mardi 8 juillet 2008

Groundhog days

Day 38

Dimanche, comme tous les matins, je me suis réveillé à 10 heures, et comme d’habitude, j’ai regretté de ne pas avoir pu dormir trois ou quatre heures de plus. Une demi-heure plus tard, je sortais de la villa, douché et habillé, prêt pour une nouvelle journée de travail de 14 heures (cela fait bien longtemps que j’ai laissé tomber le petit déjeuner, pas le temps)

Je démarre la Nissan, descends l’allée et commence à rouler… Hum, quelque chose ne va pas. La voiture penche vers la gauche, et le pneu avant émet un son inhabituel, qu’on pourrait retranscrire à l’écrit par « flopflopflopflopflop ». Bordel de merde, le pneu est à plat. Je sors du véhicule, et constate les dégâts. Bien sur, je commence immédiatement à paniquer : je dois aller chercher mes reporters dans les quinze minutes au Bally’s, puis me rendre au Rio pour arriver en avance et ainsi choper une bonne place sur le banc de presse dans l’Amazon Room.

J’envoie immédiatement un texto pour leur dire de partir sans moi et commencer à travailler. Coup de chance, mon boss sort de la villa d’en face au même moment, et m’installe la roue de secours en dix minutes chrono. Il est trop fort, mon boss. Nous constatons que la jante est aplatie : je ne m’en étais pas rendu compte, mais le pneu était déjà crevé quand je suis rentré du Rio la veille. Tout au plus avais-je remarqué que la voiture virait légèrement à gauche quand je lâchais les mains du volant, et je ne m’en étais pas inquiété. Coup de chance, je n’avais pas emprunté l’autoroute, préférant passer tranquillement par Industrial Road, la route parallèle à l’Interstate 15.

Je me rends à l’agence, située à 500 mètres de la villa. Après deux heures de paperasse à remplir, j’échange la Nissan contre un PT Cruiser tout neuf. Une amélioration significative au niveau du standing. Je pensais que j’aurais quelque chose à payer, mais non. Peut-être me présenteront-ils la note quand je rendrai la voiture la semaine prochaine.

J’arrive au Rio avec 90 minutes de retard pour la dernière et la plus grosse des quatre journées de départ. 2,461 joueurs se sont inscrits : tous les retardataires et les étourdis sont au rendez-vous, ainsi qu’un bon paquet de pros ayant opté pour une entrée tardive. Heureusement pour nous, la plupart des français ont déjà joué lors des trois journées précédentes, et ils ne sont plus qu’une poignée au départ pour l’ultime Day 1 : Pascal Perrault, Fabrice Soulier, le jovial Michel Cohen (débarqué en dernière minute à Vegas), Jean-Pierre Petroli (de PokerNews), Gabriel Nassif… Patrick Bruel et Almira Skripchenko ont malheureusement sauté rapidement. Notre Brubru national a été très malchanceux.

Avec la clotûre des inscriptions en milieu d’après-midi, les superviseurs ont pu enfin publier les chiffres officiels de la participation au plus gros tournoi du monde. Après six semaines de spéculation et de rumeurs contradictoires, on tenait enfin la réponse à la grande question. Certains avaient estimé que le Main Event 2008 battrait tous les records, d’autres, au contraire, prédisaient une baisse drastique de la participation, prophétisant la fin de la « mode poker » et un retour à la préhistoire pré-2003. Moi, je suis resté prudent. Je savais que le record de 2006 ne serait pas battu (tant que PokerStars et FullTilt ne pourront inscrire directement leurs qualifiés, ce sera impossible), mais aussi que la participation serait plus forte qu’en 2007, période de transition de l’industrie après le vote de l’UEIGA aux Etats-Unis.

J’avais vu juste dans mes prédictions : ce sont finalement 6,844 joueurs qui ont pris part au Main Event 2008, une légère hausse par rapport à l’année dernière. 666 joueurs seront payés, un chiffre calculé automatiquement par les ordinateurs d’Harrah’s : j’ai été étonné que ce chiffre tendancieux n’ai pas été modifié par les organisateurs. Les premiers payés recevront 21,000 dollars, tandis que le vainqueur final sera récompensé du plus gros gain de l’année : 9 millions de dollars. Mais ça, ce ne sera pas avant trois mois.

A la fin de la journée, la plupart des tricolores avaient sauté, ne me laissant que quelques tapis à compter avant de repartir à la villa : Jean-Pierre Petroli, Michel Cohen, Germain Gillard et William Cabre. Cependant, une poignée de français avaient échappé à mon radar, comem j’allais m’en rendre compte en consultant les listes officielles le lendemain matin. Des joueurs amateurs, la plupart qualifiés sur Internet, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant.

La fin du Day 1D marquait la conclusion de la première partie du Main Event. La moitié des 6,844 inscrits ont déjà pris la porte de sortie. Après quatre journées de départ en tout point similaires qui n’ont pas été sans rappeler « Un Jour sans Fin » avec Bill Murray, l’introduction est enfin terminée. Il reste encore de nombreux chapitres à écrire dans cette histoire qui ne trouvera pas de conclusion avant le 10 Novembre.

Day 1D : reportage en direct

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Benjo,

Si tu lis ce commentaire peux tu passer le bonjour à Kara Scott de la part de Julien (le Francais du Caesar Palace) et lui souhaiter bonne chance.

Bravo pour ton coverage du Main.

Introl a dit…

réveil avec Sony & Cher et tout ?