samedi 27 décembre 2008

Bright Lights, Big City



Je me déconnecte quelque jours... Rendez-vous aux Bahamas aux alentours du 5 janvier. Je vous souhaite à tous une très heureuse année 2009 !

(pour les assoifés, il reste Twitter)


Steppin' in no-man's land

Alors voilà, 2008, c'est terminé, ou presque. Il ne me reste que peu de temps avant d'embarquer pour mon dernier voyage de l'année, et j'ai encore plein de trucs à faire, mais je me sens un peu obligé de faire un genre de bilan, comme je l'ai fait pour l'année précédente.

Je n'en reviens pas que cela fait déjà un an que je me suis assis devant mon ordinateur pour rédiger un interminable compte-rendu de l'année 2007. Et me revoilà, en train d'écrire sensiblement la même chose pour 2008.

Cette intro est le dernier truc qu'il me reste à écrire avant de cliquer sur le bouton « publier » : je peux vous assuré qu'encore une fois, j'y ai passé du temps, sur ce récapitulatif. Pas que l'on y trouvera la moindre révélation fracassante, ou analyse pertinente. Comme me dit Cuts à chaque fois : «tu écris des kilomètres, mais on sait jamais ce que tu penses vraiment. » J'avoue : je n'ai absolument aucune capacité d'auto-analyse. Je vis les événements au jour le jour. Quand c'est bien, je suis content. Quand c'est moins bien, je râle. J'alterne entre les deux. Je me fais des soucis à propos du futur. Des fois j'ai l'impression d'être le type le plus chanceux du monde, à faire quelque chose que j'aime, à voyager aux quatre coins du monde avec un tas de gens cools. Et des fois, je me sens complètement paumé, comme le mec dans «Fast Train », la chanson de Van Morisson, merveilleusement reprise par Solomon Burke :

Well you've been on a fast train, and it's going off the rails
And you can't come back, can't come back together again
And you start breaking down
In the pouring rain
Well you've been on a fast train


Ah, j'adore cette chanson, j'ai du l'écouter 200 fois cette année, en particulier dans les couloirs d'aéroports au petit matin, ou seul, tard le soir dans les chambres d'hôtels de luxe, quand je n'arrivais pas à dormir.

Mais qu'importe. Mon année 2008, c'est 72,000 kilomètres parcourus durant 40 trajets en avion, soit quatre jours passés dans les airs pour aller d'une ville à l'autre, à travers 17 pays. Mon année 2008, c'est 45 lits différents, dans 34 hôtels et chez quelques amis accueillants. Mon année 2008, c'est 81 tournois de poker couverts durant 134 jours. Harder, better, faster, stronger. Plongez vous dans les archives, et pour ceux qui n'aiment pas lire des gros pavés (je vous comprends), il reste toujours le récapitulatif en images que j'ai publié hier.

Janvier

Quelques jours à peine après la conclusion de ma tumultueuse année 2007, je repartais de plus belle. Mon premier trip de 2008 fut transatlantique : la PokerStars Carribean Adventure, un des plus gros tournois de l'année, m'attendait aux Bahamas. Excité à l'idée d'échapper à l'hiver pour me rendre au soleil, j'avais programmé mon arrivée à Nassau avec une journée d'avance, histoire de profiter un minimum du soleil et de la plage – je savais que les journées de travail seraient longues et que je n'aurai que peu d'occasions de sortir de l'hôtel. Hélas, au lieu d'Atlantis, je n'aurai qu'Atlanta : victime d'un surbooking sournois par Delta Airlines, je resterai coincé une nuit dans la capitale de la Georgie, et n'arriverai que le lendemain à Nassau, la veille du départ de l'épreuve.

Je ne gouterai guère aux charmes d'Atlantis, un complexe hôtelier en carton-pâte aux relents un peu trop végassiens. Le tournoi – le plus gros jamais organisé en dehors des WSOP – occupera la majeure partie de mon temps (six journées de travail de treize heures chacune), et se soldera de la plus belle manière qui soit par la magnifique victoire d'un français : ElkY. Je n'oublierai pas de sitôt l'ambiance lors de la retransmission en direct : le clan tricolore (Fougan, MIK, Cuts, Arnaud...) a proprement mis le feu à la régie. Pas le temps de célébrer, cependant : je quitte les Bahamas quelques heures après la conclusion de l'épreuve. Trois jours plus tard, je suis invité au micro de la radio du ClubPoker en compagnie du vainqueur.

A la fin du mois de janvier, choc thermique : des Bahamas, on passe à Dortmund, en Allemagne. Un tournoi qui ne paie pas de mine, mais qui se révèle à chaque fois un délice à couvrir, grâce à quelques beuveries à la sauce teutonne de bon aloi, que ce soit entre collègues (comme ici et ) ou avec les membres du Team Winamax, Cuts dans le cas présent. Régis a tourné à cette occasion l'une de mes vidéos favorites de toute l'année, un dialogue hilarant entre Arnaud Mattern et ElkY, acte de naissance de l'expression "Archi Sick".

Février

Après trois années passées à couvrir le tournoi professionnel, j'ai enfin obtenu une chance de passer de l'autre côté de la barrière, à Drogheda, en Irlande, en disputant l'European Deep Stack Championship, une épreuve à 1,500€ à la structure exceptionnelle, comme son nom l'indique. Après avoir joué le rôle de l'observateur passif durant des dizaines de tournois, c'était la première fois que je m'asseyais autour de la table pour disputer un tournoi au buy-in un tant soit peu conséquent, grâce à la générosité d'un célèbre joueur français. J'ai subi quelques galères durant le voyage vers Dublin, et ai passé avec le succès le cap de la première journée de l'épreuve, avec un tapis important, s'il vous plaît – j'en étais le premier étonné. Malheureusement, mon parcours dans la peau d'un joueur pro s'arrêtera brutalement au début de la seconde journée, après une confrontation brelan contre brelan dont je me demande encore aujourd'hui si j'aurais pu l'éviter. Mais qu'importe, ma place dans le monde du poker n'est pas à la table. C'est debout, un crayon et un bloc-notes en main, que je me débrouille le mieux, et c'est très bien comme ça.

J'oubliai vite ce douloureux épisode car de grands bouleversements m'attendaient. D'abord, l'officialisation de ma collaboration avec Winamax... D'un coup de crayon au bas d'un contrat, je mettais fin à deux ans de freelancing pour entrer dans le monde du salariat – une grande première. Conséquence directe : il me fallait partir pour Londres, où les bureaux de la boîte sont localisés. Dans un premier temps, je me suis temporairement installé à Hampstead, au nord de Londres, chez Snoopy, Jen et Dana. Pas trop le temps de chercher un appart' : l'étape danoise de l'European Poker Tour m'attendait à Copenhague. Elle restera gravée à jamais dans les mémoires de tous ceux qui l'ont couverte, à cause de son invraisemblable table finale, dont le tête à tête entre Soren Jensen et Tim Vance dura plus de quatre heures.

Mars

De retour de Copenhague, je pose mes bagages à Londres pour de bon, emménageant à Clapham Common (sud-ouest) en compagnie de Tall, Johny, Arnaud Mattern et Gabriel, un trader italien ami de longue date d'Arnaud. Je découvre avec joie la vie de bureau et son train-train quotidien, métro-boulot-dodo, que je n'avais connue auparavant que lors de périodes très courtes. Heureusement, je n'aurai à passer qu'un minimum de temps au bureau durant le reste de l'année : les tournois et déplacements s'enchaînent, sans relâche. De mon voyage à Varsovie, je n'aurai d'ailleurs rien trouvé à écrire sur ce blog... Sans doute que le tournoi (un EPT) ne m'a laissé aucun souvenir impérissable, à part une cuite extraordinaire dans une suite du Sheraton, avec Cuts et Paco pour fêter le trentième anniversaire de ce dernier. Inracontable, désolé.

Le même mois, mon ami Barron Vangor Toth, l'un des écrivains les plus talentueux du monde du jeu, meurt d'un cancer à 34 ans. Il me manque toujours...

Avril

Le quatrième mois de 2008 allait se révéler être l'un des plus riches en émotions de l'année. J'ai d'abord mis le cap vers San Remo, en Itaie, pour une toute nouvelle étape de l'European Poker Tour. La table finale fut l'une des plus excitantes jamais connues, et aussi les plus rapides : en moins de trois heures, tout était terminé. Mes amis Eric Koskas et Antony Lellouche accomplirent les meilleurs résultats de leur carrière (quatrième et deuxième place, respectivement), et forcément, la fête qui s'en suivit à Monte-Carlo fut mémorable. Ma tête s'en souvient encore.

Monte-Carlo, justement, nous allions tous y retourner quelques jours plus tard, pour le plus gros tournoi européen de l'année : la Grande Finale de l'EPT. Une épreuve passionnante mais très difficile à couvrir, avec plus de 100 français en lice et 700 joueurs présents au total. Après six jours de travail à Monaco, aussitôt l'épreuve terminée, je tente l'impossible : enchaîner trois avions pour me retrouver moins de 24 heures plus tard à Las Vegas, au Bellagio, pour couvrir un autre énorme tournoi : la finale du World Poker Tour. Je retrouve avec délice la capitale du jeu, que je n'avais pas visitée depuis presque un an. Je passe une semaine très agréable, et je m'éclate avec Cuts, Nico, Arnaud et ElkY, malgré quelques déboires inhérents à Vegas (jeu, sexe, etc). ElkY me fait complètement halluciner en jouant 26 heures sans s'arrêter, et Nicolas Levi termine dans l'argent. Après sa sortie, ma tâche au Bellagio est terminée et je prends quelques jours de vacances à Los Angeles, non sans avoir publié dans le détail les gains et pertes de ma semaine à Vegas. J'attrape une insolation sur les plages de Malibu, qui me fait délirer pendant plusieurs heures et me fait perdre la vision périphérique. Pauly et Change100 ont cru que j'allais y passer : "We almost killed a frenchman."

Mai

En mai, à part un week-end à Nottingham pour tester le fameux cercle Dusk Till Dawn avec mes potes de Blonde Poker, RAS. Je passe le mois à Londres, me préparant mentalement pour LE trip de l'année, le plus dur de tous.

Juin/Juillet

J'ai posté sur ce blog 40 fois durant les 45 jours que j'ai passés à Vegas pour couvrir les 54 tournois des World Series of Poker. Impossible de résumer en quelques paragraphe l'expérience riche et multiforme de mon séjour : le mieux est donc de se replonger dans les archives de juin et juillet. En vrac : j'ai prédit la victoire d'un français, la première en dix ans, dès mon premier post rédigé la veille du départ. Cette prédiction se réalisera trois semaines plus tard. A l'aurée de la compétition, Fabrice Soulier a lancé un défi risqué au Team Winamax. Nous avons emménagé dans une villa luxuese qui a grandement contribué à l'amélioration de mes conditions de travail. Un brin masochiste, j'ai retrouvé avec plaisir l'Amazon Room pour ma première journée au Rio, fonçant tête baissée pour couvrir les premiers résultats, déterrer les premières rumeurs, etc. Les pros médiatiques ont commencé a rafler des bracelets les uns après les autres, et j'ai fêté le premier anniversaire de ce blog. Le début de l'Euro de foot m'a entraîné dans une série de paris, qui, mal partie, s'est achevée sur un miracle. Le légendaire joueur de craps Archie Karas a fait son grand retour sur le devant de la scène, et Gobboboy s'est réconcilié avec Howard Lederer : j'en ai parlé dans un post appelé "Freaks and degenerates" . A la fin de la première semaine, la fatigue a commencé à poindre et Pauly m'a fait un beau cadeau en m'emmenant au Red Rock Canyon, oasis de calme à vingt minutes de l'agitation de Vegas. Une journée chargée m'attendait ensuite au Rio : Vinny Vihn a (re)fait parler de lui et Nicolas Levi a atteint sa première table finale des WSOP. Le lendemain, Nicolas allait sauter rapidement de cette finale, tandis que Tallix ferait preuve d'un self-control remarquable après avoir frôlé de peu sa table finale à lui, victime un bad-beat grotesque en demis. J'ai observé, hypnotisé, Phil Ivey perdre un pari à sept chiffres sur le résultat d'un match de basket. Je me suis balladé Downtown, dans le Vieux Vegas, et j'ai assisté à l'émouvante victoire de Mike Matusow dans l'épreuve de Deuce-to-Seven. Le lendemain, je livrais mon impression sur «L'année du pro» qui commencait à se dessiner, après les victoires respectives de Daniel Negreanu et Vanessa Selbst. Mon coloc Johny a terminé dans les places payées de la très difficile épreuve de heads-up, chutant au terme d'un tête à tête inoubliable contre Alex Jacobs.

Après douze journées consécutives passées au Rio, il était temps de prendre ma première journée de pause de l'été. Au programme : shopping, musée du flipper, Cirque du Soleil, bowling et grosse cagoule au black-jack. Barry Greenstein et Kenny Tran ont gagné un bracelet, David Benyamine a disputé sa seconde finale en une semaine dans le Omaha avec rebuys, une finale incroyable où le français a cotoyé Phil Hellmuth, Daniel Negreanu, Phil Galfond, Johnny Chan, Kirill Gerasimov et John Juanda. J'ai atteint sans m'en rendre compte la moitié des WSOP, et la routine a commencé à s'installer. J'ai visité un strip-club louche avec mon pote Dan Michalsi, et Layne Flack a remporté un second bracelet.

L'apothéose est venue sans crier gare avec les victoires coup-sur coup de David Benyamine et Davidi Kitai. Les deux meilleurs moments des WSOP 2008, et sans doute de ma carrière jusqu'à présent. Ces deux journées de folie méritaient bien un compte-rendu interminable. Le lendemain, je fête ça en perdant une tonne d'argent durant ma seconde journée de pause. Puis vint l'épreuve la plus attendue du festival, le HORSE à 50,000 dollars. Afflux de touristes et de journalistes. J'ai travaillé seize heures consécutives au Rio quand Davidi Kitai a atteint sa seconde table finale, tandis que j'observais depuis le banc de presse le ballet pas très ragoutant des agents de joueurs et des «wannabe» du poker.

La victoire de l'Espagne à l'Euro m'a remis à jeu financièrement, mais d'extrême justesse. Patrick Bueno a atteint la table finale du HORSE après un brillant parcours. Le débonnaire français a sauté rapidement, ce qui m'a permis d'aller à nouveau m'encanailler dans un strip-club. Je suis retourné au Red Rock Canyon avec Paco, et j'ai ensuite gentiment glandouillé lors de la 32ème journée des WSOP, plus calme que les précédentes. Le lendemain, journée de pause – la troisième seulement en un mois.

Il était – déjà ! - temps d'attaquer la dernière danse, le « big one » : le Main Event. Je disposais de deux renforts pour m'aider à couvrir cette gigantesque épreuve à 7,000 joueurs : Joël et Lucille, gagnants des concours organisés sur les forums Wam-Poker et ClubPoker. J'ai profité de la dernière journée de pause avant le départ du Main Event pour les emmener au Red Rock Canyon (encore !) où un shooting photo du Team Winamax était organisé. Les quatre premières journées (Day 1A, 1B, 1C et 1D) du Big One furent les plus dures à couvrir. La tête dans le guidon, pas le temps de souffler, à fond. Le 7/7, beaucoup de monde fut chanceux à Las Vegas, et moi le premier. J'ai écrit un post «à la Pauly» en l'observant la boucherie du Day 2, puis les choses se sont accélérées : les français ont quitté le tournoi à toute vitesse, et très vite il n'y en eut plus aucun. Ma mission à Vegas était enfin terminée. Elle avait duré six semaines. Mes deux derniers jours en Amérique se sont évaporés dans un tourbillon, ouvrez les guillemets : «j’ai bluffé un pro médiatique au Venitian. On m’a pris pour un pro lors d’une session mémorable à l’Imperial Palace avec Régis. Je me suis pris un énorme bad-beat lors de ma toute dernière main de l’été au Treasure Island. Avec Tall, j’ai conduit 700 kilomètres jusqu’en Utah pour observer les merveilles de l’Ouest, au Bryce Canyon et au Zion National Park. Sur le chemin du retour, Tall a rasé un casino miteux de province tandis que je dormais dans la voiture. J’ai dit au revoir aux collègues autour d’un repas somptueux dans un resto cinq étoiles. J’ai visité deux strip-clubs, un de mes amis a failli s’y battre avec Nenad Médic. Antonio Esfandiari nous a offert une bouteille. J’ai joué deux coups de Pai-Gow à 3,000 dollars l’unité dans la salle High-Limit du Bellagio, j’ai cru que mon cœur allait s’arrêter de battre. Plus deux ou trois autres trucs que mon avocat m’a fortement déconseillé de publier. Quand l’avion vers Londres a finalement décollé, je dormais déjà dans mon fauteuil en business class. (Oui, parce que j’ai gagné le second coup de Pai-Gow à 3,000 dollars, ce qui m’a permis cette folie)»

Août

Retour à une vie presque normale à Londres. Le train-train reprend ses droits. Je prends le temps de découvrir la ville, je me repose, je sors un peu. Mais très vite, le circuit m'apelle à nouveau...

Septembre

La rentrée fut des plus chargées. J'ai d'abord attaqué à Cannes, pour le tout nouveau Partouche Poker Tour. Dans l'avion qui m'a mené vers Barcelone, où commençait la nouvelle saison EPT, j'ai eu une discussion intéressante avec mon voisin à bord... David Benyamine. Le tournoi qui s'en suivit fut assez désagréable à couvrir, mais l'effort en valait la peine : Davidi Kitai s'est une fois de plus hissé en finale, j'ai eu la chance de pouvoir commenter l'exploit au micro de l'EPT live. Quelques jours plus tard, les WSOP débarquaient à la maison, sur Leicester Square. L'occasion d'observer du poker de haut niveau à l'Empire, ainsi que la galerie de monstres qui peuplent la place la plus bondée de Londres.

Octobre

Pas le temps de voir les WSOP-E se terminer qu'il me fallait déjà rejoindre Edgware Road pour l'étape londonienne de l'European Poker Tour. L'enchaînement frénétique des épreuves à couvrir commença à faire ressentir sur moi ses effets secondaires. Le trop plein ? Sans doute. Ceci dit, il s'est passé des tonnes de trucs intéressants lors de ce magnifique tournoi, conclu par la victoire de Michael Martin, depuis devenu un ami. Je quitte ensuite Londres : je ne retournerai à la maison que six semaines plus tard. Je rate mon entrée lors de la première étape du France Poker Tour à Marseille, avant de m'envoler vers le Maroc pour quelques jours de vacances. Dans un post intitulé «You can't go home again», j'e raconte les déboires domestiques londoniens qui allaient me transformer en SDF durant plus de deux mois, l'étape toulousaine du FPT avec Cuts, et une invraisemblable course en taxi à 800 euros pour rejoindre Barcelone et couvrir un tournoi de tête à tête qui n'était pas prévu au programme. Ensuite, direction Bruxelles pour un autre week-end consacré au FPT, puis Budapest, pour une nouvelle étape de l'EPT. Tout cela est résumé dans un post appelé «Something happened»...

Novembre

... parce que le 5, tard dans la nuit, il s'est effectivement passé quelque chose dans le monde. Pas de temps à perdre : j'enchaîne ensuite Genève et Amsterdam. Je quitte la capitale hollandaise trois heures après la conclusion des Master Classics : le même jour, je suis à Varsovie pour un autre EPT. Les deux week-ends suivants, je couvre les étapes FPT de Lyon et Paris (où je trouve le temps de gagner un tournoi en plein milieu d'un reportage). On dormira quand on sera morts.

Décembre

La fin de l'année approche, et c'est pas trop tôt : j'en ai gros sur la patate et je me pose plein de questions, sans apporter de réponses. En dix jours, j'enchaîne Prague, San Remo et Paris, et je dis stop. Game over. En 2009 : same player shoot again.

vendredi 26 décembre 2008

2008 : a year in pictures

Janvier


Atlantis Island, Bahamas


ElkY remporte la PCA


EPT Live à Dortmund

Février


Avec Joe Beevers lors de l'European Deep Stack Championship à Drogheda, Irlande


Maanu au micro lors de la mémorable finale de l'EPT de Copenhague

Mars


Installation à Londres


Varsovie rime avec beuverie pour les 30 ans de Paco

Avril


Eric Koskas, quatrième à l'EPT de San Remo


Monte Carlo


A Vegas avec Cuts, Nico, Arnaud et ElkY pour le WPT à 25,000$


Hollywood Hills, Los Angeles avec Pauly

Mai


Camden Town

Juin


Amazon Room, Rio - 38èmes World Series of Poker


On s'était donnés rendez-vous dans dix ans - David Benyamine


Davidi Kitai, premier champion du monde du Team Winamax


7 jours sur 7, 24 heures sur 24... ou presque

Juillet


Red Rock Canyon, Nevada


Bryce Canyon, Utah

Août


Get Loaded in the Park Festival, Clapham Common

Septembre


Au PPT de Cannes avec notre Team Manager Yuestud


Braderie de Lille


Davidi Kitai, troisième à l'EPT de Barcelone

Octobre


Antony Lellouche à nouveau en finale à Londres


France Poker Tour à Marseille


A Toulouse avec Cuts


Toulouse-Barcelone en taxi


Mano a mano à Barcelone


FPT à Bruxelles


Budapest

Novembre


Something happened


Genève


Amsterdam


Varsovie


1,240 joueurs à Paris pour le France Poker Tour

Décembre


Prague


San Remo : Nicolas Ferrier est le nouveau Champion de France de poker

Toutes les photos (c) moi, sauf :
« Elky » par Chris Hall/Blonde Poker
« Joe Beevers / Benjo » par Juliette
« Hollywood Hills » par Change100
« 7 jours sur 7 » par Arnaud Mattern
« Red Rock Canyon » par Jomanix
« PPT Cannes » par Lolo Dumont
« Davidi Kitai à Barcelone » par Yuestud
« Varsovie – Guitar Hero » par Régis

mercredi 24 décembre 2008

Iron Man

Il était quatre heures trente du matin quand le réveil a sonné. Sortant péniblement de ma torpeur, j'ai laissé échapper un grognement, suivi d'un long soupir. J'avais mal partout – c'était bon signe : au moins étais-je encore vivant. Je ne m'étais endormi qu'il y a une demi-heure, et je devais déjà repartir. Durant les dix heures qui allaient suivre, j'allais devoir quitter l'hôtel, me rendre à l'aéroport, prendre un avion, récupérer une voiture de location, puis conduire plus de 300 kilomètres jusqu'à ma prochaine destination, où une autre finale m'attendait. La journée allait être longue.

Trois heures plus tôt, Dermott, le réalisateur en chef de Sunset+Vine, criait « coupez ! » dans son micro-casque. Soupir de soulagement général en régie. Après cinq longues journées, l'étape tchèque de l'European Poker Tour venait de se terminer à Prague au terme d'une finale des plus rocambolesques, voisinant en grotesquerie avec celle de Copenhague onze mois plus tôt. Avec Guillaume Cescut, on s'est bien amusés derrière le micro durant deux jours, à observer et commenter cette bande de rigolos. En l'absence des mes invités habituels (ElkY était à Las Vegas pour tenter de décrocher le titre de joueur de l'année, et le Team W était déjà à San Remo), j'avais demandé un coup de main au grinder/floor manager du FPT/ex-star de la télé réalité/etc pour m'épauler au poste de commentateur. Enthousiaste, marrant, précis dans ses analyses : Guillaume s'est révélé être un excellent acolyte au micro. Le public ne s'y est pas trompé, en témoignent les centaines de messages positifs qu'on a reçus.

Si, pour la plupart des collègues de la presse poker, la fin de l'EPT de Prague était synonyme de repos bien mérité jusqu'à l'année prochaine, moi, j'avais encore un dernier petit truc à terminer avant de boucler 2008, à quelques centaines de kilomètres de là. Aussi me suis-je rapidement éclipsé après un seul verre, souhaitant de joyeuses fêtes à tous les collègues que je ne reverrai pas avant quelques temps. Je ne me suis pas endormi tout de suite – mal de crâne caractéristique après avoir passé plus de douze heures avec un casque sur les oreilles.

Six heures du matin. Je traîne mes bagages dans les couloirs de l'aéroport de Prague, les yeux à peine ouverts. J'essaie d'oublier que je n'ai dormi que trente minutes et qu'une journée complète de boulot m'attend. L'avion est presque vide. Gino Alacqua voyage en première classe. Il parle un mauvais anglais mais un très bon français. Je lui explique mon programme de la journée. Il rigole et fait tourner son index sur sa tempe.

Huit heures trente. On atterrit à Milan avec un peu d'avance. Il y a du brouillard. La vue par le hublot ne s'est dégagée que quelques secondes avant que les roues de l'avion ne touchent le sol. Ma valise est la seconde sur le tapis. Je titube dans le terminal à la recherche du comptoir de location. On me remet les clés de voiture en quelques minutes. Pas moyen d'obtenir un GPS. Je vais acheter une carte routière à la boutique de cadeaux, et je sors. Une Laguna avec des plaques d'immatriculation françaises m'attend sur le parking. Je ne comprends rien à au tableau de bord ultra-moderne. Il me faut cinq minutes pour trouver comment mettre le contact. Je réinitialise le compteur. Je démarre. 320 kilomètres devant moi. Brouillard. Au bout de cinquante bornes, j'ai la présence d'esprit d'allumer les phares. Heureusement, on est dimanche matin, il n'y a presque personne sur la route.

J'étais quelque part au milieu du Piémont quand la fatigue a commencé à faire effet... Je me souviens avoir dit un truc du genre « ce serait bien de dormir un peu », quand soudain, il y eu un énorme grondement autour de moi. Tout à coup, le ciel fut envahi de ce qui semblait être des milliers de flocons de neige, tombant avec vacarme sur le pare-prise. Hélàs, si Hunter Thompson avait dans le coffre de sa décapotable une mallette pleine d'acide et de pilules, moi, je n'avais sous la main que du café, dont l'effet était depuis longtemps passé. Je dodelinais dangereusement du chef. Stop.

Aire d'autoroute, le siège déplié au maximum. Je somnole. Trente minutes, pas une de plus, et j'étais reparti. J'ai traversé les montagnes comme dans un rêve comateux. De la neige et du brouillard. Du blanc à perte de vue. Et puis la neige s'est mise à tomber de plus en plus fort, et bientôt on y voyait plus rien, et l'on roulait à pas d'escargots. Le paysage s'est éclairci une fois atteints Gênes et la côte méditerranéenne. Changement de décor radical. Ciel bleu. Petits villages colorés en hauteur. Tunnels. Petits villages. Tunnels.

J'arrive à San Remo peu avant quatorze heures. Je galère pour trouver l'hôtel. Je pose mon sac, je prends une douche en vitesse et marche jusqu'au casino. Les demi-finales du France Poker Tour ont commencé il y a peu. J'ai loupé la première journée, qui se déroulait en même temps que la finale de l'EPT de Prague, mais je suis arrivé à temps pour assister à la fin du championnat. Pas question de manquer la conclusion d'un tournoi que je suis à la trace depuis octobre. J'installe mon ordi, je sors l'appareil photo, c'est parti.

Par chance - pour moi tout du moins, la structure de la fin du tournoi est assez rapide, et l'on passe rapidement de 40 à 10 joueurs. Vers vingt heures, on tient un vainqueur en la personne d'un instituteur venu du Vaucluse. Nicolas Ferrier, c'est son nom, est le nouveau champion de France de poker. Cérémonie, remise des prix, congratulations, embrassades, grosse coupe et gros chèque. Après, resto magnifique avec une bonne partie du Team et quelques finalistes. J'ai pris trois plats différents, plus le dessert. Le chef n'arrêtait pas d'en ramener, je pouvais pas dire non. En revenant vers l'hôtel, Cuts décide qu'il ne veut pas attendre le lendemain pour se rendre à Nice – où nous attendent nos avions respectifs. Il veut y aller tout de suite et ma foi, je n'y trouve pas d'objection. Je récupère mes sacs, et, accompagnés de Tall, on se met en route. On prend une chambre pas loin de l'aéroport. On raconte des conneries, les derniers potins, et on épuise les dernières forces qu'il nous reste à hurler de rire devant un spectacle de Seinfeld. Je trouve finalement le sommeil vers six heures. Cela faisait plus de quarante heures que je n'avais pas dormi proprement.

****


J'en ai donc terminé avec les tournois pour 2008 - ce qui ne veut pas dire grand chose quand on y pense, nous sommes le 24 décembre. Deux semaines de répit, tout de même, avant la reprise aux Bahamas - il était temps. Bon moment pour faire le bilan au micro de l'émission de radio du ClubPoker en compagnie d'Antony Lellouche. Lolo m'avait invité en dernière minute – quand il s'agit de remplir un créneau laissé vide, il semble que je fais toujours office de bon choix. Parler au micro est toujours pour moi un exercice douloureux – je sais, ça peut paraître bizarre – mais l'émission fut somme toute intéressante, avec pas mal de sujets abordés. Apparemment, j'avais encore des trucs à dire pour mon troisième passage dans l'émission. Je vous laisse découvrir tout ça, si ca n'est pas déjà fait, en cliquant ici.

Après l'enregistrement, direction l'Aviation Club de France avec Antony... Ce soir là, pas de grosse partie en vue, à la grande déception du second plus gros joueur de cash-games français (un jour, Antony passera devant David, un jour) A peine une petite 10/20 en Pot Limit, en Omaha 4 ou Omaha 5, au choix du donneur. Je m'assois au bord de la table. J'observe. A ma gauche, Antony. A ma droite, Jan Boubli. La partie est légère, du coup l'humeur aussi. On commande à manger, on discute, on rigole, les mains ne semblent avoir que peu d'importance, jusqu'à ce qu'un coup crucial se joue, de temps à autre, et qu'un des joueurs prend une décision à 5 ou 10,000 euros (plusieurs d'entre eux jouent avec plus de 500 grosses blindes). La partie est modeste selon les critères d'Antony, mais les joueurs à la table sont des tueurs. « C'est difficile de s'investir vraiment dans une petite partie comme celle-ci, mais contre ce genre d'adversaires, si je ne fais pas attention je peux très vite perdre gros. » Antony sortira gagnant, après que la partie ait switché vers du 100/200 en limit au milieu de la nuit.

Entre temps, j'avais rejoint une partie aux blindes 2/2 euros, où j'ai une fois de plus perdu contre les joueurs les plus abominables que la terre ait jamais connu. Rien à faire, j'avais là devant moi la compétition la plus facile qui existe, et je me faisais défoncer quand même. Variance, variance, je sais, mais intérieurement, je fulminais. Je ne pourrai jamais être un joueur pro de cercles comme Antony. J'aurais trop envie de sauter au visage de chacun de ces pigeons pour leur hurler à la figure qu'ils jouent n'importe comment – une chose évidemment peu recommandable. Parce que non content d'être nuls, ces gens-là se vantent, main après main. « Je savais que t'avais pas la couleur... Ah, je suis en forme, ce soir.... J'avais la côte !... Ouais, moi je joue bizarre, c'est impossible de deviner mon jeu !... Bah ouais, au flop je relance pour savoir où j'en suis, normal... » (La dernière, j'ai du l'entendre vingt fois, Cuts aurait apprécié) Bref, c'est insupportable. Online, on peut couper les commentaires des joueurs, là, en salle, c'est pas possible, d'autant que les balladeurs audio ne sont plus autorisés.

Au bout d'un moment, j'en avais marre, je voulais me refaire, alors j'ai doublé la mise en allant m'assoir à une 2/4. Pas que je pensais qu'il serait plus facile de gagner – le vieux discours du genre « je vais jouer plus cher, là où on respecte mes relances et où on peut bluffer », j'y ai jamais cru, c'est des paroles de perdant. Non, tout au plus étais-je en train de tenter une martingale. Les cent blindes que j'avais perdues en 2/2 n'en représentaient que cinquante à cette nouvelle table : pour sur que j'allais trouver une main rapidement pour me remettre à flot !

Tu parles... J'ai passé les trois heures qui ont suivi à jeter mes cartes. A chaque nouvelle main, je soulevais un 2, puis un Valet. Un 4, puis un 10. Etc.. Même un Gus Hansen en forme olympique n'aurait pu tenter quoi que ce soit. Et pendant ce temps, j'observais ecoeuré un mec passer de 100 à 1,100 euros en quinze minutes chrono (AA, KK, QQ, AK, AQ... tout à la suite, tout gagnant, jamais vu ça) J'ai perdu la moitié de ma cave rien qu'en payant les blindes, avant de trouver un Dame-Valet fatigué contre un mec qui a vainement tenté de me bluffer – peine perdue, j'avais trouvé ma première paire depuis trois heures du mat', je n'étais donc pas prêt de lâcher. J'ai terminé avec une cave de déficit, pas de quoi se pendre, mais tout de même, c'est le genre de partie qui te laisse avec un immense sentiment de vacuité, du genre celui qui t'envahit quand tu vient de gâcher une nuit à perdre de l'argent aux cartes. Et après ,on vient me demander si ça ne m'embête pas trop de ne jouer que rarement au poker. Hé, je m'amusais bien plus en début de soirée quand je regardais jouer Antony et Jan !

****

Merci à tous ceux qui ont envoyé des mots sympas suite à mon dernier post. J'ai pas répondu à tout le monde, mais j'ai tout lu et relu. Vous êtes trop gentils. En jetant un coup d'œil à ce que j'ai écrit, avec un peu de recul, j'ai l'impression d'être passé complètement à côté de ce que je voulais exprimer. Ou alors, d'avoir seulement mis sur papier 10% de mes réels sentiments. Je sais pas, j'ai du mal à exprimer les choses telles que je les ressens vraiment. Écrire des compte-rendus, des récits de voyage, des anecdotes factuelles, OK, pas de problème. Le superficiel, je sais faire. Mais dès qu'on touche au vrai, à ce qui compte, aux tripes, je rate la cible. Je pédale à vide. Je dois manquer d'expérience de la vie, ou un truc dans le genre. Pouf, pouf.

****

Bref, là, comme je vous écris, je suis à Lille, chez mes parents, dans le canapé du salon. Sapin de Noël. Cadeaux au pied du dit sapin. A la télé, il y a «Maman, j'ai raté l'avion», délicieux film me remplissant de nostalgie. «Maman, j'ai raté l'avion», c'est le film parfait pour Noël, un beau conte familial plein de bons sentiments, rempli d'amour, d'humour, de gaieté, de belles musiques qu'on aime écouter quand il fait froid dehors et que tout le monde est réuni dedans, tout sourire et avec de la buée sur les carreaux. «Maman, j'ai raté l'avion», c'est le film qui repasse à la télé chaque veille de Noël depuis 1990, nous rappelant que Noël, c'est toujours la même chose, mais en plus vieux à chaque fois. C'est toujours la même chose, et c'est ça qui est rassurant. Je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année. Ici, je sais qu'elles le seront.

****

Bonus :
Interview pour PokerStars à Prague
Montage musical : la table finale de l'EPT en images : on m'y aperçoit vers 1mn42s. Je fais semblant, contrairement à ce que tout le monde a pensé. Il a de l'humour, le monteur de l'EPT !

dimanche 21 décembre 2008

RGC Final : short and bittersweet

This recap for the final installment of the Run Good Challenge II is coming quite late – eight days after the tournament took place, in fact. Truth is that I've been busy with several things this week : working at live events, travelling, working at the office, catching up on sleep, sorting out domestic issues, doing insane amounts of laundry, getting ready for Christmas, and packing for my next trip – which is gonna be, thank God at last, a holliday trip.

Anyway, my performance during the preliminary legs of RGC II granted me a seat at the final, among with eight other players – an interesting mixture of friends, colleagues and fellow bloggers from the other side of the Atlantic : Change100, Jason Kirk, Matthew Showell, Michelle Lewis, the Poker Shrink, Amy Calistri, KidDynamite and Up4Poker. We were all competiting for a $2,500 prize-pool, spread over six players, meaning only three of us would come home empty-handed. As you will soon find out, I ended up being part of the latter group.

Again, I was busy working when the tournament started. I had already played the second leg while covering the Paris stop of the France Poker Tour, but this time it was even trickier. I was in Prague, Czech Republic doing commentary in French for the live broadcast of the European Poker Tour final table. It's one thing playing a bit of online poker while writing updates. Only the most attentive readers will notice you're publishing less content because you're busy playing on your laptop. But doing vocal commentary for a live broadcast requires 100% concentration. You have to pay attention to the players on screen, how much they bet and raise, which cards come on the flop, whose turn it's to act – everything. You have to talk about it while it happens, giving the audience a clear picture of what's going on, and also provide analysis : who's on tilt after losing a big pot ? Who's on fire, raising hand after hand ? Who has the upper hand in this game ?Granted, I had a co-commentator sitting next to me giving help, but the task was nontheless quite demanding.

The result was that I played really tight from the start – much tighter than usual. Despite the excellent structure, I didn't have the time to raise junk hands and construct complicated bluffs, nor pay attention to the table flow. My eyes were firmly set on the Prague final table, with only a few seconds of lapse on the laptop screen to fold most of the hands I was being dealt. Therefore, I managed to fold hands like AJo UTG, AKo (after one reraise from Matt), or KJo (after one reraise from Change100) The few times I saw the flop with a small pair or high cards, I immediatly folded after a single bet – not that I would have done differently had I been focusing on the game. I still managed to semi-bluff a small pot off KidDynamite and Amy, betting on the turn with the nut flush draw.

The first notable hand of my tournament happened on Hand #20. While a flurry of French railbirds invaded the chat-box after I advertised the tournament on the EPT live broadcast, I proceed to reraise with Jacks after Amy opened for three times the big blind. She folded, unlike Michelle who called. We both checked every street on a threatening AdKc7d-5d-4h board, and I took down the pot against her JToff. I was quite puzzled she elected to see a flop out of position with a hand as bad as JT offsuit, but I was also relieved she didn't go for the bluff option on later streets, as I would have released my Jacks quickly.

That hand lifted my stack to 3,240 out of the 3,000 starting stack. I quickly lost my profit after a failed bluffing attempt with pocket threes on an AdQdJs flop, giving up the pot to Up4Poker. The same player then proceeded to bluff me off a nice pot, when he strongly bet his Eights on the turn and river after having checked the AA3 flop. I called on the turn with my Nines but folded on the river. I'm wondering if Up4Poker thought he was value betting or just bluffing. In that particular case, he was indeed bluffing as I folded the best hand.

You might remember the key hand that tremendously helped me winning the second leg of RGC II three weeks ago... All in on the turn with Queens against KidDynamite's Aces, I spiked one of my only two outs to double up very early in the tournament. Well, the Kid got his revenge during the final, by knocking me out in 9th position. Again, I was all-in on the turn, except this time I was a clear favorite. We all know there's no justice in poker – well, maybe this time there was, as the Kid pulled out a miracle to eliminate me and go on to win the RGC Final.

Here's how the hand went on : KidDynamite raised in middle position, as he always did when he got the chance. Michelle called behind him, as she always did when she got the chance. I have AJ offsuit and make the unsual decision to re-raise right here, right now. In general, I wouldn't take such an agressive line with a weakish hand like Ace-Jack offsuit, but two factors favored this decision : KidDynamite has been pretty active up to this point, and Michelle has shown she's not afraid to call reraises out of position with trash hands. In short : I could well have the best hand here.

Both players call, and I find a very good flop : Ad-9c-4c. The only hands I'm afraid of are AQ, 99 and 44. I rule out AA since one of them is in my hand and one of the others is on the flop. AK is also quite unrealistic since it would have been worth a reraise before the flop. KidDynamite and Michelle both check, and I make another weird decision by checking behind, despite the presence of two clubs on the flop.

The turn isn't great : a five, putting a third club on the board. KidDynamite elects to bet 900 in the 1,350 pot. Michelle folds and the big decision is up to me. I have only 1,685 chips left, meaning I can either give up this big pot, or risk my tournament life right here. I have no idea what KidDynamite has – he's representing a strong hand here, one the three hands I mentionned above. But I have already invested 25% of my chips in this pot, and I could well have the best hand. I go all-in for 785 chips more as I adress vocal prayer on the EPT live feed.

KidDynamite doesn't snap calls, a sure sign I made the right decision. But again, he's priced in to call, having bet so much on the turn to begin with. He calls with pocket 3's, including the three of clubs. Having noticed the lack of action on the flop, the Kid decided to turn his hand into a bluff by betting heavily on the turn, and is now forced to call after I moved in the rest of my chips, with a hand that could well be dead already.

It was divine justice time. Any club, three or deuce and I was out. Any other card and I was doubling up to more than 5,000 in chips, way enough to grab an early chip-lead.

The river was... a deuce. KidDynamite had made his straight. I was the first player out of the RGC Final.

Sweet justice, some will say, after the bad-beat I put on him two weeks ago. Some others will question the way I played this hand : why didn't you bet on the flop, you idiot ? He would have folded his lousy pair ! Granted, I played this hand in an unorthodox way, but value-wise, it worked perfeclty : I managed to put my chips in as a 2 to 1 favorite for a 100-BB pot.

Oh well, at least I was able to go back to my EPT live duties, having being distracted for only thirty minutes or so before being knocked out.

Let's recap my overall performance during the second edition of the Run Good Challenge II :

- First leg : late arrival, shitloads of connection issues due to being on a train between Lyon and Lille = quick exit, nothing I could do.
- Second leg : on time, playing while working a tournament, lots of luck = easy win.
- Third leg : late arrival, so late I didn't make it in time to register = no show.
- Final : on time, busy working, played tight, and put all my chips as a 70% favorite after 30 minutes = quick exit.

All in all, quite a satisfactory experience, given the fact that I made a nice $600 profit for a $0 investment. Thanks again to my friends over at PokerListings.com for setting up this cool series of tournaments.

Congratulations to all who played, and especially to the eventual winner KidDynamite ! And, since it's gonna be my last post written in English before a while, let me wish you a happy holliday time. May all of you be well and have a nice Christmas. I miss (most of) you ! For those around NYC during NYE, drop me a note - I'll be visiting the big apple at the end of the year before heading to the Bahamas for the PCA. To the rest, hope to see you soon on the tournament trail !

mardi 9 décembre 2008

If I ever feel better

Bayswater, 2h34. Les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond. Le réveil va sonner dans deux heures et vingt-six minutes. Impossible de dormir. Acouphènes à plein volume. Concerto de sifflements strident. Note haut perchée. Dans l'oreille droite, un bruit de vieux télégraphe. Tit tit tit tiiiiiiiit tit tit tit tit tiiiiiiiiit. En stéréo, dans les deux esgourdes, le bruit d'une télé qu'on allume, en continu. Wiiiiiiiiiiiiiiiiii. Infernal. De toute façon, je n'arrive jamais à m'endormir la veille d'un départ matinal. Assez compliqué de se lever à cinq heures quand on à l'habitude de se coucher à trois. Rien que cette année, j'ai loupé deux avions parce que je n'avais pas réussi à me réveiller à l'heure. Du coup, je flippe que ça se reproduise. Je m'endors pas, comme ça je n'aurai pas à me soucier d'un réveil mal réglé.

Tit tit tit tiiiiiiiiit tit tit tit wiiiiiiiiiii. Encore deux heures à patienter avant de sortir du lit. Dehors, les jeunes de l'auberge de jeunesse d'à côté chahutent bruyamment. Pas bon pour les neurones, de rester allongé là sans rien faire. Ça donne à réfléchir, et se tourner les méninges dans le noir et le silence n'apporte jamais rien de bon. Je cogite. Je ressasse des trucs. Je repense à ce brouillon de post qui trotte dans ma tête depuis trois semaines. Un post qui parlerait longuement d'un mot commençant par la lettre «d». Je repense aux petites humiliations du quotidien, aux silences embarrassants, aux moments de solitude, aux déceptions qui ont émaillé les quinze derniers jours. Et pas que les quinze derniers jours, d'ailleurs.

Jusqu'à quel point doit-on se livrer dans un blog, un espace d'expression destiné à être vu par n'importe qui ? Si ça ne va pas, est-ce que je suis censé venir l'écrire ici ? Au risque de passer pour un enfant gâté pleurnichard ? Peut-être qu'il ne vaut mieux rien écrire du tout au final. Passer sous silence les moments difficiles, garder les apparences sauves, laisser passer l'orage, en esperant des jours meilleurs. Je sais pas.

Même les gens qui ne me fréquentent que de loin ont été forcés de la constater : c'est pas la grande forme, ces derniers mois. Et ceux qui me côtoient au jour le jour se sont depuis trop longtemps habitués à me considérer comme le râleur de service, le mec jamais content, la blague cynique toujours prête en cas de besoin, le défaitisme à portée de main. The malcontent chain-smoking frenchman, comme disent les collègues étrangers. C'est moi. Il est vrai que ces derniers temps, j'ai abusé de phrases du genre « les quarante prochaines années vont être longues. » Et quand on me demande comment ça va, j'aurais plutôt tendance à répondre « ne me demande rien, je risquerais de te dire la vérité. »

J'aimerais que ma vie soit plus qu'une succession de courses en taxi, de déambulations à l'aube dans des couloirs d'aéroport blafards, des vols en transits d'une ville à l'autre, jamais complètement endormi, mais jamais réveillé non plus, des restos, toujours des restos, le matin, le midi, le soir, des kilos en trop qui s'accumulent, et puis le retour le soir tout seul dans une chambre d'hôtel, jamais la même, mais jamais bien différente de la précédente. J'aimerais que tout cela aie un peu plus de sens. Avoir du recul sur les événements. Cesser d'être immergé 24/24 dans mon taf. Voir le verre à moitié plein. Mais pour l'instant, on en est là, et çà me semble pas prêt de bouger, me dit la petite voix pessimiste à l'intérieur. Mais si jamais je me sens mieux, je te tiendrai au courant.

****

Enfin, voilà, quoi. Je sais pas, j'imagine que je devrais quand même être satisfait des semaines qui viennent de s'écouler. Aussitôt après les Master Classics d'Amsterdam, l'enchainement périlleux vers Varsovie (sans dormir et sans filet) s'est révélé être une magnifique réussite. Le plus gros de mon travail consiste à suivre une équipe de joueurs professionnels au cours des parties qu'ils disputent, et à en parler sur le site officiel de leur sponsor par le biais d'articles, photos, interviews et communiqués de presse. Cette fois-ci, après quatorze mois de succès ininterrompus, le Team Winamax a trouvé le moyen de battre ses propres records en hissant non pas un, mais deux joueurs en table finale de l'étape polonaise de l'EPT : Ludovic Lacay et Arnaud Mattern tous deux de retour en grâce auprès des Dieux du poker après une année 2008 pour le moins décevantes. A cette occasion, j'ai fait un effort supplémentaire et écrit ce qui me semble être quelques uns des meilleurs articles de l'année. J'ai pu ainsi ressentir ce petit frisson délicieux qui surgit au terme d'un travail bien fait. Trop rare.

Toute de suite après, j'atterissais à Lyon pour une autre étape du France Poker Tour, super relou à couvrir, la salle était minuscule et j'étais crevé après neuf journées de travail consécutives. Cela valait quand même le coup grâce à la présence de Vikash Dhorasoo, qui nous a régalés d'anecdotes sur le foot, le poker, et le mélange des deux pendant la dernière Coupe du Monde. Il faudra que je raconte ça un jour. Le week-end suivant, direction Paris pour le bouquet final des étapes qualificatives du FPT. Au Stade de France, s'il vous plaît. On a beau jouer les blasés parfois (souvent) (tout le temps), la vue de ces 1,240 joueurs de poker réunis dans la même salle pour un tournoi gratuit à l'enjeu lointain avait de quoi réchauffer le cœur. L'organisation fut parfaite en tout points, et l'ambiance assez extraordinaire. Après, une bonne partie de l'équipe s'est retrouvée à l'Aviation, où j'ai joué ma première session de poker en live depuis les WSOP. J'ai sauté très vite du tournoi spécial organisé rien que pour nous (sous les quolibets bien sur), et j'ai ensuite passé le reste de la nuit à perdre en cash-games. Rien qu'une illusion : la table était exceptionnellement facile, remplie des clochards habituels de la nuit, et j'aurais pu gagner une petite fortune si je n'avais pas du me sauver à six heures du matin pour prendre un train vers Lille.

****

Entre deux, je retourne à Londres quelques jours par-ci par là. J'y suis toujours sans domicile fixe. Après Varsovie et Lyon, je suis brièvement retourné à Hampstead, chez Jen, Snoopy, Rod et Dana, mes fidèles amis de Blonde Poker. Je les adore, mais leur appart est un bordel sans nom et ils ne se couchent jamais avant l'heure où moi je me lève pour aller au bureau, alors je n'ai pas été mécontent de me casser après cinq jours. Ces derniers temps, j'ai trouvé un autre toit du côté d'Hyde Park grâce à la générosité d'une collègue passant ses week-ends à Paris. Samedi, j'ai pris le bus et suis retourné « chez moi » à Clapham. Je ne suis pas resté quinze minutes : le premier étage où se trouve ma chambre reste inhabitable. Je n'ai même pas pu avoir accès à mes placards pour prendre de nouvelles fringues. En cinq semaines, j'ai passé un total de cinq nuits dans cette maison. Tout en continuant de payer 210 livres de loyer par semaine. Tilt. Une fois que le plus gros du travail a été effectué par les ouvriers (refaire les canalisations, abattre et rebâtir les murs), le chantier s'est immédiatement retrouvé au point mort. Normal, ils ne sont plus obligés de se presser : la maison est maintenant habitable selon les critères de l'agence. Le message est clair : fuck you, pay me. Tant pis pour la poussière qui s'est inscrustée partout, et les murs pas encore repeints. Cependant, la persévérance de Gab à harceler l'agence et le proprio semble avoir fini par payer : ce dernier semble être prêt à nous accorder une remise sur le loyer si nous restons l'année prochaine. Et la clause disant que nous devons payer le loyer six mois à l'avance pourrait sauter (elle avait été mise en place parce que la majorité des locataires sont des joueurs de poker et ne sont donc pas dignes de confiance au niveau financier) Je sais pas, on verra. D'ici le 15 février prochain, je vais peut-être devoir me trouver un nouveau logement, ou pas. On est encore en train de réfléchir à la question. Si d'aventure je devais me casser de Clapham, je chercherais le logement le moins cher possible. Quitte à ne jamais être à Londres, autant payer le minimum pour un truc pourri, plutôt que de payer une tonne pour un truc pourri aussi. Parce que là j'ai quand même un peu l'impression de jeter de l'argent par les fenêtres pour un logement dont je ne profite même pas.

***

Je mentionne aussi souvent que possible Pauly et son merveilleux blog dans ces colonnes, mais je ne suis toujours pas sur que vous le lisez vraiment. Tour à tour collègue, mentor, grand frère, compagnon de beuverie et éternelle source d'inspiration, le globe-trotter New Yorkais ne faiblit pas après plus de cinq ans à écrire sur le poker. Mieux, il s'améliore d'année en année. Une plume fine, un don d'observation rarissime et une honnêteté brutale font de son blog une lecture indispensable. Récemment, Pauly a publié un excellent compte-rendu de la sombre annulation de l'étape mexicaine du Latin America Poker Tour sponsorisé par PokerStars (une sorte d'EPT en Amérique du Sud). Il était là, il a tout vu : lecture indispensable. Allez-y, vite : «Shakedown Street > Mescali Blues»

****

Pour ceux qui trouvent qu'il n'y a pas assez de mises à jour ici et qui voudraient avoir plus souvent des nouvelles de ma vie passionnante (sic), cela fait déjà quelques mois que je suis inscrit sur Twitter. Très populaire dans les pays anglophones, ce service permet de publier en temps réel des micro-posts (format SMS : jamais plus de 140 caractères) et de suivre ses amis faisant la même chose. J'y écris régulièrement tout ce qui me passe par la tête : pour me suivre, c'est par ici. Forcément, c'est plus facile d'écrire un texto qu'un post de 10,000 signes, donc j'y passe beaucoup plus souvent pour raconter des conneries du genre : « Je viens de voir un joueur français monter dans l'ascenseur avec une pute à chaque bras ». Ah, c'est en anglais, bien entendu. Ben oui.

****

Prague, 10h12. Je sors du petit déjeuner. Le tournoi commence dans deux heures. Je suis arrivé hier , assez tôt puisque j'étais à l'aéroport avant l'aube. Il y avait du monde que je connaissais au Terminal 5 d'Heathrow. Louise, Neil, Hilda, Nicola. Les londoniens de PokerStars et Sunset+Vine, la boîte de production télé. J'ai fait chauffer la carte bleue au duty free. Rien de mieux qu'une frénésie de dépenses pour dissiper un peu un coup de blues. Je suis monté à bord de l'avion avec un appareil photo tout neuf qu'on m'avait chaudement recommandé à plusieurs reprises (Canon G10) et les nouveaux écouteurs anti-bruit de Sony. Donnez, donnez moi, du pouvoir d'achat. Une petite folie qui n'aurait pas été nécessaire si Bensouss' pensait à rendre les écouteurs qu'on lui prête (total des casques qu'il m'a piqués depuis avril 2007 : quatre)

Je me suis installé à l'hôtel Hilton où se déroulera l'EPT toute la semaine. Pour une fois que j'avais le temps, j'ai été faire un tour en ville avec quelques collègues, près du pont Saint Charles. J'ai essayé mon nouvel appareil photo. Impeccable. Je vais le tester toute la semaine autour des tables. Au resto, j'ai pris une soupe de légumes et du goulasch. Délicieux. Après, visite incongrue d'un musée consacré à... la torture médiévale. Trois étages d'horreurs en tout genre. Au hit-parade de la torture moyenâgeuse : France, Espagne et Allemagne. On mate des gravures représentant des atrocités. On scrute les machines en se demandant comment elles fonctionnent. Des écriteaux en quatre langues nous donnent la réponse. On sort en secouant la tête. Je me rassure en songeant que la pire torture imaginable aujourd'hui dans le pays où j'habite, c'est l'écoute d'un disque de Coldplay. On marche vers le marché de Noël. Crêpes au nutella et gadgets attrape-touristes. Sapin de Noël. Une chorale de gosses qui chantent faux. Vin chaud dégueulasse. On prend un taxi, direction le Hilton. Je glande dans ma chambre. Je teste mes écouteurs. Rage Against the Machine à fond. Je monte au dernier étage du Hilton. Dans le club. PokerStars offre une heure d'open-bar seulement, restrictions budgétaires oblige. Bla bla bla avec les collègues, les joueurs. Je fume douze cigarettes. Je bois cinq bières. Je descends, la moitié du Team est au resto. Almira me file un bout de son steak. Elle m'apprend deux excellentes nouvelles. Bernard Boutboul nous régale de ses anecdotes. Je remonte dans ma chambre.

Cela fait exactement un an que je travaille pour Winamax. En décembre 2007, j'avais couvert ici même à Prague la première victoire d'un membre du Team, pour mon premier job à leurs couleurs. Durant les douze mois qui ont suivi, j'ai eu l'occasion d'assister à bien d'autre succès à San Remo, Vegas, Barcelone... Je me demande où je serai dans un an. Aucune idée. J'essaie de ne pas trop y penser. Je sais où je serai à la fin du mois, c'est déjà pas mal. J'ai hâte d'y être.

dimanche 7 décembre 2008

No Show

Well, this is gonna be a brief recap, as I did not show up in time to play the third leg of PokerListings Run Good Challenge II. Having played the first two legs in France, my mind was firmly set on an 8pm starting time. Alas, in the meantime, I've came back home in London (sort of, as I'm still homeless - more on that in a future post) and forgot to remember that I would have to show up one hour earlier than usual to play the tournament, due to time zones differences. When I logged on PokerStars at 7.45pm, thinking I was 15 minutes early, registration had been closed for almost an hour. Fuckety fuck.

It sucks, considering that I was so eager not to miss the tournament that I stepped out of the bus during the ride from Clapham to Hyde Park and jumped in a taxi to make sure I would be there on time. It cost me a ridiculous £19 which in the end didn't help at all.

Oh well, at least my win from last week secured me a seat in the Grand Final, which will be a nine-player affair with a $2,500 prize-pool. As they did during the previous three tournaments, PokerListings will be footing the bill, making this potentially lucrative game a complete freeroll. Sweet !

At the time of this tournament (next Saturday, 8pm local time), I will probably still be busy providing commentary and analysis in French for the Prague EPT live show, and will do my best to focus on both games. Yes, again I will be mixing work with fun, this time in Czech Republic. Unprofessionnal behaviour, or masterful multi-tasking ? You'll be the judge.

Business, or pleasure ? I'll have both.