lundi 22 septembre 2008

A domicile



Leicester Square parait bien calme ce soir. Tout à l’heure, il y a bien un type qui est monté sur un tabouret pour gueuler des incantations religieuses incompréhensibles, mais à part ça, rien à signaler sur la place la plus fréquentée de Londres. Les touristes prennent des photos, les couples prennent une pinte en terrasse en sortant du cinéma, les lycéens commandent un Burger King, la routine, quoi.

Hier, c’était une autre histoire. Tous les fêtards du samedi soir étaient de sortie, les bandes de voyous, les blondasses bourrées en mini-jupe, les petits minets bien sapés… Une procession Hare Krishna a débarqué au beau milieu de tout ça, complète avec un ensemble de crânes rasés en toge dansant en cercle. Ils ont fait le tour du pâté de maison, et quand ils sont revenus, y’avait une bonne centaine de gens qui les suivaient en dansant et en se tordant de rire. Gary de PokerNews a passé une bonne partie de la pause-dîner à prendre en photo les minettes qui passaient avec son télé-objectif.

Il est 22h42. Je suis installé en salle de presse, à l’étage de l’Empire Casino. Le bar qui me sert de QG s’ouvre sur une terrasse me permettant d’observer à loisir la faune qui peuple Leicester, provenant de Picadilly pour se déverser dans Soho. Ils ne sont plus que 18 joueurs dans l’épreuve inaugurale des World Series of Poker Europe, mais cela fait un moment que je n’ai pas mis les pieds dans le casino : on a perdu le dernier français il y a déjà quelques heures de cela. Xavier Laszcz, un joueur que je connais depuis mes premières visites en cercle il y a cinq ans de cela, fut le seul à se glisser dans l’argent. Chou blanc pour le Team Winamax (quatre membres plus Guignol, tous éliminés le premier jour), les cinq qualifiés (pareil), et Rémy Biechel, détruit sur un coup inévitable à cinq places des payés.

Après avoir habité presque trois mois de l’autre côté de l’Atlantique pour couvrir les championnats du monde à Vegas, ce sont les WSOP qui font le déplacement et viennent s’installer chez moi. Ca fait bizarre de couvrir un tournoi « à la maison », de retrouver son lit le soir après le boulot au lieu d’une chambre d’hôtel impersonnelle. Je me rappelle l’an dernier, quand je débarquais pour la première fois à Londres (hé oui) pour couvrir la première édition des WSOP Europe. Ca me paraît loin. J’avais fait le touriste à Picadilly, Westminster, Buckingham Palace. Cette année, c’est en résident, en local que je me rends à Leicester et que je peste contre les touristes comme un vieil habitué des lieux.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre concernant la seconde édition des World Series of Poker, version européenne. En 2007, je couvrais la première tentative d’exportation à l’étranger par Harrah’s pour poker.fr. Un semi-échec plombé par une organisation multi-casinos à dormir debout, et un accès média ridicule. Je suis content de pouvoir dire que cette année, le tir a été corrigé : pour le moment, tout se passe comme sur des roulettes. L’Empire Casino est désormais l’unique lieu où se déroulent les épreuves, et les journalistes n’ont plus besoin de traverser Leicester Square pour se rendre en salle de presse. Bon, c’est vrai qu’il n’y a guère que cinq ou six sièges disponibles dans le bar de l’Empire, mais pour l’instant ce n’est pas trop grave : exceptés les journaleux et photographes de la presse écrite (qui n’ont pas besoin de la salle de presse), nous ne sommes que deux sites à publier des comptes-rendus en direct sur le web : moi pour Winamax et le tandem Owen/Rod pour PokerListings (en plus, bien sur, des coyotes de PokerNews qui bénéficient de l’exclu et sont donc installés directement à côté des tables) La semaine prochaine, j’imagine que ce sera un peu le bordel en salle média avec l’arrivée d’autres sites venus couvrir le Main Event. Mais pour le moment, tout baigne. On rigole dans notre coin, on écoute de la musique kitsch des années 80 en tapant nos articles, tout va bien. On a même le droit de déambuler entre les tables, ce qui n’était pas le cas l’an passé.

Hier soir, après le Day 1B, j’ai retrouvé Louise, une chouette employée de PokerStars, elle était venue avec une copine qui bosse comme hôtesse de l’air pour British Airways. Hassan de SikTilt nous a rejoints, on a bu du champagne en se racontant nos vies, c’était très cordial, très civil, avec beaucoup de verres quand même, enfin british quoi, je comprenais pas tout à ce qui se disait à certains moments. Louise fut surprise d’apprendre que je n’avais que 24 ans, moi j’étais tout aussi surpris d’apprendre qu’elle n’en avait que 26, vu qu’elle mariée, avec un poste à responsabilité, qu’elle achète chaque année une maison plus grosse que la précédente. Bon, moi, je suis célibataire, j’ai quitté mes parents il y a six mois habiter en colocation avec des dégénérés, je gagne ma vie en observant des débiles jouer aux cartes, bref c’est pas la loose totale mais presque, je me demande si je peux me rattraper en deux ans ? Vers deux heures du mat, on est sortis du casino pour aller boire ailleurs, mais tout était déjà fermé, y’avait plus que les boîtes d’ouvertes, et encore, pour trois quarts d’heure seulement. Du coup on est retournés au casino pour un dernier verre.

Après le départ des filles, Hassan a prononcé le mot magique : « gambling ». L’affaire fut vite réglée : Hassan a perdu 120 livres avant même que je sois revenu du distributeur. Arrive mon tour : Je mets 2 livres sur le 21, 2 livres sur le 31, et 8 livres sur le rouge. Bim, premier coup , ça tombe 21 rouge. J’ai retiré mes billes cinq minutes plus tard après deux petits coups perdus. Cela faisait bien un an que je n’avais pas joué à la roulette, et trois mois que je n’avais pas approché une table de casino. Mais je n’ai pas plus envie que ça d’y retourner.

En sortant, évidemment, c’était le bordel absolu dans les rues, à quatre heures du matin un samedi soir on ne trouve absolument plus personne de sobre dehors à Londres, c’est un fait, et il nous a fallu une bonne demi-heure de marche pour trouver un taxi.

Lundi, rebelote avec la finale de l’Event #1, et le coup d’envoi de la seconde épreuve. Je n’aurai virtuellement aucune journée de repos avant le 6 octobre, mais en fait, je compte bien sauter un ou deux jours cette semaine, surtout s’il n’y a pas de français au départ de l’épreuve de HORSE.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Updates quasi tous les jours, c est beau !

-FrenchKiss-

Giorgio a dit…

Ce post manque cruellement de photos d'hotesse de l'air !!!!

Anonyme a dit…

+1 avec giorgio!

Dethier Eric a dit…

Et voilà Benjo dans un match à domicile.
Mais encore un marathon avec le WSOP europe suivi de l'EPT Londres et comme Michel a prédit un membre de la team à chaques TF, le coverage sera donc jusqu'au finish à chaques fois. Demande un prime de temps en plus ;-)
Pour commenter les post ci dessus je dirai qu'il manque un sujet sur les masseuses ;-)

Dethier Eric (Belgique, Belgiumpoker.net)