samedi 15 novembre 2008

We'll sleep when we're dead

Holland Casino, Amsterdam, 1h27 du matin. La finale du Main Event s'eternise, ils sont encore trois scandinaves à la table. Le casino ferme dans 90 minutes. Yuestud, Maanu et moi avons un avion pour Varsovie dans cinq heures. Je viens de passer quatre journées brutales de douze heures chacune à couvrir un tournoi à peu près impossible à couvrir : en vrai warrior du reportage poker, j'enchaine directement sur le suivant dans un autre pays dans moins de douze heures.

Après une toute petite pause de quatre jours à Londres (où j'ai eu le temps d'apprendre quelques mauvaises nouvelles supplémentaires de la part des ouvriers – un mur de ma chambre a du être abattu, me rendant officiellement SDF jusqu'à la fin du mois), je suis reparti immédiatement en voyage.

Première étape : Genève, pour la seconde étape non-française du France Poker Tour - un paradoxe amusant mais pas complètement puisque (malheureusement, j'ai envie de dire), on comptait une bonne majorité de français parmi les 300 et quelques participants. Un tournoi très agréable à couvrir – l'équipe qui organise et géniale et j'ai rencontré une tonne d'amateurs bien sympathiques. Il y avait même Pat « dioscure » Barnay qui passait là par hasard, à la faveur d'un déplacement professionnel (je n'ai aucune idée de ce qu'il fait comme métier, mais il voyage pas mal, le gaillard, je fais pitié à côté – ses récits de voyages à Pékin, Hong-Kong, Macau et Buenos Aires m'ont fait tripper)

Cette étape du FPT m'a à nouveau permis de découvrir une ville que je ne connaissais pas. Bon, je n'ai pas eu trop le temps de visiter, à part une marche en accéléré autour du Lac Léman le premier jour, histoire de prendre quelques photos pour illustrer le reportage. Je retiendrai surtout le coup élevé de la vie. Soixante euros par tête à l'Entrecôte, OK, c'est un bon resto, mais faut pas abuser, je n'ai même pas pris de dessert et commandé une seule bière. Le pire, c'était au bar, le lendemain. Une tournée pour six personnes (dont trois Coronas) : 70 euros ! Je ne pensais pas que j'arriverais à en regretter Londres.

Ensuite, Amsterdam. Avec Michel, Juliette, et Davidi, on avait réservé un vol chez EasyJet... C'est de la merde. Ces enfoirés ont un gag assez marrant au comptoir d'enregistrement : ils attendent que ce soit ton tour pour t'annoncer que le guichet est maintenant fermé (après avoir servi le client précédent pendant dix minutes, évidemment) Du coup, on passe au guichet d'à côté en grognant : bingo, on nous refait le même coup. Allez, troisième guichet, j'adore le comique de répétition : et hop, la même chose, jamais deux sans trois, sauf que là on a gueulé comme des malades, et le mec nous a servi en râlant, je l'ai entendu souffler des insultes dans sa barbe, mais faut pas déconner.

Bref, on se pose à Schipol avec quelques difficultés, les nuages sont très bas, il pleut et il vente, l'avion a effectué toute sa phase de descente en crabe, j'ai quand même pas mal flippé. Question météo, le reste du séjour sera à l'avenant : pluie tous les jours, pas de soleil, on s'est caillé les miches pendant cinq jours. Mais ce n'est pas bien grave, j'adore Amsterdam, bien que n'étant pas grand amateur de putes et de drogues, la capitale hollandaises est l'une de ces villes où je me verrais tout à fait habiter un jour, dans le futur. Amsterdam, c'est petit, c'est à taille humaine, il n'y a presque pas de voitures, on y circule facilement à pied, les ballades sont magnifiques de jour comme de nuit, même sous la pluie, et il y a ce petit parfum interlope qui flotte dans l'air : à Amsterdam tout est permis, du moment que tu ne casses pas les pieds du voisin – et qu'il y a du business à faire...

Le tournoi que j'étais venu couvrir pour la troisième année consécutive – le Master Classics, organisé au Holland Casino, propriété du gouvernement néerlandais – est l'un des plus anciens d'Europe (17 ans d'âge), très apprécié des joueurs mais détesté des médias : il y est quasiment impossible de suivre quoi que ce soit, l'accès à la plupart des zones du tournoi étant proscrit. Cela ne m'a pas empêché de raconter deux ou trois trucs rigolos sur le tournoi, c'est l'avantage quand on est cloitré sur son ordi sans pouvoir se balader entre les tables : on a plus de temps pour inventer de jolies conneries à publier.

A part ça, les horaires du tournoi étaient assez brutaux : on n'a jamais quitté le casino avant trois heures du mat', bien après la fermeture du dernier bar/coffee/boîte de nuit, à part le dernier jour où, avec Maanu de 770, on a décidé de concert que ça commençait à bien faire, et qu'on avait envie de sortir un peu. S'en est suivi la classique tournée Red Light District/Cofee Shop/Bar. Concernant le premier, j'ai regardé mais j'ai pas touché, concernant le second, je n'ai plus l'habitude de fumer (c'est plus à la mode), alors je pars en mode momie au bout de trois taffes.

Prochaine étape, là, tout de suite, un tournoi et une ville que j'aime pas : l'étape EPT de Varsovie, et sans dormir, s'il vous plaît. Dormir, c'est dépassé aussi, de toute façon.

Sur Winamax :
France Poker Tour – Genève
Amsterdam Master Classics : Day 1Day 2Day 3Finale

Le dialogue à la con de la semaine :
Moi : (au restaurant, le soir de la finale des WSOP) « Je vous préviens, je connais encore pas le résultat de la finale du Main Event, donc merci de ne rien me révéler. »
Brice Cournut (immédiatement) : « C'est Peter Eastgate contre Ivan Demidov en heads-up. »
Moi : « Connard. »

1 commentaire:

Node70 a dit…

Il a un humour sympa le brice...
Bonne chance pour ton marathon et merci pour ton accueil sympa à Genève quand je suis venu te dire bonjour (je m'attendais pas à ce que tu me mette dans le coverage d'ailleurs). On se croisera peut-être à Lyon ou je vais essayer la liste d'attente (ça va être chaud) Mais faut bien accompagner An-xx à San Remo.
Bonheur sur toi