jeudi 25 octobre 2007

Soirée VIP

Paris, Hotel du Nord, Minuit. Les trois jours de tournage du Tournoi des As au Café Carmen de Pigalle se sont terminés tout à l'heure, au champagne, avec toute l'équipe de production. J'aurai pas mal de trucs à écrire sur le tournage de ce tournoi de poker de célébrités à la Française (qui sera diffusé sur Paris Première dès Novembre), mais je les garde pour un prochain post. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'assister depuis la régie à ces parties entre stars du tout-Paris ne ressemblait en rien aux tournois pros auxquels je suis habitué.

En attendant, j'étais de passage à l'Aviation Club de France hier soir, et, hasard du calendrier, le club des Champs Elysées acceuillait lui aussi une soirée “VIP”. L'ACF organise régulièrement ce genre de soirées depuis la diffusion du premier Tournoi des As, et les people en tout genre se pressent pour y participer : le poker est le dernier truc à la monde dans le show-biz Parisien.

La salle d'habitude reservée aux cash-games était donc pleine à craquer, avec champagne et petits fours arrivant en flux tendus sur les plateaux des valets. L'ACF soigne ses invités. Je suis arrivé à temps pour voir l'un des joueurs pros en présence, Fabrice Soulier, remporter ce tournoi avec une étonnante facilité. “Je suis le champion pour gagner les tournois gratuits”, commentera Fabsoul avec un rire jaune, qui repartira tout de même avec un ticket à 3,600 euros pour un grand tournoi de... black-jack. Côté célébrités, je ne suis pas Parigo et je ne regarde pas la télé, donc autant dire que je n'ai pas reconnu grand monde, malgré la présence en masse de people déjà croisés dans la journée sur le plateau de tournage du TDA. Ah, si, tiens, quand même, Marc Lavoine, là bas. Oh ! Raymond Domenech assis à côté de sa femme ! Eh, le casting entier de Caméra Café !

Moi, j'avais envie de jouer en cash-game. Problème : la liste d'attente était à pleurer (normal, toutes les tables étaient occupées par la soirée VIP) J'ai été passer le bonjour à Claude Cohen dans la salle high-stakes, que j'ai regardé jouer un bon moment à la table de 60/120 Mixed Games (la partie la plus grosse de l'ACF hier : c'est calme en ce moment) J'ai appris avec surprise que le champion Français avait habité à Lille il y a 30 ans, à l'époque où il faisait les marchés.

J'ai croisé Bruno Fitoussi avec qui on a parlé affaires, ainsi qu'Eloi Relange avec qui nous avons comparé nos expériences respectives en tant que commentateurs. Bruno m'a assuré qu'il pourrait m'obtenir un prix si je veux aller passer une semaine au Bellagio (oui, en ce moment, je me tâte pour retourner à Vegas avant Noël.) Georges Djen m'a donné du taf pour le prochain numéro de LivePoker (un reportage sur le tournoi à 5000€ organisé à Deauville en Novembre - qui à mon avis sera un échec complet s'ils ne se décident pas à faire un peu de pub auprès des joueurs.)

Mon floor manager préféré, Nicolas Atlan, n'avait pas l'air décidé à me faire passer en haut de la liste d'attente (l'enfoiré), j'ai donc directement été voir Dédé, figure emblématique de l'ACF et reponsable des soirées people, qui m'a rapidement trouvé une place dans un des sit'n'go (tournoi à une table) “VIP” à 50 euros organisés en parallèle. Sympa, le Dédé.

Et devinez quoi ? Ben, je l'ai gagné, ce tournoi. Hé hé. 250 euros de benef', ça fait toujours plaisir. Il fallait bien que la réussite revienne un peu, non mais (voir post précédent). Deux facteurs ont été déterminants dans cette victoire brillamment acquise :

1/ Le faible niveau des people auxquels je faisais face.
2/ La chance insolente dont j'ai bénéficié quand, en tout début de partie, j'ai payé mon tapis avec QQ sur le flop JT8 (pour ma défense, j'avais déjà investi presque la moitié de mes jetons). Mon adversaire, un jeune freluquet qui a tenu le premier rôle dans un film sur le snowboard il y a quelques années (un nanar à mourir de rire, vous vous souvenez peut-être), m'avait payé préflop avec J8, mais c'était sans compter sur les deux 2 qui sont arrivés comme une fleur sur le turn et la rivière, me donnant deux paires supérieures.

Un bon coup de chance qui m'a propulsé chip-leader dès le début de la partie, place que je n'ai jamais quittée ensuite. (Petite parenthèse : en d'autres circonstances, je n'ai pas de mal à passer une bonne main telle que les Dames sur ce genre de flop. Içi, je paie clairement perdant, mais tout en ayant en tête qu'après tout, j'ai plusieurs moyens de m'en sortir. Je méprise plus que tout les mecs, très nombreux dans les cercles parisiens qui payent et remportent des coups impayables et s'expliquent ensuite en disant : “Je le sentais, je le savais que j'allais toucher”. Et bien là, je saurais pas expliquer pourquoi, mais je savais que j'allais remporter le coup. Quand j'ai vu la rivière tomber, me donnant la main gagnante, je n'ai pas bronché ni sursauté, tellement j'étais sur que les dieux du pok' étaient de mon côté. Fin de la parenthèse mystique à deux balles)

Ensuite, j'ai géré classiquement, construisant mon tapis avec régularité, sans rien faire d'extraordinaire (pas beaucoup de jeu, mais un tapis me permettant de prétendre que j'en avais). Ah, si, il y a eu un coup spécial (comme dans les Street Fighter) : je fais tapis au turn avec top paire plus tirage couleur max : une bombe, quoi. Mon adversaire passe, je ramasse un bon pot et je retourne ma main, me rendant compte en même temps que le reste de la table que je n'ai en fait qu'un pauvre tirage couleur, sans paire. Comme quoi, pour passer un bluff, c'est plus facile d'ignorer ce qu'on tient en main, vu que j'avais l'air parfaitement serein pendant le coup (ce qui n'aurait pas été le cas si j'avais mieux lu mon jeu)

Je me suis finalement retrouvé en tête à tête contre Alain Bouzigues, un acteur très sympathique que je ne connaissais pas vraiment (il fait partie de la série Caméra Café, me fait-on signe dans mon oreillette). Un excellent joueur, en tout cas, de loin l'un des meilleurs people que j'ai pu observer après trois saisons et 18 tournois passées sur le plateau du Tournoi des As.

Après, champagne avec Dédé, que je n'ai pas oublié au niveau du pourboire vu qu'il m'a trouvé une place dans le tournoi malgré que je n'étais pas sur la liste des invités VIP. Hilare, je remercie aussi Nicolas Atlan pour ne pas m'avoir trouvé de place en cash-game, où les choses auraient à coup sur pris une tournure différente.

Le tournage est terminé mais je reste à Paris pour quelques jours de plus. J'ai un entretien vendredi qui pourrait eventuellement déboucher sur un nouveau job. Prochain reportage, j'en salive d'avance : les mythiques Master Classics d'Amsterdam !

samedi 20 octobre 2007

Une bande de mecs sympas

Vous avez vu ça ? Mardi soir, un jeune joueur Français de 22 ans a terminé en seconde place de l'étape Barcelonaise du World Poker Tour, n'échouant que lors du tête à tête final contre Markus Lehmann après une nette domination lors de l'ultime table du tournoi, où il avait nottamment éliminé le chip-leader et gros favori Gus Hansen. Le nom de ce joueur déboulé de nulle part : Ludovic Lacay.


Ludovic Lacay (credits : Matt/PokerListings)

Je n'ai pas eu la chance d'assister en personne à cette superbe performance de l'ami “Cuts”, et c'est donc pendu à mon ordinateur que j'ai suivi ses progrès, cliquant frenetiquement les pages des quelques sites qui couvraient l'évenement.

Cette brillante seconde place dans un tournoi majeur vient couronner une très belle année pour les joueurs en ligne Français. J'ai envie de dire : enfin, nos jeunes pros sortent du bois ! Il était temps. Car en la matière, nous avions un certain retard à rattrapper sur d'autres pays, en particulier les nations Scandinaves.

Les bons joueurs Français venus d'Internet, on savait qu'ils existaient, là n'est pas le problème. Non, l'ennui, c'est qu'à l'exception de l'emblématique ElkY, ils restaient invisibles lors des grandes compétitions internationales, préférant l'anonymat des cash-games et tournois virtuels, tandis que les jeunent Nordiques raflaient tout ce qu'ils pouvaient avec une constance affolante.

La saison qui vient de s'écouler à vu quelque peu s'inverser cette tendance. Tout un tas de talents ont été révélés. Il y eut d'abors l'ElkY sus-mentionné, en finale de l'EPT de Copenhague en janvier dernier, en compagnie d'Alexandre “BidouAces” Poulain. En mars, deux poids-lourds des cash-games Internet, Nicolas Levi et Farid Meraghni ont été révélés au public à Dortmund et Varsovie.

Cet été à Vegas, les petits jeunes étaient en nombre pour leurs premiers WSOP. On a vu François Balmigère (membre du ClubPoker) faire une très belle place dans la difficile épreuve de Short-Handed No-Limit à 5,000$. Sans oublier le (déjà) vétéran Gabriel Nassif qui atteignit sa première table finale des championnats du monde dans l'épreuve de Limit Hold'Em à 5,000$.

La machine est lancée pour de bon : à l'avenir, les joueurs Internet Français seront sans aucun doute de plus en plus présents dans les phases finales des grands tournois. Si l'on ajoute les amateurs qui se qualifient de plus en plus nombreux, tout cela laisse présager une année 2008 encore plus extraordinaire que 2007 pour les joueurs Français, où de nouveaux talents vont éclore à une vitesse rapide, tandis que d'autres confirmeront.

A ce sujet, il faut d'ailleurs rendre hommage à la salle de poker en ligne Winamax, qui n'a pas hésité à prendre des risques en dépensant un joli paquet d'argent pour signer de jeunes joueurs pour la plupart inconnus. Enfin, voilà un site qui donne sa chance à d'excellents joueurs en devenir, quand tant d'autres choisissent la facilité en mettant en avant des stars - au talent qui reste parfois à prouver (pas de noms, pas de noms !)

Le geste risqué de Winamax, rarement vu auparavant dans cette industrie, a porté ses fruits instantanément avec la table finale de Ludovic “Cuts” Lacay, une semaine après celle d'Antony Lellouche à Londres. Ludovic jouait là son deuxième tournoi à peine sous les couleurs du site.

En fait, c'est une véritable OPA sur les bons joueurs Français que ce site a réalisé ces dernières semaines, en signant dans le même mois Antony Lellouche, suivi par les jeunes talents Nicolas Levi, Arnaud Mattern, Guillaume de la Gorce, Anthony Roux et Ludovic Lacay. J'ai entendu dire qu'il s'en est même fallu de très peu pour qu'ils signent Fabrice Soulier, finalement parti chez ChiliPoker. En tout cas, voilà une équipe de joueurs sérieuse et solide, qui, grâce à l'aide financière de Winamax, va pouvoir jouer beaucoup plus de tournois, et ainsi augmenter ses chances de bons résultats. Chapeau !

Après avoir évoqué les bons joueurs en ligne, passons maintenant aux mauvais, en particulier un que je connais bien : moi. Eh oui, les amis, autant l'admettre : ca va pas du tout. Quelques sessions sur PokerStars depuis mon retour d'Autriche ont mis mes nerfs à rude épreuve.

Chou blanc dans le « World Championship of bloggers» dimanche dernier. J'ai tenu une heure en voyant plein de jeu et surtout en restant malchanceux. Y'avait du monde, plus de 1300 bloggers au départ, dont quelques stars du milieu, du genre Pauly et Change100. Brad « Otis » Willis était l'hôte du tournoi en sa qualité de bloggeur en chef de PokerStars. Dans le prize-pool de ce tournoi gratuit, pas d'argent en jeu, mais des cadeaux en nature, dont tout de même une entrée tout frais payés pour un tournoi EPT paradisiaque organisé en Janvier aux Caraibes. J'ai monté rapidement un tapis sympa que j'ai en grande partie perdu quand mon full aux 10 a rencontré un full aux dames. J'ai bien géré le coup mais me suis fait éclater sur la rivière. J'arrive à remonter un peu, puis saute dans une classique (sic) confrontation As-Roi contre As-4. (J'ai appris ensuite que l'ami Kipik avait atteint la table finale – bravo à lui !)

J'ai ensuite pris la douteuse décision de dépenser ce qui me reste de bankroll sur PokerStars pour jouer le Sunday Million, le plus gros tournoi en ligne du monde, joué chaque semaine au prix d'entrée de 215$. C'est pas très malin, mais bon, je me suis après tout contenté d'utiliser mes honoraires des commentaires de l'EPT Live (Rassurez vous, j'en ai mis de côté la plus grosse partie dès reception sur le compte, je suis pas fou non plus) Bonne première heure et ensuite désert total, je jette mes cartes jusqu'à en mourir, peu après le second break, sans avoir rien pu faire de concret.

Ensuite, satellite à 175$ pour la Carribean Poker Stars Adventure. J'avais remporté un ticket quelques jours auparavant. Je monte un peu dès les quatre premiers coups, puis trouve tout de suite après une paire de Rois.... qui se fracasse contre une paire d'As. Pas découragé, je patiente avec ce qu'il me reste de tapis pour remonter à 700 (la moitié de la cave de départ), puis trouve un joueur pour payer mon As-7 avec Roi-Dame à tapis avant le flop, dans un pot non relancé. Un coup qui me remettrait en selle (à la case départ) alors que nous en sommes seulement au deuxième round de blindes. Hélas, malgré l'As qui apparait dès le flop, je perds quand même le coup.

Ca commence a me saouler sévère cette histoire de poker en ligne. Pas moyen de gagner un coup depuis six mois. Ca a commencé en Mai quand j'ai fini second dans une qualif pour les WSOP contre un adversaire faible, alors que j'avais trois fois plus de jetons que lui. Depuis cette terrible nuit, la frustration est permanente et on dirait que je perds tous les coups cruciaux, ceux qu'il faut passer absolument, ceux où je suis largement favori. (Je passe sur les situations improbables et crises de nerfs à répétition, le but n'est pas de vous convaincre de ma noirceur) Six mois, c'est long et même si je suis pas une star du poker, je joue principalement contre des pigeons complets dans des tournois à petit budget. Et pourtant, ca ne passe pas. Je suis régulièrement coaché par un pro (Rayan), j'apprends des tas de trucs nouveaux chaque jour, je dévore tout ce que je trouve, je discute stratégie avec les pros, et globalement j'ai l'impression d'avoir pas mal progréssé en cinq ans, mais rien à faire, je me fais défoncer la gueule, de pire en pire à chaque session. Rien à faire, j'arrive pas à gagner.

« Fais une pause », je vous entends déjà dire. Ouais, je sais bien, c'est le remède miracle qu'on prescrit aux estropiés du poker, aux atrophiés de la rivière, aux depressifs du coin-flip. Arreter de jouer quelques temps, histoire de recharger les batteries. Je vous rétorquerai que je n'ai que guère le temps de jouer, à la base, et que les rares petites périodes ou je peux lancer PokerStars entre deux voyages sont ce que je considère comme des « pauses ». Dans cette situation, je vois mal comment s'arreter pourrait être un remède efficace. Mais c'est surement ce que je fais faire quand même...

En relisant ce que je viens d'écrire, un paragraphe pleurnichard et apitoyé, je réalise à quel point il est vain, inutile et improductif de ventiler sur sa (supposée ou réelle) malchance. A quoi bon ? D'autant plus que si je suis un poissard au jeu, j'ai d'un autre côté la chance d'avoir le meilleur job possible, qui me permet de voyager régulièrement et de rencontrer des tas de gens. Rectification donc : je suis un type chanceux, en fin de compte.

D'ailleurs, puisqu'on parle de voyages et de rencontres, retour sur l'European Poker Tour de Baden. Un séjour express en Autriche : aussitôt arrivé, aussitôt reparti, le temps de commenter le tournoi en direct pour EPT Live durant deux jours. Ca s'est plutot bien passé, malgré qu'il soit dur de trouver des commentateurs en nombre. Contrairement aux commentaires en Anglais, mon vivier d'experts côté Français est plutot réduit. Heureusement que les potes sont au rendez-vous, sinon je sais pas comment j'aurais pu m'en sortir. J'ai eu Fougan et Nicolas Levi la première journée, rejoints pour la finale par Arnaud Mattern et Bertrand « ElkY » Grospellier. Ce dernier est plutôt du genre reservé, et n'avait pas des masses envie de s'asseoir derrière le micro. Finalement, il s'est prêté au jeu et on dirait qu'il a adoré ça. On devrait le retrouver lors des prochaines retransmissions, donc. Bref, c'était bien cool, d'autant plus qu'on m'a signalé que l'audience avait été meilleure qu'à Londres, je n'aurais pas parié dessus vu que ça tombait en pleine semaine cette fois-ci.


Arnaud Mattern et ElkY au micro, sous le regard de Nicolas Levi

Ce séjour fut somme toute reposant, car je n'avais pas d'articles à écrire en marge des parties. Une fois la retransmission terminée, j'ai donc pris la direction du bar pour la traditionnelle beuverie entre joueurs et journalistes. Le meilleur moment de tout bon tournoi qui se respecte. Car le circuit international du poker pro est comme un grand cirque itinérant : à chaque destination, on retrouve les mêmes visages. Ca crée des liens. Des relations se nouent, des amitiés naissent. Et comme je passe de plus en plus de temps sur la route, négligeant mes vieux potes à la maison, la bande de mecs sympas du circuit devient comme une seconde famille. Les gens de BlondePoker, PokerListings, PokerStars et tant d'autres... A force de les croiser et recroiser aux quatre coins de la planète poker, tous sont désormais plus que des collègues de travail.

Coup de chapeau au vainqueur de l'épreuve, l'infiniment sympathique Anglais Julian Thew, qui n'a pas été avare de bouteilles de champagne après son triomphe. Les festivités se sont prolongées bien tard, jusqu'à qu'on nous foute à la porte du casino, en fait, vers sept heures du matin.


Julian Thew, champion de l'EPT Baden, tenant son gros chèque de 600,000€

Bref, une bande de mecs sympas, ouaip. C'est pour ça que là, maintenant, tandis que j'écris ces lignes depuis la maison à Lille, je me dis que je n'ai qu'une envie : reprendre la route, le plus vite possible. Je ne sais pas quelle sera ma prochaine destination, à vrai dire (je suis toujours mis au courant à la dernière minute).

Avant toute chose, dès Lundi, je me rendrai à Paris pour trois jours, pour le tournage d'une émission de télé à laquelle je participe en tant que consultant depuis deux ans déjà : le Tournoi des As, diffusé sur Paris Première. Un boulot pas bien compliqué, plutôt rigolo et bien payé. Tout ce que j'aime. A suivre...

mercredi 17 octobre 2007

Le poker dans les casinos Français : j'ai testé pour vous

Après s'être perdu en pleine cambrousse la faute à divers travaux et déviations sur l'autoroute, arriver au Pasino de St-Amand (35km au sud de Lille) vers 20 heures pour découvrir, enfin, cette grande nouveauté qui va sans nul doute révolutionner notre jeu favori dans tout l'héxagone : l'introduction du poker dans les casinos, longtemps privés de tables, historiquement réservées aux cercles parisiens.

Passer sans provoquer de haussement de sourcils les vigiles à l'entrée, malgré l'évidente négligence de sa tenue vestimentaire, en constatant que de nos jours, on est guère plus regardant sur les accoutrements des clients, tant qu'ils en sont plein, d'argent.

S'inscrire à l'entrée pour se voir remettre une carte à puce de membre, qui nous évitera à l'avenir de présenter une pièce d'identité à l'entrée (il suffit, pour passer le contrôle, d'inserer la carte dans le lecteur prévu à cet effet).

Trouver la zone du casino dédiée aux jeux de tables, et se rendre compte que les quatres tables sont pleines à craquer, avec une bonne trentaine de personnes en attente. Serrer la main à une dizaine de têtes connues des parties privées Lilloises venues titiller le pigeon, tout en remarquant qu'une bonne partie du personnel, tout frais débarqué pour animer le poker, est lui aussi en provenance du club Poker à Lille.

Faire le tour du propriétaire avec l'un d'entre eux, Jérémy, tout nouveau responsable des tournois (en préparation) du groupe Partouche. Prendre une bière au bar en admirant l'architecture très « Vegassienne » du hall d'entrée du casino, ou se trouvent trois restos à thème sous un faux plafond de type « ciel bleu avec des jolis nuages ».

Se rendre à l'acceuil de la zone poker (fermée par un cordon innacessible si vous n'êtes pas encore assis à la table) et s'inscrire sur la (très longue) liste d'attente pour les cash-games. Histoire d'écourter le processus d'attente, faire le choix (discutable) d'une table aux blindes 2/4 (cave mini/maxi : 150/500€) plutot qu'une très encombrée table aux blindes 1/ 2 (cave : 50/150€)

Se rendre à la caisse pour retirer ce que la Carte Bleue voudra bien vous donner. 400 euros, pas possible ? Bon, va pour 200 alors.

Remarquer, posée comme une fleur, une table de black-jack, juste à côté des tables de poker. Se regarder marcher, comme un automate, jusqu'à la table, s'asseoir et poser les 200 euros sur le tapis vert. Plaisanter avec les voisins en disant qu'« ils ont trouvé le filon, ces casinotiers, en faisant attendre 50 joueurs de poker juste à côté de la roulette et du black-jack. »

Vers 23 heures, gagnant de 25 euros, se rendre au bar pour commander un pan-bagnat thon/oeuf avec des frites. Et un Orangina, siouplaît. Songer que c'est agréable, de manger aux frais du casino. Taper le bout de gras avec les potes du poker Lillois qu'on ne croise plus que trop rarement, faute de passer suffisament de temps à la maison.

Le ventre plein, revenir à l'acceuil du poker et se voir informer qu'il « reste encore une dizaine de personnes en attente avant vous pour le cash-game, monsieur ».

Sans pouvoir resister, retourner à la table de black-jack où un siège vide s'offre à vous de manière insolente, presque indécente, en se disant, « bon, allez, je tente le coup encore une demi-heure histoire de laisser le temps qu'une place se libère au cash-game. »

Une demi-heure plus tard, quitter le casino les poches vides, sans avoir joué une seule main de poker, en se disant que les trente kilomètres d'autoroute au milieu de la nuit vont être longues. Et que cette histoire de poker dans les casinos a un avenir des plus prometteurs devant elle. Oh que oui.

mardi 9 octobre 2007

Vienne, à grand-peine

Hotel NH Belvedere, Vienne, Autriche. Levé à huit heures après une bonne nuit de sommeil. Pris mon petit déjeuner en bas. Fumé une clope dans le froid (je hais les chambres non-fumeur, grr). Commandé un taxi pour Baden. Remonté à la chambre. Consulté mes mails. Regardé un épisode de The Office. Douché, rasé, habillé. Prêt pour commenter l'European Poker Tour en direct à partir de 15 heures.

J'ai débarqué en Autriche hier après-midi sur le coup de 16 heures, comme prévu. Ca été plus difficile que je l'aurais cru. J'ai eu plein d'occasions de tout foirer.

D'abord, il y a eu le brouillard, bien épais, qui a enveloppé la métropole Lilloise au milieu de la nuit. Je suis parti de chez moi au petit matin avec 40 minutes d'avance, pensant être largement dans les temps pour parcourir les cinq kilomètres qui me séparent de la gare Lille Europe. Las, les embouteillages ont commencé après environ 500 mètres de trajet. J'ai tenté un raccourci, qui au final n'a fait qu'aggraver la situation, et à 8h49, heure de mon TGV pour Roissy, j'étais encore englué dans les bouchons du périph. Je me vois déjà rater mon avion (qui décolle à 12h35), et toutes les galères qui s'ensuient. Car il faut préciser que je suis en général noiraud en ce qui concerne les voyages par air (Bruxelles – Vegas, été 2006 : 27 heures à l'aller, 44 heures au retour) J'en ai vécu des belles : retards, pannes, brouillard, menace terroriste (j'étais l'un des happy few qui avaient un vol pour Londres le 11 aout 2006)...

Coup de pot, quand j'arrive finalement à la gare, il y a un TGV pour Paris arrêté sur le quai, dont le départ est retardé à cause d'un problème de traction, ou un truc dans le genre. Chouette, je vais pouvoir rejoindre la Gare du Nord et prendre le RER pour l'Aéroport. Dans la confusion générale, le controleur SNCF passe outre le fait que je ne possède pas le bon billet, merci à lui (oui, car je l'apprends en même temps, il y a une toute nouvelle grille de tarifs qui débute le jour même, et qui, entre autres, empeche désormais de changer/rembourser son billet le jour du départ, c'est un scandale ma bonne dame) Bref, tout va bien, le TGV démarre, on dirait que je vais l'avoir, cet avion.

Je fais la connaissance d'un couple de Valenciennes, dans la même situation que moi. Ils ont aussi loupé le train pour Roissy et doivent rejoindre l'aéroport en un temps record afin de décoller pour la Tunisie où ils prendront des vacances que j'imagine bien méritées et attendues de longue date. Ils ont l'air super stressés et perdus, je me propose de les aider une fois arrivé Gare du Nord. J'affiche un calme imperturbable mais je n'en mène pas large non plus. Je m'assois, j'entame une partie de Grand Theft Auto sur la PSP que m'a prêté Abdul (merci l'ami) On arrive à Paris, et j'entame avec mes nouveaux compagnons de galère un sprint vers la station RER. On achète un ticket au distributeur, on trouve la ligne en direction de Roissy, on descend l'escalator, voiçi le quai, tout va bien, super, et... rien. “Retardé”, c'est le message qui s'affiche sur les écrans. Bon, on attend comme des cons, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre. Je vois de grosses gouttes de sueur apparaitre sur les visages des vacanciers, je les rassure d'un geste, ne vous inquiétez pas, on va y arriver.

Le RER arrive sur le quai, les portes s'ouvrent, on rentre, on souffle de soulagement, en fin de compte, on dirait que tout le monde va arriver à l'aéroport en temps et en heure, le timing est super sérré mais c'est jouable. Ouf. On sourit, on rigole, ha ha, c'est pas passé loin quand même, on en rigolera dans 10 ans, je te paie une bière en arrivant à Roissy, quand, d'un coup, une expression horrifiée s'affiche sur le visage de l'époux, qui tâte la poche arrière de son jean en bégayant :

“Mon portefeuille... Mon portefeuille... ah, l'enculé, MON PORTEFEUILLE !” Le mec saute de la rame dont les portes ne sont pas encore fermées, continuant de hurler, courant après son aggresseur que j'aperçois grimpant quatre à quatre les marches de l'escalator. Il laisse plantée là son épouse, la bouche ouverte et les bras pendants. Victimes d'un banal pickpocket parisien, à l'heure de pointe du métro, au pire moment possible. La femme sort de la rame, ses bagages à la main, et le train démarre. Je compatis pour le couple, mais je ne peux y faire grand chose, d'autant que je suis préssé aussi. Je me demande ce qui leur est arrivé. Des vacances gachées, j'imagine, vu que le couple a du passer les heures qui ont suivi au commisariat, et que sans papiers, il est impossible d'embarquer à bord d'un avion. Les boules.

De mon côté, j'arrive à Roissy juste à temps pour choper mes billets (c'était super limite), et me rendre au comptoir d'Air France pour l'enregistrement, où l'on m'informe gentiment que je suis en liste d'attente, car il y a eu sur-réservation de mon billet (“surbooking”, une pratique qui consiste à vendre plus de billets qu'il n'y a de sièges dans l'avion, en comptant sur les desistements qui se produisent ensuite) Je suis outré car je n'ai nullement été informé de cette pratique par LastMinute.com, le site où j'ai acheté le vol. C'est la première fois que je passais par ce site, et ils peuvent se brosser pour que l'on m'y reprenne. (Pour info, j'ai jamais eu de problèmes avec le site que j'utilise d'habitude, TerminalA)

Je dois donc patiemment attendre la fermeture de la vente des billets, attendant le verdict en fumant des clopes à l'extérieur. Je choppe finalement mon billet, comme prévu. Malgré toutes ces embuches, j'atteris donc à Vienne à l'heure prévue.

La manche Autrichienne de l'European Poker Tour se déroule dans la charmante station thermale de Baden, mais comme j'ai été appelé en dernière minute, PokerStars n'a pu me trouver une chambre d'hôtel sur place, et c'est à Vienne, à 45 kilomètres du casino, que je suis installé. Les notes de taxi vont être faramineuses, ce qui n'est finalement pas un problème car ce n'est pas moi qui paie.

Hier soir, j'ai érré sans but dans la capitale, profitant de ce qui sera sans doute mon seul moment disponible pour admirer le paysage. L'architecture Viennoise est tout à fait superbe. Les rues sont larges et aérées. Je ne sais pas trop où je suis situé exactement. A priori dans le centre historique. L'hôtel est entouré de tous un tas d'imposants batiments abritant diverses ambassades : Italie, Brésil, Grande-Bretagne, France...

Rendez-vous à 15 heures pour la suite de mes aventures en temps que commentateur de l'European Poker Tour. Plusieurs sites vont diffuser le tournoi, comme EPTLive, Poker.fr ou ClubPoker.net. Il reste 40 joueurs sur les 282 qui étaient au départ, dont 3 français : Kalil Rahal, Christophe Benzimra et Pascal Perrault avec un gros tapis. Après sa 10e place à Londres la semaine dernière, PP a décidement la forme en ce moment, et ça fait plaisir. On joue aujourd'hui jusqu'à l'obtention d'une table finale à huit.


Un monument Viennois quelconque

vendredi 5 octobre 2007

Merci



Un message apparaît sur mon écran dimanche après-midi, alors que je suis à peine rentré de Londres.

« Salut Benjo, désolé pour hier, j'ai pas fait kiffer. »

C'est Antony Lellouche au lendemain de son rendez-vous manqué avec la finale de l'EPT de Londres, où il termine sixième après un énorme bluff manqué contre l'Allemand Marcel Barran. Assez calme et manquant d'espace toute la finale, Antony finit par relancer Barran à tapis avec 73 dépareillés (!). Barran paie avec une paire de 8, et prend la plus grosse partie du tapis du Français qui saute quelques mains plus tard, remportant 100,000 livres.

« J'étouffais un peu, entouré par des joueurs chauds qui me surrelancaient tout le temps. J'ai pas vu de jeu : une fois As-Dix, une fois As-Roi, et c'est tout. Je n'ai pas tilté, mais le temps commencait à jouer en ma défaveur, je devais trouver une ouverture sympa, et vite tenter un move. J'ai regardé l'Allemand [Barran], il me semblait pas avoir un jeu énorme : je me suis trompé. Je ne regrette pas. Ce genre de coup, quand il passe, tu es un génie, et quand tu es payé, tu es un âne. C'est ni l'un, ni l'autre, ca fait partie du poker, et quand tu n'as pas de jeu faut faire avec et jouer pour gagner. »

Pas grave, poto. Ce n'est que partie remise. Y'en aura d'autres.

C'est le Libanais Joseph qui remporte la victoire à Londres contre l'Allemand Florian Langmann. Ce dernier a réalisé un come back assez extraordinaire. Lui et Joseph étaient tous deux chip-leader en milieu de finale, quand Joseph a choisi de payer l'intégralité de son tapis avant le flop avec As-Roi contre la paire de 4 de Florian. Une décision ahurissante qui a payé : Joseph a remporté le coin-flip, laissant Florian avec un tapis mourant, qui est quand même parvenu a remonter contre toute probabilité. Avec son aggressivité, je le donnais super favori en tête à tête contre cette serrure de Joseph. Mais non, pas du tout, c'est le Libanais qui a pris le contrôle dès le début du match, ne laissant aucune chance à son jeune adversaire.

Une finale étrange, pleine de styles hétéroclites et de coups bizarres, qu'il fut assez difficile de commenter. Fabrice Soulier et Thomas Fougeron ayant déjà repris l'Eurostar, je n'avais donc que Nicolas Levi et Arnaud Mattern sous la main, qui ont accepté avec plaisir de reprendre le micro avec moi. Qu'ils en soient remerciés. Nicolas a du partir en milieu d'après-midi, c'est donc avec Arnaud que s'est effectuée la majeure partie de la retransmission en direct. C'était un peu laborieux par moment car l'action était assez lente. Heureusement, on continuait de recevoir des tonnes de questions des spectateurs par email, dont certaines volontairement débiles, envoyées par les drilles de ClubPoker.net (« Est-ce que Bruel est sorti ? », question à laquelle je me suis empréssé de répondre avec le plus grand sérieux, bien entendu).

Que dire, à part un grand merci à tous ceux qui ont regardé et envoyé des messages d'encouragements. L'audience a dépassé les esperances les mecs de PokerStars, qui ont donc décidé en dernière minute de retransmettre la prochaine étape à Baden (Autriche). Ce n'était pas prévu au départ, c'est grâce à vous ! Je prends l'avion pour Vienne lundi. J'arriverai au beau milieu de l'épreuve, il n'y aura donc pas de couverture écrite de l'épreuve, ce qui me change un peu. Rendez-vous mardi et mercredi sur eptlive.com.

En attendant, pas le temps d'écrire un long post... J'ai un train pour Paris dans une heure. Rayan et son frère sont de passage, on va faire les touristes aujourd'hui. Demain, je me rendrai à l'Aviation Club de France pour passer le bonjour aux potes engagés dans l'épreuve à 3000€ des Hold'Em Series. Avis aux nécessiteux, je vais surement m'asseoir en cash-games.


Joseph Mouawad, champion EPT de Londres
(photos Jules Pochy/MadeInPoker.fr)