lundi 7 juillet 2008

Getting mighty crowded

Day 37

Après deux journées inugurales en demi-teinte, le Main Event a finalement décollé avec la troisième journée de départ. Le hall du convention du Rio était plein à craquer avec presque 2,000 joueurs répartis aux quatre coins du bâtiment : dans l’Amazon Room, dans la Brazilia Room, dans la Tropical Room (d’ordinaire réservée aux satellites), et à plusieurs centaines de mètres de là, dans les couloirs près du casino et dans la poker room.

Bien entendu, c’est lors de cette journée blindée que la majorité des joueurs français ont choisi de faire leur entrée. Une bonne partie du Team Winamax, quatre qualifiés, un Paul Testud, un Eric Larchevêque, un Rémy Biechel, et des tas et des tas d’autres joueurs, dont une bonne moitié d’inconnus : qu alifiés PokerStars, qualifiés Everest et compagnie. Au total, plus de trente joueurs à suivre dans trois salles différentes, sans compter la zone du casino dans laquelle nous ne sommes pas aventurés.

Avec Joel et Lucille, on s’est reparti la liste des joueurs connus, et on s’est jetés dans la bataille. Ce fut une journée brutale et épuisante. On a couru toute la journée après l’info, rapportant les coups, tenant le décompte des éliminations, et trouvant constamment de nouveaux joueurs français au passage. Il y avait tellement de choses à voir que je suis complètement passé à côté de Roger Hairabedian, le vainqueur du récent Grand Prix de Paris, pourtant difficile à manquer vu sa stature imposante. Je ne l’ai remarqué qu’en toute fin de journée, sur les indications de Maanu.

Pendant la pause-dîner, direction au… In ‘n Out Burger. J’ai arrêté de compter combien de fois je m’y suis rendu cet été. Mais il fallait bien que je fasse découvrir les meilleurs burgers du monde à Joel et Lucille.

J’ai laissé partir mes deux reporters vers 23 heures, me chargeant du dernier niveau en solo. Ma tradition en fin de journée est de relever les hauteurs des tapis de tous les français restants. Samedi, cela m’a pris plus de trente minutes. Plus de vingt français ont survécu, parmi lesquels ElkY, Eric Larchevêque, Guillaume Darcourt, Rui « Gohanounet » Cao, Nicolas Levi, Régis « Forceps » Burlot, et bien sur Arnaud Mattern, le grand gagnant de la journée avec un tapis de 157,650, suffisant pour le propulser dans le top dix. Les quatre qualifiés Winamax se sont tous qualifiés pour le second tour, certains avec un gros tapis : bravo !


Arnaud Mattern, chip-leader français à l'issue du Day 1C : la fin du bad-run ?

De retour à la villa à deux heures du matin, je découvre le gros du clan Winamax en train de festoyer joyeusement. Billard, Wii, barbecue, poker en terrasse, les sortants doivent se foutre à l’eau : j’ai toujours un pincement au cœur quand je débarque après 14 heures de taf et que je vois tout le monde s’amuser. Tant que je suis au Rio, ca va, je suis dans un environnement de travail, en compagnie de collègues qui bossent aussi dur que moi jour après jour. Tous les soirs en rentrant, je réalise tout ce dont je suis passé à côté cet été.

J’ai traversé la rue pour me rendre l’autre villa, celle où je dors. Ludovic et Johny m’ont rejoint. On s’est installé en terrasse avec des bières et des cigarettes qui font rire. L’heure était à l’introspection. Pour eux, et tant d’autres, les World Series of Poker se sont terminées avec leur élimination du Main Event. La valise de Cuts était prête, son billet d’avion reservé pour le lendemain : il n’avait plus rien à foutre à Vegas, après cinq semaines d’enfer sans aucun résultat, ni même un seul Day 2. Un échec cuisant que je ressens, parce que Ludo est l’un des membres de la Team dont je me sens le plus proche : j’aurais tant aimé qu’il fasse un beau résultat. La variance, inhérente aux tournois de poker, en a décidé autrement, et il faudra attendre le début de la saison prochaine pour voir Cuts briller à nouveau.

Bon, j’ai l’air un peu triste en vous racontant ça, mais je me suis quand même roulé par terre en me tenants les côtes en écoutant mes amis résumer leur expérience dans le plus gros tournoi du monde :

« - Le Main Event, c’est pire qu’une pute. J’ai payé 10,000 dollars, ça a duré seulement quatre heures, et j’ai rien fait au final.

- Ah, tu t’es fait avoir, moi pour le même prix j’ai eu droit à six heures. »

Day 1C : reportage en direct

Day 1C, aussi appelé "journée des bonnasses" :


Tiffany Michelle


Lacey Jones


Evelyn Ng

1 commentaire:

StB a dit…

Go have a beer with Pauly. Just don't go to the beach.