vendredi 18 avril 2008

Fast Train

Un post rédigé dans l'urgence...

Aéroport de Nice, 09h58. Affalé sur une rangée de fauteuils devant la porte d’embarquement B41, j’affiche la mine défaite du zombie qui a travaillé quartorze heures par jour durant six journées consécutives. Je suis éveillé depuis plus de 24 heures. Ca fait déjà bien longtemps que je fonctionne sur la batterie. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir. Mes idées ne sont plus très claires. Je suis littéralement à bout de forces et pas loin de craquer nerveusement. Et pourtant, je suis loin de rentrer à la maison : après une semaine épuisante, j’enchaîne directement sur un nouveau reportage, de l’autre côté de l’Atlantique.

Ce matin, peu après deux heures, la Grande Finale de l’European Poker Tour s'est terminée à Monte Carlo. L’exceptionnelle quatrième saison de l’EPT s’est éteinte dans un souffle plutôt qu’une explosion, après une finale marathon de plus de douze heures. J’ai couvert l’épreuve durant six jours, dont les deux dernières consacrées à commenter en direct l’action en vidéo. La finale fut plutôt chaotique à commenter : je n’avais pas beaucoup de volontaires disponibles, et après le départ de l’excellent Michel Abecassis dans la soirée est venu s’asseoir un ElkY en mode « rien à battre/bourré » qui m’a compliqué la tâche en parlant de tout sauf de ce qui se passait à l’écran. En plus, il faut bien avouer que la finale fut malheureusement assez décevante durant la deuxième moitié – arrivé à quatre joueurs, ils avaient tous la tête dans le sac et l’action était laborieuse. On a passé la moitié de la soirée à balancer des private joke destinées à quatre ou cinq personnes (Cuts, Johny, Guignol….) ou a parier sur la couleur du flop (je prends 40€ à ElkY)

Ainsi, cette fin de saison EPT ne s’est pas déroulée comme je l’avais imaginée, terminant sur un couac plutôt que sur un triomphe. J’avais encore en tête les images de la victoire de Gavin Griffin en 2007, au terme d’un tête à tête hautement technique et divertissant contre Marc Karam. Hélas, comme j’en ai fait part à mes collègues après la finale, nous traitons avec un sujet délicat : le réel. Nous n’écrivons pas un film et devons nous contenter de ce que les joueurs ont à nous offrir. Ce n’est donc pas le favori du public qui a gagné (Isaac Baron), ni une des superstars du circuit (Antonio Esfandiari), ni l’ancien champion du monde (Joe Hachem), pas plus que le favori du sponsor/organisateur de l’épreuve (Luca Pagano). A la place, on a couronné un jeune Canadien de 22 ans au terme d’une finale certes d’excellente facture technique, mais totalement dépourvue de fantaisie, de spectacle et de ce grain folie qu’on a pu observer il y a dix jours à San Remo.

C’est seul, micro en main face aux écrans de contrôle, que j’ai conclu le direct, remerciant le public, fidèle au rendez-vous et de plus en plus nombreux au fil des retransmissions, puis remerciant les dizaines d’invités qui ont défilé à côté de moi depuis septembre. Immédiatement après que le réalisateur ait crié « coupez ! », tout le monde en régie s’est mis à applaudir, fier d pour allu travail accompli depuis septembre au cours des six tournois diffusés. Il était très tard pour aller se coucher, et de toute façon il me fallait bien prendre un dernier verre avec toutes les personnes que je ne reverrai plus avant le début de la prochaine saison, fin août. Le staff de PokerStars, les collègues de la presse Européenne, les joueurs réguliers du circuit… Oh, bien sur, je recroiserai ça et là quelques uns de ces personnages avant la rentrée, mais dans d’autres circonstances. L’EPT est le seul circuit qui offre à ses participants cette sensation de confort, de cocon familial presque, qui rend ces tournois si agréables à couvrir, leur donnant l’air de cirque itinérant où tout le monde se retrouve chaque mois dans un casino différent du continent européen. Les tournois WPT et WSOP que je m’apprête à couvrir à Vegas n’auront definitivement pas le même goût.

Tout le monde réuni au bar du Bay Hotel, se disant des au revoirs et des à bientôt, se souhaitant bonne chance et bonne continuation, un sourire aux lèvres et un bout de tristesse coincé dans l’œil, on se serait cru à la fin d’un film. Je serais bien resté plus longtemps, mais j’avais un avion très matinal à prendre. J’ai rangé mes affaires en vitesse, commandé un plat de spaghetti, pris une douche rapide et réglé la note du Méridien – je crois qu’ils ont oublié de m’en compter la moitié, mais j’ai quand même du payer 188€ de room-service pour trois jours à peine de séjour chez eux. J’ai partagé un taxi vers l’aéroport avec les commentateurs espagnols de l’EPT, et comme par hasard, le chauffeur connaissait Arnaud Mattern. Poli, j’ai lutté pour rester éveillé à la place du mort tandis qu’il me posait des questions sur le circuit professionnel.

Arrivé au Terminal 1, je me rends compte que je me suis mélangé les pinceaux entre l’heure de départ et celle d’arrivée de mon vol pour Londres. Je croyais que je décollais à 8h30, en fait c’était une heure plus tôt que ça et je suis donc arrivé une dizaine de minutes avant le départ, largement trop tard donc. Reste plus qu’a attendre le vol suivant. De plus en plus désorienté, je m’assois pour éviter de tomber en syncope. Je regarde passer Gavin Griffin et sa copine, le vainqueur de San Remo Jason Mercier, Mats Iremark, Mel Judah (assis à côté de moi tandis que je tape ce post) et l’adorable Anna Wroblewski, qui est venue me parler durant une bonne demi-heure, et m’a invité avec venir « hang out with my friends » à Vegas.

Las Vegas, justement… Malgré la fatigue et la nouvelle semaine de fou qui s’annonce, j’ai hâte d’y retourner, pour la première fois depuis les WSOP l’été dernier. Mais avant cela, il me faut d’abord voler jusque Londres, courir pour attraper une connection ultraserrée vers Phoenix, passer sous les fourches caudines de la douane US, pour enfin attrapper un vol vers McCarran, où je devrais atterir aujourd’hui vers 22 heures, heure locale, soit dans plus de 20 heures. Antony Lellouche m’a en principe arrangé le coup pour une chambre au Bellagio, je ne sais pas s’il y est parvenu car son téléphone est en panne et le numéro de secours qu’il m’a donné ne fonctionne pas.

Mon prochain post sera rédigé depuis Sin City… si tout se passe bien. Dans 30 heures commence le plus gros tournoi de No Limit de l’année : la finale à 25,000$ du World Poker Tour que je couvrirai pour Winamax.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

benjo je t adore...meme si t as pas trop parlé de la perf de bruno "king" fitoussi au bellagio alors que je t'ai envoyé un mail pour ca a ept live.
bon courage a toi.
et surtout,MERCI pour tout ce que tu nous fait vivre.

KiNgKoNg a dit…

Yes BenJo .. Merci encore pour tous le travail accompli au cours de cette saison EPT !!

La finale comme tu dis ne fût pas de gros calibre mais on s'en contentera. J'ai trop aimé les paris sur la couleur du flop entre toi et Elky, c'était trop marrant.. Il faut dire que tu as bien chatté !!!

Je remarque aussi que tu as un métier de fou.. avec des journée intense et le Poker ne céssant de se développer.. avec toujours plus de compétition (APT, ...), te voilà toujours bombarder d'un côté de la planète à un autre tel un missile.

Continue de nous faire rêver en nous commentant les compétitions Inside ...

GG a toi man

Tonio a dit…

Bon courage Benjo et ne t'inquiètes pas, avec le jet-lag tu vas arriver à Las Vegas frais comme un gardon... ou pas...

Tonio

Giorgio a dit…

Je savais que tu raterais ton avion :-p dommage que t'ais pas voulu tenir le pari :-))

good job et bonne semaine à vegas

thomas a dit…

En tout cas bravo pour tes commentaires, ton sérieux et les petits délires en même temps.
C'est un vrai plaisir de suivre les retransmissions (par écrit et en vidéo).

Bonne continuation !

NickL_75 a dit…

Merci Benjo pour ton travail admirable (et fatiguant !) durant cette finale de l'EPT. Grâce à toi et à tes invités, suivre cette finale durant ces 5 jours était un réel plaisir.
Bonne continuation et bon courage pour le $25.000.

NickL75
http://nickl75.blogspot.com/

Anonyme a dit…

Slt Benjo
Je suis resté tt le long de la final ki eété assez ennuyeuse par contre toi et elky(sick, archi sick...) vs nous avez sauvé la soirée. Bonne courage pour vegas et a la prochaine sur le circuit ou au comment. om63

Anonyme a dit…

Salut Benjo,

Waouhhhhhhhhh!!! Tain' t'as parlé une 1/2 heure avec la belle Anna et en plus elle t'as invitée à aller faire un tour avec elle et ses potes à Vegas...à tous les coups tu va finir marié avant la fin du 25K du Bellagio!!!

Bon courage à toi pour le coverage du Bellagio...le fait d'enchainer les 2 évènements comme ça doit être absoluement dingue. Mais comme dit Elky c'est "sick life" et rien d'autre!!

DrGonzo

Nico a dit…

Courage Benjo, tu peux être fier de toi en tout cas, nous aussi on a aimé ces moments de l'ept live. Merci pour tout et bonne chance pour la suite

Audrey & Jérémie a dit…

Salut Benjo, salut à tous !

Comme tout le monde l'a dit je ne dirais qu'un mot : MERCI :-)
Les coverage et les live EPT étaient vraiement excellent quelque soit le jeu pratiqué aux tables :-)
Le dernier soir avec Elky ENORME :-)
On te suit maintenant à Vegas ou nos Frenchies entrent en piste pour briller :-)
Allez les gars (surtout Ludo :-)) on est avec vous !

@+

Anonyme a dit…

Pfuuuuu !
Même Jack Bauer ne pourrait pas tenir la cadence !
Je ne regarde pas les retransmission mais j'adore ton blog et te remercie pour la régularité à laquelle tu t'astreins à nous fournir des posts fréquents.
Mollo à Végas sur la vie Rock'n Roll, tu ne seras pas jeune toute ta vie !
Si tu croises Guillaume A.K.A Hésiode dans les couloirs du Bellagio parle lui de Danny Ocean/ Joliaux. It's a small world....

Romain