mardi 21 octobre 2008

You can't go home again

12h56. Sur l'autoroute quelque part entre Toulouse et Barcelone. C'est la deuxième fois en une semaine que je me retrouve à parcourir un trajet interminable en taxi. On nous a refusé la location d'une voiture à l'aéroport de Toulouse, pour tout un tas de raisons diverses et incompréhensibles : ma MasterCard n'est pas passée quand ils ont essayé de débiter une caution de 1,000€, ils ne voulaient pas de ma Maestro (où repose une somme à cinq chiffres, largement suffisant donc, mais le réseau Maestro, c'est de la merde, personne n'en veut pour régler un achat en dehors de l'Angleterre), on ne peut pas payer avec la CB de Cuts sauf s'il s'inscrit comme conducteur principal, mais il a perdu son permis après quelques soirées arrosées qui se sont terminées au poste, on veut payer la caution en liquide, mais c'est pas possible, etc, etc. En prime, la fille derrière le comptoir était d'une amabilité stupéfiante (sic), on aurait dit que ça lui faisait plaisir de pas pouvoir nous aider.


Toulouse - Barcelone en taxi : qui dit mieux ?

Je retourne donc à Barcelone à peine un mois après y avoir couvert l'étape inaugurale de l'EPT. J'aurais du rentrer à Londres après la conclusion du France Poker Tour toulousain, mais comme deux membres du Team Winamax (Cuts et Johny) se rendaient à Barcelone pour disputer le championnat de Heads-up à 2,500 euros, ça valait le coup d'enchaîner directement, vu que j'étais pas trop loin. En fait, ça m'arrange, car j'ai appris hier soir que j'étais officiellement sans domicile fixe.

Je vous explique : le jour de mon départ de Marrakech, vendredi dernier, mon téléphone sonne. Au bout du fil, un Johny catastrophé : une canalisation vient de péter dans notre collocation londonienne. J'entends des bruits de flotte dans le fond, apparemment c'est la merde, l'eau coule depuis l'étage du haut jusqu'aux étages inférieurs. Je trouve le numéro d'un plombier sur Internet, je l'envoie à la rescousse de Johny, et je n'y pense plus trop jusqu'à hier où je reçois un mail de Gab, le colloc italien : « C'est la merde, mon pote. On a du jeter à la poubelle toutes les moquettes de la maison, elles étaient complètement détrempées. Le plombier a du creuser un trou dans ma chambre pour réparer le tuyau. Le premier étage ressemble à une zone sinistrée. Il n'y a pas de chauffage, de gaz ni d'eau chaude pour le moment. » Etc, etc. Je vous passe les détails, vous voyez le tableau, la conséquence principale, c'est que notre maison sera inhabitable pendant au moins un mois et demi, le temps que la maison sèche, que les dégâts soient réparées, que la peinture soit refaite, que des nouvelles moquettes soient posées, et encore d'autres trucs. Ça me rend malade, on accumule les problèmes de canalisations dans cette maison. Des ouvriers sont régulièrement venus ces derniers mois pour faire des réparations, mais à la lumière des événements récents, je me demande ce qu'ils ont foutu, au juste.

Bref, je n'ai pas super envie de retourner à Londres pour le moment. Ca tombe bien, je vais passer les deux prochaines semaines sur la route, continuer avec le rythme de fou que je m'impose depuis maintenant presque deux mois. Après le tournoi de heads-up, je me rends directement à Bruxelles samedi pour le FPT, puis a Budapest le lundi suivant pour l'EPT. Après, il va bien falloir que je repasse au bureau un peu, j'imagine que je vais squatter chez Jen, Snoopy et Dana à Hampstead, comme au bon vieux temps. Mais je vais vite devoir repartir pour d'autres étapes... Le Master Classics d'Amsterdam... Le France Poker à Genève, Lyon, Paris... L'EPT de Varsovie... Et que sais-je encore. Bientôt, il y aura assez de tournois à couvrir pour ne plus jamais avoir à rentrer chez soi, ca réglera une bonne fois pour toutes les problèmes de canalisations.

Sinon, pas grand chose à raconter sur mon séjour à Marrakech... J'avais pas mal de jours de repos à rattraper, après six semaines passées grosso modo à travailler tous les jours. J'en donc ai profité pour suivre Antony, Cuts et Tallix au Maroc entre les étapes FPT de Marseille et Toulouse. En fait, j'ai plus ou moins passé les quatre jours à dormir toute la journée et toute la nuit, pendant qu'eux passaient la journée et la nuit à disputer une très grosse partie de cash-game contre des pigeons parisiens, corses, marocains, algériens, tunisiens... Les enchères sont montées jusqu'à 100/200 euros avec une option quasi-obligée de 400 euros. Cuts a pris une tonne, Tallix a été malchanceux, et Antony a rattrappé ses pertes en remportant un des tournois organisés en parallèle (pour un premier prix de 50,000 euros) Il y avait des tas de joueurs parisiens, on se serait cru à l'ACF, et je ne dis pas ça en bien, car ils me fatiguent un peu, ces joueurs parigots, avec leur mauvaise foi caractérisée, leur style de jeu généralement atroce et leur fausse bonne humeur, toujours à se plaindre et raconter des bad-beats. J'ai quand même revu quelques visages avec plaisir, comme Gilles Haddad, exilé à Nantes, quasiment retraité du circuit. [Longue parenthèse : Fabrice Soulier a remporté le tournoi à 5,000€ (bravo !!!1) qui s'est tenu après que je sois parti. Au même moment, son image et son nom ont disparu du site Chili Poker. Un nouveau sponsor à l'horizon ? Qui des deux parties a souhaité mettre fin à la relation ? De bonnes questions qu'un mauvais journaliste comme moi n'a pas posées à Fabrice.]

Princier, le manager de la salle de poker Roger Hairabedian nous offrait la chambre d'hôtel 5 étoiles, mais à condition que l'on joue dans le casino, bien sur. Mes collègues du Team ont bien sur largement rempli cette condition, mais pour moi, la partie la moins chère (10€/20€) représentait cinq fois mon tarif maximal. Je n'avais pas le cœur de demander à mes potes de me sponsoriser, malgré les perspectives de gains alléchantes offertes par le niveau ridiculement bas des joueurs présents. En fait, je crois que j'étais saoulé par l'ambiance : j'étais en vacances et j'avais quand même l'impression d'être au boulot, à revoir les mêmes personnes parlant toujours de la même chose, à entendre le même cliquetis des putains de jetons, alors je me suis retranché dans ma chambre et rattrapé des heures de sommeil, c'est toujours ça de gagné. Le dernier jour, je suis quand même sorti histoire de visiter un peu la vieille ville. Les locaux m'ont vu arriver, je devais surement ressembler à un portefeuille sur pattes, j'ai acheté une montagne de saloperies hors de prix dont je n'ai absolument aucune inutilité. Ceci dit, je suis au point niveaux cadeaux de Noël inutiles pour les membres de ma famille que je n'aime pas. Je plaisante. Bon, j'ai quand même eu la chambre gratuite, malgré n'avoir joué que quinze minutes au total au casino (blackjack à 20 euros la main, en plus j'ai gagné) Merci Roger, donc, t'es un bon.

Après, direction Toulouse, pour le second week-end du FPT. Je n'ai jamais mis les pieds dans la Ville Rose, mais Cuts fut un hôte de qualité. Comme à Marseille, l'épreuve fut un vrai bonheur à couvrir. On a beaucoup trop mangé, et gras en plus, dans des restos magnifiques, en compagnie d'Alexia Portal, Régis, Etienne (un de ses potes du coin), et Arnaud (un pote à Cuts). Comme je l'ai écrit plus haut, Cuts ne dispose plus du précieux papier rose, j'ai donc fait office de chauffeur durant le week-end pour le conduire au Stadium où se déroulait le tournoi (le stade du TFC m'a d'ailleurs beaucoup plus impressionné que le Vélodrome, on dirait Wembley, ça à de la gueule) A cette occasion, j'ai pu constater que la fameuse citation de Cuts « Je roule encore en 205! » imprimée par plusieurs sites après sa seconde place au WPT il y a an n'était pas un effet de manche, mais bel et bien la vérité. Ludovic Lacay a beau être riche et célébre, il roule encore en 205 (quand il a le permis). Et par n'importe quelle 205, non non, une 205 complètement pourrie, plus vieille que lui. Le compteur est arrêté, un phare a pété, il n'y a plus de grille à la boite de vitesse (le manche flotte dans le vide), il faut laisser chauffer dix minutes avant de pouvoir embrayer sans caler, etc. Je me suis amusé comme un petit fou à conduire cette poubelle sur la rocade toulousaine.

Bon, là, j'ai plus beaucoup de batterie, on arrive bientôt, çà va être juste pour commencer le reportage à l'heure, comme d'hab, quoi.


Johny me fait la gueule : on parle de la 205 de Cuts, mais pas de la sienne... (mais si, souvenez-vous, le reportage poker de Zone Interdite en 2006. Aaah, cette arrivée mythique à Deauville, un des moments les plus marquants de l'histoire du poker français, assurément)

6 commentaires:

Node a dit…

C'est toujours un plaisir de te lire, et parfois même plus quand ce n'est pas des histoire de badbeat... Je suis content d'apprendre que je pourrais peut-être te saluer à Genève
Bonne route.

Anonyme a dit…

haha il est bon il est bon ce blog.

keep it coming benco !

-FrenchKiss-

Thomas a dit…

hé ben, rien à voir avec une tente inondée tout ça !

bonne route et bon courage frérot ;)

Jack-Jack a dit…

Bonjour Benjo,
Je découvre ton blog aujourd'hui même, et bien tu sais quoi, ça me fais rire. J'adore le poker (depuis 1 an) et ton état d'esprit me plait. M'autorise-tu à mettre ton adresse en lien sur mon blog (qui traite de tout et n'importe quoi, surtout de n'importe quoi)?
www.thepalsblog.blogspot.com
Bonne continuation.
Jack-Jack (membre du Montpellier Poker Club, asso loi 1901).

Benjo a dit…

Bien entendu !

Jack-Jack a dit…

Merci
A +