vendredi 30 mai 2008

And now for something completely similar

Day 1

J’avoue que j’ai un peu du mal à y croire, mais la réalité est là : il est déjà temps de refaire sa valise et d’embarquer pour le grand pèlerinage annuel vers la Mecque du jeu. Les World Series of Poker ont commencé aujourd’hui à midi, heure de Vegas. C’est parti pour quarante-six jours de poker non stop dans l’Amazon Room du Rio.

Sans déconner, l’année est passée si vite que ça ? Avec le rythme sans relâche imposé par l’enchaînement frénétique des tournois depuis septembre, y compris une saison EPT chargée comme jamais, on a pas eu le temps de regarder les mois passer de notre côté de l’Atlantique, et c’est un peu pris de court que j’accueille le retour des championnats du monde.

Pris de court, mais impatient de repartir en campagne, d’attaquer de front un festival qui m’avait mis à bout de forces l’an passé, mentalement et physiquement. On va souffrir, mais avec le sourire. Comme toujours. Le calendrier d’un joueur de poker gravite selon une géométrie différente de celle du commun des mortels. Les WSOP, c’est notre Noël à nous. J’ai hâte d’ouvrir mon premier cadeau.

Je sais, je sais, je m’emballe… D’ici une quinzaine de jours, l’excitation des débuts ne sera plus qu’un lointain souvenir, et je serai en pleine crise de nerfs à quatre heures du mat au beau milieu de la salle de presse, à l’idée qu’il reste encore trente jours à tirer. Mais en attendant, je n’ai qu’une envie, c’est de me replonger dans le chaudron. Vite, vite ! Donnez moi deux semaines de taf sans interruption, seize heures par jour, des tasses entières de mauvais café et des dizaines de clopes. J’en redemande, encore, encore !

Parce qu’on aura beau dire ce qu’on veut à propos des WSOP, sur l’organisation parfois défaillante, les dérives corporatistes, la vente des droits de couverture au plus offrant, les structures pourries, et j’en passe, il n’empêche qu’on y trouve en abondance ce pour quoi je travaille : des histoires. Des tonnes d’histoires. Et c’est tout ce qui compte : les histoires, rien que les histoires...

Les mecs qui gagnent une tonne, les mecs qui perdent une tonne. Les mecs qui tiltent, qui se cament, qui crament aux putes et aux craps. L’émotion de la victoire, le panache des champions, les ravages de l’addiction. Les coups bas, les coups tordus, les coups de folie. Les fous rires, les moments d’exaltation. Les mecs qui vont au bout d’un marathon, qui arrachent une victoire à six heures du mat. Les mecs qui finissent deuxième, si près du but, et repartent la tête basse. Les mecs qui disparaissent en plein milieu du tournoi, et font quand même l'argent, par deux fois. Les marées de joueurs du dimanche, venus acheter un ticket de lotterie à 1,500$. Les parties de cash-game du Bellagio, qui ne manquent jamais d’atteindre des hauteurs stratosphériques. Les prop-bets tous plus invraisemblables que les autres.

Six semaines de folie pure. Le poker, dans toute sa splendeur et sa part d’ombre. Le jeu, la vie. Vivre pour le jeu. Jouer avec sa vie. Six semaines d’insanité dans laquelle s’apprêtent à se plonger 50,000 joueurs venus du monde entier. Qu’ils soient pleins au as, broke dernier degré, amateurs complets, professionnels endurcis, génies du net, vétérans de salle, ils ne manqueraient cela pour rien au monde. Et nous, les journalistes, tout autant dégénérés que les joueurs, pas le moins du monde distancés des sujets que nous sommes censés couvrir, nous plongeons aussi. Personne ne nous force à venir, et pourtant chaque année nous sommes là, prêts à se faire torturer pendant 45 jours, à se prendre des cagoules au pai-gow, à mal digérer la junk-food des cuisines du Rio, à écouter des histoires de bad-beat matin et soir. Et on en redemande.

Alors oui, en route… Pour exactement la même chose que l’an passé. En route pour mes troisièmes WSOP consécutifs. En route pour une succession d’interminables journées qui commencent trop tôt et finissent trop tard.

Something similar ? Pas tout à fait, en fait. Il y a exactement un an, tandis que je démarrais mon premier périple à temps plein en direction des WSOP, j’étais un journaliste freelance, grattant la moindre miette de budget que j’avais pu trouver, quémandant un billet par-ci, un billet par là auprès des quelques sites qui m’avaient donné leur confiance, bossant pour trois sites et un magazine, comptant sur la générosité de quelques amis, changeant d’hôtel toutes les deux semaines. Une vraie mission commando.

Cette année, je bosse pour un seul site (plus l’habituel dossier pour le magazine LivePoker) La plupart de mes frais sont payés d’avance. Je vais délaisser l’habitat angoissant des casinos pour emménager dans une villa en dehors du Strip, en compagnie de joueurs de talent, qui se trouvent être aussi des amis proches. Je loue une voiture me donnant entière liberté de mouvements. Ainsi, si j’en ai envie, je vais pouvoir passer l’été entier sans m’approcher à moins de six-cents mètres d’une machine à sous, d’une table de black-jack, de pai-gow ou de craps, puisque l’Amazon Room où se tiennent les WSOP est perdue au fond du Hall de Conférence du Rio. Bon, c’est pas gagné d’avance, je vous le concède.

Et puis, si l’on sait grosso modo comment les choses vont se dérouler, personne ne sait les surprises qui nous attendent, à commencer par la performance française. 2007 fut une année exceptionnelle pour les tricolores, la meilleure possible pour une année sans bracelet. « Mais, Benjo, verra t-on une victoire cette année, la première depuis Bruel il y a 10 ans ? », je vous entends déjà demander, les yeux humides et les sourcils en forme d’accent circonflexe. Mais bien sur que oui, quelle question idiote, t’as vu un peu le niveau qu’on a ? Et pensez bien que je serai aux premières loges pour vous le raconter.

En attendant mon arrivée à Vegas dans deux jours, et le début de mon reportage lundi, pourquoi ne pas vous plonger directement dans l’ambiance en lisant le meilleur blog de poker du monde ?



L’adresse incontournable de cet été pour suivre les WSOP sous toutes les coutures, ce sera bien sur (en plus de WickedChops) le génial Tao of Poker de mon estimé collègue, mentor et ami Pauly. Le globe-trotter New Yorkais, avec qui j’ai passé une bonne partie de la saison à bosser et prendre du bon temps d’Amsterdam à Los Angeles, a pris l’excellente décision de bosser pour lui-même en priorité lors de cette édition 2008, pour couvrir chaque journée sur son blog. A mon goût, Pauly avait été sous-utilisé par PokerNews en 2007, employé pour remplir des descriptions de mains sans saveur à longueur de tournoi. Heureusement pour nous tous, cette année, Pauly n’écrira qu’une chronique hebdomadaire pour le média exclusif des WSOP, et se concentrera sur le Tao, où il délivrera des mises à jour heure par heure, puis un post récapitulatif en fin de journée. Un peu comme ce que je vais faire sur Winamax et sur ce présent blog. Toute la journée, des infos en continu sur nos français, et le soir, mes impressions et opinions sur le grand cirque. Ca me semble être un bon plan. Et j’ai quelques autres projets et surprises en stock.

Let there be light…

6 commentaires:

Dr. Pauly a dit…

Merci, mon frere.

Anonyme a dit…

bon courage cousin, bon séjour

eglantine

Anonyme a dit…

Vivement lundi mon Benjo, RDV sur WAM tous les soirs pour suivre les WSOP au travers de tes récits ;-)

Bon voyage :-)

Jérémie ou B10401M ;-)

Anonyme a dit…

Benjo, je serais femme, mon corps serait tien 24/24.

good luck budy

Anonyme a dit…

Woua les 8 premiers § !!
C'est pour quand le bouquin ?
N'y avoir jamais penser serait une faute professionnelle.

;-)

Joliaux

KiNgKoNg a dit…

J'en ai l'eau à la bouche !!