lundi 17 mai 2010

En juin ce sera bien

Pas mon genre d'écrire des posts du genre « hé, je suis pas mort », mais là, plus de trois semaines sans rien écrire sur mon blog à moi, ça commence à faire beaucoup. Bon, je suis pas mort. Juste un peu débordé.

Oui, parce que j'aurais normalement du publier ici un petit compte-rendu de mon dernier tournoi, en l'occurrence la grande finale de l'EPT à Monte Carlo, c'était y'a deux semaines et ça me paraît déja très loin. J'aurais du écrire le truc habituel. Vous savez, une description à grans renforts du gigantisme de l'opération, de la majestueuse Salle des Étoiles et ses dizaines et dizaines de tables peuplées des meilleurs joueurs de poker du monde. J'aurais écrit deux ou trois réflexions à la va vite sur le vainqueur du tournoi, comme d'habitude un joueur d'une vingtaine d'années dont on avait jamais entendu parler, et que les prostituées s'arrachaient en boîte de nuit le soir même de son sacre, j'étais là, j'ai tout vu. J'aurais inséré quelques anecdotes amusantes glanées en salle de presse, une poignée de ragots sur qui couche avec qui, où qui ne couche plus avec qui parce qu'ils se sont engueulés sévère sous mes yeux le dernier soir, sur le dance-floor, tandis que le DJ passait Tonight It's Gonna Be a Good Night à fond les ballons. J'aurais énoncé d'un ton professoral quelques observations sur l'état de l'industrie, peut-être même une prédiction foireuse sur le futur du poker professionnel (« C'est le déclin qui s'amorce ! » ou « C'est reparti comme en 40 ! », l'un ou l'autre). Un petit coup de gueule sur la ville aussi, ça on y échapperait pas : le prix des consommations au bar, la vacuité des autochtones, la vulgarité sur laquelle est fondée le Rocher tout entier, et un petit couplet genre « Monte Carlo a beau être surpeuplée, on n'y trouvera aucune trace d'humanité ». Je vous raconterais aussi les quelques soirées amusantes passées avec mes amis vers la fin du tournoi, des récits où l'on a beaucoup dansé et un peu bu, ou l'inverse, et peut-être même que je lâcherais le morceau sur les quelques hurluberlus parmi mes confrères qui ont terminé leur séjour à poil dans la Méditerranée, hilares et éméchés à quatre heures du matin, avant de rentrer à l'hôtel dégoulinant de la tête aux pieds et hurlant dans un français fortement imprégné d'accent américain « j'ai nagé en Fwwwwance ». Et puis j'emballerais le tout avec quelques lignes sur le trajet du retour, le taxi fonçant sur l'autoroute à l'aube, l'enregistrement des bagages à l'aéroport, et un vol direct Nice-Lille sans histoires, mis à part quelques turbulences à la fin, car les nuages étaient très bas et quand l'avion eut finit de passer au travers, le sol n'était plus qu'à quelques centaines de mètres en bas, par de là le hublot, et l'on a tangué jusqu'à la dernière seconde, pour finalement se poser avec fracas. Bref, une semaine de plus à vivre poker, bouffer poker, et dormir poker. Ni mieux, ni pire que la précédente.

Mais non, je n'écrirai rien de tout cela, ha ha. J'ai essayé, mais j'ai pas le temps, et peut-être pas trop l'envie non plus, vu que je ne vois pas quoi raconter que je n'ai pas déjà raconté mille fois auparavant. Là, tout de suite, c'est boulot, boulot et encore boulot, plus que jamais, dans toutes les directions. Le Grand Prix de Paris à l'Aviation Club de France, où j'ai passé deux jours frénétiques avant de laisser Harper se débrouiller en solo. Le bouquin de Pauly, pour lequel j'ai à nouveau rongé sur mon temps de vacances, m'enfermant une semaine pour avancer le plus vite possible dans la traduction (ça, c'est en ce moment). Mon article sur le tournoi NAPT de Las Vegas a été publié dans le dernier numéro de 52 (celui avec le Devilfish en couverture), et le rédac-chef Jérôme Schmidt en a profité pour y adjoindre huit pages de ce blog écrites là-bas, ça fait plaisir, et le prochain numéro devrait voir figurer mon interview de Daniel Negreanu. Mon excellent confrère Shamus (auteur de l'indispensable blog Hard Boiled Poker) a demandé à moi ainsi qu'à quelques autres confrères mes opinions et attentes à propos des World Series of Poker : ce qu'on pense des nouveaux tournois au programme cetet année, nos souvenirs préférés des éditions précédentes, les enjeux politiques, etc, etc. Vous pouvez trouver le résultat de ce brainstorming collectif ici, et . Les WSOP, justement, ne quittent pas mon esprit, à une semaine du départ. Accréditations, logement, stratégie globale à planifier pour 55 jours de reportages : il y a foule de trucs à préparer. Et je serai mardi soir en direct sur la radio du Club Poker pour en parler.

Je vais passer ma dernière semaine en Europe à courir comme un dératé pour pouvoir tout boucler à temps. Le départ à Vegas ressemblerait presque à un départ en vacances. J-8 avant mon premier In-N-Out Burger de l'été...

Sinon, vous avez vu ? Annette Obrestad a quitté Betfair pour signer un nouveau contrat avec Full Tilt Poker. Les fidèles lecteurs que vous êtes surement l'avaient appris en septembre dernier, je vous l'avais annoncé en exclu, personne ne m'avait cru. Durant ces huit mois, j'ai eu tout loisir de passer pour un con avec mes infos bidons, et maudir ma source ultra confidentielle... Mais non, hé hé.

2 commentaires:

David a dit…

Tu arrives quand à Vegas ? On va sûrement se croiser, j'y serai du 22 au 26 avec quelques potes franco/canadiens... Si tu es là le mardi 25 et que tu veux venir passer une journée au Zion National Park fais-moi signe !

Sinon on se croisera peut-être en juillet, mais rien n'est encore sûr là-dessus...

psg boy a dit…

y a pas a chier Benjo... t'es vraiment la famille