vendredi 28 mai 2010

Vegas 101

Day 0

La journée d'avant le départ des WSOP : le calme avant la tempête, dit-on. Vraiment ? La notre fut dense et exaltante, surement l'une des meilleures journées que j'ai vécues à Vegas en six ans et douze voyages. J'ai fait faire à Harper un tour de la ville classique et classieux, digne de figurer au chapitre 1 des guides touristiques de Vegas. Au programme, les quatre mamelles de la ville du vice : shooping, dining, gambling, entertainment. Si jamais je perds mon job, je saurai vers quoi me reconvertir. N'oubliez pas le guide.

9 heures : A fond de cale sur l'autouroute 215 vers le nord. En dix minutes, nous sommes au Red Rock Casino (sortie Charleston). Petit déjeuner au buffet de cet établissement à l'ambiance attachante, calme et dépourvu de touristes excités, car se trouvant à des kilomètres du Strip. Dix dollars vous donnent droit à un accès illimité aux plateaux de saucisses, oeufs brouillés, omelettes, tranches de bacon, jambon, galettes de pomme de terre, donuts à la crème, croissants, et j'en passe. On a quand même pris un plateau de fruits pour se donner bonne conscience.



10 heures
: Charleston vers l'ouest, et sortie de la ville en passant à travers Summerlin, désertée par la crise immobilière. En quittant Vegas, on change de dimension. En entrant dans le Red Rock Canyon, le bruit et l'agitation font place à la nature, aux montagnes, et surtout au silence, un silence qui n'existe plus dans notre monde moderne. Cette année, j'ai directement acheté un abonnement à l'année. Trente dollars pour un accès illimité d'un an à cette merveille sauvage, c'est donné. On a fait un peu de randonnée à travers les roches rouges, manquant de se casser la gueule à plusieurs reprises. On a vu des gros lézards. On a touché les pierres pour se ressourcer en énergie mystique. On a tranquillement navigué à travers la boucle de vingt kilomètres en écoutant Radiohead et Gram Parsons. J'y retournerai aussi souvent que possible.

11 heures : Retour sur la 215 vers le sud. On sort sur Las Vegas Boulevard. Juste à gauche, deux de mes magasins préférés de Vegas : Fry's, supermarché géant de l'électronique, une FNAC grande comme trois supermarchés, et Border's, l'une des seules librairies de la ville. Au Fry's, on a essayé toutes les consoles en gueulant comme des gamins, on a trouvé quelques DVD sympas (Reanimator et la première saison de Breaking Bad en Blu-Ray), et acheté un téléphone pour Harper, qui est désormais muni d'un numéro de téléphone local.

Midi : Direction le Strip. On s'arrête au passage devant l'un des spots emblématiques de Vegas, classé officiellement monument historique : le panneau « Welcome To Fabulous Las Vegas, Nevada » planté devant le Mandalay Bay au milieu de la route. Une attraction qui attire tellement de visiteurs que l'office de tourisme y a finalement fait construire un parking l'année dernière. On fait la queue en compagnie des touristes, avant d'immortaliser notre présence sur la carte mémoire de l'appareil photo. Ça, c'est fait.



Midi et demie : Au Mandalay Bay. Tout au fond, la galerie marchande, et son Urban Outfitters, l'enseigne branchée à ne pas manquer. J'achète quelques t-shirts de bon goût, et le nouvel album de MGMT, que j'aime dès la première écoute dans la voiture, sans savoir expliquer pourquoi.

13 heures 30 : Au MGM. Je ne fréquente guère ce casino, mais je sais que c'est là qu'on y trouve les meilleurs taux pour échanger euros contre dollars. Moi, j'avais déjà mon cash en poche en atterrissant à Vegas, mais pas Harper, qui échange 1,800 euros à un taux meilleur que celui de ma banque. Dégouté, je le saurai pour la prochaine fois.

14 heures : On trouve immédiatement deux sièges libres en 1$/2$ No-Limit dans la salle de poker du MGM. Première fois que je joue ici. Première fois qu'Harper joue à Vegas. Il commande immédiatement un cocktail, et personne ne lui demande sa carte d'identité. Je bénéficie d'un rare coup de chance : deux Valets à tapis préflop contre deux As, le mec n'avait que cinquante blindes et je trouve un tableau 7-8-9-10. Plus tard, je trouve un flop 7-7-7 avec mon Roi-7 dépareillé limpé de petite blinde. Difficile de rentabiliser ce coup vu que personne n'a rien. Je check/call flop et turn contre un joueur plutôt finaud. Je checke un dernière fois la rivière, mais il checke aussi. Après, je manque tous mes flops pendant qu'Harper se prend des livraisons énormissimes, mais aussi un bad-beat contre un vieux qui ne comprenait strictement rien.

17 heures : On quitte la table en ayant gagné cent dollars chacun. On sort sur le Strip, passant au travers des touristes éberlués (nouvelle collection été 2010 : tongs/chaussettes, sac banane bleu fluo, polo rouge à rayures rentré dans le short beige, fine moustache et verre de cocktail géant à la main, je regrette de ne pas avoir pris de photo. On travers la rue pour aller au New-York New-York et ses faux gratte ciels, sa fausse Statue de la Liberté, et son faux pont de Brooklyn. On fait un tour de montagnes russes à quatorze dollars, et, en bons touristes gogos, on achète chacun une photo souvenir de notre tronches d'imbéciles heureux, la bouche grande ouverte et les yeux fermés.

17 heures 30 : Long détour par la salle de jeux d'arcades. On parie tour à tour sur le panier de basket, Guitar Hero, les zombies à dégommer au pistolet, et on donne une pièce à la diseuse de bonne aventure électronique, qui nous promet à tous deux un futur des plus brillants. Merci.

18 heures 30 : Retour à la villa. Pauly débarque, je ne l'ai pas vu depuis Phish à Miami, et l'on se raconte nos vies en fumant le calumet de la paix. Je lui raconte les cauchemars qui hantent chacune de mes nuits depuis un mois, et il m'offre une interprétation intéressante qui me donne à réfléchir.

21 heures 20 : Mandalay Bay encore. Pendant qu'Harper complète son tour d'horizon de la ville par la visite d'établissements de réputation douteuse, j'ai rendez-vous avec Diana, ma collègue préférée des WSOP 2009, qui a entre-temps quitté l'industrie du poker pour retourner en Oregon et prendre un vrai job de journaliste dans le quotidien local de son patelin d'enfance. Elle est en ville pour le week-end, PokerNews l'a rappelée pour une mission freelance. On a des tas de trucs à se raconter.

Une heure du mat : Au lit. Les WSOP nous attendent, et je suis prêt.

5 commentaires:

Matthieu a dit…

very nice post, ca donne envie de revenir vite...
t'as l'air en forme, ca va être une bonne année !

Anonyme a dit…

Bon courage, et merci de nous faire vivre Vegas...

Anonyme a dit…

Première fois qu'Harper joue à Vegas.

? pourtant on y était ensemble il y a deux ans... il n'avait pas joué ?

Guillaume a dit…

Tu te rappellerai par hasard du taux de change qu'il a eu ?
Ça pourrait m'intéresser de faire pareil...

Benjo a dit…

Si je me souviens bien, Harper a donné 1,850 euros et on lui a remis 2,250 dollars en échange, un truc dans le genre. Fais le calcul :)