lundi 20 octobre 2008

You can go your own way

En ouvrant les yeux samedi matin, j'ai aussitôt senti que quelque chose n'allait pas. « J'ai trop dormi », voilà ce que je me suis dit. J'avais programmé mon téléphone pour me réveiller après deux heures de sommeil. J'aurais du logiquement me sentir comme une merde. Or, là, point de sonnerie me vrillant les oreilles, et je me sentais raisonnablement en forme. J'ai regardé ma montre : neuf heures et quart. Bordel de merde. Mon avion pour Marseille avait décollé depuis quinze minutes.

Panique, mec, panique. Le temps de prendre une douche en vitesse, de me rendre à la gare Victoria, sauter dans un train pour Gatwick, trouver par miracle un billet pour le prochain vol, atterrir à Marseille, poser mes affaires à l'hôtel : il est 18 heures quand j'arrive au Vélodrome. Le Day 1 de la première étape du France Poker Tour est presque terminé : une journée de travail gâchée. Moralité : c'était la première fois que je tentais l'option « arriver sur place le jour même au tournoi », on ne m'y reprendra plus.

A part ça, ce séjour express à Marseille fut des plus agréables. Le France Poker Tour est une épreuve très sympa à couvrir, en fait si on me proposait de couvrir des FPT jusqu'à la fin de ma carrière, je signe tout de suite. Les horaires sont parfaits (14h-20h le premier jour, 14h-18h le lendemain), suivre des amateurs change du train-train des pros : j'adore ces passionnés purs et durs qui crient, rient, pleurent, vibrent pour un tournoi freeroll où l'espoir de gain reste super lointain (onze joueurs sur 400 sont qualifiés pour la finale qui ne paierai elle-même qu'une poignée de places) Ça faisait longtemps que j'avais perdu contact avec le monde du poker amateur (où j'ai mariné pendant pas mal d'année du temps des parties lilloises), c'est rafraichissant de s'y replonger. Pas eu trop le temps de visiter Marseille, par contre, à part un resto sur le Vieux Port avec Anto, Eric Koskas, Bernard Boutboul et leurs épouses respectives. Le dernier resto fumeur de France, je m'en suis rendu compte à la fin du repas, Bernard connaît bien le patron, on a pris nos aises. J'adore Bernard Boutboul.

Le lendemain après la conclusion du FPT phocéen, j'étais dans un avion pour Casablanca en compagnie d'Antony. On s'est pointés à l'aéroport sans billet, on a chatté un vol en dernière minute pour pas trop cher. Anto voulait absolument un vol Air France, ne faisant pas confiance aux autres compagnies. Je me suis tué à lui expliqué que Royal Air Maroc revenait au même (les deux compagnies opèrent le même vol) et il a fini par se laisser convaincre. En vol, j'ai eu le temps d'écouter à la suite Sergent Pepper et l'Album Blanc, mais j'ai arrêté avant la fin (de toute façon, qui écoute Revolution 9 en entier ? Personne) en arrivant à la page 141 de mon bouquin de Chuck Klostermann qui disait que Rumours de Fleetwood Mac est son album préféré des années 70, et accessoirement le plus vendu. Hmm, à mon avis, la majeure partie des ventes s'est faite il y a plus de 20 ans, et aux Etats-Unis, car je n'ai jamais rencontré personne aimant Fleetwood Mac. Tout bon amateur de musique possède des albums qu'il n'a jamais écouté, pour une raison X ou Y, et Rumours est l'un de ceux-là. Enfin, le pire, c'est niveau bouquins : pour un livre que je termine, j'en achète dix. Je peux pas m'empêcher, c'est compulsif. Dans les aéroports, dans les gares, au Waterstones en sortant du bureau, dans les brocantes, j'accumule des tonnes de livres que je n'aurai jamais le temps de lire. Au rythme où ça va, bientôt je ne posséderai que 5% de livres que j'ai réellement lus. Top 5 des livres que je n'ai jamais terminés : Voyage au bout de la nuit, Tropique du Cancer, The Rum Diary (Hunter Thompson), Le Dhalia Noir, et un bouquin sur les banlieues écrit par l'auteur du pamphlet contre les écoles de journalisme, que j'avais adoré. Bref, tout ça pour dire qu'arrivé à la cinquième chanson de l'album, j'avais l'air con, en fait je connais Fleetwood Mac depuis toujours.

Et tandis que je m'égare dans mes considérations sans intérêt, on atterrit à Casablanca. C'est la première fois que je mets les pieds sur le sol africain. Anto négocie avec un taxi le trajet jusque Marrakech pour l'équivalent de 100 euros. Pas cher pour une ballade de presque 300 bornes. On meuble le trajet en discutant de tout et rien, mais surtout de poker (j'apprends notamment qu'Anto a un jour défié Benyamine autour d'une table de... restaurant, et qu'il a bien sur perdu, abdiquant après la deuxième côte de boeuf, tandis que DB, je cite « a fini son dessert tranquillement, sans effort »)

On arrive à Marrakech vers 18 heures, c'est le bordel, cette ville grouille de partout, et je vous raconterai la suite plus tard, parce que j'ai faim et il n'y a rien à manger dans le frigo de Cuts, je vais devoir partir à la recherche d'une épicerie dans son bled perdu.

1 commentaire:

THX a dit…

" Le gros " qui fold au restaurant contre quelqu'un , c'est un petit exploit en soi. DB est vraiment un champion toute catégorie.

gg ! :)