jeudi 11 juin 2009

Two weeks notice

Day 15

Un bilan partiel, et une question existentielle

Comme le temps passe vite, écrivais-je en conclusion de mon dernier post. La routine fait passer les journées plus rapidement, il me semble. Je me suis retrouvé jeudi en train de couvrir la quinzième journée des WSOP. Après deux semaines, quel bilan tirer de la quarantième édition des championnats du monde ?

Euh... Je sais pas si je vais avoir le temps de réfléchir à une réponse détaillée. Bon, j'ai assisté au couronnement de 19 vainqueurs. Seulement trois n'étaient pas un américains – pour l'instant, les européens restent en deçà, avec seulement deux bracelets. Tous les gagnants ne sont pas des pros connus et établis, mais que l'on ne s'y trompe pas : à de rares exceptions près, ce sont tous des pros.

L'affluence : stable. Quelques tournois voient leur participation augmenter, pour d'autres on constate une baisse, mais dans l'ensemble, il y a toujours autant de monde au Rio. Mention spéciale pour les cash-games qui sont le véritable poumon de l'Amazon Room, 24 heures sur 24. Jamais en quatre ans je n'avais vu les parties d'argent aussi fréquentées – et avec beaucoup d'argent autour des tables, pour sur. Les tournois chers rassemblent le même casting que l'année dernière, plus ou moins, et les tournois à 1,500 dollars continuent d'ameuter des milliers de joueurs. Je suis un peu préoccupé par le Main Event, qui pourrait subir un coup de massue maousse en raison des saisies effectuées par le Département de la Justice américaine sur les gains des joueurs PS et Full Tilt (voir mon post il y a deux jours, et les articles de Pokerati) La presse généraliste a commencé à se saisir de l'affaire, un signe qui ne trompe pas : il pourrait bien avoir du remue ménage au Rio dans les semaines qui viennent.

Côté français, force est d'admettre que c'est pas terrible, pour l'instant. A part une unique finale en vingt épreuves (Pascal Leyo), je ne recense pour l'instant que quelques places payées de consolation, à peine suffisantes pour payer le tournoi du lendemain. Difficile cependant de descendre en flamme les tricolores sur la base d'un échantillon d'une dizaine de tournois : la variance en tournoi est énorme, en particulier dans les tournois de No-Limit à gros field. C'est une fois le festival terminé que l'on pourra se permettre de dresser un vrai bilan – qu'il faudra là encore prendre avec des pincettes, car la variance, toujours elle, ne s'élimine pas en 57 épreuves.

Côté reportage, je suis plutôt satisfait. Il y a eu quelques bons moments à couvrir. Mon état de fatigue progresse lentement mais surement, mais je reste grosso modo de bonne humeur du matin jusque tard dans la nuit. Je bosse aux côtés de gens que je respecte et que j'apprécie, et la baisse du nombre de médias présents cette année rend les conditions de travail encore meilleures – bien que je n'avais déjà pas trop eu à me plaindre de ce côté en 2008.

S'il y a une problématique que j'ai envie de soulever après quinze jours aux WSOP, c'est la suivante : où sont les gros joueurs de cash-game online ?

Ilari « Zigmund » Sahamies ? Pas encore vu une seule fois au Rio, il n'est pas probablement même pas à Vegas. Pareil pour Luke « fullflush » Schwartz. Phil « OMGClayAyken » Galfond ? Il a disputé la première épreuve, et s'est déclaré trop dégouté pour continuer. Patrik Antonius ? On l'a vu dans l'Amazon Room lors de l'épreuve à 40,000 dollars, mais si je me souviens bien, il n'y a même pas participé. Tandis que son épouse a déjà joué cinq ou six tournois. Tom « durrrr » Dwan ? Deux épreuves, tout au plus, où il a sauté assez rapidement. Sami « LarsLuzak » Kelopuro ? S'il vient au Rio tous les jours, c'est surtout pour tenir compagnie à sa ravissante nouvelle petite amie, une membre proéminente des médias américains. Je crois l'avoir vu jouer une seule épreuve, pas plus. Gus Hansen ? Il vient à peine d'arriver, après avoir passé deux semaines à Paris pour regarder Roland Garros (et perdre 900,000 dollars sur Raphael Nadal). David Benyamine est peut-être le plus assidu de tous, ayant pris part à toutes les épreuves à 10,000 dollars et plus. Je fais une exception pour Phil Ivey – lui est motivé par les paris divers qu'il a lancés, et qui ont le potentiel de lui rapporter plus que la première place au Main Event.

Ils sont tous à Vegas, ou presque, mais ils ne jouent pas de tournoi. Car pour la plupart, ils s'en foutent complètement. La gloire liée à l'obtention d'un bracelet ne les intéresse guère – ce qui est rafraichissant, somme toute – et les prize-pools ne peuvent en rien rivaliser avec les sommes qu'ils peuvent esperer gagner en cash-game. C'est là que la vraie action se trouve. Mais il semblerait que malgré la présence de tous ces joueurs à Vegas, les parties live ne décollent guère. D'après mes observations et quelques autres sources, les parties commencent seulement à s'animer au Bellagio ces derniers, avec des tables à 200/400 en Pot-Limit Omaha, et des grosses tables de Limit. Elles ont du mal à tenir bien longtemps, car le pigeon se fait rare. Quelque chose qui n'arrête habituellement pas ces joueurs sur Full Tilt, pourtant. Je vais aller faire un tour au Bellagio, histoire de dresser un compte-rendu.

Le Day 15 sur Winamax
Quelques histoires intéressantes lors de cette journée...



Gus Hansen est (enfin !) arrivé à Vegas



Incroyable Brock "t soprano" Parker, qui remporte son deuxième bracelet en cinq jours !

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