vendredi 19 septembre 2008

All in the game, yo

Et hop, le premier European Poker Tour de la saison est dans la boîte. Un excellent cru pour commencer, avec des stars en pagaille, un record d’affluence une fois de plus atomisé, et des phases finales de bon niveau. Bon, mes potes de Wicked Chops ont enterré la finale avant même qu’elle ait commencé, la qualifiant de « chiante à mourir ». Je sais pas ce qu’il faut pour leur plaire : on trouvait quand même autour de l’ultime table de l’EPT Barcelonais un champion EPT Américain (Jason Mercier) et deux joueurs couronnés aux WSOP cet été : Sébastian Ruthenberg et le décidément in-stoppable membre du Team Winamax Davidi Kitai.

Au micro de l’EPT Live, je me suis surpris à reprendre mes marques en un rien de temps, six mois après la Grande Finale monégasque. J’ai retrouvé avec grand plaisir les équipes de Sunset & Vine, les réalisateurs, producteurs, assistantes, caméramans, etc. Tout le monde était au petit soin pour les cinq commentateurs représentant cinq langages différents. Et pour cause : c’est sur nos épaules que repose en grande partie la qualité du produit final. Si les voix que l’on entend à l’écran lors de la diffusion sont mauvaises, cela suffit à ruiner le dur labeur en amont d’une bonne centaine de personnes.

Le truc que j’avais oublié, par contre, c’est à quel point l’exercice peut-être long et éprouvant. Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble qu’il n’existe aucune retransmission en direct aussi longue qu’un tournoi de poker. De temps en temps, la finale de Roland-Garros va s’étaler jusqu’à cinq sets, et certaines étapes de montagne du Tour de France sont interminables, mais on reste très loin de ce que nous réservent habituellement les phases finales d’un EPT. Samedi, pour les demi-finales, nous avons tenu l’antenne de quinze heures l’après-midi jusque trois heures du matin, avec un arrêt d’une heure au milieu, et une pause de dix minutes toutes les deux heures. Le lendemain, rebelote, de seize heures jusqu’à un horaire déjà plus civilisé d’une heure du matin. Est-ce que les 24 heures du Mans sont couvertes par un seul commentateur ?


Cette feignasse d'ElkY n'est restée que 30 minutes... (photo : Jommanix)

Du coup, une retransmission typique de l’EPT peut-être divisée en deux phases bien distinctes. Durant la première partie, on est frais, en forme, concentré et alerte. On réagit avec vélocité à ce qui se passe à l’écran, on aborde des sujets variés, on débat avec Michel Abécassis du report de la table finale du Main Event des WSOP, on discute avec Fabrice Soulier du comportement de Scotty N’Guyen lors de la finale du HORSE à 50,000$, on répond aux questions pertinentes des téléspecateurs, bref, tout va bien.

Après minuit, par contre, c’est une autre histoire. Après presque neuf heures à parler sans s’arrêter, la fatigue mentale s’est installée, j’ai l’impression d’avoir le cerveau en bouillie, je fixe l'écran comme un zombie et je ne sais plus trop quoi dire, d’autant que souvent, les joueurs à l’écran sont crevés aussi, et la partie manque sérieusement d’imagination. Cette deuxième phase de la retransmission ressemble alors plus à un talk-show de deuxième partie de soirée : on a bu une ou deux bières, et un dérapage n’est pas à exclure avec un Arnaud Mattern ou Ludovic Lacay en roue libre au micro. Les blagues pour ou moins douteuses fusent, les commentaires de bon goût sur les nanas dans les gradins viennent combler le manque d’analyse technique de la partie, bref, du grand n’importe quoi. Mais il paraît que les gens aiment bien aussi, les réactions ont été plutôt positives sur les forums. Moi, je suis pas trop sûr, je préfererais rester sérieux et performant jusqu'au bout, mais il est évident qu’il y a des limites physiques au nombre d’heures que l’on peut enchaîner devant assis dans l’espace restreint de la régie devant l’écran de contrôle, avec le casque sur les oreilles qui te débite en permanence le bruit des jetons, la voix du directeur du tournoi annonçant l’action à la table, les instructions du réalisateur, etc, etc.

La solution pour éviter de se retrouver en manque d’inspiration après neuf heures de direct, ce serait d’avoir un second commentateur en rotation, histoire de garder la forme et pouvoir tenir le rythme. C’est ce qui se passe avec les commentateurs Allemands et Anglais, tandis que les autres (Espagnols, Italiens, Hollandais et Français) doivent rester en solo. Alberto, l'Italien, est clairement une star, il arrive à rester au top jusqu'au bout, débitant ses tirades à un débit hallucinant, il me fait rêver.

Enfin, malgré les contraintes techniques, cela reste une expérience extraordinaire, à laquelle je me sens extremement chanceux d'avoir pu participer. Prochaine étape EPT : à la maison, à Londres, le 1er octobre, mais en attendant, un gros morceau débarque dans la capitale britannique : les World Series of Poker, rien que ça. Coup d'envoi là, tout de suite, dans une demi-heure, je viens de m'installer en salle de presse, on va voir si l'organisation est meilleure qu'en 2007. Ca ne devrait pas être très difficile.

11 commentaires:

beu a dit…

tu as fais un super taf. Ton métier d'origine ce n'est pas commentateur mais tu te débrouilles à merveille. La fatigue est humaine et normal de se décontractr avec ces énergumènes de cuts et frenchkiss.
Continue comme ça.

Tonio a dit…

C'était excellent, surtout quand ça dérape un peu :)
Keep the good work.
Omar FTW

Evian a dit…

je suis d'accord, un plaisir de suivre ces retransmissions!
Par contre les micros de ce type pour 16h non stop ce n'est pas super pratique non?

Anonyme a dit…

Bravo Benjo pour tenir aussi longtemps au micro.
Nous on adore sa les blagues et les meufs des gradins.
Même si tu souhaiterai rester sérieux jusqu'au bout, je pense que la majorité des personnes regardant le live fr sont aussi la pour entendre les gens déconné. (toi, elky, cuts....)

Bon courage pour Londres.

Julien

NickL_75 a dit…

Ton travail est excellent Benjo !

Continue à nous faire vivre ces grands moments. Tu n'est pas obligé de garder ta concentration et ton sérieux pendant toutes ces heures. Faut aussi s'éclater dans ton métier. On s'éclatera avec toi derrière notre ordi !
Bonne continuation et bon courage pour la suite.

site2wouf.fr a dit…

finale chiante à mourir ?

Aux échecs (MON sport) certains journalistes parlent ainsi de parties de très haut niveau, quand le spectacle "populaire" n'est pas au rdv...

Peut-être le plaisir généré est-il réservé aux vrais passionnés...

M4rTin a dit…

encore merci pour tes commentaires surtout en français et avec des invités de marques ,je continuerais à les suivre et j'espère qu'un jour je pourrais être à tes cotés pour commenter :)

Anonyme a dit…

Haha, gg

il aurait pu dire au revoir cet enf...d' elky

lol

Arnaud -FrenchKiss-

Anonyme a dit…

Coucouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!!

Vraiment cool ce blog j'adore ;-)
MERCI BENJOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO :-)

Hard la photo avec Elky, vous n'avez pas l'air en forme tous les 2 :-)

Je n'ai malheureusement pas pu assisté aus retransmissions TV cette fois-ci, mais ça devait être bien cool une fois de plus :-)

@+
B10401M

P.S. Hi Arnaud ;-) Les masseuses vont bien ???

Anonyme a dit…

elles vont bien, elles vont bien...
BTW Benco, y en a un qui est rasé sur la photo et pas l autre, cé ki la feignasse ?

:D

Arnaud -FrenchKiss-

Dethier Eric a dit…

Salut Benjo,

A vrai dire on te suit tout au long des commentaires de l'EPT et rassure toi nous même sommes complètement crevé derrière notre écran d'ordi après avoir enduré une journée de boulot. Donc si l'ambiance est un peu plus à la déconne vers la fin, cela ne peut être que positif pour nous garder éveillé et en alerte. Le roulement des invités est important aussi car ils apportent de nouveaux sujets, de nouveaux délires, du sang frais en somme.
Ton travail est excellent et tenir physiquement les spectateurs éveillés est un exploit seul les animateurs radio enfin pour certain vivent le même combat.
Je suis pas sûr que les questions qu'on envoyait arrivait toujours mais bon peut importe même quand l'action est un peu retombée l'analyse de Nicolas fut des plus judicieuse.

Enfin si jamais Winamax veut un 2ème commentateur pour t'assiter je suis partant. Mais difficile est la mission d'un jeune Padawan face au grand maître Jedi ;-)

Dethier Eric (Belgique, belgiumpoker.net)