mercredi 24 juin 2009

Hitting the wall

Day 26 et Day 27

J'imagine que ça devait arriver. Trop de travail, trop de stress, de fatigue, trop d'heures passées au Rio, trop de merdes qui viennent s'empiler les unes après les autres, personnelles et professionnelles : j'ai atteint mon point de rupture quelque part entre dimanche et lundi. J'ai passé la majeure partie de la journée assis sur le banc de presse, regardant au loin dans le vide, incapable de bouger ou de répondre quoi que ce soit de cohérent aux gens qui venaient me dire bonjour. Je ne sais pas, il était temps que cela arrive, peut-être. 24 jours de suite sans trouble majeur, c'était surement trop de bonne fortune.

La journée de la vieille avait été plutôt correcte, pourtant. Je suis arrivé au Rio pour observer l'épreuve de Shootout à 5,000 dollars. Après trois heures, il ne restait plus que trois joueurs Winamax en course, et j'avais expédié les tâches quotidiennes (mettre à jour la page des résultats des WSOP, en particulier). J'ai donc décidé de profiter du relatif calme dans l'Amazon Room pour m'échapper avec Cuts. On s'est rendu au Fry's pour acheter quelques DVDs. Après, détour au supermarché d'à côté pour faire quelques provisions de nourriture. Mon téléphone a sonné : Tallix venait de sauter. On s'est retrouvé, et on s'est mis en route vers le meilleur endroit possible pour s'éclaircir les idées vite et bien : le Red Rock Canyon, bien entendu. Cuts et Tallix n'y étaient pas allés depuis un an, et encore, les conditions n'étaient pas propices à la relaxation puisqu'il s'agissait d'une séance photo avec un professionnel. Moi, j'y suis déjà allé trois fois cet été, avec Pauly puis avec Freeman. On a escaladé les rochers, et on s'est assis pour contempler le vide et écouter le silence. On a pique-niqué en buvant des Coronas. On a croisé un peu trop de touristes français à mon goût.



Quand on est sorti du canyon, le soleil se couchait il était trop tard pour aller au tennis. Le complexe où l'ensemble du Team passe la plupart de ses après-midis libres est ouvert 24 sur 24, sauf le dimanche où il faut prévenir à l'avance si l'on veut jouer. Bad-beat et gros tilt, moi qui ait envie de taper la balle depuis un mois. Je me suis affalé sur le canapé du salon devant un concert de Led Zeppelin sur l'écran géant, et j'ai ensuite passé les deux heures les plus drôles du séjour jusqu'à présent au ciné du Palms, en regardant le chef d'oeuvre de Todd Philips, The Hangover (plus à ce sujet à la fin du post)



Après, Régis nous a rejoints directement depuis l'aéroport, ses bagages sous le bras, et bon sang que ça faisait plaisir de le retrouver. Il va rester jusqu'à la fin des WSOP pour filmer les joueurs Winamax, et cela redonnera sans doute un peu de tonus à mon reportage.

Et lundi est arrivé, et j'avais le moral à zéro. Je sais pas, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, où un truc dans le genre. Tout plein de trucs qui s'empilent, et à la fin, ça devient trop. Trop de temps passé dans le même espace confiné, un marasme, un cloaque où barbotent toute une galaxie de gens malhonnêtes et menteurs. Ça tape sur le système au bout d'un moment. Bref, le coeur n'y était pas. Aucune envie de bosser. Grosse envie de me casser le plus vite de possible, de prendre un taxi pour l'aéroport, et prendre le premier vol pour Londres. Je voulais être seul et ne parler à personne. Et 24 heures plus tard, le sentiment n'a pas beaucoup changé. Je suis cramé pour de bon, et vais attendre la fin de ce bordel avec impatience, maintenant.

Mais qu'importe, je n'ai guère envie de rentrer dans les détails. Parlons de choses un tant soi peu joyeuses. The Hangover, donc. La comédie américaine du moment, le carton de l'été. Les bases du film sont archi-simples, et ont déjà été battues en brèche maintes et maintes fois dans le passé : quatre potes fêtent l'enterrement de vie de garçon de l'un des leurs. Le décor n'est pas nouveau non plus : Las Vegas, ville tout à fait propice à ce genre d'activité.

Mais le réalisateur du film, Todd Philipps (déjà derrière d'autres trucs rigolos du genre Old School ou Road Trip, et par ailleurs fin joueur de poker, avec un money finish au Main Event 2007), a l'intelligence de ne pas plonger dans les clichés. Il n'est pas intéressé par ce qui se passe pendant la fête (ce dont finalement le spectateur se fout – il n'y a rien de moins amusant que d'observer passivement des gens en train de s'amuser, non ?) Non, le film commence après la fête. Quand trois des protagonistes se réveillent dans leur suite dévastée, avec un tigre dans la salle de bain, une dent en moins, un bébé hurlant dans le placard, une gueule de bois carabinée, et absolument aucun souvenir de ce qui s'est passé. Et, problème majeur : le futur marié manque à l'appel.



A partir de là, le film ne peut-être que génial, grâce à la minutie avec laquelle les gags sont exécutés, la précision chirurgicale des dialogues, et le talent des trois acteurs, qu'on croirait amis de trente ans pour de vrai. L'intrigue suit le déroulement d'une partie de Cluedo. C'est la reconsitution du puzzle de cette nuit agitée par les trois fêtards qui fait le génie de l'intrigue. Peu à peu, la mémoire leur revient, à la faveur de nouvelles rencontres à travers Vegas, et tandis que de nouveaux obstacles viennent de se mettre dans leur passage. C'est trash, c'est cru, et cela ne s'arrête jamais, les situations à la cons tombent avec la régularité d'une horloge suisse. Ce n'est même pas une comédie à un rire par minute, bon Dieu. Non, je parle là d'un rire constant, qui commence dès les premières images, et ne s'arrête qu'au milieu du générique (car même le générique vous fera exploser de rire, c'est peut-être même là que se situe le point culminant du film, alors ne vous barrez pas trop vite de la salle) Bref, la meilleure comédie depuis Superbad, et ça veut dire beaucoup. J'y retournerai, bien entendu.

Le Day 26 et Day 27 sur Winamax



Second bracelet de l'été pour Tony Soprano : c'est l'année des doublés !

2 commentaires:

Jessica a dit…

Je suis d'accord avec toi pour The Hangover : hilarant !

Allez courage vieux Benjo c'est bientôt fini les WSOP ;)

KingMaalik a dit…

comme a dit Anette ce film est "fucking hilarious!" !!!...
Ben qu'est ce qu'il se passe Benjo ?...t'en fait pas ça va passer...encore un coup de la variance... nous on te kiffe !
Profite et repose toi !