lundi 19 octobre 2009

Touching from a distance

Clapham Common, 21 heures 46. Une semaine tranquille s'achève, plutôt la bienvenue après l'étape EPT de Londres, assez frénétique, et le FPT à Bordeaux (où ce sont plutôt les restos et les sorties en boîte qui m'ont épuisé, mais c'est une autre histoire). Je suis resté à la maison ce week-end. De bons dîners avec mes colocataires, un peu de lecture, quelques films (Alien et sa séquelle, notamment), des jeux vidéos (je suis en plein trip nostalgique avec Sam and Max et Monkey Island, le premier épisode, que LucasArts vient de ressortir avec des nouveaux graphismes, un bonheur), trois ou quatre machines à laver en préparation des prochains voyages, et surtout, un appui régulier sur la touche F5 de mon clavier pour suivre l'étape WPT de Marrakech sur Winamax. Ils ne sont plus que six à l'heure où j'écris ces lignes, et mon ami Ludovic Lacay est chip-leader. Coïncidence amusante, cette seconde table finale au WPT intervient deux ans presque jour pour jour après la première, qui l'avait révélé aux yeux du public : c'était à Barcelone, et Cuts avait du se contenter de la seconde place contre un adversaire bien inférieur à lui. J'espère que cette fois-ci sera la bonne. Il n'y a pas de raison d'en douter.

D'habitude, c'est moi qui est sur place et rapporte les coups : cette fois, je suis en position d'observateur passif, à distance. Je ne me rappelle plus la dernière fois que j'ai suivi un tournoi de cette manière. Ces dernières semaines, au moment d'organiser le planning des reportages, j'avais longuement hésité concernant cette étape. N'ayant pas un très bon souvenir de ma visite à Marrakech l'année dernière, j'ai préféré laisser partir Harper en solo, malgré le fait que cela allait être une très grosse étape avec des tas et des tas de joueurs français, y compris les trois-quarts du Team Winamax. Mon nouveau collègue s'en est merveilleusement bien tiré, accompagné de Junior, toujours excellent aux vidéos. Évidemment, maintenant, je regrette un peu de ne pas être venu. C'est la première performance majeure du Team que je manque en deux ans.. Bah, on aura l'occasion de fêter ça dès la prochaine étape... Qui commence dès mardi. Le cirque itinérant qu'est le circuit pro ne connaît pas de trêve.

Mon post précédent concernant l'ouverture du marché des jeux en ligne a provoqué beaucoup de réactions, et a été repris par quelques autres sites, comme Bluff, IGA Magazine ou même PokerNews Bulgarie. Merci à tous les lecteurs qui ont pris le temps de commenter, communiquer leur indignation, tempérer mon pessimisme, et poser des questions. On me demande par exemple ce qu'en pensent les salles de jeu en ligne. Il est vrai que mon article se plaçait surtout du côté des joueurs. Car c'est dans cette position que j'ai commencé : en tant que joueur, en tant que passionné depuis 2002. D'où la réaction viscérale qu'a provoqué chez moi la nouvelle que la France claquait la porte au reste du monde en enfermant à clé les joueurs de son territoire.

De par ma position, je peux m'entretenir régulièrement avec quelques futurs acteurs clés du marché. Et pas seulement chez Winamax. Qu'en pensent-ils ? Hé bien, les propriétaires des boîtes de jeu en ligne, les patrons, les investisseurs, les actionnaires, tout ce beau monde, ils sont dans l'ensemble très contents de cette nouvelle loi. Non ? Si.

Croyez-le ou non, mais le fait de pouvoir opérer en toute légalité sur un marché, nos chers patrons, ils ne demandent que ça. C'est de business, qu'il s'agit, après tout, et la clandestinité, c'est mauvais pour les affaires. La loi n'est pas parfaite, mais elle a le mérite d'exister... Et devrait mettre fin à trois ans de démêlés judiciaires pour quelques membre de l'industrie. Les arrestations (souvenez-vous, les patrons de Bwin en 2006), les garde à vue, les déménagements en catastrophe vers le pays voisin... Sans parler du climat de paranoïa qui faisait que certains confrères évitaient le sol français comme la peste, préférant passer par l'Italie pour se rendre à Monte Carlo. Tout ça, c'est terminé, et c'est tant mieux.

Alors bien sur, parmi les gens avec lesquels j'ai pu m'entretenir, personne n'approuve le texte à 100%, et chacun trouve à redire sur plusieurs points. Mais l'ouverture reste au final une bonne nouvelle, qui vient répondre à une longue attente de la part des opérateurs. Enfin, on va pouvoir s'exposer au grand jour, voilà ce qu'ils disent en substance.

Merci aussi à ceux qui avaient envoyé leurs commentaires suite au post où je m'interrogeais sur les différentes méthodes pour couvrir un tournoi. Il y a eu quelques suggestions très intéressantes, auxquelles je suis en train de réfléchir. Par exemple pour la couverture de la table finale des WSOP, le gros dossier du mois prochain. Il n'y aura pas de joueur Winamax à la table, mais cela ne m'empêchera pas de raconter ce qui se passe, sur le site de Winamax. Pourquoi pas, après tout ? C'est pas tous les jours qu'on a un français en finale des championnats du monde. En ce moment, je suis en train de constituer des biographies et analyses détaillées de chacun des finalistes. Pour cela, je m'aide notamment des retransmissions du Main Event par ESPN. Regarder du poker à la télé en tant que spectateur : encore une chose que je n'avais pas fait depuis longtemps, et force est d'admettre que leur émission est super bien foutue.

Bon, il ne sont plus que cinq à Marrakech. Ludovic vient d'éliminer Benny Spindler, et il ne pouvait rien lui arriver de mieux, car l'allemand était son adversaire le plus dangereux en finale. Je pars pour la Pologne à l'aube : je ne suis pas sur que je vais aller au lit ce soir. Tiens, je vais lancer quelques tournois en ligne. Histoire de profiter de nos derniers mois de poker international et illégal...

2 commentaires:

Eiffel a dit…

Cuts devra se contenter d'une 3ème place, GG quand même !

1. Christophe Savary - 380 000 €
2. Eoghan O'Dea - 263 000 €
3. Ludovic Lacay - 164 000 €
4. Julien Arneodo - 105 000 €
5. Adrian Marin - 72 000 €
6. Benjamin Spindler - 56 000 €
7. Patrick Meurisse - 43 000 €
8. Balazs Botond - 34 000 €
9. Hachem Ben Halima - 28 000 €

Anonyme a dit…

tres interessant, merci