lundi 2 juin 2008

Castilla Parmilla



Day 3

Henderson, Nevada, 6.41am. Un vent frais souffle en terrasse de la villa Castilla Parmilla. Les pieds dans l’eau tiède la piscine, dans laquelle je piquerai une tête aussitôt après avoir publié ce post, je viens de finir mon petit déjeuner au son de The Bends de Radiohead. Le temps est encore agréable en cette heure matinale, mais je sais que d’ici quelques heures, la température aura monté à plus de 30 degrés à l’ombre, et je n’aurai alors plus aucune envie de mettre un pied dehors. Bien que je me sois couché il y a seulement cinq heures, j’ai les yeux grands ouverts. Nous sommes le lundi 2 juin, mon reportage aux World Series of Poker 2008 commencera officiellement à midi, et va se prolonger durant presque sept semaines.

Nous nous sommes finalement installés dans la villa hier soir vers dix-neuf heures, après un parcours semé d’embûches depuis Londres. Il y eut d’abord le taxi que j’avais commandé pour venir nous chercher à Clapham, dont le coffre n’était pas assez grand pour accueillir nos trois valises, obligeant Tall à passer les soixantes minutes de trajet avec ma volumineuse Samsonite sur les genoux. A Gatwick, le vol Virgin Atlantic a décollé avec deux heures de retard. Je n’avais pas dormi la nuit précédente, et n’ai malgré tout pas réussi à me reposer dans l’énorme Boeing où s’étaient entassés plus de 600 passagers, incluant Paul Parker, le dandy Anglais du circuit. Incapable de dormir, j’ai passé les dix heures de vol à regarder la carte du monde où un petit point blanc, représentant notre avion, avançait à pas d’escargots. A un moment, j’ai même cru que nous étions immobilisés dans le ciel : le survol du Canada fut interminable. J’ai aussi regardé Cloverfield, un film catastrophe mélangeant Blair Witch et Godzilla, tout à fait impressionnant.

A l’atterrissage au terminal international de McCarran, contrairement à ce que j’avais prévu, la file d’attente est très longue pour passer l’immigration. Un type fait un malaise et s’écroule par terre. La photo sur mon passeport est décollée, cela fait tiquer le douanier qui me demande ma carte d’identité pour vérification. Cette dernière est en encore plus mauvais état, mais l’officier est très sympa et me souhaite bonne chance aux World Series tout en tamponnant mon visa de 90 jours sur le passeport.

Nous avions rendez-vous à 16 heures avec l’agence pour récupérer les clés de la maison, mais avec le retard pris par le vol, cet horaire est déjà largement dépassé. J’appelle l’agence pour les prévenir de notre arrivée tardive, mais je tombe sur un répondeur. Au comptoir Avis, la responsable, très aimable au demeurant, me fait savoir que la location de la voiture n’a été payée que pour 30 jours au lieu des 47 prévus et qu’il va me falloir régler le reste de ma poche. Ayant passé une bonne partie de la semaine dernière à régler cet aspect de mon séjour, je suis bien placé pour savoir que tout a été réglé d’avance. J’insiste, et finalement on nous laisse partir dans la Nissan blanche, modèle compact. « Si vous voulez, vous pouvez avoir un modèle de taille normale pour 6 dollars de supplément par jour », m’avait dit la dame de l’agence, « car la Nissan est très petite ». Ce qui, traduit aux normes européennes, donne une voiture au gabarit tout à fait respectable.

La villa se trouve sur East Robindale, à cinq minutes au sud de l’aéroport. Il n’y a personne pour nous attendre. Je rappelle une dizaine de fois l’agence et tombe à chaque fois sur le répondeur. Pas de panique : j’allume mon ordinateur et pirate un réseau Wi-fi voisin. Je retrouve l’adresse de l’agence sur Google Maps. Là bas, on trouve porte close. On commence à avoir la dalle, on a rien bouffé depuis notre arrivée : on s’arrête pour un Double Double dans la meilleure chaîne de hamburgers du monde : In n’ Out. En l’absence de réponse de l’agence, sans toit pour nous abriter cette nuit, nous décidons d’aller trouver un hôtel. Par acquis de conscience, je repasse devant la villa : surprise, Nicolas Levi et Ludovic Lacay y sont déjà installés. Ils ont réussi à avoir l’agence au téléphone, qui leur a donné le code de la porte d’entrée.

La villa, de plain-pied, est très grande. Il me faut environ 45 secondes pour marcher depuis ma chambre jusqu’au salon. Il y a un billard, une télé cablée dernier cri (à laquelle Nicolas a rajouté une Wii, pour faire bonne mesure), six chambres pourvues de salles de bain (ce fut la bataille pour nous les repartir), une gigantesque cuisine américaine, deux garages pouvant contenir jusqu’à six véhicules, une piscine/jacuzzi, un énorme barbecue… Bref, une baraque king size de méga-baller.



On a trouvé un supermarché encore ouvert, histoire de faire les courses. On a rempli deux caddies bourrés à craquer de bouffe et d’alcool, pour une note finale d’à peine 600 dollars. Vive l’Amérique et sa monnaie tiers-mondiste. J’ai trouvé du Nutella, donc tout va bien. Sur la route du retour, passage au Rio, histoire de prendre la température des World Series qui en sont à leur troisième journée. Le podium ESPN est toujours au même endroit, sur la droite après l’entrée. Une pléiade de stars dispute la finale de la première épreuve, pour remporter le premier bracelet de l’année : Mike Sexton, Kathy Liebert, Andy Bloch et Nenad Medic (ce dernier sortant vainqueur au final). Au fond, Arnaud possède un gros tapis dans l’épreuve numéro 2, un No Limit à 1,500 dollars. Je passe dire bonjour à Pauly sur le banc de presse. Cette année, deux options pour les journalistes : la salle de presse classique, et une estrade surplombant l’action à l’intérieur de l’Amazon Room. Je ne sais pas encore où je m’installerai. J’alternerai probablement entre les deux. Je discute ensuite avec Steve, l’un des floors managers les plus compétents de la planète poker, qui officie aussi lors des EPT. Il est satisfait du déroulement des opérations jusque là : tout se passe mieux que l’an passé, où le démarrage avait été chaotique.



En rentrant à la maison, je me paume dans la banlieue d'Henderson, au sud de Vegas, et c'est le GPS de l'Iphone de Cuts qui nous sauve. Je connais bien la ville, mais c'est très facile de se perdre en banlieue, où le décor est toujours le même : un carrefour, une station service, un carrefour, un centre commercial, etc... Je me couche vers deux heures, à bout de forces, tandis que le Team Winamax discute du plan de bataille pour les sept semaines à venir.

Retourner dans l’Amazon Room m’a donné des frissons. L’entrée par la porte de service des employés (à la « Goodfellas ») a fait ressurgir des dizaines de souvenirs, bons ou mauvais. La routine quotidienne, les fous rires, les pétages de plomb… Il y a un an, j’ai passé six semaines non-stop dans cette ambiance. A partir d’aujourd’hui, je m’apprête à recommencer exactement la même chose…


In 'N Out : les meilleurs burgers du monde, et de loin


J'ai en ma possession l'objet le plus important du séjour : tout va bien se passer...


Je crois qu'on est large



Ma chambre : le lit est des plus confortables

9 commentaires:

MrTyler a dit…

"j’allume mon ordinateur et pirate un réseau Wi-fi voisin." Haha, normal :p

Merci Benjo pour nous faire partager ça, le rêve de beaucoup, la villa est AWE-SOME!

Eclatez vous bien, mais avec modération, faut ramener au moins un bracelet en France cette année ^^

ChTBoner a dit…

Si le nutella est là, vous n'avez rien à craindre!!!!

Bravo et merci Benjo pour les coverages, c'est du très bon boulot à chaque fois!!

Tonio a dit…

Ça y est c'est parti pour nous aussi... 7 semaines à se coucher à pas d'heure. GL à toi pour le marathon et à tout le team FTW !

Profitez !

Tonio

malhu a dit…

bon j'ai pas de gps mais c'est quand tu veux pour le barbecue. j'arrive demain
malhu.

Didier a dit…

Salut gamin

Eclatez vous dans c'te baraque

Didier aka didier

Anonyme a dit…

GL Benjo,

On se voit dans 3 jours :)

hehe y aura malhu aussi, c est bon ca!!!

Yu

THX a dit…

Vraiment un plaisir de te retrouver à Vegas. good luck pour la gestion de la forme !

Je passe a Vegas en Juillet, j'irais à coup sûr gouter les burgers de chez In N Out, en espérant qu'il y en ai pas trop loin du Strip!

:D

DB a dit…

Excellent ce post, on s'y croirait
vivement la suite!

Anonyme a dit…

J'adore ton blog et tes histoires Benjo ;-)

Passes le bonjour à toute la team et en particulier à Ludo ;-)

Jérémie ou B10401M :-)