lors des WSOP 2009. Me faire complimenter par Drache en personne sur l'article que j'avais écrit à l'époque avait été l'un des plus beaux témoignages de reconnaissance que j'ai pu recevoir durant ma carrière. David Benyamine était présent, et même si il n'a au final pas réussi à passer le premier tour, il pétait la forme durant ce Day 1, ça faisait plaisir à voir. Je n'en dirait pas plus, mais l'ami David semble tout à fait remis de sa rupture avec Erica Schoenberg, hé hé.

A minuit, la journée était pour ainsi dire terminée. C'est là que j'eus la riche idée d'aller trouver une partie de cash-game dans la Pavillion Room. Cette année, les limites minimum en No Limit sont passées de 2$/5$ à 1$/3$, rendant les parties beaucoup plus accessibles à mon budget, sans pour autant me permettre de jouer tout à fait confortablement. C'était en tout cas la toute première fois que je jouais au poker au Rio en cinq ans. Je me suis assis avec 300$, et une heure et demi plus tard, je me levais les mains vides. Vous connaissez la chanson, je l'ai déjà interprété à de nombreuses reprises chaque fois qu'il me prend de parler de poker à la première personne ici : la table était belle, les coups les plus extravagants se déroulaient sous mes yeux, et c'est en spectateur que je me contentais d'assister à cette démonstration de jetage d'argent par les fenêtres, perdant invariablement chacun des rares coups dans lesquels je m'engageais. Sur le dernier coup, j'engage les cinquante dollars qui me restent avec Ac-4c sur le flop Ah-4d-Qd. Mon adversaire possède Ad-8d et est donc légèrement favori avec son tirage à 15 cartes, plus les redraws sur le turn. Ce n'est pas demain la veille que je gagnerai un simili coin-flip en cash-game, et le turn apporte immédiatement un dix de carreau pour m'envoyer ruminer sur mon manque de chance. Bon, trois cents de dollars de pertes, ça fait mal à l'égo et au porte monnaie, mais ce n'est que de l'argent. Je retenterai ma chance plus tard. Je devrais bien finir par gagner un gros pot contre les idiots qui hantent les tables de la Pavillion Room.

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Je me suis enfin procuré l'autobiographie de Doyle Brunson, et je vous invite à en faire de même. S'il y a bien un joueur dont tout fan de poker devrait avoir envie d'entendre l'histoire, c'est bien Texas Dolly. Le vieux Doyle a tout connu, depuis l'époque les parties illégales et hautement dangeureuses du Texas jusqu'à l'explosion du poker international et les milliers de joueurs de l'Amazon Room. Il est le dernier joueur encore en vie a avoir participé à la toute première édition des WSOP. Je ne manque jamais de suivre de près la dernière des légendes lors de ses quelques apparitions sporadiques aux WSOP, car, chaque année pourrait être la dernière, malheureusement.

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De l'autre côté de l'autoroute I15, au Bellagio, Phil Laak est en plein milieu de sa tentative de battre le record de la partie de poker la plus longue jamais jouée (le record actuel est de 80 heures je crois) Mon collègue Spaceman est allé s'enquérir des progrès (et de la santé mentale) de l'homme à la capuche. A lire ici. Vous pouvez suivre la partie (du 10$/20$ NLHE en cash-game) grâce à un flux live.

Le Day 7 sur Winamax

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