mercredi 3 février 2010

Back to square one

Je déteste écrire, mais j'y suis accro. Et en ce moment, j'ai du mal à trouver une dose.

Où est passé le mois de janvier ? Mon journal de bord tenu quotidiennement connaît la réponse, précieux aide mémoire qu'il est. Sans lui, j'aurais du mal à suivre. Voyons voir : dix-huit jours à regarder des types jouer aux cartes. Des kilomètres de textes à l'intérêt limité, des heures et des heures à parler au micro. Trois avions (dont un vol transatlantique), six trains, trois hôtels. Six villes dans quatre pays. Une île déserte. Une demi-douzaine de soirées, dont une seule vraiment pas terrible. Au moins deux dont je me souviendrai. Plusieurs situations compliquées, une humeur changeante de minute en minute, une grosse désillusion, et pas mal de regrets, j'y reviendrai plus tard.

Et à la fin, j'ai pris le train vers Londres une dernière fois. Vidé les placards, rempli sacs de sports, valises et cartons. Mon père est arrivé en voiture et l'on s'est attelé à faire tenir toute ma vie dans le coffre. On y est arrivé de justesse. Des fringues, des livres, des disques et des films, quelques outils de travail. Pas grand chose, au final. Aucun meuble : je laisse le lit et le matelas qui seront collectés dans quelques jours par une œuvre de charité. Je garde des tas de souvenirs, la plupart dans ma tête, immatériels. Des visages et des endroits.

On a fermé le coffre, j'ai dit au revoir à Gab, et l'on est parti. On s'est arrêté au pub pour un dernier repas à l'anglaise (dans l'assiette : bangers and mash, bien sur), et l'on s'est mis en route. Il y avait des bouchons pour sortir de Londres, ça nous a pris deux heures pour arriver à Douvres et embarquer la plate-forme de ferroutage. On connaissait le chauffeur du train, alors on a rejoint le wagon de tête, s'incrustant dans la cabine, aux premières loges, l'observant manipuler ses instruments pour nous faire arriver à bon port.

Le ciel était gris à l'entrée du tunnel et l'était encore à la sortie. Une heure et demi plus tard, j'étais chez mes parents, où j'écris ces lignes confuses. Et c'est comme ça que deux ans de ma vie venaient de s'envoler. Le temps a filé si vite, et pourtant j'ai l'impression que c'était il y a une éternité que je débarquais avec ma valise à Clapham Common, emménageant dans une maison vide, dormant par terre les premiers jours, et prenant connaissance avec de nouveaux lieux et de nouvelles personnes. Une éternité parce qu'il s'est passé tellement de choses durant ces deux années. Si vite parce que, bien entendu, je n'ai l'impression d'en avoir vraiment profité. Trop tard pour les regrets : mon expérience londonienne est maintenant terminée.

Je n'avais pas envie de partir mais en même temps je n'avais pas vraiment le choix. Je suis du genre qui n'aime guère le changement, les habitudes bousculées. Surtout quand ce changement s'apparente à une régression. Difficile de quitter une capitale si diverse et cosmopolite, une ville où j'avais pris mes marques, pour retrouver un pays, le mien, certes, mais où je ne m'y retrouve plus vraiment, étroit et étriqué qu'il est. Pourtant, il avait été convenu dès le départ que mon expatriation serait temporaire, bien définie dans le temps. En fait, mon séjour aurait du être beaucoup plus court, si ce n'avait été à cause de la lenteur de la mise en place des divers processus législatifs permettant à mon activité de se développer en France.

Bref, comme disent mes amis joueurs de poker en Savoie, « pas le droit de se plaindre. » Place à la suite.

Nostalgie, tout de même, avec quelques vieux posts :

There will be light
Londoner
Guignol's Band
A domicile
London Milestone
Christmas Ramblings

6 commentaires:

kipik a dit…

gl benjo
difficile de dire qu'une nouvelle aventure commence puisque, finalement, c'est la même qui continue. De toute façon, france ou londres, qu'est-ce que ça change ? Nous autres, lecteurs, savons bien que tu es toujours entre entre un avion, un hôtel et un tournoi de plus ;)

Kof a dit…

GL for your new life,
et bien(re)venue en France !

Surtout ne t'arrête pas d'écrire.

FDX a dit…

Nostalgie quand tu nous tiens....
Une nouvelle vie t'attend!

Dr Spades a dit…

que de nostalgie ..
tu es si jeune, allez tout cela n'est qu'un début.

Eiffel a dit…

un bien beau billet, empreint d'une certaine tristesse... mais kipik a raison, ici ou ailleurs... combien de temps as-tu réellement passé à Londres ? :-D

Cosmic a dit…

Je pense la même chose quand je rentre dans mon pays . J'ai toujours cette impression d'évoluer dans un environnement sclérosé , au point mort .
Tout ceci est en fait le résultat d'un convervatisme social qui dure depuis des années , les français veulent du mouvement mais ne veulent surtout rien changer et surtout pas cette bonne vielle sécu qui est (malgrès des avantages certains) sans doute la clé de voute de l'ogre étatiste Français . En fait en France on joue tight , alors forcement on est souvent ITM mais on a rarement l'exaltation de la réussite .Le socialisme à la française et les syndicats bornés auront eu raison du dynamisme de ce pays .
Bon post sinon .