mardi 2 juin 2009

The Settlers

Day 6

Exode vers des cieux plus cléments



C'est en 2007 que j'ai pour la première fois couvert les World Series of Poker dans leur (quasi) intégralité. A l'époque, je bossais encore en freelance, et j'avais passé l'ensemble de mes six semaines à Las Vegas dans trois hôtels différents enchaînés en succession. Petit budget oblige, j'avais profité de la générosité d'amis prêts à m'accueillir moyennant une somme symbolique : Ryan Nathan au Bally's, puis Rolf Slotboom au Rio. Et bien que je n'étais donc pas seul durant les deux tiers de mon séjour, l'expérience m'avait laissé un goût pour le moins bizarre. Il y a quelque chose de profondément dérangé dans l'idée de s'enfermer un mois et demi dans un hôtel... En particulier à Vegas, où, jour et nuit, l'accès à votre chambre requiert obligatoirement une longue marche à travers un enfer de machines à sous, bars à vidéo poker infestés de putes, et tables de craps remplies de débiles californiens bruyants et éméchés. Au bout de quelques jours, la claustrophobie et la solitude prennent le dessus, et ce n'est pas le room service servi 24h/24 qui comblera le manque d'humanité ambiant.

Ainsi, l'été suivant, en 2008, quand le Team Winamax pour lequel je travaillais désormais émit l'idée de partager une villa en dehors du Strip, j'ai approuvé chaudement. Et à la fin de l'été, après sept semaines de cohabitation avec une dizaine de joueurs de poker, je n'avais pas changé d'avis. Le fait d'habiter dans une vraie maison, avec un salon, une cuisine, un frigo, un jardin, etc, etc, apporte un semblant de normalité à un métier et un été qui ne sont décidément pas normaux. Habiter dans une maison me procure un point fixe de stabilité quotidienne, me permettant de m'échapper de l'univers oppressant des casinos quelques heures par jour. Habiter dans une maison me permet d'effectuer de petits gestes en apparence insignifiants, mais importants pour converser un semblant de santé mentale. Le fait de savoir que qu'en me levant le matin, je peux ouvrir le frigo et sortir un litre de lait, et me servir un verre au bord de la piscine... Quelques minutes de calme et de tranquillité qui rendent plus douce la perspective de s'enfermer dix, douze, quinze, voire même vingt heures à l'intérieur de l'agitation de l'Amazon Room. Et bien que je sois par nature individualiste, et ne sois pas opposé à la solitude, j'apprécie le fait de vivre en communauté. Quelque soit l'heure à laquelle je rentre le soir, je sais que j'aurai quelqu'un avec qui discuter autour d'une bière, regarder un peu la télé, où faire un billard. Quelqu'un avec qui décompresser, et évacuer le stress de la journée. Et de temps en temps, à la faveur d'une victoire, où juste parce que quelqu'un en aura décidé ainsi, on organisera une petite fête entre gens de bonne compagnie. Bref, une humanité salvatrice.



Avec l'arrivée de Tallix, Michel et Johny lundi à Vegas, nous étions désormais assez nombreux en ville pour investir la villa. Plutôt que de louer deux maisons côte à côte comme en 2008, nous avons opté pour une seule grosse villa, située au sud du Strip, près de l'autoroute. Exit donc la tour du Trump où j'ai séjourné une semaine durant avec Nicolas Levi.

La villa est absolument gigantesque, de toute ma vie je n'avais jamais eu la chance d'habiter dans un tel endroit. Il m'a fallu dix bonnes minutes pour en faire le tour – et je me suis perdu. Un vrai labyrinthe. Des lits pour trente personnes, des salles de bain de partout. Deux salons géants, complets avec télé plasma, table de billard, table de poker... Deux cuisines, une grande salle à manger. Et la piscine ! Suffisamment profonde pour justifier la présence d'un plongeoir et d'un toboggan. Et le barbecue ! Je salive déjà en pensant à tous les steaks qu'on fera griller dessus. Et le jacuzzi ! Presque un pêché. Et même, oh mon Dieu, une pelouse. A Vegas ! Une putain de pelouse, avec une balançoire pour les gosses. Yuestud m'a fait une fleur en me réservant la chambre la plus grande. J'ai ma salle de bain privée – douche ou baignoire, ou choix. La pièce est tellement grande que quand je me brosse les dents, ça résonne. Je suis installé dans l'aile nord de la maison. Deux minutes de marche sont nécessaires pour atteindre l'autre extrémité.

Je sens que je vais m'y plaire. Oh oui, que je suis content d'avoir trouvé un nouvel havre de paix.



Le Day 6 sur Winamax

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Patrick Bueno, l'un des plus sympathiques joueurs français, est arrivé à Vegas et a disputé sa première épreuve de l'été, un gros Stud à 10,000 dollars



Jason Mercier, l'un de mes favoris pour 2009, a littéralement détruit à lui tout seul la première journée du PLO à 1,500 dollars – visez-moi ces piles de jetons !

2 commentaires:

Youlo a dit…

"La villa est absolument gigantesque, de toute ma vie je n'avais jamais eu la chance d'habiter dans un tel endroit. Il m'a fallu dix bonnes minutes pour en faire le tour – et je me suis perdu. Un vrai labyrinthe. Des lits pour trente personnes, des salles de bain de partout. Deux salons géants, complets avec télé plasma, table de billard, table de poker... Deux cuisines, une grande salle à manger. Et la piscine ! Suffisamment profonde pour justifier la présence d'un plongeoir et d'un toboggan. Et le barbecue ! Je salive déjà en pensant à tous les steaks qu'on fera griller dessus. Et le jacuzzi !"

Argh c'est inhumain Benjo là, j'en bave d'envie. :)

Merci pour tes coverages. Tes articles sur ce blog aussi sont géniaux.

Lilou a dit…

tu le mérites bien... "la grande chambre, ce nouvel havre de paix, cette maison, ce jacuzzi, ce barbecue... et même la pelouse" avec le travail que tu fournis. D'ailleurs le mix twitter et blog est un bon concept. J'espère que tu es assez content de ce que tu peux écrire cette année et que cela se rapproche de ce dont tu avais envie.
Merci pour ce métier hors du commun qui nous permet de découvrir une vie elle aussi peu commune.