jeudi 9 juillet 2009

Crunch Time

Day 42 et Day 43

Amazon Room, 17 heures 37. A l'exception du banc de presse et des croupiers prenant leur mal en patience assis autour de chacune des 150 tables, la grande salle est vide. Petit moment de respiration pendat le dinner-break du Day 2B, organisé inhabituellement tôt puisque seulement quatre niveaux seront joués aujourd'hui. J'aurai terminé la journée vers 22 heures 30. Et demain, personne ne joue : repos pour tout le monde. Au programme : du sommeil, la conférence de presse officielle des WSOP, le tournoi turbo reservé aux médias, et la soirée PokerStars.

Je ne sais pas combien de joueurs français au total ont participé au Main Event... J'ai en ma disposition la liste complète des partants, mais je suis trop fainéant pour faire la recherche parmi les 6,484 noms. Par contre, je sais combien ont survécu au Day 1 : à peu près 85. L'année dernière, ils étaient une soixantaine environ. Cependant, je pense que l'affluence fut similaire en 2008 et 2009 : l'augmentation du nombre de survivants est surtout due au fait que la structure a été améliorée cette année : moins de joueurs ont sauté.

85 joueurs français à couvrir en deux jours : mission impossible, même pour un robot surentraîné carburant aux amphétamines. Espérer couvrir ne serait-ce que la moitié de ce field serait complètement irréaliste, étant tout seul, perdu au milieu de trois salles pleines à craquer. A peine puis-je espérer garder trace de la poignée de joueurs Winamax et/ou joueurs connus, une fois de temps en temps, tout au long d'une journée qui passe à toute vitesse, entre les déambulations entre les tables, la collecte de chip-counts, l'observation de mains, la prise de photos, et tout le traitement qui s'en suit une fois revenu devant l'ordinateur. Mais ce n'est pas très grave, au final. Je veux dire, il ne s'agit que de la deuxième journée d'un tournoi qui en comprend dix : si on regarde l'épreuve de loin, il ne s'est encore strictement rien passé. Quelques anecdotes par-ci par là, quelques mains intéressantes, quelques français montant des gros tapis : on en est encore à l'apéritif. L'argent est encore loin, et seulement les 63 premiers joueurs remporteront une somme significative (100,000 dollars et plus, soit dix fois le prix d'entrée). Non, vraiment, il n'y a pas le feu. Je n'arrive pas à faire grand chose durant ces premières journées, sans doutes les plus chargées des WSOP, mais je fais tout de même le maximum. Les vraies histoires arriveront plus tard, avec les places payées, puis la lente progression jusqu'au top 50, puis la table finale, qui sera obtenue le 15 juillet, avant de démarrer en novembre prochain (j'espère bien pouvoir y être, cette année, ayant ragé de ne pas pouvoir assister à la victoire de Peter Eastgate en 2008)

Pendant ce temps, j'essaie de prendre du bon temps avec mes collègues sur le banc de presse. Des êtres humains d'exception, de vrais qui me permettent de garder un semblant de santé mentale au milieu de ce bordel. Jennifer (Pokerati) et Aaron (PokerWorks) à ma droite, Pauly (Tao), Mean Gene (Ultimate Bet), Al Cant Hang (Full Tilt) et Otis (PokerStars) à ma gauche. On raconte des conneries toute la journée, la plupart atterrissant immédiatement sur le blog de Pauly.

Cela fait déjà quelques semaines que je suis l'acteur d'un jeu intitulé « What Benjo thinks ? ». Le principe est simple : Pauly et Otis préparent des questions, et parient sur la réponse que je vais donner. Ils reviennent ensuite me voir, et comptent les points. Exemple des questions qui m'ont été posées au cours du jeu :

« Quel fut le pire président des États-Unis ? »
« Si tu étais une prostituée, dans quelle ville exercerais-tu ton métier ? »
« Quel est le poids combiné de Doyle Brunson, David Benyamine et Steve Diano ? »
« Quel sera le sponsor des WSOP en 2010 ? »

A consulter ici : Volume 1, Volume 2, Volume 3, Volume 4.

On reste dans les jeux : j'ai gagné facilement mes deux paris concernant le nombre de joueurs restants à la fin des Day 2A et 2B. Hier, on avait fixé la ligne à 750, et aujourd'hui à 2,000. J'avais choisi le dessous, et j'ai largement gagné à chaque fois. Enjeu du premier pari : un In-N-Out Burger (consommé tout à l'heure) Enjeu du second : un repas au Rub, le barbecue du Rio. Gagner des paris, c'est pas bon pour la ligne. J'ai aussi facilement pris 40$ à un reporter de PokerNews et mon voisin de table Aaron lors de paris du même genre.

J'ai enregistré quelques épisodes du podcast Tao of Pokerati avec Pauly, en l'absence de Michalski. Le premier durant l'hymne national du 4 juillet. Le second, plus sérieux, à propos de la débacle du Day 1D. Jeffrey Pollack est venu nous voir tout à l'heure, il avait adoré ce dernier enregistrement.



Comme chaque année, pas mal de personnalités du show-biz ont participé au Main Event. Comme Sam Simon (le co-créateur des Simpsons, un vrai joueur de poker dont je n'ai pas osé demander l'autographe – il a dessiné un magnifique Bart pour le fils de Lina, je suis jaloux), le rappeur Nelly, Jason Alexander ou encore Marlon Wayans (le pote de Jared Leto dans Requiem for a Dream, et le gugusse derrière la série des Scary Movie) En revanche, ce qui fut assez inédit, c'est la présence de people autre que Patrick Bruel. On a vu Hélène de Fougerolles (L'excellent Péril Jeune étant le seul rôle qui me revient en tête, je suis cul en ciné français contemporain), dont je fus surpris de la présence avant d'apprendre qu'elle avait gagné un freeroll télévisé. Et aussi le couple star des people poker : Estelle Denis et Raymond Domenech. Le sélectionneur de l'équipe de France a sauté assez vite, mais Estelle a tout simplement terminé le Day 1 en tête du classement des français. « Elle prend cela très au sérieux », m'a confié Cyril Fievet de MadeInPoker. « Elle n'a pas toutes les connaissances techniques, bien sur, mais elle fait très attention, joue serré et choisit les bonnes situations pour engager ses jetons. »



Il y avait aussi un autre vrai passionné, qui a eu ces dernières années de très bon résultats (finale aux WSOP-Europe, victoire au Bellagio, à l'ACF, etc) : Antoine Arnault. Un people « industriel » qui, contrairement à d'autres, ne cache pas son amour pour le poker, mentionnant dans chaque interview qu'il aime la compétition et le challenge. Je l'aime bien, cet Antoine Arnault, et pas seulement parce que la première fois que je l'ai rencontré, c'est lui qui est venu me voir en disant « Hey, salut Benjo, ça va ? ». On est tous les deux nordistes – c'est dans cette région que son père a commencé les affaires. Il a grandi à Roubaix et Bondues. Il m'a raconté une anecdote amusante sur sa première visite à Vegas il y a cinq ans. A six heures du matin, le téléphone a sonné dans sa chambre du Wynn, où il logeait. « Salut Antoine, c'est Steve Wynn », a dit la voix grave à l'autre bout du combiné. « J'espère que tu passeras un bon séjour dans mon établissement. » Où encore cette monumentale bourde causée par le grand amateur d'art qu'est Wynn : il avait vendu un Picasso à un collectionneur pour plusieurs dizaines de millions de dollars. Lors de la présentation de l'oeuvre, Wynn faisait un discours avec le tableau trônant derrière lui. A un moment, il fait un faux mouvement et... son bras passe à travers la toile, faisant tomber la valeur de l'objet à zéro. Oops.

La première moitié du Main Event s'achève ce soir... Comme chaque année, elle fut lente et engluée, comme un mauvais rêve. Techniquement, seulement deux réelles journées ont été jouées au cours de ces six jours (quatre Day 1, et deux Day 2), faisant tomber les deux tiers des des participants. La seconde moitié sera beaucoup plus rapide et excitante : après une journée de pause jeudi, on va enfin voir le field se rétrécir aux cours des six journées suivantes, pour finalement voir se former une table finale le 15 juillet, où l'on se réveillera en sursaut pour retrouver une vie normale.

Petit à petit, l'Amazon Room va se vider. Ambiance fin de règne : les hommes de la maintenance vont retirer les tables une par une jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une.

Conséquence directe : c'est le temps des départs qui commence. Mes amis joueurs vont quitter Vegas les uns après les autres. La plupart insatisfaits, comme chaque année. Hier, j'ai entendu plusieurs éliminés me dire : « Merde, mes World Series sont terminées. » Parle pour toi.

La citation du jour : « J'aime beaucoup ce que tu fais. » - Signé Patrick Bruel, s'adressant à votre serviteur.

Les Day 2A et Day 2B sur Winamax



Le personnage le plus mystérieux des WSOP... Surnommé The Devil par mes collègues américains : le diable en personne ! Chaque année, ce type me fout la trouille depuis ma première visite aux WSOP en 2006. Lisez absolument les récits ayant été écrits à son sujet par Otis et Pauly en cliquant ici, ici et ici.



Georges W Bush sponsorisé par Full Tilt Poker ?



Lacey Jones



Bruno Fitoussi tape la discute avec Patrick Bruel



Mon excellent collègue suédoise Lina surveille les progrès d'Arnaud Mattern



Mon collègue Yuestud cartonne durant le Day 2A

6 commentaires:

shok a dit…

10. Which sex tape of a poker couple would you like to see?
Before I could complete the question, Benjo blurted out, "Benyamine. Anything he does? I'm interested in."

SO GAY !

dis-le que tu n'attends qu'Erika :D

Marco a dit…

A quand un podcast avec Pauly et Benjo mais en Français ! Maitrisant assez peu la compréhension des écrits de Pauly, je ne pense pas saisir toutes les subtilités de ces textes dont tu nous fais si souvent l'éloge, j'avoue que j'aimerais bien l'entendre dans la langue de Molière, même si j'imagine qu'il doit parler aussi bien le français que moi l'anglais...

bon courage pour la fin !
Marcus-Titus LillePower

psg boy a dit…

merci :-)

psg boy a dit…

dis mon bon Benjo, est-ce par hasard t'aurais aperçu koolshen durant ce maint event ?

Benjo a dit…

Négatif !

psg boy a dit…

il avait annoncé à droite à gauche qu'il devait le faire, mais il a du se raviser... Merci la famille :-)