lundi 25 février 2008

lol checkaments

C'est plutôt confiant que j'avais entamé le commentaire en direct de la finale de l'EPT à Copenhague samedi soir, fort de mon expérience acquise depuis septembre, après avoir précedemment assuré le rôle de maître de cérémonie lors des étapes de Londres, Baden, Prague et Atlantis aux Bahamas. Mais rien ne m'avait préparé à ce qui allait se dérouler devant nos yeux lors de cette journée.

Ce fut tout simplement la finale la plus atroce de l'histoire du poker professionnel. Et je pèse mes mots. Pourtant, les festivités avaient démarré de manière classique en début d'après-midi, avec huit joueurs réunis au départ de l'ultime table, dont mon pote américain Danny Ryan et un joueur français sorti de nulle part, Nicolas Dervaux. Tout au plus, l'action était un peu plus molle que d'habitude, mais rien d'extraordinaire non plus. On pressentait plus ou moins que ce ne serait pas la plus belle finale de l'EPT jamais vue, mais bon, statistiquement c'est forcé qu'on doit se coltiner une finale chiante de temps en temps. Ce genre de choses arrive, ca fait partie des aléas de mon métier, j'y suis préparé. Là encore, je ne savais pas ce qui m'attendait.

C'est vers 21 heures que les choses ont commencé à vraiment se gâter, avec le début du duel final entre Tim Vance (USA) et Soren Jensen (Danemark.) D'expérience, tous les journalistes qui couvrent les tournois de poker savent que le tête à tête final est la partie la plus rapide d'une épreuve. A Dortmund, Mike McDonald avait achevé son adversaire en une vingtaine de mains. Il n'avait guère fallu plus de dix minutes à ElkY pour capturer le titre aux Bahamas contre Hafiz Khan. Instinctivement, on s'attendait tous à une conclusion imminente.

Grossière erreur de jugement. Manifestement, les deux joueurs n'étaient pas pressés d'en finir. Ignorant les principes fondamentaux du poker en tête à tête, Vance et Jensen ont procédé à une démonstration de passivité jusque là jamais observée dans un tournoi de poker professionnel. Rien, il ne se passait absolument rien. De temps en temps, un joueur relancait préflop, mais seulement pour checker flop, tournant et rivère jusqu'au showdown. Les pots défilaient, dépourvous d'intêret et d'action. Créativité, imagination, panache et courage étaient absents de ce duel qui n'en était pas vraiment un. Tim Vance et Soren Jensen avaient tout simplement décidé d'arrêter de jouer au poker lors de cette ultime confrontation, se contentant de jouer à la bataille, s'échangeant des pots miniscules sans jamais risquer leurs jetons.

Au bout d'une demi-heure ce manège, les commentateurs anglais, allemands, hollandais français et italiens réunis en régie se regardaient en secouant la tête : mais bon dieu, qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Pour nous, censés parler non stop, micro en main, la tâche devenait de plus en plus difficile. Après huit heures de direct, nous étions à court de choses intéressantes à dire. C'était comme regarder de la peinture sécher sur un mur.J'avais recruté mon ami et collègue lillois Maanu (Team770) pour l'ensemble de la journée, car l'ensemble des joueurs pros qui m'aident habituellement avaient déjà quitté la ville... Le pauvre. C'est la première fois qu'il se retrouvait au micro à plein temps (après un court passage aux Bahamas), et voilà qu'il était subitement empêtré dans un bourbier sans nom.

Les heures ont passé sans que rien ne se produisait sur l'écran devant nos yeux. Confrontés à une partie complètement dépourvue d'intêret, on a d'autre choix que de partir en vrille, et se mettre à déconner franchement. Je gardais un oeil sur les forums du ClubPoker et de WAM-Poker, histoire de constater que les spectateurs subissaient la même torture que nous. Je sélectionnais les meilleurs commentaires des forumeurs pour les diffuser à l'antenne, tandis qu'un employé de l'EPT faisait parvenir des bières dans le studio en flux tendu, pour nous calmer un peu. A un moment, lors d'une pause, nos micros sont restés branchés et tout le monde a pu nous entendre crier "c'est horrible, c'est horrible". C'était tragi-comique. Tout le monde était à bout. Les commentateurs allemands s'étaient transformés en carpes, rendus muets par l'affligeant spectacle qui se déroulaint à l'écran, tandis que les anglais ne cachaient plus leur mépris pour les deux joueurs, dont les attitudes extravagantes avaient fini par horripiler tout le monde. L'Américain Vance, souffrant sans doute de TOC jamais traités, ne tenait pas en place et fredonnait sans arrêt des chansons des Beatles, tandis que le Danois Jensen célébrait vulgairement et bruyamment chaque pot remporté. On avait là affaire à deux personnages colorés mais, hélas, ces attitudes extraverties ne transparaissaient en rien dans leur jeu, complètement dépourvu d'imagination. La plupart des gens avec qui je joue à la maison font preuve de plus d'aggressivité lors de nos parties à 10€ la cave.

Oui, il était triste de devoir rester assis devant cette mascarade, contraint et forcé de commenter deux joueurs médiocres qui, on ne sait comment, avaient réussi à atteindre les premières places d'un des tournoi les plus réputés d'Europe. Il fallait prendre le parti d'en rire, et les producteurs de l'émission ne s'en sont pas privés en diffusant d'hilarants montages tels que “les meilleurs moments du tête à tête” (une succesion de checks sur fond de musique genre Benny Hill) ou encore “en direct de la salle de presse” (un montage montrant l'ensemble des journalistes en train de dormir devant les écrans, à voir absolument en cliquant içi) Coup de chapeau aux équipes de l'EPT qui savent ne pas se prendre au sérieux quand il le faut : ce n'est pas aux WSOP ou au WPT qu'on aurait vu ça. C'était comme regarder un nanar à la télé : un film tellement nul qu'il en devient poilant. Là, c'était pareil. Les fous rires ont été nombreux avec Maanu. Et c'est ainsi que la retransmission de cette finale, sérieuse au départ, s'est transformée eu un immense pétage de plombs finalement bien réjouissant.


Maanu au micro : sérieux non garanti

Après quatre heures et demie de duel (quatre heures et demi, bon dieu), la délivrance est arrivée quand Soren Jensen fit tapis à la rivière sur un tableau contenant trois piques. Timothy Vance sortit la plus belle réplique jamais entendue depuis le “It's all over baby” de Scotty N'Guyen aux championnats du monde 1998, annonçant “It's been a pleasure playing with you, sir. I call” et retournant As-10 de pique pour la couleur max. C'était fini, après presque douze heures d'un direct marathon qui avait mis les nerfs de tout le monde à bout.

Immense soupir de soulagement pour toutes les personnes impliquées : techniciens, journalistes et spectateurs. Il faut rendre hommage à ces derniers, qui sont restés jusqu'au bout de ce marasme qui ne ressemblait que de loin à du poker. Paradoxe, cette finale, avec 63 pages de posts sur WAM-Poker et 50 pages sur ClubPoker, a provoqué finalement autant de réactions que les récentes victoires d'ElkY et Arnaud Mattern.

Pour le reste, ce séjour à Copenhague est passé à toute vitesse, parti en fumée dans une succession monotone de journées de travail de dix à douze heures, suivies de tournées au bar jusque trop tard, entrecoupées de nuit de sommeil beaucoup trop courtes. Mon séjour dans la capitale Danoise s'est résumé à la visite des lieux suivants :

- L'aéroport
- L'hôtel Radisson Scandinavia où se déroulait le tournoi
- L'hôtel Radisson Royal où je dormais
- Le McDo
- La boîte de nuit où s'est déroulé la fête d'avant-tournoi et la remise des prix du poker Scandinave, anecdotique si ce n'est l'incident provoqué par une remarque involontairement (?) antisémite de l'un des joueurs récompensés, plus d'infos sur WickedChops en cliquant içi et içi.

Bref, encore une visite enrichissante (sic) laissant une légère impression de vacuité. Ceci dit, je ne suis pas sur d'avoir raté grand chose, et c'est curieusement soulagé que j'ai quitté Copenhague avec l'impression que les Danois sont des gens méprisants, hautains et froids. Wow. Qu'est-ce que je viens de dire, là ? Attendez, je vais corriger cette phrase pour la rendre moins xénophobe. Reprenons : c'est curieusement soulagé que j'ai quitté Copenhague avec l'impression que les Danois travaillant dans l'industrie des services sont des gens méprisants, hautains et froids durant leurs heures de travail. C'est mieux ? Parce qu'en une semaine, j'ai appris à detester le concierge de l'hôtel, la meuf derrière le comptoir du McDo, l'ensemble des chauffeurs du taxis, le mec planté derrière le comptoir de l'aéroport, bref, tous les gens dont le métier est de plumer le touriste que j'étais en me servant des bières à 10 euros, des sandwichs à 20 euros, etc dans le pays le plus hors de prix que j'ai jamais vu, battant à plate couture Londres et Monte-Carlo. Peut-être que ça vient de moi, mais j'ai rencontré cette semaine les gens les plus désagréables qui soient. J'ai une tête qui revient pas, ou bien ?

Mon reportage sur Winamax : Day 1A - Day 1B - Day 2


Avec Nicolas Levi lors du Day3 (photo Lina Olofsson/PokerStarsBlog)

lundi 18 février 2008

There will be light

Après le douloureux épisode qui a mis fin un peu plus tôt que prévu à mon tournoi à Drogheda, je n'ai pas fait de vieux os en Irlande. Dès le lendemain de l'accident, Snoopy (qui avait sauté lors du Day1A) et moi étions de retour à la maison, à Londres.

Hé oui, ce n'est plus Lille, mais la capitale britannique que j'appelerai désormais «maison». Cela fait plusieurs mois que ça trottait. J'ai officialisé ma collaboration avec Winamax il y a deux semaines en apposant ma signature au bas d'un contrat de travail en bonne et due forme. Le siège de la boîte se trouve à Londres, il était donc plus simple de m'installer moi aussi là-bas. Travailler directement pour un site de jeu en ligne en restant domicilié en France représentait un casse-tête logistique auquel je n'avais guère envie de m'attaquer.

Cette nouvelle et importante étape de ma carrière aurait du survenir il y a un moment déjà, mais les choses ont pas mal traîné, par ma faute. Winamax était prêt à m'embaucher il y a déjà plusieurs mois. J'ai hésité longtemps, opérant un pas de deux type « en avant, en arrière » qui ne m'est que trop familier – je ne sais jamais me décider. J'ai fini par franchir le pas, pour de bon. Pour la première fois depuis mes débuts dans le métier il y a trois ans, je m'engage de manière formelle au service d'une société. J'en ai fini avec le freelancing.

Un nouveau pays, un nouveau pied à terre, un nouveau job nécessitant de se lever tous les matins pour aller au bureau... Niveau changement, je suis servi. La semaine qui vient de s'écouler a été consacrée à la recherche d'un appartement, tandis que je squattais chez Snoop, Jen et Dana. Pour tout vous avouer, je ne me suis pas trop compliqué la vie, et ai grosso modo choisi le premier que j'ai trouvé, vu qu'il me plaisait bien. C'est un studio tout juste remeublé à neuf situé en plein coeur du quartier ultra-chic de Notting Hill. Pas du tout le quartier que j'avais en tête en départ (je cherchais quelque chose plus au nord, entre les bureaux de Winamax et la nouvelle gare Eurostar) L'agent immobilier est le pote d'un de mes meilleurs amis, raison de plus qui a motivé mon choix, ca devrait en principe m'éviter les mauvaises surprises. Et puis, il me sera toujours possible de chercher un autre endroit d'içi trois mois. Le loyer est cher (pas surprenant) mais j'ai eu un rabais interessant pour les premiers mois car il y a des travaux dans le reste de l'immeuble. Pas trop un problème vu que je ne serai jamais dans l'appart' durant la journée.

Un gros changement, donc, mais pour vous qui avez l'habitude de suivre mes reportages, les choses restent les mêmes : je serai toujours au rendez-vous lors des plus gros tournoi du circuit EPT, WSOP, WPT, etc... pour rendre compte des progrès des joueurs français, et en particulier de la tout à fait excellente équipe Winamax. J'ai même la permission de continuer à commenter les EPT live... au moins jusqu'à la fin de la saison. Entre les tournois, je bosserai avec la jeune équipe française de la boîte, dans leurs bureaux d'Oxford Circus. J'aurai le temps d'en reparler en temps et en heure, vu que cette partie de mon nouveau taf ne commencera qu'après l'EPT de Copenhague, qui commence mardi, d'ailleurs mon avion va bientôt décoller, je suis en retard, j'y fonce, à très bientôt.


La bouillonnante Camden Town, theatre d'un spectaculaire incendie la semaine dernière (on voit un bout des décombres à droite)


Hampstead Heath : une forêt à deux pas du centre de Londres, c'est possible


Snoopy en personne

samedi 9 février 2008

Busto

C'est fini. Après 90 mn de jeu, j'ai joué un pot de 250,000 avec 44 sur le flop 854 (deux trèfles). Je tombe contre 55 et la seule carte qui peut me sauver reste dans le paquet. Je sors en 70e place environ. C'était pas super bien joué de sur-relancer tapis au flop pour 110,000 : mon adversaire (bien que super-aggro et chip-leader) ne m'aurait pas payé avec une main que je bats. Ce qui me console, c'est que j'aurais fait full à la rivière, il aurait donc été très difficile de ne pas perdre tout mon tapis.

Pas envie d'en raconter plus pour l'instant. Un grand merçi à tous pour le soutien sur les forums, Facebook, SMS... L'expérience était interessante mais je ne suis pas sur d'avoir envie de recommencer. Trop stressant. Et trop éprouvant de terminer comme ça. Ma place dans le monde du poker pro est en salle de presse, pas à la table, et c'est très bien comme ça. Je fais un métier de rêve, alors qu'est-ce que ça peut me faire que je sois nul au poker ?

vendredi 8 février 2008

Fish de ouf

6h du matin. Je viens juste de rentrer à l'hôtel. J'ai survécu à cette première journée (Day 1B) du Main Event de l'European Deep Stack Championships. J'ai pu jouer avec quelques têtes de séries comme John Falconer, Joe Beevers et mon pote Arnaud Mattern. Après neuf heures de jeu, j'ai cloturé la journée avec un tapis de 90,050, presque le double du stack de départ.

Ca parait beaucoup, mais je suis sur qu'un bon joueur en aurait le double si on lui avait donné les mêmes cartes qu'à moi. Je suis crevé. J'ai l'impression d'avoir joué tous mes gros coups n'importe comment. Aussi l'impression d'être completement à la ramasse. Enfin, j'en sais rien.

Nonobstant, la première partie du contrat est remplie : je suis encore dans le tournoi, avec un tapis au dessus de la moyenne, alors qu'une quarantaine de joueurs ont sauté sur les 140 et quelque au départ.

La suite, c'est vendredi à 19 heures.

Avec Joe Beevers de la Hendon Mob

jeudi 7 février 2008

A mon tour

50,000 de tapis, des rounds d'une heure et des blindes de départ 25/50 : c'est la plus belle structure du monde pour un tournoi de poker en live, et ce tournoi, le Main Event des European Deep Stack Championship de Drogheda (Irlande), je vais le jouer, hé oui, je vais être assis à la table avec les autres au lieu de juste les regarder. One time !!1 L'occasion de jouer un vrai tournoi avec un beau prize-pool et une vraie structrure était trop belle. Merçi à mon généreux sponsor qui me permet de jouer ma première belle partie en live. J'essaierai de ne pas te décevoir poto.

Bon, j'étais censé jouer la première journée de départ, c'est à dire aujourd'hui mercredi, à 19 heures, mais je ne dors plus très bien depuis mon retour de Dortmund, et une nuit de sommeil en plus ne sera pas de trop pour commencer le tournoi dans les meilleures conditions. J'entamerai donc ma partie jeudi soir à 19 heures. Cela n'est pas idéal car la plupart des meilleurs joueurs choisissent le Day 1B, mais j'ai vraiment besoin de sommeil.

Bon, ça devient une tradition, rapide compte-rendu de mes bad-beats pour arriver jusqu'en Irlande : je débarque (depuis Lille en passant par Paris) à la gare SNCF de Beauvais ce matin pour découvrir que les taxis sont en grève. Je commence à flipper : pas de bus, pas de navette, pas de taxis, putain mais pourquoi ça tombe toujours sur moi ? Au final, j'ai du grassement arroser un aimable patron de café pour qu'il accepte de me conduire jusqu'à l'aéroport. Là-bas, j'ai découvert le ridicule réglement de RyanAir concernant la surcharge de bagages : DIX euros le kilo en trop, non mais faut pas déconner quand même, j'avais 4 kilos en trop je me suis fait plumer. Enfin, je comprends comment ils affichent des tarifs aussi bas maintenant : au total, le prix du billet me revient plus cher que si j'avais opté pour une compagnie régulière.

Le vol est assez mouvementé, pas mal de turbulences, les touristes idiots crient à chaque secousse, et l'impression de vitesse est telle qu'on dirait que l'avion est en train de foncer droit vers le sol. En fait non, on atterrit sans histoires. Après un trajet en bus puis taxi, j'arrive à Drogheda, une ville de taille moyenne (90,000 habitants) située à 40km de Dublin. L'hôtel (le "D" qu'il s'apelle) est classieux et moderne. Je partage une chambre avec Snoopy de Blonde Poker. Beaucoup de collègues n'ont pu, comme moi, résister à l'appel de ce tournoi. Chris (Blonde aussi) sera de la partie (après sa finale en Omaha Pot-Limit hier) ainsi que Jennifer Mason, la championne en titre (hé oui)

Alors, du coup, pour suivre le tournoi en direct, je serai bien en peine de vous filer des adresses de site, vu qu'on sera tous bien trop occupés à le jouer.

Vous pouvez tout de même aller voir le blog officiel du festival en cliquant içi.

Ou le forum du ClubPoker dont plusieurs membres participent au tournoi.

Ou encore le forum WAM-Poker où je posterai quelques infos si j'ai le temps.

Rendez-vous aux alentours de vendredi matin, après le Day 1B : j'espère être toujours en course, si possible avec un bon tapis. On verra bien. J'ai un peu d'apréhension mais ça devrait bien se passer. Mais si je saute au bout d'une heure malgré un tapis de départ de 50,000, j'arrête le poker, c'est clair. Peut-être que je devrais arriver au tournoi avec une heure de retard pour éviter cette eventualité ?

mardi 5 février 2008

Entre deux avions

De retour à Lille, avec les yeux déjà braqués vers la prochaine destination. Et un tournoi de plus dans la boîte. Qui aurait pu penser que Dortmund pourrait être aussi fun ? Moi, je le savais d'avance, après l'excellente édition 2007, et j'étais impatient d'y retourner cette année. Bien heureux sont ceux qui ont bravé leurs à-priori pour aller se perdre dans la forêt et dénicher le Casino Hohensyburg : ils ont passé une excellente semaine.

Comme d'habitude lors des EPT, ce tournoi s'est déroulé pour moi en deux temps : d'abord la couverture écrite pour Winamax durant les premières journées, ensuite le commentaire du webcast diffusé en direct sur le site de l'European Poker Tour durant les phases finales.

A l'issue des trois premières journées, j'étais un peu dubitatif quand à l'intêret télévisuel du reste la partie, vu que tous les joueurs connus (Negreanu, Annette) et les français avaient sauté (à l'exception de deux amateurs) Au final le direct fut très amusant à commenter, avec beaucoup de coups spectaculaires, et un très bon vainqueur à l'issue d'une finale assez courte, le jeune Canadien (18 ans) Mike McDonald, une révélation à coup sur. Mes co-commentateurs favoris habituels avaient tout quitté Dortmund, les salauds. J'ai donc du recruter de nouvelles têtes comme Rémy Biechel, Kevin Durand (alias kgoule, un petit jeune qui n'en veut) ainsi que l'inénarrable Yuestud, mon pote du marketing d'Everest Poker. ElkY s'est prêté au jeu du commentaire avec réticence, ce qui est dommage car le bougre a des choses très interessantes à dire. Quoi qu'il en soit, un grand merçi à tous pour tous les innombrables félicitations et messages d'encouragement sur les forums.

En marge du tournoi s'est déroulé dans une chambre d'hôtel un cash-game privé ultra cher entre les plus gros joueurs présents durant la semaine à Dortmund : Rolland de Wolfe, Sorel Mizzi, Dario Minieri, mais aussi les français ElkY, Arnaud Mattern, Ludovic Lacay ou encore Eric Koskas et même Jacques Zaicik (sick !). Evidemment, inderdiction formelle d'assister aux ébats, à moins de réunir les 10,000€ minimum nécessaires pour s'asseoir et disputer une partie de No Limit Hold'Em aux blindes 50€/100€ avec les requins. J'aurais bien aimé me glisser dans un trou de souris pour observer la scène. On m'a rapporté quelques coups et quelques chiffres. Un carré runner-runner entre deux français a notamment fait jaser. Malheureusement, je me dois de respecter la confidentialité des evenements, puisqu'il s'agissait d'une partie privée.

Pour le reste, cette semaine à Dortmund fut des plus classiques : longues journées de boulot, suivies de tournées au bar, et très peu de sommeil. Les soirées passées au comptoir ont démontré la capacité jamais démentie qu'à l'alcool à déclencher un débat sur la politique. Pierre de la Team770 nous a régalé le récit de ses extraordinaires aventures au Brésil, où il véçu plusieurs années. De belles rencontres, des tonnes de paysages, le long d'un chemin jalonné de corruption, drogue, et meurtre : le gars a tout vu. Je n'ai pas démérité lors du tournoi spécial médias, atteignant la cinquième place (sur 44 joueurs) pour un profit de 60 euros. Le dernier jour, après la finale, j'ai croisé un mec du staff EPT en rentrant à pied vers l'hôtel. Il m'a convié à la soirée secrète organisée par les équipes télé de Sunset&Vine, qui produisent les retransmissions des tournoi. Il était déjà bien tard, mais je me suis laissé emmener dans le sous-sol de l'hôtel ou une bonne cinquantaine d'anglais complètement déchirés fêtaient la fin d'une semaine de boulot avec force bières, bouteilles de vins et parties de poker. J'ai généreusement donné une cave (10€) avant de m'éclipser, laissant les rosbifs à leur joie. Au milieu de ce foutoir alcoolisé, je passais encore pour sobre, un exploit vu que je ne l'étais plus depuis bien longtemps.

Ma vidéo préférée de cette semaine à Dublin : un champion EPT français raconte ses déboires à un autre champion EPT français. Tout est magnifique : les acteurs, les dialogues, le scénario, sauf que ce n'est pas un film, c'est du réel, 100% véridique, un instantané capturé sur le vif par mon talentueux collègue de Winamax, Régis. Pour comprendre ce morceau de poker moderne, certains auront cependant besoin de sous-titres...

Sur la tordante page de mes amis écossais de SikTilt, on trouve aussi quelques perles à regarder absolument comme "10 choses intéressantes à propos de Dortmund" (vidéo rejetée par PokerStars !) et "The End" (un morceau de vidéo coupé au montage mais publié quand même pour le fun)

Après un voyage sans histoires, je suis rentré à Lille, pas pour longtemps, en fait j'ai tout juste le temps de régler quelques trucs administratifs en vitesse avant de partir pour l'Irlande, où je vais disputer mon premier vrai tournoi, le Main Event à 1,500€ des European Deep Stack Championship organisés par mon ami Mike Lacey. Enfin, je passe de l'autre côté de la barrière : j'attends ça avec une impatience qui va croissante à mesure que l'échéance se rapproche. Je vous en reparle dès que j'atterris à Dublin, mercredi midi.

L'EPT Live, une logistique de fous :






J'espère que le mec qui doit brancher tout ça est grassement payé


Les cables réseau qui envoient les images dans le monde entier


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