jeudi 28 mai 2009

Running errands

Day 1

Shopping, avant-goût du Rio, Red Rock Canyon, et visite au Bellagio


Trump Towers, six heures du matin. Encore une courte nuit. Je suis déjà debout et en forme, prêt pour une longue journée de travail. D'ici une semaine, ce sera une autre histoire. Je me tirerai péniblement du lit à midi, criant, geignant et pleurant pour obtenir une petit heure de sommeil en plus.

Ma journée de repos ? Chargée. J'ai essayé de faire le plus de choses possibles à la veille du départ des WSOP. Après un petit déjeuner pris au bord de la piscine, j'étais rapidement en train de foncer sur l'autoroute avec Yuestud. Direction le Premium Outlet, un centre commercial offrant des prix cassés sur tout un tas de marques sympa (Nike, Adidas, Puma, Quicksilver...) Je ne suis pas un accro au shopping, mais chaque année, je fais une exception à Vegas, où je me lance dans une frénésie d'achats intensifs, taux de change favorable aidant. J'ai pris deux survêtements, un jean, un sweat-capuche, cinq ou six t-shirts de marque, un bermuda, et une paire de Stan Smith neuves. Le tout pour un peu moins de 300 dollars (environ 210 euros). Une paille. Yuestud a dévalisé tous les magasins qu'on a visités. La plupart des boutiques étaient vides de tout client, nous permettant de faire nos courses en toute quiétude. Des prix « soldes » sans l'ambiance qui va avec, le bonheur. J'ai demandé aux vendeuses (jeunes et jolies pour la plupart) comment marchaient les affaires en ce moment. « Pas terrible. » Une réponse que j'allais entendre plusieurs fois durant le reste de la journée.



On revient au Trump juste à temps pour le début de la finale de la Ligue des Champions, et voir Barcelona remporter une victoire surprise contre Manchester United. « J'ai bien fait de ne pas parier », dit Cuts, et je pense à mes amis qui avaient pour la plupart tous misé sur l'équipe perdante. Durant les jours qui viennent, je vais faire quelques excursions au Sports Book du Rio pour placer quelques paris sur Roland Garros. Pas de grosse compétition footbalistique pour me cagouler cette année, hélas, ou heureusement.

Après une passage éclair à la piscine (un barbecue géant, j'ai tenu vingt minutes), direction le Rio. Je gare la voiture près de l'entrée secrète des employés, mais je préfère marcher jusqu'à l'entrée publique des joueurs. Je ne porte pas encore mon badge de presse, et n'estime donc pas avoir le droit de prendre l'entrée de service. Les deux premiers pros que je croise ne sont autres que Greg Raymer et Joe Hachem, les champions du monde 2004 et 2005, en train de se faire interviewer par un journaliste américain. Je traverse le long couloir menant à l'Amazon Room. Rien n'a changé, tout est resté pareil, c'est comme si les WSOP 2008 s'étaient terminés hier. Après dix mois de hiatus, nous sommes tous de retour pour le grand cirque, mais dans le fond, c'est comme si nous n'étions jamais partis.

La toute première épreuve bat son plein : il s'agit du tournoi à 500 dollars réservé aux employés de casinos du monde entier. La plupart des journalistes (comme moi) ne sont pas intéressés par le début de cette épreuve et ne commenceront à travailler que le lendemain, mais certains sont déjà en place, comme Seth Palansky, le coordinateur des médias aux WSOP, un type sympa en provenance du milieu du football américain. « On a eu moins de demandes d'accréditations qu'en 2008 », me confie t-il. « Beaucoup moins. » Mon badge n'est pas encore prêt, et Seth m'invite à revenir le lendemain pour le récuperer. Sur le banc de presse, mon ami canadien Lance Bradley et Pauly rédigent leurs premiers articles. Quelle est l'histoire du jour, je demande à Lance. « Rien », me répond t-il en faisant la moue. « Il y a eu une soixantaine de participants en plus sur l'épreuve des employés de casinos. Ce qui est bien, car il y a beaucoup moins d'employés à Las Vegas qu'en 2008, crise oblige. » Nolan Dalla, le rédacteur des communiqués de presse officiels des WSOP, est à son poste, de même que les mecs de Bluff et PokerNews, les médias officiels. Après d'âpres négociations avec Harrah's, PokerNews est de retour pour couvrir les épreuves en direct, mais avec une équipe réduite, constituée en dernière minute. « On va se concentrer sur l'essentiel, les épreuves », me dit Garry, le coordinateur de PokerNews, « et laisser tomber les Day 1 des épreuves « loterie » à 1,500 dollars, où de toute façon il ne se passe jamais rien. » J'approuve, car j'étais déjà arrivé à la même conclusion lorsque je réfléchissais à la manière d'aborder les WSOP 2009.



J'ai eu ma dose de Rio pour la journée Aucune envie de traîner trop longtemps, j'y passerai assez d'heures durant les six semaines qui vont suivre. Avec Pauly et Change100, on prend la voiture direction l'ouest de Vegas, pour un pèlerinage au Red Rock Canyon et ses fameux rochers rouges vieux de plusieurs millions d'années. « J'écris toujours mieux après avoir touché les pierres », dit Pauly. Et c'est vrai qu'il est reposant d'escalader les rochers pour contempler l'extraordinaire vue, dans un silence total, à vingt minutes à peine de l'agitation de Vegas.

De retour en ville, il me reste quelques bricoles à acheter au Fry's, le magasin d'électronique au sud du Strip : des adaptateurs pour prise américaine, des piles, et une tondeuse pour Cuts qui a oublié la sienne à la maison. La nuit tombe et l'on se rend tous au restaurant de steak du Wynn. Toute l'équipe de PokerListings y est, assemblée d'autour d'une grande table ronde. L'équipe de l'année dernière a été reconstituée (avec quelques nouveaux et deux ou trois disparus) : Ed, Marty, Owen, Rod, Matt... Je n'ai pas très faim et préfère m'éclipser pour le Bellagio, histoire de prendre la température des grosses parties. Surprise, la plus grosse salle de cash-games du monde est endormie. Personne dans la fameuse Bobby's Room. En cette veille des WSOP, je m'attendais à retrouver les Brunson, Benyamine et autre Ivey. J'en suis pour mes frais. Là encore, la crise a forcé les superviseurs à introduire des parties de No-Limit Hold'em aux blindes à 1 et 2 dollars. La moitié des tables « low-limit » sont occupées seulement, et dans la partie « middle-stakes », quelques parties endormies de 10/20$ et 25/50$. J'y retrouve Bruno Fitoussi assis derrière Freddy Deeb. Le français vient d'arriver en ville, il sera l'un des rares tricolores à disputer l'épreuve à 40,000 dollars. On se dirige vers le bar pour un verre. « Mec, c'est dur », dit le champion de HORSE 2007. « Il y a dix ans, quand je me pointais au Binion's pour les WSOP, j'étais sur de pouvoir gagner un demi-million de dollars sur la quinzaine. Une époque terminée. Il y a encore beaucoup d'argent autour des tables de cash-game, mais il est très difficile à gagner. » Deeb est arrivé à Vegas avec la volonté de bosser dur. « Je vais jouer tous les jours. Tournoi à midi, et si je saute, cash-game. Les parties du Rio devraient être belles. » Bruno rigole. « Moi, je vais faire exactement l'inverse. Un gros tournoi de temps en temps, et repos total entre les deux. J'avais vraiment besoin de vacances. » On discute un peu du tournoi du lendemain. Freddy pense qu'on atteindra les 300 joueurs. Moi, je prédis un chiffre de 180. Negreanu et Ivey, généralement bien informés, ont fixé la ligne de paris à 228. L'affluence à ce gros tournois au prix d'entrée de 40,000 dollars sera en tout cas un bon indicateur de la santé de l'économie du poker aux plus hautes sphères. Deux joueurs du Team Winamax seront au départ, et je serai là pour les suivre dès jeudi midi (21 heures en France).

Red Rock Canyon





Au Trump




Ligue des Champions



By the pool

4 commentaires:

jo a dit…

Cutsy so sexy :P

vikings92 a dit…

Benjo, merci de réussir à amoindrir notre déception de ne pas être à vegas cette année.

J'espère que tu tiendras la cadence de posts tous aussi sympas les uns que les autres.

EnYd a dit…

C'est lui qui est censé faire du sport tous les jours? :D

GL in Vegas!

Anonyme a dit…

C'est quoi ces corps d'adolescents ? Au lieu de passer votre temps sur les tables de poker, mettez vous un peu à ma muscu..