jeudi 6 novembre 2008

Something happened

Jedburgh Street. Mercredi, une heure du matin. Affalé sur le canapé. A la télé, la BBC News couvrant en continu l'élection US. Sur l'ordi, les pages politique de CNN, et diverses fenêtres MSN et Skype. Ça commente en direct entre européens, style café du commerce. En bas à gauche de la lucarne, le compteur ne cesse de progresser en faveur d'Obama. Là, maintenant, on en est à 103 « grands électeurs » pour le sénateur de l'Illinois contre 34 chez McCain. Pourtant, l'incertitude est de mise chez les journalistes britons, qui n'ont pas l'air convaincus par les propres estimations qu'il annoncent. C'est qu'on veut annoncer le vainqueur le plus vite possible, mais tout en gardant de la marge de manœuvre pour se renier plus tard, on sait jamais, souvenez-vous le désastre de 2004. Au moment où j'écris ces lignes, je ne sais pas encore qui est le vainqueur. Je vais bientôt aller me coucher, trop fatigué pour attendre le moment où l'on connaitra assez de résultats partiels pour déclarer sans risque de se tromper le nom du prochain président des Etats-Unis. Mais je sais déjà que dans quelques heures, je vais me lever à l'aube, enfiler mes pantoufles et sortir dans le froid pour aller acheter un pack de lait et le Guardian à l'épicerie indienne au coin de la rue. Sur la première page, je verrai le visage de Barack Obama. Une fois arrivé dans le centre de Londres, je sais que j'achèterai au kiosque international le New York Times (qui titrera sobrement “Obama”) et Le Canard Enchainé, qui, bouclage le mardi soir oblige, aura été forcé de prendre un risque en annonçant la victoire du camp démocrate. Et quand je rentrerai le soir à la maison après ma journée au bureau, je sais que je trouverai un Gab hilare en train de parodier Lynyrd Skynyrd à la guitare : “Sweet Home Barack Obama...”



Bon, OK, en vérité, tout ça je le sais, car je suis en train de terminer ce paragraphe 24 heures après l'avoir commencé. C'est un peu casse gueule, de mélanger deux temps comme ça, alors je vais reprendre le cours normal de ma narration (c'est à dire le passé), juste après avoir remarqué que n'empêche, force est d'admettre que la nouvelle me colle un grand sourire sur le visage. Rendez-vous compte : les américains viennent d'élire un noir de gauche à la tête de leur pays. Cela en dit long sur le traumatisme que Bush a fait subir au pays huit années durant. Il y a cinquante ans à peine, les gens de couleur ne pouvaient même pas s'asseoir à côté des blancs dans le bus, bon sang ! Aujourd'hui, les américains se sont réveillés heureux. En quatre ans et une douzaine de voyages de l'autre côté de l'atlantique, j'en ai rencontré des dizaines et des dizaines d'entre eux ne trouvant pas assez de mots pour s'excuser du comportement indigne des gens à la tête de leur nation, tellement effrayés à l'idée que le reste du monde les détestait. Un comportement qui, personnellement m'a toujours fait hausser les épaules, n'ayant jamais partagé l'anti-américanisme primaire qui agite tant de mes compatriotes donneurs de leçons, n'hésitant pas à jeter avec l'eau du bain une nation de 300 millions d'habitants au territoire seize fois plus étendu que la France. Bref, tout ça pour dire que des millions de gens se rappelleront de ce moment vécu à l'unisson et en mondovision, et le raconteront à leurs petits-enfants avec des trémolos dans la voix. On sait bien qu'il va pas changer le monde, Barack, il ne va pas résoudre nos problèmes d'un coup de baguette magique. Tout juste peut-on être à peu près assuré qu'il ne jettera pas d'essence supplémentaire sur l'incendie planétaire allumé par quelques uns de ces prédécesseurs. Il va lui en falloir, des camions de pompiers, ceci dit. Enfin, pour une fois qu'il se passe quelque chose, ça valait le coup.

Revenons sur l'objet premier de ce blog : ma vie de poker-globe-trotter, plus chiante qu'elle n'en à l'air, j'en ai bien peur. Après un périple de presque quatre semaines fait d'aller et retours à travers cinq pays (France, Maroc, France, Espagne, Belgique, France, Hongrie), je suis enfin rentré à Londres dimanche après-midi. J'étais à la fois anxieux et impatient de découvrir de mes yeux l'ampleur du sinistre survenu tandis que j'étais sur la route. Gab m'avait assuré que la maison avait plus ou moins retrouvé allure normale, après avoir ressemblé à une zone de guerre les jours ayant suivi l'explosion de la tuyauterie du second étage, mais j'ai quand même pris un sacré coup au moral en ouvrant la porte d'entrée. Les trois-quarts des moquettes ont été arrachées et foutues à la benne, laissant apparaître les lattes pourries du plancher. Un gros trou au plafond du couloir du premier étage laisse apparaître des bouts de tuyauterie en bout de vie. La chambre de Gab a été entièrement vidée de ses affaires, le plafond menaçait de s'écrouler à cause du poids de l'eau qui s'y était accumulée. Ce qui craint car l'italien est le seul locataire permanent de la maison, et donc le plus en demande d'un lit où pouvoir dormir. Dans sa chambre et la mienne, un gros appareil travaille à sécher l'humidité ambiante (les murs, gondolés, suintent encore leur sueur fétide) dans un bruit assourdissant. J'ai immédiatement changé mes draps, qui sentaient l'eau croupie. J'ai mis dans la machine à laver une pile de vêtements jadis propres et maintenant souillés de tâches jaunâtres, qui ont eu la malchance de se trouver juste en dessous des tuyaux défectueux au moment où ceux-ci ont décidé de lâcher. Heureusement, mes livres et films (plus ou moins mes seules possessions auquelles j'attache de l'importance) sont sains et sauf. Éternel optimiste, Gab estime que les travaux seront terminés avant la fin du mois de novembre, indiquant que l'agence va ensuite payer de sa poche un nettoyage complet de la maison.

Pas mal de courrier m'attendait. Une copie du bouquin de Chuck Klosterman que j'avais oublié dans le taxi à Marrakech (me faisant tomber dans un état dépressif quasi-catatonique vu que c'était le seul livre que j'avais emporté pour le voyage), les premiers exemplaires de diverses revues auxquelles je me suis récemment abonné. PokerPlayer UK (le meilleur magazine de poker en langue anglaise à mon avis), Inside Poker (acheté sur la seule foi d'une couv' consacrée à Benyamine et sa fiancée, on verra ce que ça donne), Empire (un mag de ciné bien écrit, un peu trop porté sur la SF à mon goût, mais avec des rubriques intéressantes) et Q, consacré à la musique, que j'achète depuis déjà plusieurs mois et que je trouve plutôt pas mal, donc autant prendre l'abonnement pour bénéficier d'une réduction non négligeable. La dernière fois que je me suis abonné à un mag de musique remonte à très loin, bien avant que je ne chope des acouphènes à un concert de métal dans une salle vide à Lille il y a six ans, mettant un coup d'arrêt forcé à ce qui était alors mon passe temps favori depuis le collège. J'ai presque immédiatement regretté mon achat en déchirant le plastique, laissant apparaître le titre en grosses lettres barrant la couverture de l'exemplaire : « Le plus grand groupe du monde : Coldplay » J'ai du me retenir de foutre ce torchon à la poubelle illico. Il n'y a aucun groupe que je méprise le plus au monde que Coldplay, mis à part peut-être U2. Dès que j'entends sortir leur soupe froide et désespérément fade d'un auto-radio où d'un haut-parleur de supermarché, je n'ai qu'une envie : me planter des fourchettes dans les oreilles en avalant des éponges, la seule chose possiblement plus douloureuse que l'écoute forcée de leur musique. La fille qui m'a brisé le cœur à la fac était fan absolue des deux groupes, un des nombreux signes (auxquels j'avais été aveugle à l'époque) que cela allait mal se terminer. Bon, aussi au courrier, les cadeaux allant avec les-dits abonnements : un bouquin de Tom McEvoy qui était déjà démodé à sa parution en 1987, une clé USB absolument pas pratique, et, seul truc à sauver au milieu de ces merdes, le dernier album/DVD d'un groupe que j'aime pas, Metallica, mais que Tallix adore, donc c'est cadeau, et joyeux anniversaire au passage.

Mon détour imprévu à Barcelone s'est terminé aussi vite qu'il avait commencé. Je n'avais que deux joueurs du Team à suivre dans le Championnat du Monde de Heads-Up qui, tristement, fut un échec avec même pas 64 joueurs inscrits au lieu des 128 prévus. J'avais de la peine pour Jon Shoreman, l'organisateur, un mec sympa avec qui j'ai eu le temps de faire connaissance durant la semaine, étant le seul journaliste non-espagnol assis à côté de lui sur le banc de presse. L'imprimante qu'il utilisait déconnait sur son ordi perso, je l'ai donc dépanné en la branchant sur le mien, imprimant les résultats au fut et à mesure pour les coller sur le grand tableau style Roland Garros posé devant les tables. Johny a sauté au premier tour contre le champion en titre, tandis que Ludo devait abdiquer au second tour après un match difficile contre un expert suédois, Jonas Danielsson, match qui s'est soldé plus à la chance qu'autre chose (comme souvent quand deux bons joueurs de niveau égal se font face) Pour la forme, j'ai couvert le reste de l'épreuve (notamment la belle accession en demi-finales de Nicolas Dervaux), m'enfermant le reste du temps dans ma chambre (l'AB Skipper, l'un des meilleurs hôtels du monde) à regarder des épisodes d'Arrested Devloppment, une série qu'Owen m'avait vivement conseillé il y a un bout de temps (Owen a bon goût). Ah, si, j'ai fait une sortie sympa quand même : le premier soir, je suis allé dire bonjour à ma copine Mad de l'EPT, elle habite à Sitges, à trente minutes en train au sud de Barcelone. Sitges, c'est mignon tout plein, que des vieilles rues piétonnes étroites, pas un chat au bord de la mer, et des tas de restos qui ferment tard. De retour à Barcelone, je ne suis sorti qu'une fois, le temps de dîner avec Johny, Cuts et un pote skater à lui et sa copine, des locaux. J'ai fait la gueule, normal j'étais de mauvaise humeur, il fallait donc que tout le monde en profite, standard, y'a pas de raison, hein. Le dernier jour, j'ai fait un tour sur les Ramblas pour acheter la meilleure charcuterie du monde au marché couvert a mi-chemin de la rue, et le lendemain j'étais à l'aéroport à l'aube, sans avoir fermé l'œil de la nuit (je ne sais pas pourquoi je n'arrive jamais à dormir avant un départ) Direction Bruxelles.

La capitale de la Belgique, je n'y avais mis qu'une fois les pieds dans ma vie (l'aéroport ne compte pas), c'était en 99 pour un concert de Silverchair dans une salle qui s'appelait De Vaartkaopen, je m'en souviens pas à cause du concert qui était nul, mais parce que c'est là qu'on m'a offert mon premier joint, ça ne m'a rien fait du tout, le mec qui me l'avait tendu a éclaté de dire, je me souviens encore de ses mots : “tu crapotes comme une vieille pute.” Bref, j'étais en ville pour le France Poker Tour. J'ai retrouvé Paco qui venait de se faire piquer son Mac dans le train, Eric Koskas, et le héros local Davidi Kitai. Les Belges sont sympas et nous ont bien accueillis. Apparemment nos reportages sont très populaires là-bas, toute la salle a applaudi quand Antoine Dorin a annoncé la présence de Paco et moi, je savais plus où me mettre. Je n'ai pas compté toutes les bières que l'on m'a offertes durant le week-end (il y avait une tireuse derrière le comptoir, contrairement aux étapes précédentes, le tournoi avait lieu dans un grand bar, et non dans un stade) J'ai retrouvé quelques connaissances, des mecs de Lille et du Pas-de-Calais, et d'autres que je ne connaissais que virtuellement, comme Stefal de Tournai où les mecs de BelgiumPoker.net. Le reportage a été un peu laborieux car l'Internet était d'une lenteur atroce, et la lumière dans la (superbe) salle était peu adaptée à la prise de photos. De plus, c'est assez dur de suivre l'action dans un tournoi à structure rapide (en tout cas, beaucoup plus rapide que ceux auxquels je suis habitués) : tout va trop vite et je ne connais pas grand monde au milieu des amateurs. A peine le temps, par exemple, de faire la connaissance avec un sympathique passionné venu de Gand ou de Namur qu'il a déjà sauté. Ceci dit, un bon week-end, pas le moins du monde gâché par l'inoubliable plat de moules-frites que je me suis enquillé le samedi soir dans un excellent resto bruxellois en compagnie de Guignol, Paco, Eric et Davidi.

Dimanche soir, je me suis rendu compte que je m'apprêtais à partir vers l'Europe de l'est en plein automne sans rien à me mettre sur le dos. Au moment de boucler ma valise trois semaines plus tôt, j'avais prévu des vêtements convenant à des villes comme Marseille, Marrakech et Toulouse, toutes parfaitement praticables sans qu'un manteau soit nécessaire. J'étais censé rentrer à Londres ensuite pour refaire une valise, mais le trip imprévu à Barcelone est venu s'immiscer entre les deux. La solution est venue très vite : je n'étais qu'à une heure de train de Lille, pourquoi donc ne pas rendre visite à mes vieux que je n'ai pas vu depuis deux mois, et récupérer un blouson au passage. J'étais chez moi avant vingt heures, mes parents étaient contents et surpris de cette visite éclair. Le lendemain, j'avais quelques heures à tuer avant de repartir à Bruxelles prendre l'avion. Comme à chaque fois, j'ai utilisé ce temps libre pour me rendre dans une libraire et craquer sur une tonne de nouveaux bouquins. J'ai sorti de ma valise les deux ouvrages que j'avais achetés à Toulouse : encore flambant neufs, ils ont rejoint l'étagère dans mon ancienne chambre. D'abord, le témoignage des anciens premiers ministres de la Vème république, que j'ai terminé en à peu près deux heures et qui ne contenait rien de croustillant vu que la plupart des protagonistes ont encore des ambitions politiques, pas question de se mouiller en révélations, donc. Et le bouquin de jérémiades écrit à quatre mains par BHL et Michel Houellebecq, qui m'a saoulé au bout de quinze minutes,je ne sais pas ce qui m'a pris de l'acheter en premier lieu. Bon, je reste un fan dévot des deux premiers romans de Houellebecq, j'ai de la tendresse pour le troisième, mais n'ai jamais pu lire le reste, et BHL me casse les pieds (comme à tout le monde, j'imagine) J'ai rempli le vide laissé dans la valise par De sang froid de Truman Capote (je sens déjà que ce bouquin va rejoindre mon top 5 des meilleurs livres que je ne vais jamais réussir à lire), Des hommes d'état qu'Éric bouquinait à table lors de l'EPT de Londres (témoignage vécu, intrigue politiciennes au sommet du pouvoir, on va voir ce que ça donne), un roman de Jac McInerney (classé dans la même catégorie que B.E. Ellis dont je n'ai plus rien à lire, ça devrait me plaire), et surtout American Tabloid, de James Ellroy, qu'Owen (encore lui) m'avait chaudement recommandé, et encore une fois, il ne s'est pas trompé : j'ai déjà lu 400 pages en une semaine, au petit dej', dans mon lit, dans le bus, dans la rue, pendant les pauses repas, je tourne page après page, comment ne pas aimer cette théorie du complot sur l'assassinat Kennedy qui sonne tellement vrai ? Ça conspire, ça tue et ça baise à chaque page, pas de descriptions verbeuses, pas de sentiments, que des pourris, des vrais, du dialogue qui tape et de l'action qui secoue les tripes, j'avais pas réussi à commencer Le Dahlia Noir, mais je sais déjà que celui-là sera terminé d'ici très peu de temps, et qu'il me faudra trouver le second tome le plus vite possible.



Tout ceci nous amène au point culminant de ce long périple : Budapest. J'attaque la quatrième page sous Word, si vous êtes arrivés à lire jusqu'ici, un grand bravo, mais j'ai quand même envie de m'acheminer vers une conclusion rapide. Après Varsovie et Prague, l'European Poker Tour ajoutait à son calendrier une nouvelle étape en Europe de l'est, et que dire à part que ce fut l'un des tournois les plus agréables que j'ai eu à couvrir depuis très longtemps. Pas tant de part l'épreuve en elle-même, qui fut de facture classique, un poil décevante même (elle n'était pas filmée, les français n'y ont que peu brillé, et les stars étaient absentes durant les phases finales, à l'exception de Johnny Lodden, récemment signé chez PS) Non, si j'ai adoré ce séjour en Hongrie, c'est surtout grâce à la nouvelle routine que je me suis imposé : tous les soirs, au lieu de passer trois heures au bar comme d'habitude, j'étais au lit dès minuit, histoire d'être debout le lendemain dès l'aube, me permettant de sortir un peu de l'hôtel pour admirer le paysage, quelque chose que j'avais un peu oublié de faire ces derniers mois. Chaque matin, j'ai vu un truc différent. Ainsi, j'ai pris le téléphérique de l'autre côté du Danube, grimpant la colline pour visiter la vieille ville et admirer la vue imprenable . J'ai visité la synagogue et le mémorial de l'Holocauste avec Madeleine. On a visité un improbable musée au beau milieu de la campagne, consacré aux énormes statues communistes de l'ex-URSS. Je me suis promené autour des ponts. Etc. Ensuite, retour à l'hôtel vers midi, gonflé à bloc pour attaquer une journée de travail de douze heures.

Il y a aussi eu deux ou trois soirées sympa, tout de même, vous pensiez pas que je m'étais couché avec les poules tous les soirs, non, non. D'abord la soirée d'ouverture organisée par Brandon Schaefer (PS n'en organise plus, on l'a recrée nous-mêmes, c'était aussi bien), mon anniversaire (merci tout le monde pour les messages, merci Pauly pour le bouquin sur Bob Dylan, merci Hilda, Mad et Scott de PS d'avoir manigancé dans mon dos et rapporté un gâteau en salle de presse, j'avais envie de m'enterrer la tête dans le sol, tout en reconnaissant que ça fait très plaisir qu'on pense à soi, merci aussi Facebook, sinon personne ne l'aurait su), et surtout la dernière soirée après le tournoi, complètement barrée. L'épreuve s'est terminée assez tôt : tout le monde avait plus ou moins fini de bosser à 18 heures. J'ai d'abord été dans un resto japonais avec Mad, sa copine Pip et Kirsty, l'assistante de John Duthie. Au menu : potins en tout genre, Kirsty nous a raconté sa romance improbable avec Jack Nicholson, un véritable compte de fées hollywoodien, du coup on a commencer à aborder la drogue préférée de l'acteur, mais Mad l'a coupée dans son élan quand elle a commencé à faire la liste des gens du circuit qui s'en mettent plein le pif, allons, on à un journaliste à la table, fais attention. Après, rendez-vous dans un bar cosy au coin du casino, tout le monde est déjà là, joueurs, médias, organisateurs, le raout habituel de fin de tournoi entre assoiffés. Toussaint oblige, on se fait jeter dehors très tôt, à une heure du matin on était dans la rue. Pauly propose de continuer la fête dans l'appartement qu'il a loué pour la semaine. Un détour chez l'épicier du coin plus tard, une quinzaine de survivants se retrouvent dans l'appart. Johnny Lodden ne nous a pas rejoint, on l'a laissé près du casino complètement bourré, dansant et criant au milieu de la rue déserte. Par contre, le vainqueur du tournoi nous a rejoints, personne ne connaissait auparavant cet angliche, mais il est sympathique et ne fut pas le dernier à piocher dans le bol rempli à ras bord d'herbe qui trônait au milieu de la table du salon (laissé pour vide à six heures du matin, quand tout le monde est parti) Moi je n'y ai pas touché, la fumette ça me rend paranoïaque, enfin, encore plus paranoïaque que d'habitude, on va dire. Tout le monde commence à être bien joyeux, les paris débiles fusent, Pauly sort son dictaphone et l'on se met à commenter la soirée en direct (pour m'écouter en anglais non sous-titré, rendez-vous chez mon ami Dan de Pokerati) Le clou de la soirée : Rod (PokerListings) pariant qu'il sera capable de manger 50 pommes en 90 minutes. Le débat est lancé, peut-il le faire ou non ? Évidemment qu'il n'y arrivera jamais, mais il y a quand même quelques convives bourrés arrivant à se convaincre que si, si, c'est possible. On retourne à l'épicerie, on pioche cinq pommes moins pourries que les autres sur l'étal, on revient en offrant à Rod de les manger en moins de quinze minutes. Il se rétracte, argumentant qu'il à besoin d'entraînement avant de pouvoir gagner son pari. Matt se propose d'en manger trois en dix minutes, on parie tous contre lui, il les termine en 7mn30, trognon compris, il a passé le reste de la soirée à se masser la mâchoire endolorie, concluant que ce serait déjà un miracle si Rod arrivait à en manger 15 dans le temps imparti. Affaire à suivre... Rod a jusqu'à la fin des WSOP 2009 pour réaliser son exploit.

Les prochaines semaines s'annoncent tout aussi frénétiques que celles qui viennent de s'écouler : je pars vendredi soir pour Genève (encore une étape du FPT) Le lundi suivant, je serai à Amsterdam pour l'un des tournois les plus horribles à couvrir du circuit, mais aussi l'un de mes préférés (j'aime les challenges) Puis, Varsovie pour une étape de l'EPT que j'aime pas trop, et enfin Lyon pour le FPT. Après, le rythme devrait se calmer un peu, mais pas pour longtemps. And it goes on and on and on etc etc

Sur Winamax :
FPT Bruxelles
Heads-up à Barcelone : Day 1 & 2Day 3Day 4
EPT Budapest : Day 1A Day 1B Day 2Day 3 - Finale

Budapest









Home not so sweet home




La chambre de Gab


Son plafond


15 commentaires:

goooooood girl a dit…

Good good good......

Stefal a dit…

Plaisir partagé.
;o)

Carlit a dit…

Mais c'est qu'il rendrait intéressant l'annuaire telephonique ce garçon ! Il nous passionnerait en contant sa façon de beurrer ses tarines ! Et il a des moments de blues quant à son avenir ? Alors que John Fante lui fait signe juste au fond de la rue ! Allez allez, et pour moi la 1è dédicace de son premier roman, hein …

Anonyme a dit…

La suite d'"American Tabloid" est un tantinet en dessous du premier. Tout de même passionnante mais un peu poussive. Le dernier tome de la trilogie se fait toujours attendre.
Fait un effort pour le Dahlia; comme toi j'ai calé et recommencé et je ne regrette pas.
De toutes façons, il n'y a pas grand chose d'Ellroy qui n'en vaut pas la peine.

Joliaux

Pécheur's family a dit…

Ah James Ellroy, formidable :)

Je te conseille :

Quatuor de Los Angeles
1987 : Le Dahlia noir (The Black Dahlia) (I)
1988 : Le Grand Nulle part (The Big Nowhere) (II)
1990 : L.A. Confidential (III)
1992 : White Jazz (IV)

Trilogie Underworld USA (plus punchy)
1995 : American Tabloïd (I)
2001 : American Death Trip (The Cold Six Thousand) (II)
A venir en 2009 : American Madness (Blood's a Rover) (III)

Quand à BHL j'ai trouvé son American Vertigo plus intéressant que le reste des ses parutions.

Sur tes conseils je vais me lancer dans les Houellebecq.

A bientôt sur ton blog, sur Winamax ou à l'étape parisienne du FTP.

shok a dit…

ouch j'ai eu du mal a le finir celui-la ^^

par contre je crois qu'on peut être fière de toi : No drugs ! ... just one time :D

Fabooz a dit…

Merci Benjo de nous faire partager tes péripéties pokeristiques, au taf , avec mon café matinale, la première demi-heure de la journée passe à toute vitesse devant ton nouveau post.

Et tu m'as mis l'eau à la bouche, avec ta description du livre de John Elroid

Anonyme a dit…

Bah, c'est très bien Brett Easton Ellis, non ?
American Psycho
Lunar Park

Dans ma liste des livres achetés et à lire (tu vois, il n'y a pas que toi benjo à agire ainsi...), il y a aussi "Moins que zéro", son tout premier, et "Zombies". Ca sera quand j'auaris fini de lire des bouquins de poker...

Benjo a dit…

Ben oui, c'est très bien. C'est pour ça que je desespère de ne rien trouver de nouveau à lire chez lui :)

Fred a dit…

Sinon il y a tout les livres de Dennis Lehane (qui a écrit Mystic River)... bien noir, où ils sont bien tous pourri aussi. Magnifique

Au plaisir de te voir à Genève

Jérôme ParisTexas a dit…

Je viens de commencer de lire ton article et je met un coms tt de suite vu la longueur. juste pour expliquer que les démocrates sont pas vraiment de gauche comme tu dit en tt cas pour cette gauche française.

Benjo a dit…

@Jerôme : en voilà une révélation ;-)

Anonyme a dit…

Benjo , je suis vraiment content , j'essaye d'expliquer a pleins de gens que U2 , c'est vraiment insuportable . Que bono est insuportable . Que leur musique est insuportable .

Vraiment , je suis content de ne pas être seul .

Vive le rock'n'roll , le vrai!

Anonyme a dit…

nice post as always
c sick qd meme qu on soit pas foutus de faire un seul FPT ensemble bordel de nom de nom...
Sick 4 the house lol

frenchkiss

Anonyme a dit…

en effet Jérôme, j'allais faire le même commentaire que toi à propos des démocrates... disons simplement qu'ils sont juste un peu moins à droite que les républicains lol (n'est-ce pas benjo ?!...)