vendredi 27 juin 2008

Sortez les boxes

Day 27

Je vous préviens, ça va encore être un post à moitié fini, tapé à la va-vite entre deux frénétiques tours de l’Amazon Room. Il y a un taf monstre en ce moment, et le rythme ne risque pas de ralentir : le Main Event commence dans une semaine.

Hier matin, je me suis réveillé dans une suite de 70 mètres carrés, dans l’un des plus prestigieux hôtels de Las Vegas. Mon pote Kim, qui travaille pour le réseau OnGame, avait une chambre au Palazzo (petit frère du Venitian, récemment inauguré) sur les bras après le désistement de l’un de ses qualifiés online. Il n’était plus possible d’annuler la réservation, alors il m’a filé les clés pour la semaine. Je peux profiter de la piscine (au même étage), m’allonger sur un transat dans le jardin privé adjacent à la suite, plus tout le reste des aménités luxueuses mises à ma disposition : télé géante, lecteur DVD, room service 24/24… Elle est pas belle la vie ? Non pas que je me suis lassé de la compagnie du Team Winamax à la villa... Mais disons qu’après s’être fait réveiller une fois ou deux à six heures du matin par un colocataire éméché surgissant dans la chambre en beuglant des paroles incompréhensibles, on est en mesure d’apprécier à sa juste valeur un peu de tranquillité.

Certains ont coutume de dire que les World Series ne commencent vraiment qu’avec l’arrivée de l’épreuve la plus chère du festival : le H.O.R.S.E à 50,000 dollars. Il y a sans doute du vrai là dedans, à en juger pas le spectaculaire accroissement du nombre de spectateurs et médias présents dans l’Amazon Room mercredi à 17 heures, quelques minutes avant le départ.

Le banc de presse était plein à craquer, comme il ne l’a jamais été depuis le début des WSOP. J’avais pris mes précautions en arrivant en avance. Des tonnes de journalistes dont je n’ai jamais entendu parler étaient là. De vieux amis aussi, comme Howard, Steven et Otis du blog PokerStars.

Appareil photo en main, les touristes s’étaient massés derrière les barrières pour admirer le spectacle, comme au zoo. Il n’y a pas de meilleure opportunité pour les fans d’observer une telle congrégation de stars réunies au même endroit. Les meilleurs joueurs du monde étaient là, bien entendu, tous prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes pour accéder à l’immortalité pokérienne que procure le titre de champion du monde du pentathlon du poker, le H.O.R.S.E.

Beaucoup de joueurs célèbres qui avaient participé l’année dernière n’étaient pas là. Je pense notamment à des gens comme Cindy Violette, Sam Grizzle, Tom Franklin ou Jani Sointula. On dirait que les temps sont durs pour la bankroll de certains. Durant la semaine qui a précédé l’épreuve, on pouvait apercevoir beaucoup de grands noms au départ des satellites quotidiens, essayant désespérément de se qualifier. 50,000 dollars, c’est une somme, même pour un pro connu et reconnu. D’autres joueurs ont finalement reconnu qu’ils n’avaient rien à foutre dans une épreuve de Limit mélangeant cinq variantes différentes, et ont passé leur tour. Je pense bien sur à des mecs qui n’ont jamais eu de succès au poker en dehors du No Limit, comme Phil Laak. Autre facteur qui a fait que le casting était moins "fishy" : Harrah's avait sandwiché l'épreuve entre deux gros tournois de No Limit (le 1,000$ rebuys et le Short Handed 5,000$). Les spécialistes du Hold'em ont donc pu jouer mercredi à une variante qu'ils connaissaient bien, au lieu de gaspiller 50,000$ dans un tournoi où ils n'avaient aucune chance.

Malgré ces nombreux désistements, le nombre d’inscrits fut exactement le même qu’en 2007 : 148. Ce sont les jeunes joueurs d’Internet qui ont pris le relais pour composer l’absence des vieux, comme par exemple Tom « Durrr » Dwan, Phil « OMGClayAiken » Galflond, ou James « mig.com » Mackey. J’ai aussi repéré beaucoup de têtes que je ne connaissais pas. Sûrement des gros joueurs de cash-games anonymes d'Internet, Vegas, Los Angeles ou New York.

Bien sur, le plus grand de tous manquait à l’appel, et pour cause: il nous a quittés en décembre dernier. Sa mémoire était présente dans toutes les têtes. Dans son discours inaugural, Freddy Deeb, le vainqueur de l’édition 2007 a eu quelques mots pour le regretté vainqueur de l’édition 2006 : « En l’honneur de Chip, nous allons jouer aux jeux qu’il a aimés tout au long de sa vie. Shuffle up and deal ! »

Quatre français étaient au départ : David Benyamine, Bruno Fitoussi et Patrick Bueno (tous déjà présents l’an passé), Philippe Rouas venant s’ajouter au casting.


Patrick Bueno

Harrah’s avait bien fait les choses (cela devient une habitude cette année, il convient de le souligner) en installant la vingtaine de tables devant le banc de presse, donnant aux médias un poste d’observation idéal. La zone Orange était entièrement dédiée au tournoi, ce qui nous a donné beaucoup d’espace pour se balader entre les tables.

L’aspect « réunion de famille » qui a caractérisé le début de l’épreuve a rapidement laissé place à un calme studieux autour des tables. Peu à peu, les rires et conversations se sont tus, remplacées par le silence et la concentration.

En parralèlle, j'ai suivi l'épreuve de No Limit avec rebuys, où plusieurs français étaient en course, parmi lesquels Paul Testud et Jerôme Zerbib, récemment arrivés à Vegas. Nicolas Levi a terminé la journée avec un bon tapis, et ce, sans se recaver une seule fois. C'est sa troisième place payée des WSOP.

Histoire d’épicer un peu l’épreuve de HORSE, Pauly et moi avons choisi chacun cinq joueurs parmi les 148. Les termes du pari sont les suivants : 100$ si l’un d’entre eux gagne le tournoi, 20$ pour une place en finale, 5$ pour une place payée, les trois propositions étant mutuellement exclusives.

J’ai choisi David Singer (finaliste des deux précédentes éditions), Barry Greenstein (compétent à tous les jeux), Mike Matusow (en forme cette année), Doyle Brunson (il a promis de se donner à fond en l’honneur de son meilleur ami Chip Reese) et David Chiu (c’est complètement au pif que j’ai choisi le récent vainqueur du WPT du Bellagio).

Pauly a choisi Daniel Negreanu, Rob Hollink, Marcel Luske, Andy Bloch et Mike Sexton.

J’ai reçu quelques mails d’amis critiquant mes choix. Il est vrai que j’aurais pu mettre mes sous sur quelques jeunes prodiges du genre Galfond, Bonomo ou Durr, mais j’ai finalement fait un choix conservateur (avec 20% de hasard concernant Chiu : il y a toujours des surprises en table finale. Qui aurait parié sur Fitoussi, Hanson et Filippi en 2007 ?)

Au terme de la première journée, tous nos poulains sont encore en course. En fait, seulement huit joueurs ont sauté, parmi lesquels Philippe Rouas, et Phil Hellmuth, qui n’a décidement rien fait de bon aux WSOP cette année.


Isabelle Mercier a fait un retour spectaculaire au Rio avec ce décolleté ne laissant que peu de place à l'imagination. On dit que la Québécoise a procédé à une petite augmentation mammaire : je crie à l'intox !

Compte-rendu du Day 27 des WSOP

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