samedi 21 juin 2008

Halfway point

Day 21

Déjà dix-neuf jours passés à Vegas, dont dix-sept à travailler à l’intérieur de l’Amazon Room, et je ne ressens pas le moindre signe d’épuisement physique ou mental. Tout se passe de manière fluide, routinière, voire même chiante, on pourrait presque dire. Je me lève le matin en forme, après avoir dormi entre cinq et sept heures. Je me rends au Rio à midi, et repars en général vers minuit, parfois un peu plus tôt ou un peu plus tard. Chaque jour, j’ai quelques heures pour lire, regarder la télé et passer des moments agréables avec mes collocataires. Fort de l’expérience acquise l’an passé, j’ai enfin trouvé mon équilibre.

Les jours ont défilé de cette manière sans que je n’aie eu le temps de m’en rendre compte. Si l’on est largement entré dans la seconde moitié des World Series au niveau du nombre d’épreuves (34 bracelets ont été déjà décernés, sur 54 au total), ce n’est que maintenant que l’on célèbre la fin de la première partie des WSOP en termes de journées écoulées.

J’ai passé le cap des trois premières semaines sans perdre de ma bonne humeur ni péter un plomb, et franchement, j’en suis le premier étonné. En 2007, j’avais commencé à dérailler au bout de deux semaines… Le changement principal qui s’est produit en 2008 tient à la charge de travail, qui s’est un peu allégée. L’an passé, je rédigeais le compte-rendu en direct pour poker.fr toute la journée, avant d’écrire un compte-rendu quotidien pour MadeInPoker, en enchaînais avec la rédaction de ce blog. Cela représentait un peu trop de travail pour une seule personne, et quand je m’en suis rendu compte, il était trop tard pour faire faire machine arrière. D’où de nombreuses journées et nuits de frustrations, commencées trop tôt et finies trop tard, levé de mauvais poil et couché énervé. Cette année, je n’ai pas à écrire de résumé chaque matin : cela fait deux heures de gagnées chaque jour, que je consacre en général à mon sommeil. Autre facteur important : je ne perds plus 90 minutes par jour en transit, à faire la queue pour un taxi, qui immanquablement se retrouvera coincé dans les embouteillages du Strip. Ici, je me contente d’aller chercher ma voiture au parking, près de l’entrée de service du Rio, et je conduis dix minutes, pas une de plus, pour retourner à la maison.

L’entrée dans la seconde moitié des World Series est toujours un point crucial… C’est là qu’on constate les dégâts du manque de sommeil chez les collègues, qui commencent à fatiguer après trois semaines non stop. C’est aussi là qu’on voit les entrées dans les tournois décliner quelque peu : les joueurs les moins en veine ont cramé tout leur budget, et tentent désespérément de glaner quelques dollars dans les tournois satellites. C’est aussi durant aux alentours de la troisième semaine que l’excitation et l’enthousiasme commencent à baisser : après une trentaine de tournois, chaque vainqueur ressemble de plus en plus au précédent. Les médias attendent avec impatience le rebond que provoquera l’arrivée des épreuves maîtresses des WSOP : le HORSE à 50,000 dollars et le Main Event.

Jeudi, l’Amazon Room accueillait une fois de plus une loterie à 1,500 dollars. Seuls quelques français ont survécu à la première journée, dont le très sympathique cousin d’Antony Lellouche, David Miara. On a mangé avec lui au Grill du Rio. David nous a généreusement invité après nous avoir appris à jouer au Baccarat (appelé Punto Banco à Paris), un jeu complètement con (une sorte de pile ou face si j'ai bien compris). Tandis qu’on attendait que notre table se libère, David a pris 500 dollars sans forcer. Faudrait que je me m’y mette, ça à l’air facile. Après le repas, petite session de Pai-Gow avec Fred : je gagne 70 dollars. Enfin un résultat positif !


David Miara

A dix-sept heures commençait une nouvelle épreuve élitiste à gros budget, où les français ont bien figuré : du Omaha high/low à 10,000 dollars. C’était assez intéressant à suivre, contrairement à ce que l’on aurait pu penser. Comme d’habitude, David Benyamine a terminé la journée avec un bon tapis, malgré tout inférieur à ceux d’Antony Lellouche et Bruno Fitoussi. Michel Abécassis n’a hélas pas survécu au premier tour, victime de quelques coups assez méchants.

Il n’y avait aucune table facile dans ce tournoi… Peu d’entrants (236), mais presque uniquement des pros chevronnés. Y compris Doyle Brunson qui avait enfilé un sweat capuche complètement hors de propos pour un homme de cet âge. Il devait avoir froid, je vois pas d'autre raison. Il avait malgré tout gardé le Stetson. Quand il m’a surpris en train de prendre des photos de loin, Doyle m’a lancé un sourire penaud d’enfant pris la main dans le sac en train de faire une bêtise.



Dans notre série « Year of the Pro », le gagnant du jour : le jeune Allemand Sebastian Ruthenberg dans l’épreuve de Stud Hi-Low à 5,000 dollars. Chris Ferguson a bien failli remporter son sixième bracelet, mais a du s’incliner en seconde place. Il est tentant de faire un parralèle entre les résultats de l’Euro et ceux des World Series. Tandis que les Allemands et les Italients cartonnent, les Français déçoivent… Certes, ils ne décoivent pas autant au poker qu’au foot, mais tout de même.

Cliquez-içi pour mon compte-rendu du 21e jour des WSOP

Aucun commentaire: