vendredi 27 février 2009

Bill Hicks day


16/12/1961 - 26/02/1994

J'allume une clope... Pour le comique préféré des aigris, des pessismistes et des dépressifs. Le meilleur de tous. Bill Hicks est parti il y a quinze ans, tué par le cancer à 32 ans seulement. Avec Bill Hicks, on se poile en parlant de trucs sérieux qui foutent le cafard.

"I don't mean to sound bitter, cold, or cruel, but I am, so that's how it comes out."

"I smoke. If this bothers anyone, I suggest you look around at the world in which we live and shut your fuckin' mouth."

"It's always funny until someone gets hurt. Then it's just hilarious."

"People suck, and that's my contention. I can prove it on a scratch of paper with a pen. Give me a fucking Etch-a-sketch, I'll do it in three minutes. The proof, the fact, the factorum. I'll show my work, case closed. I'm tired of this back-slapping "aren't humanity neat ?" bullshit. We're a virus with shoes, okay ? That's all we are. "

"People come up to me and say, "What's wrong ?" "Nothing." "Well, it takes more energy to frown than it does to smile." "Yeah, you know it takes more energy to point that out than it does to leave me alone ?"

"You know we armed Iraq. I wondered about that too, you know. During the Persian Gulf war, those intelligence reports would come out: "Iraq: incredible weapons — incredible weapons." "How do you know that ?" "Uh, well... we looked at the receipts."

"I'm so sick of arming the world, then sending troops over to destroy the fucking arms, you know what I mean ? We keep arming these little countries, then we go and blow the shit out of them. We're like the bullies of the world, y'know. We're like Jack Palance in the movie Shane, throwing the pistol at the sheepherder's feet."

"You ever notice that everyone who believes in creationism looks really unevolved? Eyes real close together, big furry hands and feet. "I believe God created me in one day." Yeah, it looks like he rushed it."

"Here is my final point. About drugs, about alcohol, about pornography and smoking and everything else. What business is it of yours what I do, read, buy, see, say, think, who I fuck, what I take into my body - as long as I do not harm another human being on this planet ?"

"Did you know that every time a guy comes, he comes 200 million sperm? Did you know that? And you mean to tell me you think your child is special ? Because one out of 200 million sperm connected . . . that load ? Gee, what are the fucking odds? Do you know what that means ? I have wiped entire civilizations off of my chest, with a grey gym sock. That is special. Entire nations have flaked and crusted in the hair around my navel. That is special. And I want you to think about that, you two-egg-carrying beings out there with that holier-than-thou, we-have-the-gift-of-life attitude. I have tossed universes, in my underpants, while napping. That is special."

***
Liens :

Wikipedia
Citations
Youtube
Un recueil
Une bio
Un DVD

mardi 17 février 2009

Copenhague

Bon, assez des posts en anglais que personne ne comprend, on reprend dans la langue maternelle pour un de ces articles vite torchés, bien baclés rédigés en vitesse le matin du tournoi. Je suis arrivé en capitale danoise. Copenhague... une ville que j'avais pas trop aimé l'année dernière. Je n'étais pas sorti de l'hôtel et avais passé la semaine à couvrir l'EPT le plus chiant de tous les temps. Voyons s'il va en être autrement cette fois-ci.

J'ai quitté Clapham à l'aube lundi pour me rendre à l'aéroport de London City, un aéroport très facile d'accès puisque, comme son nom l'indique, il est situé au beau milieu de la ville, sur les rives de la Tamise à l'est de Londres. Un changement de métro et quarante-cinq minutes me suffisent pour arriver au bâtiment. Ah, si tous mes voyages en avion pouvaient se dérouler de manière aussi fluide... Il n'y a pas plus pratique, comme aéroport. Le comptoir d'enregistrement se trouve à deux minutes de marche de la sortie du métro (avec un Starbucks entre les deux, parfait), le passage à la fouille est expédié en cinq minutes, et la porte d'embarquement vous attend juste derrière, au bout d'un petit couloir. Dans le sas, je retrouve une partie du gang londonien de PokerStars : Simon, l'ex-journaliste du tabloid The Sun devenu responsable des bloggeurs PS, Neil le photographe, et Marc, l'assistant de Madeleine. Je ne suis pas trop rassuré en voyant l'engin censé nous emmener jusqu'au Danemark : un coucou à hélice, comme dans le bon vieux temps, pouvant contenir à peine cinquante passagers. Mais les deux heures de vol se passent sans problème et l'on atterrit à bon (aéro)port en début d'après-midi.

Arrivé à Copenhague, il neige. On partage un court trajet en taxi jusqu'à l'hôtel, le Radisson SAS Scandinavia. Il y a trois hôtels Radisson à Copenhague, et contrairement à l'année dernière, j'ai réservé le bon. A part que le mec derrière le comptoir d'accueil ne trouve pas ma réservation,et je suis obligé d'attendre deux heures dans le couloir pour l'arrivée de Yuestud. J'en profite pour manger un club sandwich avec Neil, observant depuis le bar le débarquement des joueurs scandinaves : Annette, Johnny Lodden, Thor Hansen, William Thorson... Je croise aussi Rémy Biéchel et Alain Roy, quelques un des rares français ayant fait le déplacement pour oser s'afrronter à ce qui sera l'un des tournois les plus difficile de l'année.

Yuestud arrive enfin, et l'on s'installe au onzième étage... L'étage fumeur, bien sur, et à en croire l'odeur exotique qui flotte dans le couloir, Snoop Dog et son entourage ont investi les chambres qui jouxtent la notre. Ou alors, il s'agissait de William Thorsson, option plus crédible. A peine le temps de poser les bagages que mon compagnon de chambre, émoustillé par les vapeurs ambiantes, me demande si je veux aller à Cristiana.

On retrouve Junior en bas, et il fait déjà nuit quand le taxi nous dépose devant ce quartier mythique, partiellement indépendant du gouvernement danois depuis 1971, date à laquelle une communauté de hippies ont pris possession des trente-quatre hectares de terrain de terrain militaire abandonné, proclamant la zone libre pour protester contre le prix des loyers. Un endroit comme il n'en existe peu au monde. Une fois entré dans Cristiana, on quitte le monde civilisé pour plonger dans un mélange post-apocalyptique de Mad Max et Fallout. Les rares voitures sont pour la plupart des carcasses abandonnées sur les trottoirs, et des groupes d'autochtones sont rassemblés autour de feux entretenus dans des bidons. Environ 600 habitants vivent encore le rêve hippie à Cristiana, artistes, marginaux, chômeurs, écolos et partisans de l'auto-gestion en tout genre, comme va me l'expliquer un habitant au comptoir d'une des tavernes de la communauté, un baraquement en bois servant de repaire à la faune locale. Je paie une bière (locale, la Cristiana, bière bio comme il se doit) à mon interlocuteur, un baba-cool de la première heure, un vrai de vrai, un rescapé, barbe et longs cheveux roux tombant sur les épaules, habitant à Cristiana depuis sa fondation, officiant aux poste de masseur expert en yoga. Il parle un français excellent : « J'ai travaillé dans une coopérative agricole bretonne dans les années 70 » On s'en serait douté. Apparemment, le rêve hippie a vécu auprès du gouvernement danois, qui cherche coute que coute à se rapproprier les terres accordées aux anars : « c'est juste une histoire d'argent... Copenhague est une grande ville, maintenant, et il y aurait beaucoup de blé à se faire en construisant des appartements ici pour les jeunes bourgeois de la capitale. » Autre motivation des pouvoirs publics à jeter dehors les babas : la drogue. Jusqu'en 2004, la consommation et la vente de cannabis était tolérée par les autorités. Depuis, la politique du gouvernement s'est durcie, les stands en plein air ont disparu, et le pouvoir aimerait mettre définitivement fin à la présence de drogue au sein des murs de la cité. Les flics, auparavant persona non grata dans Cristiana, font désormais des patrouilles régulières dans les rues, au grand chagrin des anciens, qui reconnaissent quand même que les poulets sont utiles pour chasser les dealers de drogues dures. Enfin, tout ça, c'est en théorie, car le soir de notre visite, les fumeurs de pétards étaient légion, à tous les coins de rue, en fait. J'ai vu un vieux baba de 70 ans allumer un joint gros comme le micro de la caméra de Junior. Et ça n'a pris que cinq minutes à Yuestud pour dégotter du shit grâce aux tuyaux de Momo, un tunisien sympa rencontré par hasard. Momo, il habite pas à l'intérieur de Cristiana, mais il bosse pour la chaine de télé officielle de la cité, il connait tout le monde, il nous fait faire le tour du propriétaire. Momo, c'est un moulin à paroles, et pendant deux heures on va pas réussir à décrocher un mot, tellement qu'il parle à toute vitesse, racontant ce qui m'a semblé être mille et une anecdotes à propos de ses voyages aux quatre coins du monde.

Le puissant haschich de Momo a déjà plus que fait effet quand je débarque à la sauterie d'avant tournoi en compagnie de Mad, Marc, Rod et Marty. Au programme : open-bar et cérémonie de remise des trophées du poker scandinave – les boissons gratuites étant une condition sine qua non pour que quiconque ait envie d'assister à cette barbante séance d'auto-congratulations corporatistes. J'ai la tête qui tourne. Je picole gentiment en disant bonjour aux gens que je n'ai pas vu depuis le dernier tournoi (c'était il y a pas très longtemps donc on a pas grand chose à se dire, mais de toute façon je n'ai jamais grand chose à dire quand j'ai trop fumé), puis Kara Scott monte sur scène et la remise des statuettes peut commencer. La cérémonie sera vite expédiée. D'abord, un type qui n'est pas Patrik Antonius monte sur le podium pour recevoir le trophée du joueur live de l'année à la place de Patrik Antonius, le finlandais n'ayant pu se rendre à la cérémonie, trop occupé qu'il est à s'occuper de sa jeune famille. Ensuite, Johnny Lodden remet à Ilari Sahamies la récompense de joueur online de l'année. Le fameux « Zigmund » accepte le prix en expliquant qu'il ne comprend rien au poker. Une fille avec des seins énormes dont je n'ai jamais entendu parler se casse la gueule en montant sur le podium, avant de recevoir des mains de Gus Hansen le trophée de joueuse scandinave de l'année. Gus Hansen revient sur scène deux minutes après pour préciser qu'il « attend Zigmund sur Full Tilt d'ici une heure et demie. » Le champion du monde Peter Eastgate reçoit non pas un, mais deux trophées : révélation de l'année, et meilleure performance de l'année. Pour lui remettre le second prix, Annette déchire l'enveloppe sans même l'ouvrir, en disant un truc du genre « toute façon, on sait très bien qui ça va être. » On demande à Eastgate comment il compte faire mieux qu'en 2008 cette année. Réponse du tac au tac : « Je vais faire comme Johnny Lodden, et commencer à perdre. » Rires jaunes dans l'assistance, mi-amusée, mi-gênée. C'est fini.

J'ai eu ma dose de sociabilité pour la soirée, alors je rentre à l'hôtel avec Madeleine, et elle passe les deux heures suivantes à essayer de m'apprendre à prononcer correctement le mot « beginner ». Rien à faire, je suis trop défoncé et je n'y arrive pas. Mais après, qu'est-ce que j'ai bien dormi.

Départ de l'étape scandinave de l'European Poker Tour aujourd'hui mardi à 14 heures. Après les très chargées étapes de Deauville (300 joueurs français) et Dublin (30 qualifiés Winamax), ce tournoi s'annonce comme une promenade de santé, avec seulement six joueurs W à suivre (deux pros du Team, trois qualifiés et un gagnant du France Poker Tour) et une poignée d'autres français de renoms. J'aime bien quand le rythme se ralentit un peu. On va pouvoir prendre le temps de regarder ce qu'il se passe, essayer de faire de la belle ouvrage, travailler doucement, bref, tout comme j'aime.

dimanche 8 février 2009

Motherfucking deuces

Well I'm fucking done with this tournament. Back in my hotel room. Things are looking grim here, to be honest. I'm steaming like a motherfucker. If it wasn't for the total lack of rope in the room, I'm pretty sure I would have already hung myself to the bath curtain holder. Mad, Lina and many others are on a board, giving some support on MSN. Anyway, here's my recap. Tons of shit happened. It's gonna be a long read. Cliff Notes for the lazy ones : I'm fucking done.

I had a rough start on Day 2, terribly misplaying a hand during the first hour, then showing tons of patience till I finally got a hand to double up. Then I played some good poker and my chips went up steadily. Then I busted out against some fucking asstwat. Read it all below.

Blinds : 600/1,200, ante 100. My stack : 78,900

We start the day with 97 players remaining out of 154. The average stack is 79,381, and that's pretty much what I got into my possession. At my starting table, last year's winner, you remember him from yesterday, some french, some random people, and one great player : british Paul Jackson, who got famous by trying to bluff Phil Ivey with 5 high, only to get bluffed back with Q high, that was four years ago at the Monte Carlo millions but it remains one of the most discussed hands of televised tournament poker (for cash-games, the crown goes to Gus making quads against Negreanu during HSP)

Anyways, I was pretty nervous going into Day 2, I felt like I didn't have enough chips and wanted action. Yesterday I was not worried at all when the tournament started, but today I'm not feeling that good. And it gets worse when I look at the hands I'm getting dealt : nothing remotely playable for 45 minutes. I might be playing too tight : at some point I fail to call a small raise in position with 89 of diamonds, against Paul Jackson. I guess I was afraid to play against him. Ah well.

So, first level of the day isn't over yet and I'm already frustrated at how things are going. It shows a lack of patience on my part, I guess. This must explains what happened next. Disclaimer : if your allergic to donkey smell, skip directly to the next paragraph, cause it's not pretty. The cutoff, a nice, middle-aged guy who made numerous attempts at speaking french, raises to 3,200. I'm on the button with A3 of clubs. I call, and both blinds join the party. Flop is Q76 with two clubs. I have the nut flush draw. The blinds check and action goes back to the original raiser. There's like 13,500 in the pot, but he elects to overbet by shipping his entire stack in the middle for 28,000. If you read the disclaimer above, you already figured out what I did : I pushed my stack over the top for 68,000 total. I guess you can call that a brain fart. I had no business putting my money here with what looked to be nine outs. Unless my Ace was live, I was not in good shape. But I remain a gambler at heart, and couldn't resist to play a big pot with a flush draw – an habit that cost me tons of money in the past. Both blinds folded and nice old dude showed two-pair with 76 of spades. Great, I only had 8 outs. Turn is a 7 and I'm drawing dead, the old fart has made a full house. Fuck this motherfucking shit.

I'm fucking gutted. I feel like I've just thrown my tournament out the fucking window.

Blinds : 800/1,600, ante 200. My stack : a disastrous 37,400

I put my saddest and/or angriest face ever, and kept on playing despite wanting to be everywhere but sitting down at a poker table. At least I wasn't tilting. I was pissed, but no the extent of going out on a bold, silly move.

I didn't know it at the time, but over the next hour I wouldn't be playing a single hand. At all. I got dealt Q6 and T2 something like twenty times in a row, and kept folding as a result. It would have took a Phil Ivey to do something with my cards. Phil Ivey I'm not, and I duly folded all of my junk hands. Twice I got dealt AJ off, and twice I had to make an obvious fold after UTG had raised – I couldnt afford to call a raise with so few chips, and I couldn't go all in : I would have looked silly upon being snap-called by Ace-Queen, or Jacks.

Blinds : 1,000/2,000, ante 1,000. My stack : 28,000

I spent the break alone, as far away from the tournament room as I can. I didn't want to talk to anyone. In my mind I would come back in the room in a few minutes, bust out and go back to my room to break a chair, or the TV. My Ipod was playing angry, frustrated songs about sex by Weezer. I was angry and frustrated, not about sex but about poker, which is a welcomed change but I was still pretty pissed off.

I have 14 big blinds in front of me when the game resumes, and it's as desperate as you can get in a deep stack tournament. First hand, I'm on the big blind with AQ off. Someone raises in middle position, and I obviously push all my chips in the middle, still looking pissed. I'm good at this. The guy actually thinks about it for a while, before calling, showing AQ. Well, at least it's gonna take some fucking bad luck to bust out here. Nope, we split the pot as expected. Next hand I fold QJ off from the SB after a raise from Paul Jackson. Again there's nothing I can do with QJ here.

Then, finally, after two hours, I get dealt my first pocket pair of the day. It was about fucking time, and it's fucking Aces. Sweet. UTG raises to 6,000. I'm next to act and again, it's a no brainer, I ship my 29,800 stack in. Slowplaying would be really bad as any remotely good player would smell a rat and fold hands that they would be calling with. My neighboor – another French guy – tanks for a while and makes the call. Action is back to original raiser who folds AT. His hand is great news to me as Frenchie flips over TT – he has one out. The board plays safe and I double up to 63,900. Huge, grateful, immense sigh of relief.

Immediately after, I get moved to a new table. I don't recognize anyone. There are three french there, though, and they are loudly conversing in their native language, blatantly ignoring the tournament rules. The dealer doesnt seem to mind. I quickly play a hand – 85 of diamonds, for free in the big blind. Flop is Q84 offsuit, and I donk-bet 3,000. There's one caller. We both check the turn and river – 7 and J – and my pair is good. What the fuck was he calling me with ? Is it gonna be a good table ? Hope so.

Then I decide to have some fun with my new found chips. I raise T7 off on the button. French guy puts on a totally unnecessary silly act, taking one minute to put on hideous lighting sunglasses, before going all-in. I insta fold and ask him if he thinks this is funny. He was a nice guy and a reader of my blog, so I'm gonna try not to be too harsh with him.

Blinds : 1,200/2,400, ante 300. My stack : 60,300

Now, sit back while the game turns into a David Lynch movie. A few minutes earlier, I was wondering if my new table would be a good one. It turns out pretty quick that the answer to this question is a huge, resounding YES. Oh my god, the plays I've witnessed during my time there. We're playing a deep-stacked tournament with a €1,500 buy-in, yet everyone at my table except for ONE guy was making plays that they would get berated for during a $10 online SNG. I swear to God. Here's the highlights of the horror I had to sit in front of :

- A guy calls a 5K raise out of position leaving himself with 12,000. He gives up on the flop !

- Same guy has 10,000 left. He limps on the button for 2,000. He gives up on the flop ! I double up this guy moments after with KJ suited against his AJ that he confidenlty pushed with zero fold equity. Luckily for him, he had the only hand I would raise with that he could easily beat.

- Another french guy makes a funky 32,000 min-raise on a drawy flop, something like 467 with two hearts. Original bettor goes all-in. The min-raiser folds leaving himself with 40,000 after having invested half his stack ! And the best is, take a deep breath : he claims – and I have no reason to think he's lying – that he had a straight and a flush draw ! At that point I'm shaking my head in disbelief, and pray to get a hand soon so I can put one of those guys out of their misery.

- Same guy has now 35,000 left, which amounts to fifteen big blinds. Someone goes all-in early position for 17,000. The guy calls without hesitation and flips over KT of diamonds ! He's up against Tens of obviously spikes his three-outer on the turn. After-hand chat : « You were not in good shape here. » Reply : « Well, I had the kings and the diamond draw. » France is the only country in the world where we play our flush draws BEFORE the flop.

- A micro stack limps with Kings (!!!) after one guy had already limped. He doesnt bet on a KJ2 flop with 2 clubs (!!!), then min-raises on the 3 turn (!!!). He gets called in two places and checks (!!!) when the 7 of clubs is turned over on the river. One guy still have the balls to pull a bluff with AQ. The micro stacks announces « Well, I'm beat but now it's too late ! », he calls and he's truly amazed that he won the hand – and tripled up - with his set. I am, too, since played his hand in the worst possible fashion on every fucking street. A hard feat to accomplish if you ask me. After-hand analysis between donks : « Yeah, you optmized you hand pretty good, here. Well played. » I'm almost peeing in my pants.

- A guy bets with KQ off on a 789 flop with two hearts. He gets raised, but calls anyway (!), even though his opponent doesnt have much chips left. The rest of the money goes on the Q turn, and guy with KQ thinks he has the absolute nuts. Poor fool, he's drawing dead against T6 for a straight.

- Another french opens preflop for 15,000 (remember, the blinds are 1,200/2,400) After the hand I ask him « Was that a missclick ? » Reply : « Yeah, I wanted to raise 12,000 ! » I try my best not to burst out laughing, but eventually fail.

Meanwhile, I play only a few hands, which, as you now understand, is a shame, since I'm ought to make a lot of money if I can flop something good. I still manage to call a raise with 99 from the small blind. My opponent (guy who called me previously when I had 85 of diamonds) and me both check the QT-rag flop. I donk-bet 4,000 on the Q turn, he calls quickly. I spike a 9 on the river to give me a nice full-house, but I'm 100% certain I didnt need it. I bet 10,000, he snap-calls faster that lightning, and mucks, obviously. Next hand same guy goes all-in for 45,000, and I duly fold my AJ suited.

Then one tricky hand where I thought I might bust out right here, right now. The french fish who likes to opens for 7BB preflop calls from the small blind. I'm on the BB, and discover a nice, bad-ass looking pair of Kings. I put 6,000 extra. He snap-calls, obviously, since lack of position and lack of a good hand never stopped him to put chips in the pot before.

The flop is K84, ALL diamonds. I have a set. He checks, I bet 7,000. He checks his cards, which is a sure sign he's a fish in my book. He snap-calls after looking. Most of the time (I'll say 90%) he has only one diamond here. So I give him 10% for a flopped flush, he could have checked his cards to verify he indeed had the flush. But I'm doubtful. So I know I'm gonna put more money on any non-diamond turn.

Turn is a 6 of hearts. He checks, I bet 15,000, and he starts making a motion to snap-call, then stops and start thinking about it. Now, unless he's Marlon Brando in Streetcar, he has zero chance of having a flush already. That idiot is drawing and wondering if it's worth it to peel one last card for an expensive price. He ultimately decides it's not, and folds.

VERY next hand, a very nitty lady opens UTG. I think it's the first time she raises since I arrived at this table. It folds to me on the SB, I have AK offsuit. For fuck's sake, against any other one it was a clear reraise, but against her, I dunno, she has Tens or better, I'm not even sure she would raise UTG with AQ here ! Still, my hand is too good to play it passively. I ask her how much she got left (50K is the answer), and reraise to 16,000. She tanks before going all-in. I snap-call as I didn't raise my monster to fold to a shove, and nitty lady shows Jacks. It's a fucking race ! Flop is Q52 and I shake my head. Turn is an Ace and my heart starts pumping. No disaster on the river, and I bust out my second player of the tournament. I feel fucking great.

Immediately after this somewhat lucky hand, our table breaks and I'm moved to a new table with a 150,000 stack. The dream is over as I say goodbye to my former fishy table, and I'm welcomed at the new one by a sea of sharks. The casting : my friend Stuart Rutter (a good, tricky british player), John (the bastard who busted me last year with set over set – kidding, he's cool and also a good player), one old solid Irish (or British dude), one guy with pretty wide ranges, and the french guy who tried to make a move on me yesterday during level 1. Pretty much all of those guys have tons of chips. I know the game is now gonna be very tough, and on top of this, I proceed to install a great table image (sic) by losing the first three hands I play :

- I call a raise with TT, three players in the hand, I fold on a drawy Jack-high flop. Frenchie shows a Jack, OK.

- I raise with AJ, get called in position in two places, and check/Fold the 9 high flop. Opponent shows me TT.

- Then a bigger one. I limp early with Nines. Stuart Rutter limps in position, and tricky frenchie raises from the button. I'm not folding. Neither is Stu. Flop is 862 offsuit. Everyone checks. Turn is a 7, I have an open-ended straight draw and, given the flop action, I feel I have the best hand. I bet 12,000. Stuart raises to 30K. Frenchie snap folds. I have absolutely no idea what my british friend has, and the safest option is simply to fold. If he's bluffing, well played. But if I call here, I'm prolly gonna have to face a big bet on the river, and unless I hit, I won't be able to call. Better to stop the bleeding here and folds. Stu shows a 6 while raking the nice pot. I had dinner with Stu afterwards and he said he had a set of sixes. I believe him.

Finally, I win a pot during the last hand of this incredibly filled-with-action level. John raises UTG and I call with KQ of clubs. Flop is Q high. I check call a bet. Turn is a blank, we check. River is another blank. Now it's pretty obvious that I have John beat, but there's not point in betting. If I bet here, John is gonna fold most of the time. My profit = zero. If I check, he also gonna check most of the time (for the same profit), but he will sometimes try to bluff (heres goes your profit) Anyway, John dwells, contemplates a bet, then says « I give up ». He shows 66, I show my pair and rake the pot. It's time for dinner-break. Man, so much happened during that hour !

Blinds 1,500/3,000, ante 300. My stack : 139,000

Back from the excellent buffet (despite contrary opinions from several players I spoke with, I enjoyed the meat & potatoes food), I get off to a bad post-dinner start by defending my BB with A7dd before weakly check/folding a missed flop. Then I call with 24 of hearts from the small blind, and John raises. I have to give up.

I don't get much playable hands. After a while, I raise with the good old 75dd, since I have been sleeping for two orbits. I take down the blinds and antes. Then I raise to 8,000 with AK off from the hijack. Loose/passive player calls from the big blind. He check folds on the TT4 offsuit flop after my 10,500 continuation bet. I won't say my tight image is working – I'd rather say he had a shitty hand and therefore no reason to call me.

Then I make one of my rare three-bet when a tight, bit short-stacked Winamax qualifier raises to 8,500 from the button. I pop it to 22,000 from the SB with AQ of clubs. He tanks and I start wondering : what will I do if he shoves ? He has about 100,000. I think for a few minutes while my opponent is doing some thinking of his own, and when I finally conclude I won't call a shove since he's so tight, his cards hit the muck and I take down the pot.

Then I get somewhat lucky. I raise with AQ off in early position. A big-stacked newcomer calls from the BB. Flop is 992 with two diamonds. This time I don't c-bet. He checks, and so do I. Turn is a five of diamonds. I have the Queen of diamonds and he checks again, so I don't see any reason not to bet. I put 5,000 accross the line. He calls. River is the sweetest Ace of spades ever. It's always the fucking Aces of spades ! He checks one last time, and I make a nice 17,000 value bet. My opponent doesnt wait long before calling, and cannot beat my rivered pair. A nice pot to end the level ! Important thing to note : at this table I really felt that I needed hands to win chips. I had tough opposition on my left and not much blind stealing opportunities. Actually, during my time at the table I didn't raised Stu and John's blinds from the button, not a single time.

Blinds : 2,000/4,000, ante 500. My stack ; 178,500

I feel confident and call again from the SB, to John's BB. This time he checks, and I bet 4,000 on the J77 flop with my T6 suited. He mucks. Yay ! Then I raise with 88 and take down the blinds and antes.

The guy that I beat with AQ before limps, and I follow in with KQ off on the cutoff. Four players total see the flop QJJ (with two spades, I have none). It's checked around. First limper bets 6,000 on the 8 turn, I call and we're heads up. River is a beautiful Queen, not that I think I needed it. Limper bets 10,000. I raise to 30,000 and he folds after Hollywooding for a few seconds. Next hand, I limp again with QJ, but fold to a Rutter raise.

Then I raise with 97 of diamonds, a hand that did me lot of good yesterday, and the guy that I now beat twice at this table calls from the BB. Flop is AT9 with two spades – I don't feel good about this hand. Guy checks and I also check, before folding to a bed on the Jack turn. He shows me an Ace – I lost the minimum.

Then I'm moved to a new table, the one that they will use to play the final – so I'm almost assured I won't have to move for the rest of Day 2. At this new table : two short-stacks, one of the fishes from my dream table (who's gonna lose chips making another silly plays), Michael Greco (brit actor turned poker player but still an actor, final tabled the WSOP event that Winamax's Davidi Kitai won, nice guy it seems) and Jean-Philippe, another Winamax qualifier, with a healthy stack.

A short-stack raises, I fold KJ suited in the cutoff seat, and the level is over.

Blinds : 3,000/6,000, ante 500. My stack : 168,000

42 players are left, seated around five tables. The money spots still seem pretty far away, as only 15 players will receive monetary compensation for their efforts. The average stack is 183,000. I have less than 30 big blinds, something I'm not happy with. And it's getting worse when I raise to 15K with 88, from the hijack position. The big blind (the guy who bluffed me late into Day 1 yesterday) shoves for an extra 46K. Well, I'm not sure about the pot odds, I called rather quickly after asking for the count. I'm up against AK and lose the coin-flip (coin-flip record in that tourney : two wins, one loss, not bad)

I'm down to 100K when the weirdest hand of the entire tournament happens. I raise to 16K UTG with 99. Jean-Philippe is on the button and hasn't noticed I raise. He puts 15,000 for what was prolly a steal-attempt on the button, but maybe not. There's a fuss and the dealer rules he has to make a min-raise – 26,000 total. I don't know what to do. In retrospect I think I misplayed the rest of the hand. Instead of 4-betting all-in, I just call, putting myself in the position to see an ugly flop. At the moment I was thinking « I don't wanna go all-in and get snap called by Queens or Kings. » But given the way I played on the flop, I might as well have shoved. Anyway, the flop is T65 with two spades. I check with the intention of going all-in. I cannot really explain the thinking process behind the decision. I guess I felt that I found the flop that I wanted – ie no A, K, Q or J. Jean-Philippe bets 15,000 again. I ship my 85K. He tanks for so long that I'm convinced I have the best hand. Therefore I look confident, and he finally folds. For no reason, I show my Nines. Later, I'll talk with JP about the hand. He'll reveal he had a Ten ! I'm truly and utterly amazed. How could he fold there ? It was obvious I didn't have an overpair. He said that he « would have called against anyone but you ». Dunno what to make of that statement – the guy folded because he didn't wanted me go out ! Or so I understood... I cannot believe the lucky escape I just got.

Then I get a walk with 63 off, and still the blinds with AJ off and QJ suited. I fold KQ off after a limp and a raise. Michael Greco goes out with KK vs 99. Level is over, and it was a tough one. I'm not excited about the blinds going up.

Blinds : 4,000/8,000, ante 500. My stack : 151,500

I notice it's been a while since we saw a flop. Play has become much more pre-flop oriented now that the stacks aren't so deep anymore. 35 players are left – 20 to go till the money. The average stack is 30 big blinds. I'm still waiting for a real, solid hand that plays easily. I know, I'm asking a lot, but I need to catch a break soon with less than 20BB.

And... The following happened, just a few minutes into the level. A guy who doubled just after arriving at the table makes a big raise to 32,000 from the cut-off. I'm in the SB and I look down at two beautiful Kings. To call or not to call ? I decide to raise right here. I make it 90,000 total. BB fold and the raiser INSTANTLY goes all-in (I insist, instantly) for 130K total – only 40K more than my own reraise (meaning : NO fold equity)

He pushed so fast I figured I was in for a good old KK vs AA confrontation. But of course, I still called, and I jumped out of my chair when I saw his hand. Pocket Deuces !! wtf zomg !!!1 I'm in great shape on the flop, then turn, until the river comes : a deuce. A motherfucking deuce. To add insult to the injury, I tapped the table saying « good game » to the guy, thinking I had made a flush on the turn and had the guy drawing dead. But no, I lost that 275,000 pot. I remain calm but I have to ask the guy how come he could play his hand so badly. The bastard is shrugging his shoulders, saying : « Could I play my hand any other way ? » was his answer. What a fucking tool. Now I'm on tilt, for real, but it's not gonna last long, as I have only two Big Blinds left. I duly ship it the next hand, folded to me on the button. My king high loses against the small blind's higher king high, and I'm fucking out of that fucking tournament in 34th position.

That's it, folks. I'm satisfied with my overall performance, except for a few blunders there and there – including a major one that I hope I will never make again. Any feedback will be gladly welcomed. That two-part recap went on longer than necessary, but I felt that this fantastic tournament deserved such a report. I don't think I would have that much to write about any EPT, where the structures aren't that good. Here I played tons of hands during 18 hours, went trough tons of fun situations, went up, and down, and up, and down, in short, I played poker. Hats off to Mike Lacey and his staff for putting up this great tournament. This was my only tournament of the year. Needless to say, I'll be there for the 2010 edition.



This is me dressed as a poker player. I had just won my first big hands of the day (hence the smile), but I had just been moved to a very tough table and was quite nervous (hence the not-so-wide smile)

samedi 7 février 2009

On est IN pour le Day 2

Quatre heures trente du mat, on vient de terminer la première journée de l'European Deep Stack Championships il y a pas longtemps. J'ai survécu avec un tapis pile dans la moyenne. J'ai quelques regrets sur certains coups mais dans l'ensemble je suis plutôt satisfait.

Voici mon compte-rendu, en anglais pour que tout le monde puisse en profiter. Rassurez-vous, c'est du jargon poker, pas bien difficile à comprendre.

Ce tournoi à une structure exceptionnelle, j'ai donc pu jouer beaucoup de mains et ai beaucoup de choses à raconter. Je suis pas sur que tout soit très intéressant, mais au pire, ça me permettra de me rappeler de mon expérience quand j'aurai tout oublié (d'ici deux jours donc) Allons y.

Disclaimer : I haven't reread this before hitting the publish button. It's six am and I wanna go to bed.

Blinds : 25/50. My stack : 50,000

I win the very first hand dealt at the European Deep Stack Championships when I call a raise from the big blig with Q5ss and value bet my queen-high on the turn. No takers. Minutes later I raise with AQo, then c-bet the K88 flop. My lone opponent check/calls, then proceeds to check turn 7 turn and 9 river. He turns over 77 for a poorly played full house. I already like this table. I don't recognize anyone except for last year's winner on my right. I win a few pots (AT of clubs on a 873 flop with 2 clubs, 54 on T53) and loose some (KT, 88), before my first key hand happens.

Last year's winner (LYW) raises UTG. I call UTG+1 with 99. Guy on tilt (from having lost a big pot minutes before) also calls, in position. The flop is KQ9 rainbow. I flopped bottom set. LYW bets 500. I just call. Tilt-guy raises to 3,200. LYW re-raises to 11,000. What do I do with my set ? I snap-fold. I already know I have exactly one out against both opponents combined. As expected, those two put the rest of their money on the 6 turn. Tilto has KQ for top two (meh). LYW has an obvious JT for the flopped nut straight. River is a blank and LYW has already doubled up. I'm quite glad I only lost the minimum with my monster.

After making that simili hero-fold, I'm gonna make a hero-call against some French dude. I raise with TT, and the frog calls on the button. The flop is J24 with two clubs. I c-bet, the guy raises, fuck it, I'm not folding. Turn isnt pretty, another club, an 8. I go into check/call mode. It's getting uglier on the river : K of hearts. I can only beat a bluff. I check.call 3,200 and that's what the guy has.

Blinds : 50/100. My stack : 54,025

LYW raises from the small blind. I call with JJ from the small blind. Flop is 9T4 with two clubs. I call a bet. Check/check on the Q turn. I bet 700 on the 5 river and he check folds.

Then I get KJ twice, I raise both times, c-bet once, check-fold the second one, and lose the minimum. I make my first bluff against Frenchie : I double barrel with KT on a low board. He calls twice and show 88 on the river.

I get deal a real hand, Kings, and raise in middle position. Cutoff and button calls, I'm out of position. I bet the 753 flop (two hears) and get raised to 3,200. Obviously I'm not folding, this smells of an informative raise (one of the most useless concepts in poker) Turn is another 7. We check/check. River is a Q. I bet 5,000, get snap-called, and my Kings are good.

Blinds : 75/150. My stack : 56,650

I take down the blinds with AK and A3. I limp, then call a raise with A7 of hearts. The flop is J97 with two hearts. Yummy ! I check.call, no point on getting too excited in my opinion. I check call again on the turn (a five), and finally hit a heart on the river. I bet 6,000 but don't get called.

Then I limp, then call again with AT offsuit. I flop top two. No action on the flop. I bet the turn, he calls. We check the river and I missed some value : he had Kings and would prolly have put some money.

I win four small pots in a row with hands like AJ and 76 of clubs. I tell myself I did good not going to the bathroom after the break, since I made tons of money already, a few hands into the level.

There's a new guy at the table. I welcome him by raising his small blind with 96 offsuit. Oops, frenchie re-raises and I fold. One guy gets eliminated after badly misplaying his Aces (not a rare occurrence in this tournament)

Two guys limp and I reraise from the small blind with AA. Only one guy calls and I flop the nuts on A84 offsuit. I make a continuation bet, and he calls. Turn is a King, I check to induce some bluffs, and he checks. Too bad. I bet the 3 river, and he snap calls, saying « you got lucky » and showing A8 for top two on the flop. I say « yeah i got lucky » and show my set. He thought I had AK. By the way, it's gonna soon become clear this guy is the fish at the table, seeing 99% of flops and playing awfully passive. Everyone is quite passive, and during the first six levels, I won't meet any kind of resistance from my opponents. There's no tough player at the table, no one fighting, just people playing their hands poorly by making all kind of mistakes. Small mistakes, granted, but they add up.

Blinds : 100/200. My stack 65,425

I don't play any hand for 20 minutes, folding rags while flicking trough my Ipod (today's playlist : Dylan, Hendrix, the Juno soundtrack, Belle & Sebastian and Incubus) I limp on the cut-off with QT of hearts. Both blinds join the fun. Flop is 952 with two hearts. Frenchie donk-bets 700 from the big blind. With my million outs, I reraise to 2,225. He tanks before folding, showing a 9. I wouldnt have minded a call.

The guy two to my right (with a dead stack between us) is quite active, and I think I missed some preflop re-steal opportunities.

Then a key hand, against the fish I mentionned earlier. I raise UTG+1 with 97 of diamonds. The fish re-raise to 2,200. First time he reraises, rest of the time he was in full calling-station full. So he can only have KK+ and AK. I decide to call, certain I'll make tons of money if I outdraw him. Flop is a beautiful 992. I check and he bets 3,000. I don't check-raise in case he has AK. I should have. Anyway, I call the turn scells the deal for me : another deuce giving me a full house. I check again, he bets 7,000 and I make a funky mini re-raise to 14,000. River is a Jack. I ask the fish how much he got left : 28,000. Hmm, he has enough for me to go all-in into the 40K pot, but I might loose him. I make a bet he cannot fold to : 10,000. He snap calls and shows the obvious Aces. I drag my biggest pot of the day.

Blindes : 100/200, ante 25. My stack : 93,825 !

Things are looking good, four hours into Day 1 !

I limp with AT off. No raises and we are four to see the KQ6 flop with two spades. I have the ace of spades. I bet, and only the button calls. We check the 6 turn and I luckbox the river with a Jack giving me the nuts. I bet 1,200, he snaps and shakes his head in disgust.

Then I value bet 3rd pair on the river against the fish, and he calls me with 4th pair. Thin value for the win ! Then I double barrel a flush draw, I hit on the turn but my opponent folds. That guy (and others) have weird habits regarding his preflop raises. With 100/200, ante 25 and one limpers, he would always raise to 600, and therefore get called in 56 places. Obviously he lost most of the pots he played, excepted when he flopped good.

I stay quited, apart from one pot I take down with an UTG raise, I had AQ suited. Then I get Aces again. The fish raises to 600 preflop, and I make it 1,900. He calls and check/folds the 67T flop. « You got my number », he says. Too bad he didnt have Jacks or something like that.

Blinds : 150/300, ante 50. My stack : 98,800

The empty seat on my right is finally filled, it's a french guy with a Winamax shirt (though he hasn't qualified via our site, thanks for the free ad !) He's five hours late but still have 47,000 left ! Amazing structure, this tournament. I raise early with 75 of diamonds, the fish calls from the SB, and check folds the AK8 flop. Heh heh. In a multiway unraised pot, I bet on the T556 turn with AT and take it down. I raise with KJ of hearts and get three callers. I miss the flop, the turn and the river, but nobody bets and I take it down on a river with a bet. I'm feeling good, playing lots of hands and never losing a pot.

I still manage to lose a small one agains the fish (I feel bad for calling him this way, he was extremely nice and cheerful, even after busting out) I raise my KQ, then c-bet the 9 high flop – he calls and I check fold the 9 turn. He shows a winner : 77.

I call a raise with K9 of clubs from the small blind, the raise was 900 and we're four to see the flop T22 flop with two clubs. Nobody bets and I take it down with a 2,800 bet on the 2 turn. Jeeze, no resistance at all, I get away with anything.

Blinds : 200/400, ante 50. My stack : 101,900

Back from dinner-break, I promise myself not to make any silly move. Like wasting 15K on a big bluff on the river. Hmm.

Things go a little bir sour. I go for the aggressive option with AQ, and reraise the active guy on my right. He calls and I completely miss the 567 flop (with two spades – I have none). I cannot bet. We check the flop and active guy bets 6K on the 2 turn. I fold sheepishly. Bad hand.

A few hands later, I raise with J8 of clubs and the same guys calls on the SB. This time I know I can bet any flop, after butchering the last hand. I proceed to do so on the 995 flop, and he checks folds saying something like « you have it. » I ask him to pick one of my cards, he turns over the Jack.

Then I do exactly what I promised myself not to do. My friends told me the bluff wasn't that bad, but still it hurts when it fails. Everybody folds to Winamax frenchie on the small bad. He raises to 1,200. He's not dangerous and I feel that I'm gonna outplay him some with my JT off. The flop is Queen high with two spades. He bets 2,000. I call confidently. Turn is another spade. I might have a gutshot at that point, but I'm not sure. He bets 2,000 again ! I feel like this is some kind of « I give up » bet. He has nothing but wants to try one last time to steal the pot. I make it 8,000. He's not happy but calls fairly quickly. I completely miss the river and my opponent checks. Only way to win this pot is to bet big. I put 15,500 in the 22,000 pot. He tanks and I start to shake after two solid minutes. He finally makes the call : my read was way off on the turn as he had AQ with the nut-flush draw Ace of Spades. Fuck fuck fuckety fuck. I'm lost 27,000 with Jack High and I'm gutted. Everyone had the table congratulates the guy, but also me for having the guts to make that sick move ! I'm not so sure I wanna be congratuled right now.

Then I lose some more chips by missing flops with hands like 85 or 75 suited.

Blinds : 300/600, ante 75. My stack : 70,425

I'm in a sad mood but I'm not tilting. There's three hours to go on Day 1 and my goal is still to win those chips back ! But I don't have any playable hands.. I steal the blinds with Q8 and QJ, both suited. Now I have only 100 BB ( I know, it seems weird to write) I don't wanna have to call a reraise with those hands anymore. Too expensive. I take another pot preflop with AK off (raised early) I call a raise with AQ and miss. Not a very active level !

Blinds : 400/800, ante 100. My stack : 68,000

First time I start a level with less chips in my possession that the previous one. Now I have significatively less than 100BB and I have that cause I'm loving playing this shit like a cash-game (a power cash-game with 1,000 at some point !)

I don't wanna mess my right neighbour anymore, and fold my J4 after his bet on a KJ7 flop – I was on the BB and he had just called preflop.

Then another important hand, where I got lucky. I'm tired of not playing a hand at all and raise in early position to 2,425 with AJ off. One, two, three callers. Fuck ! I need a jack, not sure I want an Ace here. Flop is J82 with two clubs. Perfect. I bet 7,225, ready to put the rest is necessary – if someone has 22 or 88, well gg me. They all fold. I pick up a nice 10,000 profit.

Then there's an amazing hand when the french on my right make the very first four-bet of the day (at the entire table !), and get called – for 12,000 total. The flop is Q56 and the caller donk-bets 15,000. The french goes all-in instantly, almost screaming « I have Aces » on top of his lungs. The other guy is disgusted beyon belief but have not choice to make the difficult – but kinda obvious – laydown with his Kings. Everyone knows the french has Aces, but he still feels compelled to show them.

Blinds : 500/1,000, ante 100. My stack : 72,200

Last level of the day ! I raise A2 of clubs on the button, get called by the small blind. We check all the way and my Ace high wins against his King Queen. French on my right raises, I call on the cutoff with 88, button joins the fun, and I fold on the J92 flop. Frenchie shows 22 for a flopped set. Running good, that guy.

After a badly played small pot with QJ, I'm down to 65,000. Short-stack goes all-in early for 17,000. I'm on the cutoff with 55, and I want to gamble. Fuck this shit. I call and I'm heads up against A9 of hearts. It's a race ! (shoutout to PokerListings) I fucking win, bust my first player of the day, and I'm happy. Then I bet 2,900 in position, with 44 on a AA6 flop. The pot was limped and my three opponents fold. I rake the pot, saying « I swear I have it ».

Surinder Sunar arrives at the table, and promptly looses 20,000 of his 80K stack against another arrival. That guy is gonna bluff both of us a few minutes later. I'm sick over this hand. I raise early with JT of hearts. The soon-to-be bluffer calls, as does Surinder in the small blind. I flop something on QJ2 offsuit. One heart. Sunar checks, I check (dunno why), and the guy bets 3,600. Surinder calls, and so do I (what's going on with me ?)

Turn is a 4. Sunar checks, I check again, guy bets 6,500. Sunar folds, and so do I. Bluffer show 78 of spades. Fuck me. Right after this disaster of a hand, I'm moved to a new table where John Kalmar (2006 WSOP ME finalist) is holding court with a 250,000 stack. I fold five hands in a row and Day 1 is officially over.

Final Day 1 stack : 78,900

99 players remain out of 154. Today blinds will be 600/1,200, ante 100 at the start of the day. I'm just above the average stack. I feel like I'm gonna have to get lucky to survive.

****
Reportage sur Winamax par Yuestud

vendredi 6 février 2009

Here comes the dead money

Est-ce qu'on demande souvent aux mecs qui commentent le foot à télé s'ils eux aussi, ca leur arrive de taper dans le ballon le dimanche ? Et les journalistes de l'Equipe, ont-ils des lecteurs mourant d'envie de savoir s'ils pratiquent les disciplines à propos desquelles ils écrivent ?

Non, parce que moi, on m'a déjà posé deux cent fois la question : « Et toi, ça t'arrive de jouer un peu ? » Partout, tout le temps, au détour de chaque conversation que j'ai avec les joueurs, spectateurs et collègues que je croise sur le circuit, on finit toujours par me demander au bout de cinq minutes si je joue au poker.

En général, ma réponse est vague... « Ouais, un peu. » Parce que, ces temps-ci, il faut avouer que je ne joue que vaguement au poker. J'ai parfois quelques poussées de fièvre, qui me verront scotché en ligne jour et nuit pendant une semaine, mais en général, ma vie est bien trop baignée dans le poker, si bien que lorsque que j'en ai terminé avec le boulot, la dernière chose que j'ai envie de faire est de m'assoir à une table, qu'elle soit virtuelle ou réelle. Alors, pour vous dire la vérité, cela fait un petit bout de temps – depuis que je travaille à plein temps, en fait - que je ne me considère plus comme un joueur de poker.

Évidemment, il fut une époque où j'en étais un, de joueur de poker, un vrai, pur et dur, passionné jusqu'au coup, les cartes et jetons tatouées à même la peau. Sinon, je ne serais jamais arrivé là où j'en suis. Si j'avais eu un blog il y a cinq ou six ans, j'aurais pu le mettre à jour quotidiennement avec le récit des mes parties, réelles ou virtuelles. Mes exploits, mes échecs cuisants, ce genre de trucs qui remplissent quantité d'autres blogs plus ou moins intéressants. Aujourd'hui, je ne m'assois guère plus à la table, et depuis sa création il y a un an et demi, ce blog n'a accueilli que le strict minimum de récits de poker où je suis l'acteur principal. Mais tout de même, j'ai assez envie changer de point de vue, au moins une fois, et de prendre le temps, dans un prochain post, de raconter ma relation au jeu, en tant que joueur, et non en tant qu'observateur. J'ai deux ou trois trucs à dire sur le sujet, sept ans après avoir fait ma rencontre avec le poker.

Après, il y a la deuxième question inévitable, qui découle de la première : « et... tu joues bien, alors ? » Je ne sais pas vraiment si cette question est pertinente ou non. Est-il besoin d'être un bon joueur de poker pour bien le raconter ? Sans réfléchir, j'aurais tendance à répondre que oui, au moins jusqu'à un certain point. On ne peut bien faire vivre un tournoi de poker à ses lecteurs si l'on ne comprend pas les mécaniques principales du jeu. Mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'un mauvais joueur de poker ne pourra pas faire un bon reporter. Prenez mon collègue et ami Stephen Bartley. Le bloggeur de PokerStars est de son propre aveu un bien piètre joueur. Posez-lui la question, et il vous répondra volontiers qu'il ne comprend rien à ces histoires de value bet, de metagame, de position, de variance et de calling ranges. L'anglais ne joue jamais durant son temps libre, il n'a pas de compte en ligne, et ne fréquente pas les casinos. A peine le verra t-on s'amuser aimablement lors d'un freeroll médias, et encore. Mais il n'en reste pas moins que si un jour je suis en table finale d'un EPT, il n'y a personne d'autre que Stephen Bartley que je voudrais pour en écrire le compte-rendu.

Moi, je suis un poids léger, un compétiteur compétent mais pas affuté. Je comprends des tas de trucs, j'arrive à tenir la route durant un débat animé au resto entre les membres du Team Winamax, je sais grosso modo en quoi consiste le poker - c'est un jeu ou il faut miser, payer et passer, le tout dans le bon ordre. C'est ça ? Je plaisante. Enfin, j'ai pas mal de bagage théorique. C'est du côté de la mise en pratique que ça coince... Mais, ce n'est pas très étonnant, puisque, comme je l'ai dit, ces jours-ci je passe la majeure partie de mon temps à regarder, écouter et discuter avec des joueurs (la théorie), plutôt que de les affronter (la pratique)

Tout ça pour vous dire que ce week-end, je sors de ma réserve habituelle et enfile, exceptionnellement, pour trois jours, le costume d'un joueur pro. Vendredi à 14 heures commence l'European Deep Stack Championship organisé par mon bon ami irlandais Mike Lacey, et je serai au départ, assis à la table avec devant moi un tapis de départ dantesque de 50,000 pour ce qui sera le tournoi de No Limit Hold'em le mieux structuré de l'année. Les 200 et quelques joueurs présents, parmi lesquels de nombreux pros français et anglais, auront le temps de voir venir avec des blindes démarrant à 25/50, et des niveaux d'une heure.

Je suis arrivé à Dublin avec dans mes bagages le lot de galères habituelles en cours de route : pluie, mal de dos, effets secondaires extrêmement désagréables du médicament anti-douleur qu'on m'a prescrit à cause du mal de dos, etc. Sauf que, cette fois, j'imagine que je n'ai pas à me plaindre, puisque je suis l'un des rares qui a réussi à faire le voyage, des chutes de neige ayant provoqué la fermeture de l'aéroport tout l'après-midi. Je suis arrivé à quatorze heures, juste à temps. En rade à Londres, Michel Abécassis, Manuel Bevand et mon collègue Yuestud ont réussi à trouver un autre vol, il arriveront juste avant le départ du tournoi, si tout se passe bien. Moins heureux, Eric Koskas a tout bonnement du annuler le déplacement, tout comme bon nombre de qualifiés Winamax, et des têtes de série comme Julian Thew ou Dave Coclough.

Pour suivre mes progrès, rendez-vous à partir de 14 heures sur www.winamax.com, ou www.wam-poker.com, section « les coverages de Benjo », qui, pour le coup, seront assurés par Paco (qui est déjà arrivé, lui) et Yuestud, notre Team Manager. Le pauvre, il a été déprimé toute la semaine à l'idée de devoir se taper tout le boulot tout seul. Finalement, c'est une bonne nouvelle pour lui que plusieurs des 40 qualifiés Winamax prévus aient été bloqués par la neige...

L'European Deep Stack est le seul gros tournoi de l'année auquel je peux participer. L'an passé, j'avais sauté durant le Day 2 lors d'une malheureuse rencontre brelan contre brelan. Depuis un an, j'ai apris des dizaines de choses, que je compte bien mettre en application aujourd'hui. Souhaitez moi bonne chance !

jeudi 5 février 2009

London Milestone



Cette semaine, il a neigé à Londres et sur le reste de l'Angleterre. La perfide Albion n'avait pas enregistré de précipitations aussi importantes en 18 ans, provoquant un bordel monstre dans le secteur des transports, qui n'étaient clairement pas préparés à une telle deferlante. Aéroport fermés, métros en retard ou carrément annulées, bus rangés au garage, et embouteillages monstres. J'ai même été un peu déçu d'arriver à l'heure au bureau lundi matin : ma ligne de métro était l'une des seules à fonctionner à 100%. Bad beat.

Mon quartier, Clapham Common, s'est recouvert d'une jolie et épaisse couverture blanche (trente centimètres à vue de nez, pas mal, non ?). Les bonhommes de neige ont poussé par dizaines dans le parc. Un beau cadeau pour fêter mes 1 an de résidence à Londres. Un an déjà ! Je n'ai pas vu passer le temps, probablement parce je n'ai réellement séjourné à Londres que durant la moitié de ces six mois. Entre les sept semaines des WSOP à Vegas, les enchainements d'une ville à l'autre durant parfois six semaines consécutives, et tous les petits déplacements de six ou sept jours, mon acclimatation à la capitale britannique s'est faite à pas d'escargots. Après un an, je peux enfin dire que je me sens chez moi à Londres. J'ai pris mes marques. Les sorties à Soho, les restos à Battersea, les concerts dans les pubs, les visites chez les amis à Hampstead, Bayswater, Picadilly Circus... et ma géniale colloc' avec Gab, Johny et Tallix.

Un an à Londres, cela signifie aussi un an chez Winamax. On peut chipoter sur les dates, car j'ai commencé à travailler pour la marque au W rouge un peu plus tôt que cela, en décembre 2007 pour l'EPT de Prague. Mais c'est bien il y a douze mois que j'ai apposé ma signature au bas du contrat et que j'ai commencé à fréquenter les bureaux londoniens de la boîte. Un an... Je n'aurais pas cru tenir aussi longtemps.

En ces temps difficiles, où deux de mes amis les plus proches dans cette industrie ont brutalement perdu leur emploi du jour au lendemain, je ne peux que me sentir heureux de travailler pour des gens intelligents me faisant confiance, me soutenant et me laissant une latitude et une liberté inespérées dans l'exercice de mon travail. Une chose rarissimme dans ce secteur, croyez-moi.




En d'autres nouvelles, j'ai succombé à cette mode narcissique et idiote qui court sur Facebook en ce moment, consistant à compiler une liste de 25 choses à propos de soi-même. Voici donc, en anglais pour tous mes amis étrangers :

25 random things about myself

1/ I'm grateful for the education my parents gave me. They let me get away with tons of freedom, encouraged me, while teaching me some very important values along the way.

2/ I grew up in the country. My village had under 500 living souls and the closest school - and most shops - was five kilometers away. I loved my time there. If I ever have kids, I don't want them to grow up in a big city.

3/ I love food that is bad for your health, and vice versa. As a result, I gained a lot of weight since I started working in the poker industry.

4/ I'm a pinball fanatic. I played on almost all of the modern-era machines (those built from 1990 till today). At some point I owned three of them. I still own two at my parents, and if it wasn't for the lack of space, I would probably own one in my London house.

5/ I'm not a very good writer. My writing style is plain and boring, and I cannot express my ideas and feelings the way I'd like to. It's frustrating. I make up for that by filling my articles with bad (but funny) jokes.

6/ My most vivid memories of sports events are usually bad ones. Like the Lille-Manchester United Champion's League game in 2006, the World Cup the same year, or France-Bulgaria in 1993. Victories fade away in my memories, while defeats stick around.

7/ I played tennis at least twice a week between the age of five and fourteen. My father trained me. I was a ranked player for some time, albeit not a very good one. I had a very bad temper and was throwing the racket a lot - I lost so many games because of that. Again, my most vidid memories of playing tennis are of games I lost.

8/ I always wanted to be a journalist. I published my first hand-written newspaper at the age of 10. I wrote articles in the middle-school newspaper, and was chief-editor for my college's class paper. None of those were good publications. I failed entering journalism school in Spring of 2006 : this is when I decided I'd follow the poker trail. I guess you can consider me self-trained. Regardless, I don't consider myself a journalist. Journalists write about real stuff.

9/ This urge to be some kind of writer comes from reading a lot. As far as I can remember I always had a book with me. I buy more books than I can read.

10/ I'm worried about the future all the time. Both mine, and of the world in general.

11/ I have bad memory. All the time I introduce myself to people who already met me, and I had totally forgot about it. This is the main reason I'm writing a blog - to keep track of my own existence.

12/ Despite all the bitching, I love what I'm doing for a living and cannot think of another job I could be doing right now. In most part, I love my job because of the people I work with. I met people from all over the world, and cemented great friendships along the way.

13/ Contrary to most smokers, I never considered quitting. Whenever I feel bad about smoking, I just listen to some Bill Hicks routines about cigarettes. "Listen to this, non-smokers... It's important. Non-smokers... die... everyday. It's true !"

14/ I have watched every one of the 86 Sopranos episodes between five and ten times. And yet my favorite show ever is, and always will be The Wire.

15/ Actually, poker first caught my interest because of a poker-themed episode of The Sopranos. Five years after first watching it, I was watching the very last episode of the show in a Las Vegas hotel room, during the World Series Of Poker.

16/ Nowadays, I don't play poker that much. I don't have a lot of spare time, and I'd rather waste it doing something else, like playing Guitar Hero, reading or compiling useless lists about myself.

17/ Yet, I remain a poker enthusiast and hate if I'm not around when something big happens in the poker world - most recent examples being the Main Event final table, and Elky's WPT title at the Bellagio.

18/ Three times in 2008 I flew from one city to another to cover back-to-back tournaments with (almost) no sleep in between. One of those flights was a transatlantic one. I don't want to do it ever again. But I know it's likely to happen again.

19/ I don't believe at all in that "what doesn't kill you makes you stronger" crap. Who seriously believes that shit ? What doesn't kill you can still hurt you pretty bad.

20/ People think I have a weird sense of humor, and most people cannot figure whether I'm joking or not. I like it that way since it allows me to often say exactly what I have in mind. Also, I believe that everytime you joke about someone, you believe at least half of what you said.

21/ I lost track of almost all the friends I had when I left Lille. But those who are still around are the best ones.

22/ I have developped tinnitus six years ago after too many years of going to concerts on a weekly basis. Since then, I can hear a strident ringing in my ears when I'm in bed, and heavy ambient noise hurts my ears. If I'm in a loud place, I'm likely to wear earplugs, or get the fuck out of here quickly.

23/ So yeah, music is (was ?) a big part of my life. I've been to hundreds of shows. I saw most of my favorite bands live. At Reading 2002, I saw the lead singer from Dillinger Escape Plan take a shit on stage, then spread it all over his white shirt before jumping onto the crowd. I was at the front of the crowd and barely managed to avoid him. Three of my all-time favorite bands are Led Zeppelin, Nirvana and The Pixies. But there's many others.

24/ Obviously, friendship is important. I'm not sure I value it more than love (like Arnaud does), but I'd say I sometimes rely too much of it. Too often I let my own happiness depend on the people I cherish, which often leads to embarrassing moments, memorable fuck-ups, feelings of frustration and self-despair.

25/ After a year in London, the city is starting to grow on me. I had a rough start here, but now I don't see myself coming back to France anytime soon. At some point in my life, I'd like to spend some time in the US.


Year two...

lundi 2 février 2009

Tournament Reporting 101

La vache, c'est quelque chose, ces pilules anti-douleur. Je n'étais pas trop sur de leur effet réel hier soir en rentrant de chez Jennifer, après un détour de trois heures par le Chelsea & Westminster Hospital... Mais aujourd'hui, je sais. J'ai dormi comme un bébé pendant plus de dix heures. Au réveil, petit dej', une autre pilule, et retour au lit pour cinq heures supplémentaires, complètement sonné. Je m'extirpe péniblement du lit vers vingt heures, encore comateux. Gab est en train de s'exciter devant ses six tables de cash-game, je regarde par la fenêtre de sa chambre : il neige sans interruption depuis le milieu de l'après-midi, et la rue déserte est recouverte d'une épaisse couverture blanche. Je souris comme un gamin, c'est Noël après l'heure. Johny débarque, il est excité et saute partout en criant « yahou ». Comme un con, je crois que c'est à cause de la neige : non non, il vient juste de gagner 40,000 dollars en 50/100 sur Winamax contre, je cite, « un débile », comme d'habitude, quoi.



J'ai retrouvé une certaine liberté de mouvements depuis hier. Je dois faire attention, j'ai encore assez mal, mais pas assez pour m'empêcher d'aller bosser demain, je le crains. Les toubibs ont été assez amusés (et effrayés) par cette étonnante faculté que j'ai de pouvoir disloquer à loisir mon épaule droite – en gros, quand je lève le coude, j'arrive à déplacer mon épaule vers mon dos à un angle humainement impossible (je ne sais pas d'où ce super-pouvoir est venu, et je ne m'étais jamais vraiment rendu compte que cela sort de l'ordinaire jusqu'à ce que j'étire en public – expressions horrifiées garanties). Ils m'ont conseillé d'éviter de le faire trop souvent, car cette petite fantaisie a surement à voir avec mes troubles actuels. Bref, Il faut que j'aille voir un spécialiste le plus rapidement possible.

Bon, où en étais-je, avant que le train de me pensées ne soit brutalement interrompu hier ? Ah oui, Deauville... Poursuivons. En gros, il y a deux manières d'aborder la couverture d'un tournoi de poker :

1/ « Tout à fond » : c'est l'approche du sprinter. On enfile des chaussures de course, et on fonce toute la journée. A toute vitesse, on essaie de choper et publier le maximum d'infos. On rédige des news courtes avant de retourner aussitôt dans la salle du tournoi, et on recommence. C'est plus ou moins la méthode que j'ai suivi à Deauville. J'étais bien obligé, avec la présence presque au complet du Team Winamax et de nombreuses têtes de séries françaises. C'est la méthode généralement suivie par des sites tels que PokerNews ou CardPlayer. Avantage de cette méthode : on publie beaucoup de contenu, et on garde le public rassasié en permanence. Les lecteurs sont tenus au courant des progrès des joueurs stars heure par heure. Inconvénient : on publie du contenu de mauvaise qualité. On ne comprend pas bien ce qui se passe, trop occupé qu'on est à collecter un maximum de coin-flip AK contre QQ et autres interminables listes de chip-counts. Aussi, on déplore une certaine impression de vacuité, comme au sortir d'un McDo.

2/ Autre approche : « sit back, relax and observe ». Ici, on adopte plus la posture du marathonien. On sait que le tournoi va durer plusieurs jours (trois, quatre, cinq, voire plus). Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Au lieu de foncer partout, on prend le temps d'observer, de se glisser dans l'ambiance d'une table. On recherche la qualité au lieu de la quantité. On recherche quelques coups clés plus intéressants que la moyenne. Une fois revenu en salle de presse, on prend son temps pour rédiger, et essayer de tirer la moelle substantielle de ce qu'on vient de voir. On publie des tranches de vie pokériennes, plutôt que des résumés bruts de mains. C'est l'approche que suivent les bloggeurs de PokerStars durant les premiers jours du tournoi (avant de passer à une couverture plus « live » durant la finale ). Le marathonien ne va pas publier autant que le sprinteur, mais ses écrits seront de meilleure qualité. Le marathonien ne sera pas au plus près de l'info en permanence, mais est-ce vraiment possible, après tout ? Avantage de cette méthode : le reportage ainsi produit ne sera pas périmé trois jours plus tard, et l'on pourra encore le consulter plusieurs mois après la conclusion de l'épreuve. (il m'arrive encore de relire les incroyables coverages de feu-Gutshot réalisés aux WSOP). Inconvénient : si je ne publie rien pendant plus de vingt minutes, les lecteurs commencent à râler et à me soupçonner d'être parti me rincer la glotte au bar.

Inutile de dire que je préfère la seconde approche... Mais qu'il ne m'est pas possible de la suivre lors de chaque tournoi. Et il ne faut pas pour autant mettre au rencart l'approche du sprinteur. Là, à Deauville, cela me paraissait difficile de travailler autrement qu'à toute vitesse : il y avait beaucoup trop de joueurs à suivre et les développements étaient nombreux et constants tout au long de la journée. Par contre, lors d'un tournoi où peu de joueurs français sont en lice, j'ai déjà plus de place pour m'exprimer. Le mieux, c'est lors des tournois se déroulant sur le continent américain : là, je sais que la plupart de mes lecteurs sont couchés à l'heure où je poste, quand il est 20 heures aux USA, et trois heures du matin en France. Je peux donc me permettre de faire moins d'aller et retours entre la salle de tournoi et mon ordinateur, et prendre le temps de rédiger des articles de meilleure qualité. C'est ce que j'ai pu faire aux Bahamas le mois dernier. C'est pour ça que j'ai hâte de repartir à Vegas pour couvrir les WSOP : loin de me desservir, la règle du « un article par heure » imposée par Harrah's et Bluff Magazine au Rio me permet d'oublier un peu les contraintes liées au direct, et me concentrer plus sur la qualité de l'écriture.

Quand je relate ce problème aux joueurs ou lecteurs, on m'objecte souvent qu'il me suffirait d'embaucher un second reporter qui s'occuperait de courir à ma place pour collecter les chip-counts et surveiller les éliminations, tandis que je me concentrerais sur des articles axés « ambiance ». Le gros problème, me vois-je obligé de rétorquer, l'oeil triste et la mine navrée, c'est qu'il y a une limite au nombre de badges de presse que l'on peut obtenir sur un tournoi donné. Nous sommes déjà au moins trois sur chaque épreuve (moi, le caméraman – Régis, Junior ou Paco – et Yuestud, le Team Manager, dont l'aide m'est d'ailleurs indispensable, avec les textos qu'il m'envoie en flux tendu toute la journée) Difficile de caser un quatrième reporter dans ce tableau. Lors de la plupart des EPT, nous ne disposons que de deux sièges en salle de presse, et aux WSOP, il faut se battre pour recevoir plus de deux accréditations.

Pour l'heure, en attendant l'idée de génie qui mettra fin au dilemme, on en restera donc sur le modèle existant. Et je continuerai d'alterner entre l'approche du sprinteur et du marathonien, selon les exigences de l'actualité...

C'est marrant, mais la question qui est revenue le plus souvent à Deauville, de la part d'amis ou d'inconnus rencontrés par hasard, c'est « tu en es où avec tes problèmes domestiques londoniens ? » Parbleu ! Il est vrai que j'avais oublié de vous raconter l'épilogue du feuilleton. J'ai finalement pour réaménager pour de bon, juste avant Noêl, en rentrant de la finale du France Poker Tour. L'intérieur de mes placards était couvert d'une fine couche de poussière, malgré les adhésifs appliqués sur les contours par les ouvriers : j'ai du passé l'intégralité de ma garde-robe au lave-linge. Mais à part ça, tout est rentré dans l'ordre. Moquette toute neuve au premier étage... Peinture fraîche sur les murs tout neufs... Et une tuyauterie remise à niveau. Pour tout nos tracas subis pendant presque trois mois, le proprio ne nous a accordé que deux semaines de loyer, et 4% de réduction sur l'année 2009 en guise de compensation. Assez scandaleux, mais on n'en espérait pas beaucoup plus. On a tous signé le bail pour une année de plus, sauf Arnaud, parti pour une nouvelle colloc' avec Yuestud et des collègues de Winamax. On a donc une chambre de disponible, si cela intéresse quelqu'un... Contactez moi par mail.

Les deux prochains mois vont être assez calmes, niveau voyages. Seulement deux étapes EPT sont au programme en février et mars, et je ne suis même pas certain de les couvrir. Cela dépendra essentiellement de la motivation du Team Winamax à s'en rendre. Pour l'instant, il n'y a que peu de candidats pour participer à Copenhague, et Dortmund ne risque pas d'attirer les foules non plus. On verra bien. En attendant mon tournoi à moi, ce week-end à Dublin, je me replonge dans la vie Londonienne. J'ai fait faire le tour de la ville à un pote de passage la semaine dernière. On a remonté la Tamise depuis le pont de Chelsea, où se trouve la fameuse Battersea Power Station qui a servi de pochette à un album des Pink Floyd (j'habite à cinq minutes de là) On est passé par par le Tate Museum, puis on est arrvé à l'abbaye de Westminster. On a pris un ticket pour le London Eye, histoire d'admirer la vue de la capitale à 135 mètres d'altitude. Et après, des restos, plein, un détour obligé par le marché de Camden Town, et la librairie Waterstones sur Picadilly (sept étages de bonheur), et voilà. J'ai envie de sortir un peu de Londres et voir le reste du Royaume-Uni... J'ai des amis un peu partout. Rod à Brighton, Chris à Leeds, les écossais de SikTilt à Edinburgh... Mais pour l'heure, il est temps de s'affaler sur le canapé pour regarder l'interminable grand-messe du Superbowl. Malgré les efforts de Pauly à m'expliquer les rudiments de la discipline dans les bars de New York durant les play-offs, je ne comprends rien au football américain. Mais on s'en fout : on a six litres de bières au frigo, des pizzas qui devraient arriver dans une demi-heure, et Bruce Springsteen à la mi-temps. Game is on !

dimanche 1 février 2009

Coitus interruptus

Alors, j'étais en train de fumer une cigarette dehors, en terrasse. Je sais plus avec qui, Rod de PokerListings, peut-être. La terrasse avait été fermée au public la veille, à cause de la tempête, mais le vent était depuis retombé, et l'on pouvait à nouveau sortir pour s'intoxiquer en toute liberté sans avoir à s'entasser à douze dans une de ces cabines en plastique futuristes. Il était 21 heures passées. Il faisait froid. J'ai jeté le mégot et suis revenu à l'intérieur de la salle juste à temps pour voir les spectateurs applaudir sur les gradins du plateau télé, et entendre l'arbitre au micro annoncer «...et voici le vainqueur de l'European Poker Tour de Deauville...» Le tournoi s'était terminé tandis que j'avais le dos tourné. Je ne savais pas ce qu'il s'était passé, quelle avait été la dernière main. Je m'en fichais un peu.

Je n'étais pas mécontent que la semaine se termine – et assez reconnaissant envers les finalistes d'avoir expédié le dernier jour en moins de huit heures. Les français étaient au nombre de cinq en table finale, sur un total de huit joueurs... Et c'est pourtant un allemand – inconnu auparavant, mais très performant sur internet - qui a gagné. Ce qui m'a permis de publier un titre anti-grenouilles à la WickedChops en tête de mon article final de la semaine.

Couvrir un tournoi en France, où la moitié des 645 partants sont des joueurs du cru – et donc potentiellement des joueurs à suivre - est une tâche plutôt difficile, assez stressante, et définitivement frénétique. C'est possiblement le tournoi même où j'ai le plus de travail, mais, plus important, c'est celui où la cadence du boulot est la plus rapide. Je commence à travailler deux heures avant le départ, pour préparer les intros, trier la liste des joueurs, etc. Toute la journée, depuis le coup d'envoi jusqu'à la dernière main, je fonctionne en mode accéléré : je fonce entre les tables, j'essaie de choper trois ou quatre coups intéressants, je vérifie si le tapis des joueurs « stars » a bougé, puis je reviens à mon ordinateur où je rédige le plus vite possible ce que j'ai vu. Et ensuite, je recommence encore et encore pendant dix heures, sans pause dîner. Entre deux, je dois prendre des photos à peu près potables d'un maximum de joueurs. Et après, quand la partie a enfin trouvé une halte, il y a l'article de conclusion, qui me prend entre quinze et soixante minutes à rédiger – selon l'humeur et l'inspiration du moment.

....et juste après avoir terminé la phrase qui précède, alors que j'étais si bien parti pour rédiger un des pavés indigestes dont j'ai le secret, j'ai ressenti une vive douleur dans le cou et les épaules. Venu de nulle part, le blocage. Impossible de bouger la tête. Le moindre mouvement provoque une décharge dans tout le côté droit. Je savais pas trop quoi faire, j'ai essayé de m'allonger, c'était encore pire, je n'arrivais plus à bouger, ça m'a pris cinq minutes pour me relever. J'ai appelé un taxi et suis parti à l'hôpital avec Gab. Les toubibs n'ont pas pu faire grand chose à part me faire attendre deux heures, et me filer des painkillers. J'en prends deux toutes les quatre heures. Je suis à moitié dans les vapes, mais j'ai encore très mal. Je vais essayer d'aller dormir, ou tout du moins de rester immobile dans mon lit en fixant le plafond. J'espère que ça ira mieux demain, parce que je bosse lundi et j'ai un tournoi à jouer à Dublin le week-end prochain. A suivre dans quelques heures, si je suis en état d'écrire. Toutes ces années mal assis devant un écran d'ordinateur ont fini par porter leurs fruits.