lundi 31 décembre 2007

Working hard to get my fill



2007 fut sans conteste l'année la plus riche et la plus exhaltante de toute ma vie. J'ai passé plus de six mois sur la route. J'ai couvert plus de 50 tournois de poker dans 12 pays. Je n'ai pas beaucoup dormi. J'ai passé des journées entières à regarder des types jouer aux cartes, et à écrire dessus. J'ai traversé 2007 à vitesse grand V dans un rush de voyages, de paysages et de rencontres. Ouaip, it was a very good year.

Janvier/Février

Cette année fast and furious avait pourtant commencé au ralenti. Je suis resté chez moi en Janvier et Février. J'ai manqué l'EPT de Copenhague, et le durcissement de la position française contre les sites de jeu en ligne a privé le circuit d'un tournoi que tout le monde attendait avec impatience : l'EPT de Deauville. Bref, j'ai rongé mon frein en attendant qu'il se passe quelque chose.

Mars

Après deux mois à rien foutre, il était temps de se remettre au boulot. J''avais les crocs. J'allais être servi. Le mois de Mars est arrivé à point nommé, avec la fin de la saison 3 de l'European Poker Tour, menée tambour battant. Un programme de fous qui m'a vu enchainer trois tournois en à peine quatre semaines. Avec Fougan, son épouse Emilie et notre photographe Arnaud, on a d'abord mis le cap sur l'Allemagne, à Dortmund, qui acceuillait son premier tournoi majeur. L'épreuve fut passionnante à couvrir, et l'accueil germanique des plus chaleureux. Fougan a atteint sa première table finale d'un EPT, après être tombé à 3 blindes en milieu de Day1 : un come-back incroyable. Ce tournoi fut aussi l'occasion de rencontrer pour la première fois le binôme Robusto : Nicolas Levi et Arnaud Mattern. Le premier a lui aussi atteint la table finale, terminant en 7e place juste devant Fougan.

Vingt-quatre heures après être rentré d'Allemagne, nous décollions pour Varsovie, où là aussi l'EPT posait ses valises pour la première fois. De la capitale Polonaise, je ne garde aucun souvenir pour la bonne raison que je n'ai quitté l'hôtel que pour me rendre au casino. Comme souvent, avec notre agenda serré, nous fumes forcés d'arriver la veille du tournoi pour repartir aussitôt celui-ci terminé. N'empêche, ce fut là encore une bonne petite semaine de travail intensif, entrecoupée de francs moments de rigolade avec les collègues au bar du Hyatt. Un Français que je connaissais pas auparavant, Farid Meraghni, atteignit la seconde place de l'épreuve, laissant le titre au Danois Peter Jepsen.

Pas le temps de souffler, quelques heures à peine après la conclusion du tournoi, je suis un avion pour Stockholm, où je ne me poserai que deux jours, le temps de conclure un petit deal avec mes amis de PokerRoom (l'écriture, pour leur site, d'une série de compte-rendus de tournois, en anglais)

Ensuite, direction le sud de la France, où je recharge les batteries quelque jours à Roquebrune Cap-Martin. Puis, saut de puce jusque la principauté de Monte-Carlo, où ce mois de Mars frénétique va culminer de la plus belle manière qui soit avec la grande finale de l'European Poker Tour à 10,000€ l'entrée. Un tournoi extraordinaire qui va réunir plus de 700 joueurs, parmi lesquels les meilleurs joueurs d'Europe et un bon paquet de stars Américaines, les Ivey, Hellmuth et autres Greenstein, culminant avec un tête à tête de folie entre Gavin Griffin et Marc Karam. “Ca y est, l'Europe tient enfin un tournoi du calibre des World Series of Poker”, comme j'allais l'écrire dans mon compte-rendu pour LivePoker. Une semaine à la hauteur de la démesure de la principauté Monégasque. En particulier les teufs organisées par PokerStars et DuskTillDawn. Open-bar, heureusement, sinon je mettais la clé sous la porte. Je me rapelle encore des hamburgers à 20€ du bar à côté de la salle de presse. J'ai repris contact avec Rayan Nathan, que je n'avais pas revu depuis les WSOP 2006. Lui et Nicolas Levi m'ont épaulé pour le compte-rendu de la final, en commentant ce qui se passait à l'écran tandis que je recopiais à toute vitesse sur mon clavier. C'est aussi pendant ce tournoi que j'ai fait connaissance avec le roi des bloggeurs poker, Pauly.

Avril

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Trois jours après mon retour de la principauté, je m'envole pour Dublin où je vais couvrir le plus vieux tournoi d'Europe, le fameux Irish Open de Liam Flood et feu Terry Rogers. Aisément le tournoi le plus loose et rapide que j'ai jamais vu : les trois-quarts des 700 partants sont éliminés dès le premier jour. J'y découvre un petit jeune dont on allait beaucoup entendre parler : Sorel Mizzi. Il se hisse en seconde place, derrière Roland De Wolfe et le vainqueur Marty Smith.

Ensuite, direction Las Vegas pour couvrir un autre très beau tournoi, la finale du World Poker Tour à 25,000$ l'entrée. Je me suis pointé là bas avec juste la promesse d'un article à écrire pour LivePoker, dont les honoraires, si généreux soient-ils, permettaient à peine de rembourser le billet d'avion. Mais je ne voulais absolument pas rater le plus gros tournoi de No-Limit de l'année dans mon casino préféré, j'étais même prêt à bosser gratuitement pour cela. Bref, retour aux bonnes vieilles habitudes : puisque je vais rester toute la semaine dans la salle du tournoi à prendre des notes pour mon article, autant joindre l'utile à l'agréable en balancant les infos en direct sur ClubPoker. Et là s'est produit un truc extraordinaire : sans m'en avoir parlé, Lolo a lancé une collecte sur le forum, et des dizaines de lecteurs ont témoigné de leur soutien en m'envoyant des dollars sur mon compte PokerStars – 800 au total ! J'étais sur le cul. Du coup, j'ai donné le maximum, et réalisé mon meilleur reportage de l'année, culminant avec la victoire du champion du monde Carlos Mortensen. Au cours de la semaine, j'ai perdu les quelques dollars que j'avais en poche en pariant sur le basket-ball US avec Pauly, dollars que j'ai récupérés à la suite d'un pari débile impliquant un massage du bide de David Benyamine. J'ai joué au Keno au buffet du Bellagio avec les potes de BlondePoker et PokerListings. J'ai vu un gamin se ballader avec un flingue entre les machines à sous du Circus Circus. Pauly m'a appris à jouer au Pai-Gow au casino Paris. (Pour relire mon direct sur Club Poker : Day 1A, Day 1B, Day2, Day 3, Day4, Day5, et enfin la Finale.)


En terrasse au Bellagio

Le jour du retour, mon vol transit pour Los Angeles était annulé, et j'ai du passer 24 heures de plus à Vegas en attendant le prochain vol. United Airlines m'avait donné un coupon pour une nuit gratuite dans un hôtel minable en banlieue. L'horreur totale : des blattes dans la baignoire, du vomi sur la moquette, des macs et des putes sur le trottoir. J'ai fui jusqu'au casino Orleans, où, en attendant mon vol, j'ai passé la nuit à rattrapper mes pertes en cash-games de la semaine écoulée. Ouf.

Mai

De retour en France, j'ai répondu à l'invitation de Bruno Fitoussi pour couvrir le Grand Prix de Paris à l'Aviation Club de France, toujours pour le ClubPoker. En l'absence des caméras du World Poker Tour (arrêtées à la frontière par un mur d'hypocrisie, je ne reviendrai pas sur ce triste épisode), la couverture médiatique fut quasiment inexistante, ce qui n'a pas empéché la tenue d'un excellent tournoi, avec une table finale comprenant entre autres Ram Vaswani et Jeff Lisandro. Le premier soir, le tournoi s'est déroulé sous les cris et klaxons venant des Champs-Elysées, fêtant la victoire de Nicolas Sarkozy. A quinze mètres des tables de poker de l'Aviation, notre président fraîchement élu célébrait son accession au pouvoir au Fouquet's en compagnie de ses potes du showbiz et du CAC40. Peu avant, à vingt heures, l'annonce des résultats sur TF1 provoquait une large salve d'applaudissements au bar du cercle. (archives du direct quotidien : Day1A, Day1B, Day2, Day3, Day4, Finale)

Après, direction Barcelone à l'occasion du World Heads-up Championship, pour ce qui sera mon dernier reportage réalisé pour la Team770. Une semaine pépère : avec son organisation atypique (des matchs en tête à tête), ce fut le reportage le moins stressant que j'ai réalisé cette année. D'autant plus qu'on s'est cassés avant la fin.

Juin

Une semaine après mon retour d'Espagne, LE grand voyage de l'année commençait. Le 5, j'embarquais dans un avion pour les Etats-Unis, et commençais ce blog, point de départ de six semaines passées à couvrir les championnats du monde, les World Series of Poker, pour un magazine (LivePoker) et trois sites différents (MadeInPoker, Poker.fr, WAM-Poker)

Les World Series of Poker... Rien que d'y penser, j'en ai encore des frissons. Six semaines de dingue, où j'ai bossé, bossé et encore bossé comme un taré, atteignant parfois seize heures consécutives. Six semaines à regarder des parties de poker à l'intérieur de l'Amazon Room du Rio, six semaines à taper des compte-rendus en salle de presse. Six semaines à dormir quatre ou cinq heures par nuit, dans trois hôtels différents. Six semaines à se plaindre sur ce blog. Six semaines où j'ai compté les jours de congé sur les doigts de la main. Six semaines à manger n'importe quoi, n'importe quand, à boire beaucoup trop de café, et fumer trop de clopes. Six semaines au bord de la crise de nerfs. Mais aussi six semaines de rencontres, de fous rires, d'émotion. Les interminables discussions entre collègues, à disserter sur la vie, à philosopher sur le jeu.


Six semaines de camping dans la salle de presse bondée du Rio

Pour replonger dans cette expérience, le mieux est de jeter un oeil du côté des archives de juin et juillet : j'ai écrit presque tous les jours sur ce blog. La mystérieuse disparition, puis réapparition de Vinny Vihn, les nombreuses tables finales françaises, dont surtout la performance inouabliable de Bruno Fitoussi lors du HORSE à 50,000$... Mes virées au strip-club, la fête nationale du 4 juillet, mes déboires au black-jack*, les embrouilles avec ESPN et Harrah's, toutes ces journées qui se sont étirées très tard, trop tard, parce qu'il y avait toujours quelque chose à raconter, un évenement à couvrir. Se coucher après le lever du soleil, pour aussitôt se relever et retourner en salle de presse à midi. Passer deux heures tous les soirs à se défouler sur ce blog, evacuer la frustration, traiter les WSOP de tous les noms. (* je n'ai jamais pu faire le compte de mes gains/pertes suite à un crash de mon portable en septembre, où j'ai perdu des tonnes de notes et brouillons, y compris mes stats quotidiennes de black-jack)

Et pourtant, aussi épuisantes ces six semaines furent elles, je ne changerais rien, ou presque, si c'était à refaire. Ca valait le coup. J'ai eu la chance incroyable de pouvoir couvrir le plus gros festival de poker du monde de bout en bout. J'ai été le seul journaliste français accrédité sur l'ensemble des WSOP. Alors, même si ce job fut le plus demandeur que j'ai jamais eu, je n'hésiterais pas une seconde si je devais recommencer cette année.

Juillet

Finalement, après plus de quarante jours non-stop, les World Series arrivaient à leur terme avec la victoire dans le Main Event d'un parfait inconnu, comme d'habitude. J'ai couvert la finale en direct içi même. Peu après le triomphe de Jerry Yang, alors que les derniers articles étaient écrits, les dernières photos publiées, je retrouvais les collègues pour un dernier verre au Hooker Bar du Rio, dans cette atmosphère particulière qui flotte dans l'air à la fin de chaque tournoi, mélange de soulagement et d'anxiété. Nous venions de passer un mois et demi ensemble, jour après jour, mais nous n'étions pas encore prêts à nous quitter.

A sept heures du matin, dernière traversée dans les couloirs du Rio, où déjà les hommes d'entretiens s'affaraient retirer toute trace des WSOP jusqu'à l'année prochaine. Je passe une dernière fois en salle de presse, mon lieu de résidence principal durant les six dernières semaines. Sortie par la porte de service : le soleil me brule les yeux. Je peux souffler un bon coup : ma mission est terminée.

J'ai décidé de jouer les prolongations à Vegas, une petite semaine supplémentaire, un congé, un vrai : ma récompense. Pas le temps de souffler, ceci dit. A peine le temps de se reposer quelques heures, et nous voiçi partis, Ed (mon collègue de Gutshot), Rayan et ses deux amis britons, dans un Hummer de location, en route vers la Californie. Un rush express de deux jours à Los Angeles. C'est ainsi que, vingt-quatre heures à peine après la victoire de Jerry Yang, je me suis retrouvé sur un bateau de pêche, voguant à fond de cale sur la côte de Long Beach, le vent dans la tronche et un grand sourire aux lèvres. Après 40 jours passés à respirer l'air conditionné sous l'éclairage des neons, j'avais l'impression de sortir de taule.



Ensuite, pas le temps de dormir, il nous fallait enchaîner à toute vitesse les points touristiques de la cité des Anges. Venice Beach. Hollywood Boulevard. Mulholland Drive. Sunset Strip. Bel-Air. On s'est inscrustés en douce dans la piscine du Beverly Hills Hotel, commandant des Singapour Slings en hommage à Hunter Thompson, sous le regard eberlué de toute l'équipe de foot de Chelsea, en ville pour affronter les Galaxy de David Beckam. On a mangé des hot-dog chez Pink's. On a grimpé sur Hollywood Hills jusqu'au fameux panneau, pour tomber sur un service de sécurité pas commode. On s'est fait refouler du Chateau Marmont, pour y rentrer une heure plus tard grâce à un gros pourboire. On a joué au Commerce Casino tout bourrés à cinq heures du matin. (Album photo L.A.)

De retour à Vegas, mon addiction au black-jack a encore empiré. J'ai perdu 600 dollars en 20 minutes au Palms, sous le regard horrifié de Ed et Pauly. J'en ai regagné les trois quarts une heure plus tard. Deux soirs de suite, j'ai dépensé 400$ au Spearmint Rhino, pour aussitôt les reprendre à la table la matinée suivante. Vegas était en train de me réduire en cendres, à un rythme de plus en plus frénétique. La nausée me guettait en permanence. Il était temps de rentrer à la maison.

Août

Le retour au bercail fut douloureux. L'excitation est tombée net, après toutes ces journées et toutes ces nuits à vivre à toute vitesse. Sensation de sevrage. Et surtout, grosse fatigue. J'ai dormi pendant deux bonnes semaines, avant de repartir, en direction d'Amsterdam pour des vacances, des vraies. Avec Pauly et Rayan, on a loué une superbe maison au bord d'un canal, tout près du centre. Pendant deux semaines, notre programme a principalement consisté en un circuit coffee-shop/bar/quartier rouge répété ad nauseam. On a été voir un match de l'Ajax, et par hasard prodigieux, on s'est retrouvé assis à côté de Noah Boeken et Farid Meraghni. On a fait un saut de 24 heures à Stockholm, invités à s'exprimer lors d'une conférence sur l'avenir des tournois de poker (Rayan intervenant en tant que joueur pro, Pauly et moi en tant que journalistes). On a joué non-stop, au black-jack, au poker, au dés. J'ai surfé sur un rush contre Rayan, doublant et redoublant la mise de départ de 2€ jusqu'à atteindre 256€, pour perdre le tout lors du coup de dés suivant. Dans une colonne pour BluffMagazine, Pauly racontera ce voyage en me décrivant comme un "angry chain-smoking french journalist".

Septembre

A la rentrée, j'ai repris le boulot, et par la même occasion ce blog, laissé en souffrance depuis deux mois.

Les World Series of Poker ont quitté pour la première fois les USA, s'installant à Londres durant dix jours. Chose inouie, c'était encore plus mal organisé qu'à Vegas. J'ai couvert l'évènement pour poker.fr.

Dès mon arrivée, j'ai perdu l'essentiel de mon budget au black-jack durant la soirée d'inauguration.

Le lendemain, la première épreuve commençait, un HORSE à 2,500£, et je réalisais très vite qu'il me serait impossible de couvrir le tournoi proprement, la salle de presse se trouvant carrément à l'extérieur du casino, de l'autre côté de Leicester Square.

Le lendemain, je suis tombé malade.

Un joueur Allemand a ravi le premier bracelet WSOP Européen à Jennifer Harman, tandis qu'en salle de presse, nous écoutions pour la 133e fois consécutive "Don't Stop Believin" du groupe Journey.
Le Main Event à 10,000£ a ressemblé à un demi-échec, et je me suis demandé pourquoi dans un post dix fois trop long.

Un demi-echec qui a largement été effacé par l'extraordinaire retentissement provoqué par la gagnante finale, une jeune Norvégienne de 19 ans, Annette Obrestad.


Annette Obrestad, reine du poker en 2007

Une semaine plus tard, j'étais de retour à Londres, cette fois-ci pour l'EPT. PokerStars m'a choisi pour commenter le tournoi en direct sur leur site, une toute nouvelle expérience que j'apréhendais, et qui s'est finalement révélée être une partie de plaisir, en compagnie de Fougan, Fabrice Soulier, Nicolas Levi et Arnaud Mattern. Antony Lellouche a atteint la table finale.


Au micro en direct avec Fabsoul

Octobre

Le webcast de l'EPT de Londres en français a été un tel succès qu'une semaine plus tard, on me rappelait en urgence pour faire la même chose à Baden, en Autriche. Je suis arrivé à Vienne avec grande difficulté.

L'infiniment sympathique Julian Thew a remporté l'épreuve, et une semaine plus tard, un jeune joueur français (un de plus !) se révélait au public lors de l'étape espagnole du World Poker Tour, ce qui m'a permis d'écrire un post interminable sur l'émérgence de la nouvelle génération.

En octobre, j'ai aussi pris le temps de constater de visu l'arrivée du poker dans les casinos Français, et de relater mon expérience personnelle (tout ne s'est pas passé comme prévu).

A la fin du mois, petit séjour à Paris pour retrouver une dernière fois Rayan avant qu'il ne rentre en Australie après six mois passés à vivre dans sa valise. Je participe pour la troisième année consécutive au tournage de l'émission de Paris Première, le Tournoi des As, en tant que consultant. J'en ai profité pour faire un détour par l'Aviation Club de France, où j'ai pris de l'argent à quelques célébrités parisiennes. J'ai aussi joué une longue session de cash-game où je me suis pris un gros bad beat par un extraterrestre.

Novembre

En novembre, je suis retourné à Paris le temps d'une journée, tentant ma chance sans succès dans des tournois à l'Aviation et au Cercle Haussmann.

Ensuite, cap sur Amsterdam et ses mythiques Master Classics, qui ont été plutôt difficiles à couvrir.

J'ai un peu déliré lors de la deuxième journée de l'épreuve, vu qu'il n'y avait pas grand chose à voir.


Un Français est arrivé en finale, et comme d'habitude, un Norvégien à gagné.

De retour en France, je me rends à nouveau à Paris pour participer à l'émission de radio du ClubPoker. Le bon moment pour rendre un hommage à son créateur sur ce blog.

Le lendemain, départ pour Deauville qui fête le grand retour du poker de haut niveau au Casino Barrière, un an après l'annulation de l'étape française de l'European Poker Tour. Je suis logé dans une suite de grand bourgeois et couvre le tournoi pour ClubPoker en compagnie de mon pote Yuestud. Bref, c'est le bonheur, mais le tournoi est un échec complet : Deauville fait la gueule. Heureusement, Fabrice Soulier arrive tel un Superman pour sauver la semaine du naufrage, en remportant le tournoi parralèle à 1,000€.

Décembre
blanc
Stupeur dans le gotha pokérien : le 4, un géant du jeu nous quitte.

Le 7, j'assiste à la remise des prix Européens du Poker à l'Aviation Club de France. J'inteviewe Annette Obrestad, qui ne remporte qu'un seul trophée sur trois nominations. Mon amie Madeleine Harper remporte un truc aussi. Je me saoule avec l'un de mes héros littéraires.

Et puis enfin, après tous ces tournois enchainés à toute vitesse, les milliers de kilomètres parcourus, cette année de poker s'achève de la plus belle manière qui soit avec la victoire d'un pote à Prague.

Voilà, c'est tout pour 2007. C'était super long à écrire, dis donc. Alors qu'en réalité, tout s'est passé si vite. Il ne me reste plus qu'à souhaiter une excellente année 2008 à ceux qui ont réussi à lire ce post jusqu'au bout. Amis lecteurs, j'ose esperer que vous avez apprécié mon travail tout au long de l'année écoulée. Journaliste poker ! Une occupation dérisoire, vaine et futile, mais tellement passionnante. Merci à tous ceux qui m'ont témoigné de leur soutien. Merci à tous les collègues et joueurs embarqués dans cette aventure de fous. Merci à tous ceux qui m'ont donné du boulot - et pardon pour mes retards incessants. Santé bonheur, santé bonne humeur !

Le format de ce post (surtout la deuxième partie) a été honteusement pompé sur ce très cher Dr Pauly, dont l'amitié et le soutien ont été cruciaux cette année. Cliquez içi pour sa restrospective 2007 en vidéo, où je fais une courte apparition.

vendredi 28 décembre 2007

Entre le boeuf et l'âne gris

On glande, on laisse les jours filer, et on se réveille un matin en se rappelant qu'on a un blog à mettre à jour. Voiçi donc, avec moult retard, un compte-rendu de mon séjour à Prague qui risque de sentir un peu le réchauffé. De préférence à passer au micro-ondes. Je vais faire court car je sais que vous vous êtes déjà bien empiffrés de dinde aux marrons ces derniers jours.

Ainsi, Arnaud Mattern a remporté l'étape Praguoise de l'European Poker Tour. Pour le scoop, on repassera, vu que c'était il y a déjà quinze jours de cela, mais il conviendra de noter qu'il s'agit de la première victoire majeure française depuis Jan Boubli à l'EPT de Barcelone, c'était en septembre 2005, ce qui ne nous rajeunit pas, vous en conviendrez. A titre personnel, je retiendrai que c'était la première fois que je voyais de mes yeux un compatriote remporter un titre. Ca fait quand même trois ans que je couvre des tournois de poker : il était temps.

A 28 ans, Arnaud Mattern devient le plus jeune membre du club des joueurs français titrés lors d'un tournoi majeur, un club très fermé dont on peut compter les membres sur les doigts de la main.



Cette victoire vient à point nommé, pour le dernier tournoi de l'année 2007. Durant les douze derniers mois, on a vu nombre de nos joueurs Français trébucher sur la dernière marche lors des grosses compétitions : ElkY à Copenhague, Farid Meraghni à Varsovie, Bruno Fitoussi à Vegas, Ludovic Lacay à Barcelone...

Bref, un vrai bonheur que de suivre de bout en bout le parcours et la victoire d'un excellent joueur, un ami de surcroît, ce qui ne gâche rien. Lors des EPT de Londres et Baden, Arnaud avait gracieusement pris le micro pour m'aider aux commentaires en direct, et j'avais été bluffé par la richesse de son analyse. Je n'ai donc pas été le moins du monde surpris de le voir aller jusqu'au bout à Prague.

C'est une partie d'école qu'il a nous délivrée durant cinq jours. Depuis le Day1, qu'il terminait avec trois fois la cave de départ, jusqu'à la finale, véritable test d'endurance, Arnaud a fait preuve d'une extraordinaire patience et d'une maitrise comme je n'en ai que rarement vu. Plusieurs fois, il a pris des coups et a du revenir de loin, mais il ne s'est jamais démonté. Là ou d'autres auraient craqué et livré leurs jetons sur un coup de dès, Arnaud est resté patient.. Une veritable ode à la solidité.

Pour le reste de l'histoire, consultez mon reportage sur Winamax en cliquant içi.

Comme je l'ai déjà écrit, j'aime bien quand mes potes gagnent des tournois car ensuite, on peut faire la fête jusqu'au petit matin. Après avoir bouclé compte-rendus, photos et vidéos, c'est au Duplex, un club branché du centre-ville, que j'ai rejoint les célébrations. Nicolas Levi et Arnaud avaient résérvé un espace VIP rien que pour leurs invités, sur un large balcon surplombant le dance-floor. Champagne, whisky, vodkas et autres joyeusetés arrivaient en flux tendu sur les plateaux des serveurs. C'était chouette. Il y avait là des amis du tandem Levi/Mattern tels que Shaun Deeb et Soren Konsgaard, des membres des médias : BlondePoker, PokerStars, et bien sur le reste de la Team Winamax, célébrant ensemble leur incroyable succès en à peine trois mois d'existence : trois tables finales dans trois tournois majeurs, culminant avec une belle victoire, comme un cadeau de Noël. J'en parlais il y a deux mois : la jeune génération est désormais bien en place, prête à tout rafler sur son passage, et Winamax peut se vanter d'avoir recruté quelques uns de ses meilleurs représentants.

Le reste des faits notables de mon séjour à Prague comprennent, liste non exhaustive :

#1 : Trois petites heures de ballade dans la capitale, froide et ensoleillée, le matin précédant la finale. La place de la Vieille-Ville et son marché de Noël, le pont Charles, la synagogue Vieille-Nouvelle, la Cathédrale St-Guy, je n'ai pas beaucoup de temps devant moi et enchaine les endroits les plus touristiques. Trois petites heures pour le moins bienvenues au milieu d'un tournoi qui ne m'a laissé que très peu de répit. Exceptés deux (excellents) restos et une boîte de nuit, je suis resté enfermé à l'hôtel Hilton toute la semaine.



#2
: Un sympathique tournoi organisé rien que pour nous journalistes. La troisième journée de l'EPT s'est terminée plus tôt que prévu, nous laissant quelques heures de libre pour nous asseoir et taper le carton. Je n'ai jamais touché autant de jeu en si peu de temps dans cette épreuve turbo au prix d'entrée de 20 euros. Et vas-y que je te dégaine les paires d'As, de Rois, de Dames, de Valets. Hallucinant. Tout passe, et j'élimine une bonne dizaine de mes 21 collègues inscrits à l'épreuve. J'accumule un tas de jetons impressionnant, mais finis par chuter en seconde place contre un collègue Allemand. Grr. Gain de 140€ tout de même.

#3 : Un incident bien navrant en salle de presse le jour de la finale. Peu avant le départ des hostilités, le collègue Allemand suscité debarque et annonce à la ronde qu'il s'est fait piquer son ordinateur portable la nuit précédente, contenant. Wow. Je les connais, nos amis teutons de Hochge Poker : ils ont l'habitude de rester tard en salle de presse après que tout le monde soit parti, occupés qu'ils sont à monter et mettre en ligne leurs vidéos. D'ailleurs, le soir du crime, je me rapelle bien leur avoir souhaité bonne nuit dans une salle de presse déserte, vers une heure du matin.

Bref, tout le monde est désolé et compatissant, ce genre d'incident est ultra-rare, en fait c'est la première fois que j'en suis témoin en trois ans, là franchement c'est pas de bol. Nos collègues Allemands partent mener l'enquête, et reviennent une heure plus tard après un entretien avec les vigiles de l'hôtel, tenant en main les clichés pris par les caméras de sécurité.Surprise, sur ces photos, on reconnait bien le visage du voleur qui se barre avec l'ordinateur sous le bras, son parcours reconsitué grâce aux caméras placées un peu partout dans l'hôtel : il ne s'agit autre que d'un joueur français ayant participé à l'EPT !

Là, ça devient carrément n'importe quoi. Avec mes collègues français, on s'interroge. Le joueur en question, on ne l'a jamais vu auparavant sur un tournoi pro. Inconnu au bataillon. Il a bien joué l'EPT, mais a sauté tellement vite que je n'ai pas eu le temps de raconter quoi que ce soit sur lui. Le jour du crime, il a passé la journée à traîner en salle de presse, n'hésitant carrément pas à squatter les ordis de mes amis de la Team770 sans gêne aucune. Enfin bon, on s'est douté de rien : des joueurs de poker qui passent en salle de presse, c'est courant, nous on était à mille lieux de se douter que ça allait se terminer comme ça.



Les Allemands obtiennent le numéro de téléphone portable du voleur, qui est bien entendu injoignable. La sécurité du Hilton, très efficace, contacte l'aéroport qui met immédiatement une alerte sur la tête du bonhomme : s'il essaie de quitter le pays par voie aérienne, il sera aussitôt interpellé par les autorités. Les Allemands, eux, sont prêts à faire un effort : si le voleur restitue le portable, il n'y aura pas de poursuites. La machine contient une année entière de travail et de documents, ayant bien plus de valeur que l'ordinateur en lui-même. C'est ce qu'explique Pierre (reporter Team770) dans un message laissé sur le portable du vilain : "Tu préfère venir rendre la machine et en rester là, ou te faire arrêter à l'aéroport pour un ordi d'une valeur de 1,000 euros ?".

Rien à faire, le mec ne rapelle pas. On refait plusieurs tentatives tout au long de la journée, sans succès. J'imagine que le voleur, après avoir écouté les messages sur son répondeur, a du tenter de rentrer en France par le bus ou le train.

A ce jour, je ne sais pas si mes amis Allemands ont récupéré leurs précieuses données. Ce que je sais, c'est que ce joueur français, dont on connait le nom, la tronche et la ville d'origine, est complètement grillé pour le reste de sa "carrière" dans le poker. Il ne pourra pas remettre les pieds sur un tournoi majeur du circuit sans se faire immédiatement repérer. Et tout ça pour un ordinateur portable qui va lui rapporter tout au plus quelques centaines d'euros à la revente. Des fois, je me demande ce qui passe par la tête de certains pour accomplir des actes aussi débiles.

#4 : Dans l'avion du retour vers Paris, discussion très intéressante avec Guillaume "Johny001" de la Gorce, un de nos meilleurs joueurs high-stakes français et membre de la Team Winamax. L'ami Johny est passionnant à écouter quand il raconte son parcours de pro, son ascension fulgurante sur les tables de cash-games en ligne, les périodes de doute et de malachance. Entre autres points marquants de notre longue discussion, nous tombons d'accord sur le fait que les joueurs serrure aiment le blackjack, tandis que les joueurs loose préferent la roulette. Une théorie que nous déclarons universellement valable après l'avoir vérifiée sur une bonne trentaine de joueurs connus du circuit. Arrivé à Charles de Gaulle, j'empoche 50€ contre Johny quand ma valise arrive avant la sienne sur le tapis roulant.

A très bientôt pour un post récapitulatif de 2007...

dimanche 16 décembre 2007

De retour de Prague

Je rentre de Prague sur les genoux après une semaine de taf épuisante, qui s'est conclue par la sensationnelle victoire de mon pote Arnaud Mattern. Du coup, j'ai plein de taf imprévu et urgent, notamment un article pour LivePoker à boucler avant lundi. J'y retourne...

dimanche 9 décembre 2007

European Poker Awards 2007

Ah là là, quelle beuverie les amis... J'étais à l'Aviation Club de France vendredi soir pour la remise des European Poker Awards, et ma tête ne s'en est pas encore remise.

Chaque année, Bruno Fitoussi (big boss du poker à l'ACF) et Nic Szerementa (patron du magazine PokerEuropa) organisent cette cérémonie où un jury de personnalités désigne le meilleur joueur Européen de l'année, la meilleure révélation, la meilleure performance en tournoi, etc... Selon le point de vue adopté, ce genre de cérémonie est soit complètement inutile, soit indispensable.

Inutile car comme les Oscars, Césars, Victoires de la Musique, tout ce que vous voulez, il ne s'agit que d'un futile rassemblement corporatiste où l'on se congratule jusqu'à plus soif en se regardant dans le miroir, tout en se disant “ah, qu'est-ce qu'on est beaux et gentils, tout de même”.

Ou alors, pour les moins cyniques, indispensable, car il c'est une bonne occasion pour le poker Européen d'affirmer sa force et son originalité, tout en distribuant des bons points aux plus méritants.

Les deux options se valent. Enfin, je m'en fous, moi j'étais venu pour picoler et manger à l'oeil.

J'exagère un peu. Je me suis pointé au Club avec l'idée de faire connaissance avec Annette Obrestad (dont j'ai déjà longuement parlé içi il y a deux mois après sa victoire aux WSOP-Europe), et si possible prendre rendez-vous pour une interview qu'une grande publication sportive française pourrait eventuellement publier (un mec du ClubPoker m'a mis en contact avec la dite publication).

Annette se rendait à Paris forte de ses trois nominations aux Awards (révélation de l'année, meilleure “lady”, meilleure performance en tournoi) Au final, elle n'a remporté qu'une statuette (perf' en tournoi). Le jury s'est disputé un bon bout de temps (à huis clos, mais j'avais mes informateurs) pour décider s'il était souhaitable de donner plusieurs prix à la même personne (ce qu'Annette méritait amplement), et a finalement décidé contre. (Oui, c'est un autre truc qui décrédibilise n'importe quelle cérémonie de ce type : la quantité énorme de politique qui entre en jeu, et qui fait qu'au final, on ne récompense pas forcément le meilleur de chaque catégorie, préférant donner tel trophée pour faire plaisir à machin, vu qu'il ne l'a pas eu l'année d'avant, ou un truc dans le genre)

Bref, j'arrive au club les mains dans les poches, je jette un oeil au tournoi phare des EFOP en train de se jouer (un 5,000€ d'un niveau très relevé avec 90 joueurs dont Antony Lellouche, Mads Anderson, Patrick Bueno, Jerome Zerbib, Trond Heidsvig, etc...) et je tombe sur mon rendez-vous galant du soir, mon amie Madeleine Harper (nominée dans la catégorie “employé de casino de l'année” pour son excellent travail lors des tournois de l'European Poker Tour). Madeleine m'informe tout de suite : “J'ai parlé avec Annette, elle est d'accord pour l'interview.”

Hein ? Quoi ? Mais attends, j'ai rien préparé du tout, moi. Je pensais tout au mieux obtenir un rendez-vous. Une demi-heure plus tard, la championne Norvégienne est éliminée du tournoi et Madeleine me pousse dans sa direction. “Allez, vas lui parler.”

Et c'est ainsi que j'ai complètement improvisé un entretien avec la joueuse la plus en vue du moment. Je n'en menais pas large. Déjà que je suis naze en interview, mais là, sans avoir rien préparé, c'était encore plus stressant que d'habitude. Heureusement que j'avais pris mon dictaphone, quand même. J'ai piloté à vue, posant en vrac toutes les questions qui me sont venues à l'esprit. Mais Annette est très cool, elle à l'habitude des interview désormais, et c'est en vrai pro qu'elle répond à des questions qu'on lui a sans doute déjà posées 500 fois.


Avec Annette Obrestad (photo floue : Lolo/Clubpoker.net)

Le buzz média autour de la jeunette était des plus incroyables. Y'avait même des magazines genre Le Parisien ou Capital (M6) pour l'interviewer. Bon, autant être clair, tout ce cirque semble la faire royalement chier. Chose qu'Annette m'a confirmé pendant l'interview.

Les médias poker habituels étaient là aussi, bien entendu : LivePoker, Lolo du ClubPoker, les mecs de Card Player France, Eloi Relange...

On se dirige ensuite vers le restaurant de l'Aviation pour la cérémonie proprement dite. On mange d'abord, avec vin rouge et vin blanc sur la table, très bien, comme ça pas de jaloux. Madeleine demande un plat végétarien, et on lui sert trois pommes de terre avec des haricots, et du coup elle n'y touche pas. Le filet de boeuf en brioche est très moyen, heureusement qu'il y a le dessert. Puis la maitresse de cérémonie monte sur le podium dressé pour l'occasion, et la remise des prix peut commencer.

D'abord, la révélation de l'année. Le choix n'était pas facile entre Nicky Jedlica, Annette Obrestad, Soren Kongsgaard, Praz Bansi, Trond Eidsvig et Sandler Lyloff qui ont tous cartonné en 2007, alors qu'on n'avait jamais entendu parler d'eux l'année précédente. Personnelement, j'aurais voté pour Eidsvig ou Annette. Eidsvig a effectué une fin d'année phénoménale, enchainant trois tables finales majeures qui ont culminé avec une victoire épique à Amsterdam. Finalement, c'est Kongsgaard qui l'emporte. Le danois n'a pas démérité non plus, avec une belle troisième place à Monaco, deux victoires Européennes et des tonnes de perf' sur les gros tournois en ligne. Soren entame un speech, que j'ai résumé de la manière suivante dans mes notes, que j'ai sous les yeux en ce moment même : “bla bla bla bla”. Bon, c'est que ça devait pas être très interessant.

Passons ensuite à la meilleure performance en tournoi de l'année, et là, y'a pas à discuter, c'est Annette qui remporte le prix, avec sa sensationnelle victoire aux tous premiers World Series of Poker Europe (suivie d'une presque victoire à Dublin deux mois plus tard). Son sacre, amplement méritée, ne doit pas éclipser les autres nominés dans cette catégorie, qui ont probablement été écartés car ils ont déjà tous eu droit aux accolades de l'industrie dans le passé : Ram Vaswani (un bracelet à Vegas), Carlos Mortensen (le WPT à 25,000$), Bruno Fitoussi (2e place dans le HORSE à 50,000$). Ne restait qu'Alex Kravchenko (meilleur espoir il y a 3 ans, un bracelet plus la troisième place du Main Event cette année), qui a donc été logiquement sacré joueur de l'année quelques minutes plus tard. (devant Julian Thew, Carlos Mortensen, Andreas Krause et Roland de Wolfe)

Pour la catégorie “meilleur employé de casino de l'année”, je savais déjà que mon amie Madeleine Harper allait gagner. Mais apparemment, les organisateurs avaient passé la soirée précédente à la persuader qu'elle n'avait aucune chance. Elle fut donc sincèrement surprise et flattée quand on l'appela sur le podium pour venir chercher sa statuette, et j'ai bien crue qu'elle allait pleurer comme une... non, je ne vais pas faire un jeu de mot aussi naze, quand même. Une victoire amplement méritée, car si les tournois EPT sont si agréables à couvrir, c'est grâce au fantastique travail de Mad qu'on le doit.

Pour le trophée de la meilleure joueuse de l'année, Annette semblait, là encore, un choix évident, mais comme je l'ai expliqué plus haut, le jury a choisi de priviligier la diversité, et a donc offert la palme à l'Allemande Katja Thater, qui la mérite finalement amplement, avec plusieurs finales en 2007 et un bracelet aux World Series.

Enfin, deux récompenses symboliques ont été attribués, la première à Thomas Kremser pour l'ensemble de sa carrière (rien à dire, TK reste le meilleur directeur de tournois d'Europe) et à Rob Gardner, l'homme derrière la toute première emission de poker diffusée à la télévision, “Late Night Poker” (c'est nottament lors de cette émission que Robert Cohen a donné une leçon à Phil Hellmuth en 2002) C'était un trophée à titre posthume, car Rob est décédé d'un cancer il y a peu.


Les lauréats des European Poker Awards 2007, de gauche à droite : Tina Korpela en lieu et place d'Alex Kravchenko (joueur de l'année), Annette Obrestad (meilleure perf en tournoi), Katja Thater (meilleure joueuse), Jesse May (en lieu et place de Rob Gardner, à titre posthume), Soren Kongsgaard (à moitié caché, révélation de l'année), Thomas Kremser (pour l'ensemble de sa carrière) et enfin Madeleine Harper (employée de casino de l'année)

Une fois la cérémonie terminée, on peut enfin commencer les choses sérieuses au bar de l'Aviation, où les gagnants (et perdants) se retrouvent pour fêter ça dans la joie, la bonne humeur et les verres qui s'entrechoquent. On me présente à l'un de mes héros pokériens, l'Américain (désormais Européen) Jesse May. Il est un de ces écrivains qui m'ont donné l'envie de faire ce métier et qui a cimenté ma passion pour le poker. Son roman “Shut up and deal” reste la référence inconstestable en matière de fiction orientée poker. Et ses compte-rendus passionnés des World Series of Poker, bien avant la généralisation des sites de couverture en direct et l'encombrement maximal des salles de presse, m'avaient tenu en haleine à l'époque où je découvrais à peine le poker. (Archives consultables en cliquant içi) On a beaucoup discuté, comparant nos expériences respectives. Comme moi, Jesse a souvent accepté des reportages qui ne lui ont rien rapporté financièrement, mais qu'il ne se serait jamais permis de refuser, tant l'expérience en valait la peine.

Mickey, l'épouse de Jesse, une photographe bien connue sur le circuit, nous entraîne dans une tournée de téquilas frappées sur le comptoir, sous l'oeil amusé des barmans de l'ACF qui n'ont pas arrêté de servir des verres toute la soirée. Padraig Parkinson, pas du genre à rater une beuverie, est de la partie aussi. Les deux vidéastes de SikTilt.com paient leur tournée avec la régularité d'une horloge suisse, et tout le monde se retrouve éméché assez rapidement.

C'est le moment que choisit Eloi Relange pour me braquer une caméra droit dans les yeux et me demander mes impressions sur la cérémonie, dont un compte rendu sera diffusé lors de son émission “Studio Poker”. Ouch. J'espère qu'Eloi coupera au montage les passages les plus embarassants.

Ramzi Jelassi vient nous rejoindre vers une heure : à l'autre bout du Club, le premier jour du tournoi vient de s'achever. Il reste 36 joueurs et le Suédois est encore en course. L'occasion de reprendre une tournée, avec Jennifer Mason (nominée elle aussi, mais sans récompense hélàs), venue pour l'occasion avec son frère Ben. Il y a aussi une jeune fille sympa dont j'ai oublié le nom, qui travaille au Casino Cosmopol de Stockholm.

A quatre heures du matin, je déclare forfait, craignant la blessure. Le bar est presque vide. Jesse May et les SikTilt sont encore accoudés au comptoir et penchent dangereusement de droite à gauche. Bref, une chouette soirée entre gens bien, les amis. Ouaip.

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Fabrice Soulier m'a ouvert les pages de son incontournable MadeInPoker. Je rejoins donc la talentueuse équipe de “Poker Faces” déjà en place (Nicolas Levi, Thomas Fougeron, ElkY...) pour une chronique bi-mensuelle. Chouette, un endroit de plus où étaler mes divaguations... Première fournée à consulter en cliquant içi.

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J'ai commencé l'écriture du post que vous venez de lire samedi soir, en rentrant de Paris. Je l'ai poursuivie ce matin, dimanche, dans les divers trains et avions qui m'ont amené jusqu'à Prague. Et c'est dans ma chambre au Hilton que j'y mets le point final.Demain commence une toute nouvelle étape de l'European Poker Tour, içi en République Tchèque. Je couvrirai l'événement pour Winamax, et suivrai notamment leur Dream Team de joueurs (les Levi, les Lellouche, Mattern et tutti quanti), ainsi que le reste des joueurs Français en course. Je viens d'arriver, donc mes impressions sur la ville seront pour le prochain post. En attendant, je vais me reposer un peu avant la traditionnelle fête d'avant tournoi organisée par PokerStars (où, juré craché, je boirai de l'eau).

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Récit des European Poker Awards par Madeleine Harper

mardi 4 décembre 2007

La mort d'un grand

Une triste nouvelle vient de tomber, prenant par surprise le monde du poker professionnel... David « Chip » Reese est mort la nuit dernière à Las Vegas des suites d'une pneumonie.Il avait à peine 56 ans.

Professionnel depuis plus de 30 ans, Chip Reese était largement considéré comme le meilleur joueur « tout-terrain » du monde, excellant dans toutes les variantes du poker. Peu adepte des tournois, et quasiment retraité des cash-games, on pouvait toutefois encore l'apercevoir au Bellagio, disputant les plus grosses parties du monde lors des grands rendez-vous annuels, et au Rio lors des World Series, où il avait remporté la toute première épreuve de H.O.R.S.E. à 50,000 dollars en 2006.


Chip Reese defendant son titre lors de l'epreuve de HORSE des WSOP 2007

Les hommage et éloges vont, j'en suis sur, fleurir un peu partout durant les jours qui viennent. Je me rappelerai d'un joueur élégant et discret, calme dans la victoire et gracieux dans la défaite. Chip Reese était en cela l'archétype du joueur professionnel, un exemple à suivre, un modèle - hélàs, trop peu suivi par ses pairs. Définitivement « old school » parmi la nouvelle génération, Chip Reese ne courait pas après la gloire ou un contrat de sponsoring. Il arrivait, prenait sa place, gagnait et s'éclipsait discrètement une fois la partie terminée.

Chip Reese était immensément respecté par ses pairs. On sera bien en peine de trouver un collègue pour dire du mal de lui. En décembre 2006 au Bellagio, je passais en revue le « Big Game » en compagnie de David Benyamine, lui demandant son avis sur chacun de ses participants.. Le Français avait résérvé l'une de ses rares éloges pour Chip Reese. « C'est un véritable métronome. Il ne montre aucune émotion à la table, il ne varie jamais son comportement. J'aimerais pouvoir en dire autant.»

Fabrice Soulier, ayant souvent eu l'occasion d'observer les deux joueurs dans la « Bobby's Room », confirme : « C'était un mec qui ne partait jamais en tilt. Toujours égal à lui même. »

Le monde du poker vient de perdre l'un de ses plus talentueux représentants, et la salle de cash-game du Bellagio risque de sembler bien vide dans les semaines à venir, tandis que s'y tient l'annuel « Five Diamond Classic », série d'épreuves dont la conclusion, un tournoi à 15,000 dollars prévu la semaine prochaine, risque de prendre des allures de communion funèbre.

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