mercredi 1 juillet 2009

Sprint final

Day 33, Day 34 et Day 35

A quelques jours du Main Event, le rythme n'a pas faibli, et j'ai même bien l'impression que les trois dernière journées ont été les plus chargées de tout le mois.

Dimanche, j'ai suivi de près quatre épreuves en simultané. D'abord le HORSE, avec une déception côté tricolore : la troisième journée a été fatale aux trois derniers français Benyamine, Soulier et Bueno. Les scandinaves ont pris le pouvoir, avec la montée en flèche de Gus Hansen et du moins médiatique Erik Sagstrom, pourtant l'un des premiers vrais héros du poker en ligne. L'un des premiers joueurs a avoir gagné un million de dollars sur Internet en une année, à l'époque (2002/2003) où la plus grosse table du net était la 300/600 en Limit Hold'em. C'est ce que Renaud Desferet m'a raconté – le Local Hero de Winamax, l'un des plus gros gagnants du site, a choisi son pseudo « Renaud123 » en hommage à Sagstrom (« Erik123 ») Greg Mueller est devenu le quatrième multiple vainqueur des WSOP 2009, après Brock Parker, Phil Ivey et Jeff Lisandro. Déception pour mon ami argentin José Barbero, première éliminé de cette finale. Dans la Miranda Room, le finaliste de l'EPT de Dortmund Thibaut Durand est sorti de nulle part pour se constituer un tapis de chip-leader. Et le gros morceau : une bonne quinzaine de français à suivre dans le Triple Chance à 3,000 dollars. Après dix heures de jeu, trois joueurs Winamax étaient en course, dont Patrick Bruel avec un gros tapis. J'ai réalisé ma première interview de la superstar, dernière « recrue » du Team Winamax quelques semaines après que sa participation au capital de la société soit devenue officielle. Je me suis même pris pour un journaliste en lui posant une question sur son prochain album. Il est de bonne humeur, en ce moment, le Patrick. Malgré son statut particulier, il est désormais bien intégré dans le Team, qu'il regarde avec un œil de papa fier de ses rejetons, et l'on partage de bons moments ensemble durant les pauses.

Le lendemain, on repart de plus belle avec la suite des épreuves en cours. Thibaut atteint la finale du donkament à 1,500 dollars, et dispute une partie tendue sur le podium ESPN. Il termine en sixième place, et remporte assez pour entrer directement en second place du classement des gains français. Patrick atteint les places payées dans le Triple Chance, et saute sur un coin-flip. La table finale du HORSE est décidée, et malgré son casting poids-lourd, elle ne possède pas le potentiel pour exciter les foules. Les bons joueurs sont là, mais pas les joueurs médiatiques. Un allemand gagne le bracelet dans le donkament, et quand on lui demande de sourire pour la photo, il répond avec l'accent de Terminator : « I. Don't. Smile. » Il ne plaisantait pas, le mec.

Mardi était le dernier jour de cirque avant le Main Event. L'ultime épreuve préliminaire a démarré, l'une des plus belles : le Short-Handed à 5,000 dollars, tournoi de prédilection des joueurs online de la nouvelle génération. Des tas et des tas de joueurs à suivre : le Team Winamax presque au complet, l'équipe des Limpers, des qualifiés Club Poker, plus des tas d'autres français présents à Vegas. Dans la Brasilia Room, une petite dizaine de français atteint l'argent dans le dernier donkament des WSOP, et Gabriel Nassif fait la bulle dans le Deuce to Seven. Deux randoms sont couronnés dans les épreuves de Stud High-Low et Triple Chance, et quand je quitte le Rio à une heure de matin, la finale du HORSE est toujours en course devant dix spectateurs à tout casser.

Bref, pour résumer ces trois inutiles paragraphes : des types jouent aux cartes. Certains gagnent de l'argent, d'autres en perdent. Fermez le ban.

J'en ai presque terminé avec les World Series of Poker édition 2009. Pas trop tôt. Durant les 35 derniers jours, je suis venu tous les jours à l'Amazon Room. Je n'y mettrai les pieds ni demain, ni après-demain. Au programme : du repos, de l'air frais, et des sorties. L'avant Main Event réserve toujours quelques juteuses soirées organisées par des joueurs, des magazines ou des sites de jeu en ligne : je suis sur la guest list de deux d'entre elles.

On peut voir le bout du tunnel, désormais. Le plus dur est passé : les longues journées à courir entre six épreuves réparties dans trois salles, c'est terminé. Il reste seul un tournoi au programme, le Main Event, le plus gros et le plus long de tous avec ses 6,000 joueurs. Mais à côté du mois que l'on vient de subir, cela va presque ressembler à une promenade de santé. Je compte les jours qui me séparent de la délivrance. Quatre journées de départ, deux Day 2, et ensuite six jours pour arriver jusqu'à la table finale, qui ne sera jouée qu'en Novembre, et à laquelle je ne suis pas sur d'assister. Douze journées au total. Les premières seront les plus difficiles, quand la salle est remplie et les français nombreux. Puis la charge de travail va progressivement diminuer durant la seconde partie du tournoi, pour devenir quasiment nulle le dernier jour.

En d'autres nouvelles :

- Un accord verbal a été conclu entre Pauly, Jerôme Schmidt (mon ami rédacteur en chef de 52) et moi. Je vais traduire en français le bouquin du premier, pour le publier sous la maison d'édition du second. Pauly m'a remis son manuscrit de 120 pages, que je dévorerai dès mon retour en Europe, pendant les vacances. Ensuite, il me faudra trouver du temps libre pour me mettre au travail. On aimerait publier pour le printemps. L'idéal serait de bosser dessus intensément chaque week-end (pas facile avec tous les tournois qui s'annoncent avant décembre), puis de passer deux ou trois semaines enfermé avec l'auteur en février pour réviser les passages difficiles du texte. On a déjà évoqué quelques destinations pour cette retraite littéraire : Amsterdam (évidemment), Paris (mouais), où chez lui à Los Angeles. C'est la première fois que je vais m'attaquer sérieusement à un excercice de traduction de cette taille. J'aborde le challenge avec anxiété : il s'agira de ne pas trahir le matériel original d'un auteur dont j'admire le style et les mots. A défaut d'écrire mon livre, je vais écrire celui d'un autre.



- La dernière édition de Bluff Magazine vient d'inonder les couloirs de l'Amazon Room. Cela fait bizarre de voir à chaque table ou presque quelqu'un en train de lire mon article. Je suis fier, j'avoue. Et content que le sujet de mon article m'ait remercié pour ce que j'ai écrit. Je ne sais pas si mon histoire est meilleure que la dizaine d'autres qui ont été consacrées à ElkY ces quinze derniers mois. Mais je peux vous assurer qu'on y trouve deux ou trois trucs qui n'ont jamais été imprimés ailleurs.

Le Day 33, le Day 34 et le Day 35 sur Winamax



Mon collègue Guignol fait son apparition annuelle aux WSOP



Interview avec une star : du journalisme total



Jamais vu un type aussi malheureux de remporter 660,000 dollars et le trophée le plus convoité du poker...



Rui Cao a dominé le premier jour du Short-Handed à 5,000$

4 commentaires:

Stefal a dit…

Traducteur!
Une corde de plus à ton arc.
Je me ferai un plaisir d'acheter ce bouquin.
Je ne désespère cependant pas de lire un jour TON oeuvre qui sera bien entendu adaptée à Holywood.
La voie est tracée.

Stefal a dit…

On te voit partout ;o)
http://farm3.static.flickr.com/2464/3649483943_0594da1d21_o.jpg
Extrait de la page:
http://tweet.pkrrd.com/nation/photos/posts/wsop-day-26-late-night-at-the-rio

Anonyme a dit…

http://www.blogholdempoker.fr/index.php?bertrand-elky-grospellier-on-bluff-magazine

special dedicasse dude !

enjoy ;) bonne continuation l'ami !

Anonyme a dit…

Je me fais ramener le Bluff magazine asap. Bonne chance pour tes projets.

Dis moi, il y a une anecdote qui circule sur certains sites concernant Phil Ivey qui, se voyant offrir 1 bouteille de champ par des admirateurs au restau, aurait renvoyé la pareille jusqu'à offrir 200 bouteilles.

Ca m'a l'air d'un fake dérivé d'une anecdote similaire racontée par Esfandiari sur son blog (en boite, avec Kobe Bryant.

Si tu as l'envie et le temps de te renseigner, je suis très curieux. Cherche "Cristal Balla" sur Googgle. Thx