lundi 9 juin 2008

Freaks and degenerates

Day 9

Au milieu des stars et des pros disputant la très prestigieuse épreuve de Stud à 10,000 dollars se trouvait hier soir une véritable légende de Las Vegas, que l’on croyait disparue depuis longtemps. Et le plus incroyable, c’est que sans la perspicacité de quelques journalistes, personne n’aurait remarqué sa présence au milieu des Hellmuth, Ivey, Negreanu et consorts, son visage étant resté relativement inconnu durant toutes ces années.

Archie Karas, c’est son nom, est un émigré grec qui, dans les années 90, a emprunté 10,000$ à son arrivée à Vegas. Durant les mois qui suivirent, il allait monter une bankroll de plusieurs millions de dollars au craps, qu’il a ensuite amené à la table de poker pour affronter les plus gros joueurs de la planète. Au terme de dizaines de parties de folie contre Johnny Chan, Doyle Brunson, Chip Reese et tous les autres, Karas avait accumulé 17 millions de dollars. Pas rassasié du tout, Karas est retourné à la table de craps, misant jusqu’à 1 million de dollars sur la « pass line ». Au plus fort de son rush, Karas possédait l’intégralité des jetons de 25,000$ du Binion’s Horseshoe. Plus de 50 millions de dollars étaient entassés dans le coffre à son nom. Jack Binion l’a laissé jouer et monter les enchères. S’il avait continué à gagner, Karas aurait fini par posseder le casino entier. Mais Binion savait que tôt ou tard, la loi des grands nombres finirait par rattrapper Karas. Quelques mois plus tard, « The Greek » avait tout reperdu. Avec le sourire. Ainsi se terminait un rush qui ne se reproduira probablement plus jamais dans l'histoire de Las Vegas.



L’histoire de cet extraterrestre pour qui l’argent n’a jamais représenté qu’une commodité superflue a été racontée en détail sur PokerNews par l’excellent Tom Sexton (le frère de Mike). Cliquez ici pour découvrir le premier chapitre de son extraordinaire odyssée. Je vous conseille fortement aussi la lecture du génial recueil d’histoires « The Man with the 100,000$ Breasts » par Mikael Konik (uniquement en anglais) où la saga de Karas occupe un chapitre entier.

Parmi les stands situés dans le couloir, à l’extérieur de l’Amazon Room, se trouve celui de la «Poker Players Alliance», une des nombreuses associations qui ont fleuri ces deux dernières années, destinées à promouvoir les droits des joueurs de poker, notamment en ce qui concerne le jeu en ligne. Régulièrement, les pros médiatiques membres de l’association tiennent permanence derrière le stand, posant et signant des autographes pour les fans et touristes.

Hier, en milieu d’après-midi, je passe devant le stand et apercois Jimmy « Gobboboy » Fricke en train de faire la queue pour obtenir un autographe d’Howard Lederer. Wouah. Aussitôt, je fonce chercher mon appareil photo. Quelque chose d’amusant va se produire.

Pause. Flashback, pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire. En janvier 2007, Jimmy Fricke, un jeune génie du net au gabarit plus qu’imposant (soyons clair, Gobboboy souffre d’un sérieux problème de poids) termine second de l’Aussie Millions derrière Gus Hansen. Six mois plus tard, Fricke envoie un email au support de Full Tilt Poker (co-organisateur de l’épreuve), offrant au site de poker en ligne de porter leurs couleurs en échange de l’inscription à l’édition 2008 du tournoi.

Quelques heures plus tard, le support renvoie à Fricke une réponse négative, accompagnée d’une pièce jointe qui n’aurait jamais du se trouver là. Elle contient en effet la réponse qu’Howard Lederer (un des pontes de Full Tilt) a faite en interne à ses collègues concernant un eventuel sponsoring du gros Gobboboy :

« Jimmy Fricke est un taré et un type très bizarre. Il est aussi très jeune. Je pense qu’on devrait rester en retrait. »

L’affaire fut rendue publique par Fricke, qui reçut des excuses de Lederer. Hier, dans les couloirs du Rio, les deux se croisaient pour la première fois depuis l’incident. Gobboboy, qui dispose heureusement d’un sens de l’humour assez développé, s’est dit qu’il serait marrant d’aller serrer la main du mec qui l’a insulté. J’adore le visage crispé de Lederer sur la photo. On peut presque l’entendre penser « Ce cliché va se retrouver sur Internet dans la prochaine demi-heure… »



Sans transition, Pokerati et Tao of Poker ont publié le troisième épisode de leur podcast. Je tiens la vedette… Décidément. Pour écouter ma réponse à la question « Is Dan Michalski gay ? », cliquez ici. Je ne m’étais jamais rendu compte que mon accent anglais était aussi horrible.

Sinon, je suis légèrement à jeu sur mes deux premiers paris footballistiques après la victoire du Portugal contre la Turquie. Je n’ai pas eu le temps d’aller au Sports Book pour la deuxième journée de l’Euro. Je me rattraperai demain pour le match de la France. J’avais l’intention de parier sur Federer à Roland Garros, heureusement que je me suis retenu.

Cliquez-ici pour mon compte rendu du Day 9 des WSOP

5 commentaires:

Youpee a dit…

Salut, je trouve ton coverage sur winamax très bon. Mais pourquoi n'y t-il pas de vidéos ?? Je sais qu'il est interdit de filmer pour cause d'exclusivité, mais on pourrait peut être avoir droit à des interviews de la team.

Anonyme a dit…

ça doit être compliqué de porter un couloir!!
;)

Giorgio a dit…

Ca charie sur lederrer sur 2+2

http://forumserver.twoplustwo.com/showthread.php?t=221583


:-)

Dageek a dit…

Enorme anecdote , la photo est à mourir de rire. Howard est il aussi détestable que sa soeur en vrai benjo?

Anonyme a dit…

I love u jimmy t'es trop sexy sur le danceflooor...