vendredi 19 juin 2009

En titubant

Day 21 et 22

Après les deux journées mouvementées racontées dans le post précédent, j'ai eu un peu de mal à me remettre dans le rythme. Ce qui tombait un peu mal, car le rythme a été plutôt effréné, tandis que j'essaie de reprendre la voie d'un reportage normal, libéré de la pression que m'a imposé l'article pour Bluff. Mardi, il y avait du résultat français à tous les étages, avec Jean-Phillipe Léandri (patron du Gaillon) en finale dans le PLO à 2,500$, Fabrice Soulier et Sébastien Sébic en demi-finales dans le HORSE, ainsi que Rui Cao et Antoine Amourette dans le Day 2 du No-Limit à 2,000 dollars. Sans oublier le tournoi de Limit à 10,000 dollars, et l'épreuve de Heads-Up, dont l'ultime match voyait évoluer un type que j'apprécie beaucoup : John Duthie, qui, en créant l'European Poker Tour un beau jour de 2004, m'a en quelque sorte donné un job – les EPT représentent plus de la moitié des tournois que je couvre sur une année donnée. Et je ne suis pas le seul dans ce cas.

Assez crevé, j'ai évolué comme un zombie au milieu de toute cette agitation. J'avais besoin d'une pause, qui est venue sous la forme d'une longue, très longue pause-dîner avec Al, Jen et Gene (à nous quatre, on forme un carré solide sur le banc de presse depuis le début des WSOP) dans l'un de mes restos préférés de Vegas, Mon Ami Gabi. Une « steakhouse » au thème français, un mélange un peu bizarre (ce genre d'endroit n'existe pas chez nous, après tout) mais ça marche. Le cadre est superbe, contrairement au reste de l'hôtel « Paris » où se situe l'endroit, on se croirait vraiment dans un vrai resto français, et les portes sont grandes ouvertes pour donner une vue imprenable sur le Strip, et en particulier le Bellagio, dont nous avons pu admirer les fontaines au rythme d'un show tous les quart d'heure. Je suis quelqu'un d'assez conservateur en ce qui concerne la bouffe au resto, et ceux qui me connaissent savent que je finis généralement avec l'une des trois options suivantes dans mon assiette, mes favorites : hamburger (huit visites au In-N-Out en trois semaines, et c'est pas fini), pâtes, n'importe quelle type et n'importe quelle sauce (pas si facile de trouver des bons italiens à Vegas), et moules-frites, ben oui, il faut respecter ses origines. Si aucun de ces trois plats n'est disponible, je grogne et me rabats sur un steak. Là, j'étais venu spécialement pour les moules, donc je ne me suis pas privé. Il y avait un peu trop d'ail dans la sauce et les frites étaient bizarres (plutôt des chips que des vraies frites bien épaisses à la belge), mais on est à Vegas, je n'avais pas trop à me plaindre. L'ambiance était bonne, les blagues fusaient, et avant que je ne m'en rende compte, on avait pris entrée, plat, dessert, fromage, café, et deux bouteilles de vins. Ca ne m'a pas aidé à bosser par la suite, mais ça vaut le coup de se lâcher de temps en temps. Après, on s'est plantés devant les fontaines (un peu un bad beat : la chanson sur laquelle on est tombés n'était autre que la BO du Titanic par Céline Dion), et on restés coincés dans les bouchons une bonne demi-heure pour parcourir les deux kilomètres nous séparant du Rio.

Le lendemain, même agitation dans l'Amazon Room, avec le départ d'une belle et endiablée épreuve de Pot-Limit Omaha à 5,000 dollars. Pas mal de français au départ, et pas mal de coups rocambolesques à raconter. Antoine Amourette a fait un très beau parcours dans l'épreuve à 2,000 dollars, devenant le septième finaliste français des WSOP 2009. Et ElkY a complètement dominé son sujet dans le Day 2 du donkament à 1,500 dollars, terminant avec l'un des plus gros tapis parmi la vingtaine de joueurs restants. Après un mauvais départ qui avait déclenché le concert habituel des mauvaises langues après à peine deux semaines de compétitions, nos joueurs se sont rattrapés, et les résultats sont désormais réguliers. Ne comptez pas sur moi pour en tirer une quelconque conclusion : c'est de tournois de poker que l'on parle ici, où la variance est élevée et donc les résultats assez imprévisibles, peu importe le talent des joueurs. Je me demande tout de même si l'on va pouvoir entendre au moins une fois la Marseillaise dans l'Amazon Room avant la fin de l'été... Patriotisme à deux balles mis à part, ce serait un moment ayant le potentiel de poutrer à mort, comme disent les jeunes.

Déjà plus de trois semaines passées à Vegas, et les World Series of Poker 2009 ont atteint leur point médian sans que personne n'y prête trop attention, trop occupé à sa tâche quotidienne. Pour le moment, j'en suis encore à compter les jours par leur numéro... Day 19, Day 20, Day 21... Mais très bientôt, dans moins de quinze jours, un changement va s'opérer, et ce sera un décompte qui va commencer : « Plus que dix jours... Plus que neuf jours... huit... sept... »

Le Day 21 et le Day 22 sur Winamax



Roland de Wolfe explique à ElkY comment remporter la "Triple Crown"



Mes collègues américains et canadiens étaient surexcités mercredi... Un tournoi caritatif réunissait plusieurs stars de la NHL, la ligue de Hockey, et la fameuse "Stanley Cup" était de sortie pour l'occasion. Moi, çà m'en a touché une sans réveiller l'autre, mais certains de mes confrères bavaient devant le trophée, l'équivalent pour nous européens de la Coupe de Monde de Foot, ou de la Coupe des Mousquetaires



Antony Lellouche et Fabrice Soulier dans l'épreuve de Omaha... J'adore cette photo

1 commentaire:

B10401M a dit…

et nous on t'adore Bencooooooooooooooooooo ;-)