lundi 27 juillet 2009

Memory Lane

Je suis de retour à la maison. Notre avion s'est posé à Gatwick, dans l'après-midi de dimanche, avec quelques heures de retard. Je suis un peu perdu. Bizarre impression en se réveillant à Londres ce matin, après dix heures de sommeil. Je suis un peu perdu, maintenant que je n'ai plus à aller au Rio chaque matin. Mais ma liste de choses à faire cette semaine va me tenir largement occupé. Retourner au bureau, faire la lessive, trier plusieurs milliers de photos prises à Vegas, répondre au courrier en retard, faire les comptes, écrire un article pour le magazine LivePoker, etc, etc.

Pour ce dernier, je me suis replongé dans cinquante jours de reportage. Voici quelques uns des articles que j'ai pris plaisir à écrire durant les World Series of Poker, parmi les centaines que j'ai publiés...



La quarantaine joyeuse : Début du reportage
Coup d'envoi de l'épreuve anniversaire à 40,000$
21 champions du monde, zéro dollars de prize-pool : Le tournoi des vainqueurs WSOP
To have and have not : Une épreuve à 40,000$ contre une épreuve à 1,500$
Casting exceptionnel en finale du tournoi à 40,000$ : Greg Raymer, Ted Forrest, Isaac Haxton...
Red Carpet : Quarante d'histoire se rencontrent aux WSOP avec le tournoi des champions
Soren Kongsgaard : Un des élus de la rubrique "nos favoris pour les WSOP 2009"
Dinosaurs : Le Stud, une variante en voie de disparition ?
Interview - Jason Mercier : A la veille de sa finale (et de sa victoire) dans l'épreuve de PLO
It's OK to play rags : Deuce to Seven No-Limit
La tragédie de Mister Nice Guy : Un voyage dans le temps en compagnie de Thor Hansen et Eric Drache (un article publié à l'origine en anglais sur le blog de Pauly)
Le cirque ne s'arrête jamais : Ludovic Lacay va loin dans une épreuve de No-Limit, Phil Ivey remporte un bracelet... Une journée comme les autres aux WSOP
Gloubi Boulga : L'épreuve "Mixed Games" ou s'entremêlent huit variantes de poker
En petit comité : Dans la Miranda Room, le Day 2 de l'épreuve "Mixed"
Hand History : Un coup intéressant joué par Ludovic Lacay, analysé en détail par l'interessé
Trivia section : Quelques chiffres et statistiques après onze jours passés dans l'Amazon Room
Harrah's fait un flop : Cafouillage dans les hymnes nationaux après la victoire du finlandais Ville Wahlbeck
Un coup clé contre David "Raptor" Benefield : Une autre analyse détaillée d'un coup joué par Cuts
Interview - Nasr el Nasr : L'ami allemand du Team Winamax "deep" dans le Short-Handed à 2,500$
Ladies Event : Linda Hamilton remporte le titre féminin
Controverse : Plusieurs français au départ de l'épreuve Shoot-Out, dont un qui sera témoin d'un joli cafouillage
Une entrée remarquée : Après un séjour prolongé à Paris pour observer les épreuves à Roland Garros, Gus Hansen arrive enfin aux WSOP
Un mercredi soir comme les autres : La routine suit son cours durant la quinzième nuit des WSOP 2009
Interview - Antony Lellouche : A la veille de sa finale en Pot-Limit Omaha High-Low
Interview - Andy Black : A la veille de sa finale en Pot-Limit Omaha High-Low
Le grand jour : Départ de la finale de PLO High-Low
Le joyau de la couronne : Interview avec Roland de Wolfe, second vainqueur "Triple Crown" de l'histoire
Interview - Fabrice Soulier : Peu avant la finale de l'épreuve de HORSE à 1,500$
En rire, ou pas : Jennifer Harman dans l'épreuve de Limit Hold'em à 10,000$
Belle journée pour le Team Winamax : Interview croisée d'Almira, Johny, Tallix et Manub
Media shy : Un joueur remporte un bracelet et refuse en bloc toute la médiatisation qui vient avec
Team Winamax, puissance 2 : Interview avec Almira et Tallix, aux portes de la finale dans l'épreuve 39
Deux joueurs du Team Winamax en finale des WSOP : Almira et Tallix réunis sur le podium ESPN
Bravo Tall et Almira ! : Septième place pour ChessBaby, cinquième place pour mon collocataire
Commotion dans la Brasilia Room : "Miami" John Cernuto s'écroule au beau milieu de l'épreuve de Razz
Comme on a dit ! : Davidi Kitai atteint la finale du Pot-Limit Hold'em à 10,000$
Comme un air de déjà vu : Un an plus tard, presque jour pour jour, Davidi est de retour sur le podium ESPN
HORSE 50,000$ : démarrage poussif : L'épreuve la plus chère des WSOP n'attire pas les foules
Découvrez Mathieu Jacqmin : les finales françaises s'accumulent - ici, une révélation parisienne termine en troisième place d'une épreuve de PLO
Interview - Patrick Bueno : déjà finaliste en 2008, "Kinder" est chip-leader des français au terme du Day 2
Interview - Patrick Bruel : La dernière "recrue" en date du Team Winamax perfe lors de ses premiers tournois joués aux couleurs du Team
Une écurie pur-sang : Analyse du casting de la table finale du HORSE à 50,000$

Main Event

Cry the Last Dance : Départ du dernier tournoi des WSOP 2009, le plus gros de tous
American Dream : Le Day 1B coincide avec l'anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis
Freak Show : Comme chaque année, l'extravagant Phil Hellmuth fait une entrée remarquée aux WSOP
Live ! Tonight ! Sold Out ! : Pour la première fois dans l'histoire du Main Event, les organisateurs ont refusé du monde à l'entrée
"Je suis désolé... Nous sommes désolés." : Jeffrey Pollack tente d'expliquer ce qu'il se passe devant une assemblée de joueurs furieux
Deux interviews exclusives : Un titre trompeur !
Characters : Portraits de Bobby Baldwin et Dennis Philips
La montée en puissance des français : Interview "Alain Delon" de Cuts, qui figure avec ElkY parmi les chip-leaders au terme du Day 3
12 mains en 120 minutes : Minute par minute, le récit haut en couleur de la bulle du Main Event
Second souffle : La fin des WSOP 2009 approche...
Baptême réussi : Antoine Dugast, l'un des nombreux français payés lors du Main Event
The Biggest Game in Town : Cuts joue des coups difficile à une table remplie de grands noms du poker
Trois joueurs Winamax passent le cinquième tour : Interviews avec Julien Brécard, Ludovic Lacay et Loic Degrou
Catching up : Le Main Event le plus enthousiasmant de l'histoire côté français
Fin de règne : L'Amazon Room se vide petit à petit après six semaines d'activité non-stop
Copycat : Cuts et Yuestud jouent la même main simultanément... Pour des résultats différents
Quatre français passent le sixième tour : Il ne reste plus que 64 joueurs et les chances françaises n'ont jamais été aussi bonnes
Cuts en demi-finales : Vidéo
Cuts : 16ème sur 6,494 ! : Un joueur du Team Winamax atteint les deux dernières tables du plus gros tournoi du monde
Interview vidéo - Antoine Saout : Réalisée quelques minutes après la fin de la partie, la toute première interview d'Antoine Saout, deuxième finaliste français de l'histoire du Main Event
Conclusion (provisoire) de toute beauté : Le Main Event s'arrête jusqu'en novembre. En finale, un français, et le meilleur joueur du monde
Day 50 : Mon dernier article de l'été !

Et il y a aussi la page des résultats, et la galerie (encore incomplète), et mon article sur ElkY pour Bluff Magazine, pas encore disponible en ligne, mais ça ne saurait tarder. Les archives complètes de mon reportage sont consultables ici.

mercredi 22 juillet 2009

Take my breath away

Pour rejoindre Los Angeles depuis San Francisco, pas question d'emprunter l'autoroute traversant la Californie en diagonale. Certes, c'est le moyen le plus rapide de connecter ces deux villes diamétralement opposées (que ce soit au niveau de la distance, du paysage, du style de vie et de l'ambiance générale). Mais il n'y a qu'un seul moyen de vraiment apprécier le trajet de 700 kilomètres : prendre son temps, et la mythique Paficic Coast Highway, vous garantissant un voyage magnifique, avec l'océan Pacifique s'étalant dans toute sa splendeur sur votre droite durant l'intégralité de la ballade. Ça monte, ça descend, ça serpente, et l'on a envie de s'arrêter toutes les cinq minutes pour observer le paysage. Chose qu'il ne faut surtout pas se priver de faire.

Liste non exhaustive des choses vues/vécues durant ce voyage de deux jours :

- Un arrêt impromptu au beau milieu de la Silicon Valley au bout d'une heure de route. Comme un idiot, j'avais confondu la Highway 101 avec la Highway 1. On allait dans la bonne direction, mais pas sur la bonne route. Quand je m'en suis rendu compte, on était à Santa Clara. On a pris le petit dej' au pied des bureaux de Yahoo, AMD et MacAffee. Un plaisir de geek. Un peu plus tard, on traversait Cuppertino, berceau de la firme Apple.

- Les retrouvailles avec la côte en arrivant à Santa Cruz, merveilleuse petite cité de surfeurs. La plage est à tomber par terre. On avait pas de serviette de plage. Et on en a jamais trouvé en deux heures de recherche. On a donc continué notre chemin. Sans pouvoir se foutre à l'eau. Avis aux futurs visiteurs de Santa Cruz, donc : prévoyez l'équipement adéquat.





- Les falaises de Big Sur, après Monterey : spectaculaire. Je comprends pourquoi Hunter Thompson et toute une ribambelle d'écrivains y ont posé leurs bagages à un moment ou un autre de leur vie : l'endroit offre une sérénité propice à l'inspiration. On y a vu que quelques maisons : leurs habitants doivent probablement faire leurs provisions une fois par mois à cent kilomètres de là, car il n'y avait pas de commerce, aucune ville, aucun signe de vie observé durant deux heures de trajet.







- La station balnéaire de Pismo Beach, où l'on s'est arrêté pour dormir, à mi-chemin, donc. C'était un peu mort mais très coquet. On a trouvé un bar avec un groupe qui jouait des reprises de Dire Straits. On était les seuls clients ne faisant pas partie de la famille et des amis du dit-groupe. Le lendemain, je me suis levé tôt pour aller me baigner, mais il faisait un froid de canard.

- Durant la deuxième moitié du trajet, passage par beaucoup de villes quasi-fantômes, au décor n'ayant pas bougé depuis les années 50, voire même plus. On se serait cru dans Deadwood, parfois.



- Dernier arrêt sur la Pacific Highway : Santa Barbara, où l'on a fait un somme sur une plage déserte avant de foncer vers notre dernière destination avant le retour à Vegas (où nous attend le vol Virgin en direction de Londres) J'écrirai mon prochain article depuis la maison...

mardi 21 juillet 2009

You'll never ever want to turn back



Après les parcs nationaux commençait la partie urbaine de notre road-trip, et la réalisation d'un vieux rêve... la visite de San Francisco. Une ville qui a toujours occupé une place de choix dans mon imagination. Ma fascination pour Frisco a été nourrie depuis tout petit par des films du genre Vertigo, les bouquins et reportages d'Hunter Thompson, quantité de chansons depuis le « Summer of Love » jusqu'à aujourd'hui, et même des jeux vidéos comme GTA : San Andreas ou Flight Unlimited 2 (les trois d'entre vous qui ont joué à ce simulateur de vol durant la fin des années 90 sauront de quoi je parle)

La prison d'Alcatraz, le pont du Golden Gate, les maisons Victoriennes, les rues qui n'en finissent pas de monter est descendre, les tramways tirés par cable : j'allais enfin pouvoir me projeter dans ce décor que je n'avais jusque là qu'imaginé à distance.

Obsessionnel que je suis, j'avais insisté pour que l'on fasse le détour par Berkeley pour arriver à Frisco par l'entrée nord, et ainsi faire notre grande arrivée triomphale par le Golden Gate. Hélàs, je me suis réveillé en sursaut au moment où Tallix me demandait si c'était là qu'il fallait sortir. « Oui, vas-y, c'est là », dis-je en ouvrant à moitié les yeux. Plantage total, j'avais dirigé Tallix vers l'entrée naturelle pour les voyageurs venant de l'est, c'est à dire le Bay Bridge. Il était sept heures du soir, le soleil commençait à se coucher. On pouvait apercevoir à l'horizon les gratte-ciel du centre ville, et je tenais à mon entrée cinématographique. « Sors à la prochaine, on se démerdera », que je lui ordonne tandis que l'on arrivait vers le péage du Bay Bridge. Encore une mauvaise idée. On se retrouve au milieu de nulle part, au bord du port de la ville d'à côté, Oakland. Il me faut deux minutes pour comprendre qu'on vient de débarquer dans le coin le plus pourri de la ville. Dealers et camés à tous les carrefours. C'était comme dans The Wire : les vendeurs étaient en jean et t-shirt blanc descendant jusqu'aux genoux, et les camés marchaient de travers en parlant tout seul. Une nana a même crié « Cops !! » en voyant passer notre Chevrolet au ralenti, vitre baissées. Bah non. On cherchait notre route, pas une arrestation facile.



Finalement, on a jamais retrouvé l'autoroute de Berkeley, et on a du se contenter du Bay Bridge et d'une entrée par l'est. Pas grave, la vue était quand même spectaculaire. Le brouillard enveloppait la ville, seuls les plus hauts buildings étaient visibles, méritant pour le coup leur appellation de « gratte-ciel. » Évidemment, une fois sorti de l'autoroute, on s'est perdus immédiatement – conduire à Frisco est un véritable challenge, avec plus de la moitié des rues en sens unique, des chauffeurs énervés et des genre de bus-tramway à tous les coins de rue (je sais pas comment ça s'appelle, ces bus reliés électriquement à des câbles suspendus)

On s'arrête. Pendant le trajet, j'avais sélectionné dans le guide six hôtels qui me semblaient sympas. Nous sommes samedi soir, et j'entends six fois la même réponse : nous sommes complets. Bordel de merde, je me dis, je vais appeler l'hôtel le plus cher, eux ils auront quelque chose de libre. Bingo, le Ritz-Carlton a une chambre disponible immédiatement, bien moins chère que le prix indiqué dans le bouquin (mais qui m'a quand même couté un bras).

On sort faire un tour à pied, et même débarrassé de la voiture, mon sens de l'orientation pourtant légendaire me fait défaut. Je ne comprends rien à la carte, et on fait un détour énorme pour trouver le port. Première constatation : la différence de température. Entourée d'eau sur trois côtés, San Francisco ne possède pas le climat californien typique, et ne semble véritablement ensoleillée que quelques heures par jour, soumise qu'elle est aux vents et courants de la Baie et de l'Océan Pacifique.

Notre objectif principal était bien sur de voir ce putain de pont de près. Plus difficile qu'il n'y paraît. Le premier soir, on a marché des heures le long des quais pour finalement faire chou blanc : s'il semble que le Golden Gate est éclairé de nuit, la brume empêche de voir quoi que ce soit. Le lendemain, on allait se rendre compte que c'est le cas la majeure partie de la journée, quand le chauffeur a éclaté de rire après qu'on lui ait demandé de nous conduire au pont. Il était trois heures de l'après-midi, et en effet, on ne voyait strictement rien. Quel est le con qui a fait sauter le pont ? Me disais-je en nous engageant sur la voie piétonne, parce que bon, maintenant qu'on est là, autant y aller, on a rien d'autre à faire. Et puis, miracle : cinq minutes plus tard, la brume était complètement dissipée, et l'on voyait apparaître le centre-ville au loin, l'île d'Alcatraz, et l'autre bout du pont, à deux kilomètres de là. Et comme ça, tout de suite, tout était parfait, il n'y avait rien d'autre à ajouter, juste une grimace stupide aux lèvres, heureux d'être là au bon endroit et au bon moment. Ouf. Il s'en était fallu de peu pour que le plus beau moment de ma vie soit gâché. OK, peut-être pas le plus beau, mais au moins dans le top 10.



La fameuse "skyline" de San Francisco, vue depuis le Golden Gate. On a aperçoit au fond la pointe de la pyramide Transamerica. Frisco est composée de plusieurs collines : une ballade en voiture dans ses rues se résume à une série de montées et descentes abruptes



Il fallait bien qu'on essaie les "Cable Cars", ces tramways obsolètes ne transportant plus que les touristes. Seules quelques lignes sont encore actives en centre-ville. Pour un plaisir maximal, il convient de rester debout sur le côté du véhicule, accroché au poteau, et d'observer le conducteur piler comme un malade (bonjour le crissement) pour éviter la collision aux carrefours.



Autre spectacle architectural emblématique de San Francisco : les maisons Victoriennes, pour la plupart entretenues avec soin par leur propriétaire. J'ai eu un intéressant débat avec Tallix au sujet du prix des loyers, soutenant que ces maisons étaient surement beaucoup plus chères qu'à Londres, de par leur localisation, leur importance historique et culturelle, etc. D'après la bonne femme qui promenait son chien dans le quartier, un studio (une seule chambre, donc) tourne autour de 2,000$ par mois, 1,500$ pour quelque chose de très petit. A peu près en adéquation avec un studio-placard à Notting Hill (1,000£)



Je me suis toujours demandé pourquoi les touristes (y compris votre serviteur) tenaient tant à marcher des heures pour prendre en photo un monument/tableau/bâtiment alors qu'ils pourraient se contenter de faire une recherche de cinq secondes sur Google pour trouver un cliché qui sera sans aucun doute bien meilleur. On a parcouru la moitié de la ville à pied pour trouver le Square d'Alamo, mais cela valait le coup : j'ai pu reproduire à l'identique l'une des plus célèbres cartes postales du monde.



Visite incontournable : le quartier d'Haight/Asbury, berceau de la contre-culture et de la révolution hippie des années 60. Certains y sont encore à l'heure qu'il est, toujours pas remis de leur premier trip d'acide. Les touristes se mêlent sans sourciller au clodos, marginaux, punks, anarchistes, hippies de tous âges squattant la rue principale du quartier. Ca m'a rappelé Camden Town à Londres : coloré, animé, et riche en commerces de toutes sortes. Des dealers habillés comme des dealers (on les reconnait à leur T-shirt blanc qui leur tombe jusqu'aux genous) nous ont proposé deux fois de l'herbe. On a refusé, se contentant des enseignes traditionnelles : une librairie où j'ai soigneusement suivi toutes les recommandations de la fille derrière le comptoir, repartant avec un kilo de bouquins que je ne lirai probablement pas avant 2012, et surtout Amoeba Music, un gigantesque disquaire indépendant où l'on trouvera absolument tout ce que l'on cherche : CD, DVDs, Vinyls, T-Shirts, affiches de concerts, disque pirates, et même vieilles VHS et cassettes audio. Le rayon import était très fourni, avec six bacs rien que pour la musique française. Si ce n'était pour un manque de place dans les bagages, j'aurais pu aisément compéter ma collection de 33 tours d'Elvis Costello et Led Zeppelin.



Le Golden Gate Park est situé au bout de Haight/Asbury. Pas étonnant, donc, qu'on y ait rencontré autant de hippies et de punks à chien. Le parc est gigantesque. Tous un tas d'activités sportives y sont disponibles : tennis, football, soccer, handball...



... de même qu'un superbe jardin japonais, où nous avons pris le thé en compagnie de... Stéphane Bazin et sa compagne. Quelles étaient les côtes pour que l'on tombe sur un joueur de poker français à 650 kilomètres de Vegas, et 8,000 kilomètres de la France ?





Le Golden Gate Bridge tel que l'on pouvait l'observer à notre arrivée devant celui-ci. On a cru qu'on arriverait jamais à le voir, mais finalement, la brume s'est dissipée en dix minutes, comme dans un rêve. "On run good", a dit Tallix.



Autre victime de notre improvisation : la visite de la mythique prison de l'île d'Alcatraz. Tout est complet plusieurs jours à l'avance. On aurait du s'y prendre plus tôt. Dommage, j'ai vu dix fois le film avec Clint Eastwood.





La mairie de San Francisco




36 heures, c'est bien peu pour découvrir une telle ville. Bien entendu que si cela était possible, je resterais six mois. Mais non. En attendant de devenir prof de français à l'université de Berkeley, départ dans la matinée de lundi pour deux jours de conduite vers le sud, sur légendaire autouroute du Pacifique. Kilomètres parcourus à San Francisco : zéro, mais on a marché une bonne vingtaine de kilomètres.

lundi 20 juillet 2009

In Heaven everything is fine



Des lacs, des rivières, des montagnes, des arbres, des cascades, de la neige, du sable, des rochers, des vastes prairies, du soleil, des précipices, des falaises, des ours, lions, cerfs, écureuils et lézards en liberté. Le Parc Yosémite, c'est tout cela à la fois, sur plus de trois mille kilomètres carré. Un Jardin d'Eden sur la terre.













Notez Tallix qui s'est porté volontaire pour servir d'échelle



























Le parc contient trois des plus hautes cascades du monde. Je ne sais pas si celle qu'on a approchée en fait partie, mais toujours est-il que pour y accéder, il faut d'avoir se livrer à un périlleux exercice d'escalade en amateur, sautant de rocher en rocher, les mêmes rochers qui se sont détachés de la montagne au cours de siècles d'érosion



Oui, il y avait du monde, mais pas le droit de se plaindre : on faisait partie du troupeau



Une bonne giclée d'air et d'eau fraiche



Un mois ne suffirait pas à explorer le parc dans tous ses recoins. On ne disposait que d'une demi-journée, mais j'y reviendrai...



Prochaine destination :



Distance parcourue en deux jours : 750 miles, soit 1,200 kilomètres

dimanche 19 juillet 2009

Dante's Inferno



Et voilà donc ma partie favorite de l'été : les vacances post-WSOP autour de Vegas, en passe de devenir une tradition annuelle. En 2007, après avoir couvert les championnats du monde pour la première fois en entier, mon vol retour vers l'Europe était programmé le lendemain de la finale. Un peu frustré à l'idée de n'avoir rien vu d'autre des USA que l'intérieur de l'Amazon Room, j'avais décidé en dernier minute de le retarder d'une semaine. J'ai squatté l'appartement de mon pote Ed, et visité Los Angeles le temps d'un week-end mémorable. L'année suivante, j'étais resté deux jours de plus avec Tallix, le temps de conduire jusqu'en Utah pour visiter les extraordinaires parcs nationaux de Zion et Bryce Canyon. Cette fois, je me suis donné huit jours pour explorer la Californie, toujours en compagnie de Tallix. Un compagnon de route idéal, patient et motivé, et aussi à l'hygiène impeccable. Je vous le conseille fortement pour tous vos départs en vacances, séminaires, fêtes, banquets, etc.

Ce n'était pas une très bonne idée de rester debout jusqu'à cinq heures du matin le jour du départ, sachant que l'on allait passer la majeure journée à conduire. Mais je ne pouvais décemment pas manquer la dernière fête organisée à la villa de PokerListings, parce que c'était la chance de dire au revoir à pas mal de monde, et que je n'avais pas eu beaucoup de chances de faire la fête durant ces sept semaines.

Après, passage par l'agence de location de voiture, avec deux objectifs : inscrire Tallix comme conducteur secondaire (l'année dernière, il m'avait laissé conduire seul, ayant perdu son permis), et obtenir un véhicule plus puissante, n'ayant guère envie de conduire 3,000 bornes avec une Nissan au moteur qui hurle dès que l'on dépasse le 60 kilomètres/heure. La fille derrière le comptoir est on ne peut plus serviable, et nous loue une grosse Chevrolet rouge au même tarif que la bouse sus-citée.

Une heure plus tard, et Vegas n'est plus qu'un lointain souvenir. Le désert nous tend les bras à perte du vue. Si l'on va passer plus tard par les deux plus grosses villes de Californie, la première partie de notre voyage sera surtout une exploration de l'Amérique sauvage qui, on a tendance à l'oublier, constitue encore la majeure partie du territoire. Des centaines de kilomètres de vide, avec rien d'autre à admirer que les montagnes et le désert, faisant de la conduite en voiture non pas une nécessité, mais un plaisir constant. La radio bombarde les meilleurs hits Hard FM des années 80 : Journey, Poison, Bon Jovi, Motley Crue... Une sono parfaite pour ce petit bout de route à travers le rêve américain.

On passe non loin de la Zone 51, base militaire ultra-secrète qui a fait fantasmer tant de scénaristes de science-fiction (on est pas loin de Roswell, lieu du supposé crash extraterrestre favori de Jacques Pradel). Dernière ville avant de passer la frontière de l'Etat, et quitter le Nevada en direction du nord-ouest : Beatty. L'une de ces nombreuses micro-villes plutôt désolantes ne justifiant leur existence que par le passage des voyageurs. Dieu qu'ils doivent s'emmerder, les habitants du coin. Deux ou trois stations services, un poignée de restos-route, une boutique de souvenirs, et, si vous êtes chanceux, un bar. Les bâtiments n'ont semble t-il pas changé depuis leur construction au début du siècle précédent.

L'entrée dans Death Valley est spectaculaire, déjà vue dans des dizaines de films. Une route unique et rectiligne qui descend à perte de vue devant vous. Autour, rien. A l'horizon, les montagnes ceinturant la vallée, devenu officiellement un parc national protégé en 1994, le plus vaste des États-Unis – hors Alaska – avec ses 3,3 millions d'acres. C'est le guide posé sur mes genoux qui précise.



La Vallée de la Mort porte bien son nom... Surnommée ainsi par les chercheurs d'or du 19ème siècle cherchant à rejoindre les mines de Californie, nombre d'entre eux ayant péri au cours de leur traversée, la gigantesque vallée est tout simplement l'un des endroits les plus inhospitaliers de la planète, avec ses températures glaciales l'hiver, et sa chaleur insoutenable l'été. S'y aventurer au beau milieu du mois de juillet s'apparente à un exercice de masochisme de haute voltige. Et encore, on dispose de la climatisation, contrairement aux prospecteurs d'or.

Ainsi, la traversée du parc s'apparente à une longue descente aux enfers, le thermomètre de la voiture augmentant degré par degré tandis que l'on s'enfonce un peu plus au dessous du niveau de la mer. Au plus bas – moins 90 mètres – la température à culminé à 125 degrés Farenheit. Soit 51 degrés Celsius !! S'aventurer hors du confort de la voiture revenait à prendre le risque d'avoir les yeux qui brûlent, les poumons envahis d'air chaud, et la sueur vous sortir rapidement par tous les pores. Je me sentais comme Clint Eastwood en train de crever au milieu du désert dans Le Bon, La Brute et Le Truand, laissé pour mort par cet enfoiré d'Eli Wallach.



Et pourtant, certains sont assez fous pour défier les lois de la nature. En témoigne cet hôtel de luxe planté au beau milieu de la vallée, complet avec piscine olympique, parcours de golf et terrains de tennis. Mais, pas folle la guêpe, l'établissement est fermé durant la saison la plus chaude de l'année.

Le paysage s'étend à perte de vue, océan de désolation, aride, dur, sans pitié. Tout dans les tons blanc/gris/marron. Le vert et le bleu sont absents. Comme le dit le guide, c'est sans doute à cela que ressemblait la terre des millions d'années avant qu'elle ne soit habitée. Le fait que nous soyons seuls, ou presque, au beau milieu du cratère aide à renforcer cette impression d'avoir débarqué sur une autre planète. Une planète inhabitable, inquiétante.



J'aurais bien aimé jeter un oeil à l'une des villes fantômes laissées intactes à l'abandon à la fin de la ruée vers l'or, mais le parc est gigantesque, et le détour nous couterait un temps précieux. On s'arrêter pour observer Zabriskie Point (des montagnes jaunâtre faites de boue séchée), apparemment), puis « Arist Drive » au paysage lunaire, et les dunes de sable (en fait, du quartz), nous donnant vraiment l'impression d'être au beau milieu du désert du Sahara. Dix minutes à peine au soleil, et l'on cuit, revenant vers la voiture d'un pas pressé, tandis que l'eau à l'intérieur de la bouteille est déjà bouillante.

La clim' fait tomber la jauge d'essence à toute vitesse, et si ce n'est pour la station service intelligemment installée au beau milieu de la vallée, je crois bien qu'on serait tombé en panne. Le moteur chauffe, aussi, et la bagnole montre des signes de fatigue : on est obligé de couper la clim' et ralentir, le temps de quitter le parc et voir la température tomber à un niveau plus raisonnable.

Hors de la vallée, la nature reprend vite ses droits, et l'on retrouve le vent et les arbres. On s'arrête à une taverne pour se désaltérer, et, comme l'on va s'en rendre compte très vite, toutes les auberges de la Californie rurale sont décorées d'un maximum de trophées de chasse empaillés : ours, élans, cerfs, poissons si l'on est près d'un lac, etc. C'est qu'on est loin du glamour de LA et des hippies de San Francisco. Après un somme, je reprend le volant, avec l'intention de conduire 300 kilomètres de plus vers le nord pour atteindre le parc Yosémite, que l'on pourra ainsi visiter toute la journée du lendemain.

Le paysage est toujours aussi beau, la route toujours aussi déserte, et la nuit est tombée quand l'on arrive à Lee Vining, ville-motel posée en bordure du Yosémite. C'est là que je me rends compte de plusieurs paramètres que j'avais totalement négligés jusque là, faute de temps pour préparer le voyage durant les WSOP :

- La saison touristique bat son plein en ce mois de juillet.
- Pire, le week-end commence.
- Tous les hôtels et motels sont complets, affichant tous un désesperant néon "No Vacancy" à leur porte.
- Et, comme le guide me l'apprend (j'aurais peut-être du le lire plus tôt), le parc Yosémite est l'un des parcs les plus populaires des USA (forcément, c'est le plus beau), et sera plein à craquer ce week-end, rendant la visite peu agréable. Il paraît même que les rangers ferment l'accès une fois la capacité maximale atteinte.

Ah oui, quand même. Un peu paniqués (mais pas trop, c'est les vacances après tout, si le plan se déroule sans accroc, c'est pas marrant), on fait demi-tour, et on chatte rapidement en trouvant un hôtel pas encore complet, au bord d'un lac. C'est d'ici, depuis un petit chalet en bois loué pour la nuit, que je termine cette note, tandis que des centaines de papillons de nuit tambourinent à la porte, attirés par la lumière des réverbères. Le wifi est inexistant, de même que le réseau cellulaire. On repart à l'aube dimanche.

Les étoiles ont envahi le ciel, je suis épuisé, mais le bruit des jetons qui s'entrechoque a cessé de résonner dans ma tête.

Distance parcourue lors de ce premier jour de voyage : 454 miles, soit environ 730 kilomètres.

Photos bonus