vendredi 6 février 2009

Here comes the dead money

Est-ce qu'on demande souvent aux mecs qui commentent le foot à télé s'ils eux aussi, ca leur arrive de taper dans le ballon le dimanche ? Et les journalistes de l'Equipe, ont-ils des lecteurs mourant d'envie de savoir s'ils pratiquent les disciplines à propos desquelles ils écrivent ?

Non, parce que moi, on m'a déjà posé deux cent fois la question : « Et toi, ça t'arrive de jouer un peu ? » Partout, tout le temps, au détour de chaque conversation que j'ai avec les joueurs, spectateurs et collègues que je croise sur le circuit, on finit toujours par me demander au bout de cinq minutes si je joue au poker.

En général, ma réponse est vague... « Ouais, un peu. » Parce que, ces temps-ci, il faut avouer que je ne joue que vaguement au poker. J'ai parfois quelques poussées de fièvre, qui me verront scotché en ligne jour et nuit pendant une semaine, mais en général, ma vie est bien trop baignée dans le poker, si bien que lorsque que j'en ai terminé avec le boulot, la dernière chose que j'ai envie de faire est de m'assoir à une table, qu'elle soit virtuelle ou réelle. Alors, pour vous dire la vérité, cela fait un petit bout de temps – depuis que je travaille à plein temps, en fait - que je ne me considère plus comme un joueur de poker.

Évidemment, il fut une époque où j'en étais un, de joueur de poker, un vrai, pur et dur, passionné jusqu'au coup, les cartes et jetons tatouées à même la peau. Sinon, je ne serais jamais arrivé là où j'en suis. Si j'avais eu un blog il y a cinq ou six ans, j'aurais pu le mettre à jour quotidiennement avec le récit des mes parties, réelles ou virtuelles. Mes exploits, mes échecs cuisants, ce genre de trucs qui remplissent quantité d'autres blogs plus ou moins intéressants. Aujourd'hui, je ne m'assois guère plus à la table, et depuis sa création il y a un an et demi, ce blog n'a accueilli que le strict minimum de récits de poker où je suis l'acteur principal. Mais tout de même, j'ai assez envie changer de point de vue, au moins une fois, et de prendre le temps, dans un prochain post, de raconter ma relation au jeu, en tant que joueur, et non en tant qu'observateur. J'ai deux ou trois trucs à dire sur le sujet, sept ans après avoir fait ma rencontre avec le poker.

Après, il y a la deuxième question inévitable, qui découle de la première : « et... tu joues bien, alors ? » Je ne sais pas vraiment si cette question est pertinente ou non. Est-il besoin d'être un bon joueur de poker pour bien le raconter ? Sans réfléchir, j'aurais tendance à répondre que oui, au moins jusqu'à un certain point. On ne peut bien faire vivre un tournoi de poker à ses lecteurs si l'on ne comprend pas les mécaniques principales du jeu. Mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'un mauvais joueur de poker ne pourra pas faire un bon reporter. Prenez mon collègue et ami Stephen Bartley. Le bloggeur de PokerStars est de son propre aveu un bien piètre joueur. Posez-lui la question, et il vous répondra volontiers qu'il ne comprend rien à ces histoires de value bet, de metagame, de position, de variance et de calling ranges. L'anglais ne joue jamais durant son temps libre, il n'a pas de compte en ligne, et ne fréquente pas les casinos. A peine le verra t-on s'amuser aimablement lors d'un freeroll médias, et encore. Mais il n'en reste pas moins que si un jour je suis en table finale d'un EPT, il n'y a personne d'autre que Stephen Bartley que je voudrais pour en écrire le compte-rendu.

Moi, je suis un poids léger, un compétiteur compétent mais pas affuté. Je comprends des tas de trucs, j'arrive à tenir la route durant un débat animé au resto entre les membres du Team Winamax, je sais grosso modo en quoi consiste le poker - c'est un jeu ou il faut miser, payer et passer, le tout dans le bon ordre. C'est ça ? Je plaisante. Enfin, j'ai pas mal de bagage théorique. C'est du côté de la mise en pratique que ça coince... Mais, ce n'est pas très étonnant, puisque, comme je l'ai dit, ces jours-ci je passe la majeure partie de mon temps à regarder, écouter et discuter avec des joueurs (la théorie), plutôt que de les affronter (la pratique)

Tout ça pour vous dire que ce week-end, je sors de ma réserve habituelle et enfile, exceptionnellement, pour trois jours, le costume d'un joueur pro. Vendredi à 14 heures commence l'European Deep Stack Championship organisé par mon bon ami irlandais Mike Lacey, et je serai au départ, assis à la table avec devant moi un tapis de départ dantesque de 50,000 pour ce qui sera le tournoi de No Limit Hold'em le mieux structuré de l'année. Les 200 et quelques joueurs présents, parmi lesquels de nombreux pros français et anglais, auront le temps de voir venir avec des blindes démarrant à 25/50, et des niveaux d'une heure.

Je suis arrivé à Dublin avec dans mes bagages le lot de galères habituelles en cours de route : pluie, mal de dos, effets secondaires extrêmement désagréables du médicament anti-douleur qu'on m'a prescrit à cause du mal de dos, etc. Sauf que, cette fois, j'imagine que je n'ai pas à me plaindre, puisque je suis l'un des rares qui a réussi à faire le voyage, des chutes de neige ayant provoqué la fermeture de l'aéroport tout l'après-midi. Je suis arrivé à quatorze heures, juste à temps. En rade à Londres, Michel Abécassis, Manuel Bevand et mon collègue Yuestud ont réussi à trouver un autre vol, il arriveront juste avant le départ du tournoi, si tout se passe bien. Moins heureux, Eric Koskas a tout bonnement du annuler le déplacement, tout comme bon nombre de qualifiés Winamax, et des têtes de série comme Julian Thew ou Dave Coclough.

Pour suivre mes progrès, rendez-vous à partir de 14 heures sur www.winamax.com, ou www.wam-poker.com, section « les coverages de Benjo », qui, pour le coup, seront assurés par Paco (qui est déjà arrivé, lui) et Yuestud, notre Team Manager. Le pauvre, il a été déprimé toute la semaine à l'idée de devoir se taper tout le boulot tout seul. Finalement, c'est une bonne nouvelle pour lui que plusieurs des 40 qualifiés Winamax prévus aient été bloqués par la neige...

L'European Deep Stack est le seul gros tournoi de l'année auquel je peux participer. L'an passé, j'avais sauté durant le Day 2 lors d'une malheureuse rencontre brelan contre brelan. Depuis un an, j'ai apris des dizaines de choses, que je compte bien mettre en application aujourd'hui. Souhaitez moi bonne chance !

6 commentaires:

jbld a dit…

Hi Benjo !
Toujours un plaisir de te lire.
J'espère pour toi que tu vas perfer sur ce tournoi et surtout avoir du plaisir.
En tout cas bonne chance (même si elle n'a rien à voir là dedans) !

chokapik a dit…

Et bien GL benjo, et gagne ce tournoi :)

emac a dit…

Bonne chance !

MR4B a dit…

bonne chance.. et surtout, repose toi bien (est ce vraiment possible) !

francoisrevert a dit…

Nous aussi on te souhaite bonne chance!!

A bientôt pour le recit :)

Gregory a dit…

Coucou in cette année ????