mardi 30 juin 2009

The Hangover

Day 31 (deuxième partie) et Day 32

OK, alors j'avais commencé mon post précédent en mentionnant une soirée soirée de type divertissant.

On y arrive. Après avoir observé le débâcle de l'hymne national anglais et le départ de l'épreuve de HORSE, j'ai quitté le Rio vers 17 heures. Il était temps de prendre une pause, et s'amuser un peu. J'ai mangé, je me suis changé, et ai retrouvé Yuestud et quelques autres sur le Strip. Taxi: direction un hôtel grand luxe récemment inauguré, et sa boîte de nuit dont la construction a coûté plusieurs dizaines de millions de dollars (à la demande de mon avocat, certains détails de l'histoire devront rester flous)

Devant les portes, on retrouve dans la file d'attente Arnaud Mattern et quelques uns de ses amis allemands, des joueurs de poker bien sur. Et, plus étonnant, une célèbre star du poker qui ne pourra pas disputer les WSOP avant 2010, en raison de son âge. Les lois régissant l'âge minimal étant les mêmes en ce qui concerne le jeu et la consommation d'alcool, je sursaute : comment cette star du poker va t-elle réussir à rentrer ? Fausse carte d'identité ? Non : c'est bien son propre passeport qu'elle présente au vigile. A l'intérieur, à la page où figure la photo et la date de naissance, plusieurs billets de cent dollars. Je regarde mes chaussures en anticipant un scandale. La baraque regarde la pièce d'identité dans tous les sens, regarde la star du poker dans les yeux, puis encore le passeport, et... Rien. Il empoche les billets. On a passé le contrôle. Soulagement. Ah non, pas encore : le mec revient cinq minutes plus tard. Il veut revoir le passeport. Il y a d'autres vigiles autour. « Je ne peux pas faire ça... » Puis sont échangés quelques mots dont je ne discerne pas la teneur. Je me dis que c'est foutu, mais encore une fois, non : on passe. Un autre vigile nous tamponne le revers de la main : on est dans la boîte. Wow. Je suis bluffé.

L'établissement est gigantesque. Haut de plafond, musique RNB à fond, des bouteilles et des serveuses à gros seins et des minettes à jupe courte et des débiles en provenance de Los Angeles un peu partout. Pas de doute, on est bien dans une boîte branchée typique de Vegas. Jan Heitman nous conduit au fond, et l'on se retrouve dehors, en terrasse. Elle aussi gigantesque. Piscine au milieu. On arrive dans une section un peu plus privée, à l'abri sous une tente, où est massée une quantité d'alcool largement suffisante pour rendre saoules quatre équipes de rugby. A peu près l'intégralité des joueurs allemands que je connais sont là, tous les vainqueurs EPT, WSOP, les finalistes, les joueurs sponsos, ils sont tous là. Aparemment, la branche allemande du Team PS avait décidé de mettre en commun une fraction de leurs gains des EPT de San Remo et Monte Carlo pour organiser cette soirée. Sympa.

La fête bat son plein, les verres s'entrechoquent, et j'ai l'impression bizarre d'être un repris de justice fêtant sa sortie de prison, ou un truc dans le genre. C'est ma première sortie en boîte depuis que je suis arrivé à Vegas. Je quitte la fête teutonne et inspecte les environs. Je tombe sur la table des joueurs scandinaves, Johnny Lodden, William Thorson et compagnie. On trinque à nouveau. A l'intérieur, je trouve la table des français – décidément, on dirait que chaque nation du poker européen a crée sa petite enclave dans la boîte : Antony Lellouche, David Miara, Cyril Bensoussan, Ludovic Lacay, et Régis, le caméraman de Winamax. Téquilas frappées et vodka tonic sont de rigueur. Bensouss' me fait une blague typique de boîte, et je tombe dans le panneau comme un bleu (« Benjo, appelle la nana là bas de ma part » - je refuse, il insiste, je m'exécute, et quand je me retourne il s'est barré, ce con – un grand classique paraît-il).

Ma copine Hilda de PokerStars (en vacances) se pointe, et l'on se dirige vers la piste de danse. Un allemand gagne un pari en plongeant dans la piscine, complètement à poil – bien entendu, il s'est fait jeter dans la minute qui a suivi. Très vite il est déjà temps de partir pour la seconde partie de soirée – après trois heures du mat', c'est au Drais que ça se passe, une boite mythique réputée pour ses « after hours », située dans un casino pourri en face du Caesar's, mais à la musique et l'ambiance imbattable.

Tous bien éméchés et d'humeur joyeuse, on s'entasse dans une limousine. Dans la boite, plus petite, plus intime, à la musique cent fois meilleure, une nana venue du Wisconsin se jette sur moi, et nos bouches ne vont plus décoller l'une de l'autre durant les quatre heures suivantes. Devant tout le monde, rien à foutre. Hé, j'ai le droit de chatter aussi, des fois. Le saviez-vous ? Je suis bon danseur. Enfin, je crois.

Je n'étais même pas mécontent quand Elaine (je crois que c'est comme ça qu'elle s'appelait) est repartie avec sa copine sur le coup de sept heures du matin. Je n'étais pas en état de faire quoi que ce soit en position horizontale autre que dormir, et je repensais déjà aux WSOP, qui reprenaient dans cinq petites heures.

EXIT, soleil dans la gueule, sensation désagréable bien connue (« Argh, de la lumière naturelle, achevez-moi »), je m'écroule, et quand le réveil sonne, je l'envoie valser à travers la pièce. J'arrive au Rio avec quatre heures de retard, et je me sens comme la dernière des merdes. Travailler un lendemain de cuite, c'est pas drôle. J'aimerais bien rester au lit, mais pas le choix.

Otis, mon voisin sur le banc de presse, me sauve avec deux cachets d'aspirine, que je descends avec une fiole "5-hour energy boost". La tête serrée dans un étau, et les jambes flageolantes, je vais galérer toute la journée à suivre les progrès des français dans le HORSE et dans l'épreuve de Pot-Limit Omaha, où un régulier des cercles parisiens à effectué une très belle prestation. Mais qu'importe, ça valait le coup. Quand-est-ce qu'on recommence ?

Le Day 33 sur Winamax



Révélation française aux WSOP : le parisien Mathieu Jacqmin, sur le podium de l'épreuve de Pot-Limit Omaha High-Low



Mathieu fait partie de toute cette bande de talent français ayant commencé le poker à la même époque : Guillaume Cescut, Benjamin Pollak, Arnaud Esquevin, Rémy Biéchel...

4 commentaires:

KingMaalik a dit…

GG Benjo ! ;-)

NickL75 a dit…

Surréaliste la soirée !

Tu te plains toujours de ton métier maintenant ? lol

A+ Benjo !
Vivement le prochain post !

NickL75

D8 a dit…

Suite à ton post suis allé voir le film avec un cousin, on s'est bien marré. Totalement déjanté!
Si tu croises Julien passe lui le bonjour de Fred B

mathieu a dit…

C'était la boite de quel hôtel ou vous êtes allez?

Bye