mercredi 10 juin 2009

Projet B

Day 13 et 14

Amazon Room, 22 heures 36. A part le train-train habituel des cash-games (qui rencontrent un succès sans précédent cette année, avec plus de quarante tables ouvertes la majeure partie de la journée), la salle principale des WSOP est déserte en cette quinzième journée des WSOP. Mais il y a quand même pas mal à voir ce soir : un tête à tête tendu entre Joe Serock et Brock Parker sur le podium ESPN (ce dernier pourrait bien remporter son second bracelet en une semaine), les demi-finales du Pot-Limit à 1,500 dollars (Erik Seidel a gagné un bracelet chaque année impaire depuis 2001 – il est toujours en course), la bulle du HORSE à 3,000 dollars (deux français en course : Fabrice Soulier et Gabriel Nassif), et le Deuce to Seven No Limit à 10,000 dollars (petit réunion de high-rollers, ambiance garantie)

Bref, pas mal de boulot, et guère le temps de se poser deux heures pour me consacrer à ce blog. J'ai pris une journée de pause mardi... La première après onze journées consécutives passées au Rio. Yuestud m'a remplacé tandis que je faisais la grasse matinée, enfin je sais pas trop si on peut appeler ça comme ça vu que je me suis levé à la même heure que d'habitude. Je me suis rendu au Fry's pour racheter un dictaphone tout neuf (un Sony rouge qu'on branche directement en USB sur l'ordinateur, la perte du câble étant la principale motivation du rachat), et 150 dollars de DVD divers, histoire de se faire quelques soirées télé – bonne alternative aux bars quand on est lessivé en rentrant. Des trucs à voir ou revoir : Superbad, Spinal Tap, the Wrestler, Frost/Nixon, mon Hitchcock préféré, Psycho, car je sais que Michel est fan, et d'autres trucs.

Le temps de claquer quelques flippers, et j'étais au Rio en fin d'après-midi. Hé oui, j'ai profité de ma journée de pause pour... bosser. Sur mon projet parallèle, que je dois avoir complété avant lundi. J'ai collecté deux heures de conversations très intéressantes avec des personnes liées au projet. Motus sur la nature de ce projet « B » pour l'instant : je suis un peu superstitieux, et ai un peu peur d'en parler avant d'avoir terminé.

J'ai regardé la douloureuse élimination de Michel Abécassis avant la bulle dans l'épreuve de Omaha High-Low – MIK22 était dévasté après une superbe partie, pas récompensé du tout pour ses efforts. Et puis je me suis rappelé que j'étais en congé : direction le bar pour quelques verres en compagnie de Kara Scott (qui vient d'arriver à Vegas), et d'autres collègues et joueurs. Certains voulaient partir en boîte au Mirage : moi pas, et on en restés entre gens « uncool », nous déplaçant de quelques mètres pour trouver un autre bar muni celui-ci de machines à vidéo poker. On a joué à notre jeu favori « Hooker or not ? » qui consiste à deviner si la nana qui vient de s'assoir en face est une prostituée ou non (95% du temps, elle l'est, il suffit de la voir engager la conversation avec le chauve moustachu, parfait inconnu qui vient de s'assoir sur le tabouret d'à côté), et puis j'ai reçu un texto des joueurs du Team m'invitant à les rejoindre dans un endroit louche au beau milieu de la zone industrielle de Vegas, en bordure d'autouroute près du Rio. Pour ceux qui ne situent pas, on y trouve de nombreux strip-clubs. J'y suis resté bien après l'heure limite que je m'étais fixé, et j'ai eu un peu de mal à traîner ma carcasse jusqu'à l'Amazon Room le lendemain matin.

J'ai assisté à la cérémonie de remise des bracelets – cette fois-ci, Harrah's ne s'est pas trompé d'hymne pour l'un des rares vainqueurs non-américains : Jeff Lisandro avait demandé celui de l'Australie. Brian Lemke a dédié son bracelet à Justin Shronk, son cousin disparu. Un moment touchant.

J'ai complété le processus d'interviews du projet B (ne me reste plus qu'à écrire), et j'ai regardé la fin du tournoi réservé aux femmes, qui s'est conclu par la victoire d'une amie d'ElkY, une joueuse pro Hawaienne nommée Lisa Hamilton.



J'ai constaté dans l'épreuve de HORSE que David Benyamine portait de nouveau le logo de Full Tilt Poker, de retour après avoir terminé son contrat il y a neuf mois. Petit pincement au coeur tout de même, quand je songe que David était à deux doigts de signer avec Winamax en octobre dernier.

Je suis parti assez « tôt », vers minuit. Pour la première fois de notre arrivée à la villa, j'étais rentré assez tôt pour voir mes colocataires encore debout. Chouette. Juste avant de quitter le Rio, j'ai assisté au triomphe de Daniel Alaei dans l'épreuve de Omaha High-Low, remportant son deuxième bracelet après avoir battu des joueurs tels que Daniel Negreanu et Scott Clements. Une scène qui m'a rappelé des souvenirs : il y a trois ans, je suis rentré pour la toute première fois de ma vie dans l'Amazon Room au moment exact où Daniel Alaei venait de remporter la main finale contre David Williams dans l'épreuve de Deuce to Seven. Ça s'était passé tard dans la nuit, un soir de juin 2006, et je venais de débarquer à Vegas pour couvrir mes premiers WSOP. Le temps file vite.

Les Day 13 et Day 14 sur Winamax

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